‹ L'auto-intoxication intestinaleChapitre 139 sur 182 · ÉVITERA COMPLÈTEMENT LA VIANDE · texte numérisé non relu

ÉVITERA COMPLÈTEMENT LA VIANDE

Quand on commencera son emploi, on l’introduira peu à peu dans le régime et très progressivement. Commencer par le jambon d’York cuit et sans graisse, puis le poulet ; enfin la viande rôtie ou grillée très cuite, et en ne dépassant pas 100 à 150 grammes par jour.

Cette viande sera toujours mélangée et à chaque repas avec des farineux dans la proportion de cinq fois plus de farineux que de viande.

Quant à la distinction entre viandes rouges et blanches, elle ne saurait être maintenue au point de vue de l’auto intoxication.

Si l’on voulait s’en tenir aux matières extractives, le veau et le lapin, viandes blanches par excellence, contiennent plus de créatine que la viande de bœuf.

Au point de vue chimique, les travaux de Rosenqvist ont démontré que les différences entre viandes rouges et blanches ne sont pas plus considérables que celles que l’on rencontre entre deux viandes blanches d’espèces différentes.

Enfin Von Noorden a démontré cliniquement que, au point de vue digestif, les viandes rouges et blanches ne diffèrent en rien.

Les viandes riches en nucléine, « les intérieurs » (foie, rognon, ris de veau, tripes, cervelles), qui favorisent la formation de l’acide urique, ne seront pas autorisés, vu l’état arthritique des malades, et cela d’autant plus que ce sont des glandes riches en produits extractifs et excrémentitiels.

4“ Aliments a caséine. — Nous l’avons déjà vu, mais c’est un point trop important pour ne pas le répéter :

Dans les auto-intoxications par entérite aiguë ou dans les poussées aiguës de l’entérite chronique qui forment

TRAITEMENT

une proportion très importante des auto-intoxiqués, on ne donnera jamais de lait ni d’aliments lactés.

. Dans la période d’entérite refroidie et dans les cas graves d’auto-intoxication alimentaire, le lait pourra être employé, mais jamais pur et toujours mélangé aux farineux (potages et pudding).

On préférera, pour préparer ces potages, le lait cru, ou tout au moins pasteurisé, au lait cuit.

Mais cela seulement quand on pourra se procurer :

1° Un lait traita une faible distance du consommateur et transporté proprement et rapidement ;

2® Un lait provenant de vaches inoculées à la tuberculine et reconnues indemnes;

3® Un lait de vaches nourries au fourrage sec.

Dans ces conditions, le lait crû est sans aucun danger et présente même des avantages considérables au point de vue de sa digestibilité, avantages qu’il partage presque complètement avec le lait pasteurisé.

Le lait cru et de lait pasteurisé, qui contiennent encore toutes leurs zymases, qui ont encore leur lactalbumine intacte, sont de digestion beaucoup plus facile ; ils sont des aliments vivants capables de neutraliser les effets que les aliments de conserves, trop longtemps et trop exclusivement employés, pourraient produire.

On ajoutera ces laits, au moment de servir, en quantités variables aux potages cuits à l’eau.

Lorsque les conditions requises pour la consommation du lait cru ne sont pas réalisées, on préférera toujours, pour la préparation des potages, le lait cuit au lait stérilisé.

Les inconvénients du lait stérilisé, — ce mal nécessaire en été et dans les grandes villes, — sont suffisamment connus pour qu’il ne soit pas nécessaire d’insister beaucoup sur les raisons qui militent en faveur du lait cuit.

DLMINUER LA PUTRÉFACTION AZOTÉE. 363

Si l’on est obligé d’employer le lait stérilisé pour faire les potages, il faut ajouter dès le dixième jour à l’alimentation du jus de citron ou des purées de pommes de terre ou des myrtilles, pour prévenir la maladie de Barlow.

Dans les cas sans entérite floride d’auto-intoxication digestive par dyspepsie, on fera les potages soit avec le petit lait (dyspepsie de caséine), soit avec le babeurre (dyspepsie de graisse) et les puddings avec des laits coupés d’eau ou écrémés.

Dans les autres cas d’auto-intoxication digestive d’origine alimentaire, surtout dans la deuxième partie du traitement et dans tous les cas d’origine organique, pendant toute la durée du traitement, on pourra utiliser avec avantage le lait et les aliments lactés.

Le lait, le babeurre, le petit lait pourront constituer les repas liquides en tout ou en partie, et les aliments lactés solides : le lait caillé et le fromage frais, pourront se combiner aux repas solides.

Parmi les aliments liquides, c’est le petit lait que nous employons avec prédilection, et il constitue dans ces cas un adjuvant important du régime farineux.

Seule dans l’insuffisance rénale, la quantité en sera restreinte à 1 litre par jour pour que la proportion de chlorures ingérés ne soit pas trop considérable (1^'‘,50 par litre).

Mais ce sont surtout les aliments lactés solides, le laitcaillé et le fromage frais, qui seront utilisés dans ces cas, car ils sont beaucoup plus désinfectants et bien plus facile ment pris par les malades, qui se dégoûtent rapidement des aliments lactés liquides.

On les donnera soit nature avec les pâtes, surtout avec le riz à la turque ou pilaf, soit avec les puddings; dans ce cas, ils seront sucrés ou mélangés avec de la cannelle.

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