‹ L'auto-intoxication intestinaleChapitre 147 sur 182 · AUCUN DANGER QUELCONQUE · texte numérisé non relu

AUCUN DANGER QUELCONQUE

DIMINUER LA PUTRÉFACTION AZOTÉE

4” Ce régime peut causer la dyscrasie acide , expérimentale.

Les aliments que nous venons d’étudier : le lait caillé, le petit lait, le babeurre, le kéfir, les farines de céréales et les pâtes agissent sur la putréfaction a/otée, surtout par la production de l’acide lactique .

Sous leur influence, le tube digestif contient donc plus souvent et davantage de cet acide.

Charrin (1), qui a étudié les effets de l’acide lactique, les décrit comme suit :

Injecté sous la peau, cet acide est assez toxique (Os',0003 p. 100 par quarante-huit heures) ; à dose excessivement minime, il change le terrain, il diminue la diurèse, fait tléchir l’intensité de l’agglutination et de l’état bactéricide. Aussi avec cette dyscrasie acide, l’infection évolue-t-elle plus aisément.

Dans le tlhe digestif, par contre, cet acide est peu nuisible, car toute une série de facteurs en atténuent la toxicité.

Parmi eux, figurent le mucus alcalin, les difficultés d’absorption, l’action de la muqueuse intestinale et du foie, enfin et surtout la présence des sels alcalins, qui le neutralisent rapidement.

Toutefois, continue Charrin, même à ce degré, son action demeure suffisante pour engendrer de bons effets, pour régulariser les selles, restreindre les fermentations putrides, et d’autant plus que les aliments du régime lacto-farineux laissent peu de résidus pour nourrir les germes intestinaux, encore convient-il de ne pas dépasser certaines proportions (U^'’,50 p. 100) et de ne pas en user trop longtemps.

Si on méconnaît ces précautions, on observe un fléchissement dans l’alcalinité des plasmas et une élimination

(1) CnAnniN, Acad, des Sc., IV, p, 10. lOOo, -

TKAITEMENT.

'tlO

exagérée de matières minérales dans les urines ; on observe ensuite des lésions dans le foie et dans le rein.

Charrin et Leplay ont constaté dans ces cas les cellules hépatiques réduites à leur paroi, et la destruction de leurs noyaux fréquemment doubles.

Ceci explique pourquoi l’analyse chimique urinaire indique, dans ces mêmes cas, une phosphaturie provenant de la destruction des albumines phosphorées, et une élimination abondante d’acide urique provenant de la destruction des nucléines, car la destruction de ces substances est très importante dans les noyaux, comme nous l’avons constaté, par l’administration de l’acide lactique en nature.

On le voit, l’action nuisible de l’acide lactique est surtout LIÉE A SA PORTE d’eNTRÉE : EFFETS NUISIBLES PAR INTRODUC- TION cutanée; effets utiles par introduction INTESTINALE ET NE DEVENANT NUISIBLES QU’eN EXCÈS.

Ces faits nous enseignent la prudence et la juste mesure.

C’est pour cette raison que nous avons, depuis de longues années, renoncé à l’acide lactique pur ; c’est pour cette raison que les laits acides : caillé, petit lait, babeurre et kéfir, que nous ordonnons, ne doivent être faits qu’avec des laits ayant vingt-quatre heures d’acidification, ceux de plusieurs jours étant nuisibles.

C’est pour cette raison enfin que nous préférons aux

LAITS ACIDES LES PATES, OUI NE CONTIENNENT PAS D’ACIDE LACTIQUE PRÉFORMÉ ET QUI NE FOURNISSENT LEURS ACIDES LACTIQUE ET

succiNiQUE in Statu nascenti qu’a doses minimes et au prorata DE l’abondance DE LA FLORE MICROBIENNE, PUISQUE CE SONT CES MICROBES EUX-MÊMES QUI LES PRODUISENT.

Les analyses urinaires, du reste, faites dans le cours du traitement, au point de vue de l’élimination de l’acide urique et surtout de l’acide phosphorique, nous renseignent immédiatement sur le point qu’il ne faut pas dépasser, et avec le

TUMINUEH LA PUTRÉFACTION AZOTÉE. ‘ 411

régime farineux tel que nous le faisons faire, nous n’avons jamais observé de phosphaturie.

5° Ce régime trop exclusivement farineux peut conduire au diabète.

Sans doute ce régime est et doit être contre-indiqué dans le diabète.

Mais, d’une part, c’est là un castres exceptionnel, car je n’ai observé que très rarement la coïncidence des deux maladies.

D’autre part, après avoir dosé, d'après le système de Von Noorden, la quantité d’hydrocarbures que le malade peut ingérer sans que le sucre apparaisse dans l'urine, on peut modérer et approprier le régime à cet état.

Sans doute encore, dans l’insuffisance hépatique, le régime farineux, servant de glycosurie expérimentale, pourra causer de la glycosurie alimentaire.

Mais je fais dans ces cas rechercher le sucre tous les dix jours, et, là encore, il est facile de le reconnaître et de modifier lé régime en conséquence.

6° Ce régime n’est pas toujours accepté.

Accepté volontiers? Non certainement, pas toujours, mais, si on explique au malade le but que l’on se propose, il est bien rare qu’il résiste.

Dès qu’il aura perdu l’habitude des mets sapides et qu’il sera entré complètement dans la fadeur du régime, il finira par trouver ces mets insipides agréables, et il les mangera bientôt volontiers.

7" Ce régime n’est pas toujours supporté.

Si l'on a soin de défendre de boire avec les farineux solides, ce régime est très facilement supporté après huit jours au plus de malaises.

TRAITEMENT

Mais il existe cependant deux contre-indications au régime farineux intensif qu’il faut bien connaître. >

Ce sont des malades qui, à côté de l’inflammation du côlon, ont une inflammation chronique de l’intestin grêle. On les reconnaît facilement à la forme diarrhéique de l’entérite dont ils soufl’rent. ‘ i

Chez eux, les farineux fermentent dans l’intestin grêle, avec production abondante d’acide lactique et d’acide butyrique, causant des diarrhées acides avec coliques et une assimilation très défectueuse.

' D’autres, sans avoir de l’inflammation de l’intestin grêle, n’ont pas la digestion normale ; ils ont une dyspepsie de l’intestin grêle. ’ - ; ; '

Ils supportent un, deux, trois mois les farineux, puis, sans cause appréciable, on- voit survenir les mêmes fermentations, les mêmes malaises que dans les cas précédents.

Dans ces deux cas, il faut modifier le régime et remplacer la plus grande partie des farineux par les purées de légumineuses, et le lait par le yoghourt. ^ ; >

Mats ces cas sont exceptionnels et, d'une manièi'e r/énérale, on peut affirmer que ces régimes sont sans inconviî-

iNTENTS ET SANS DANGERS, QU’lLS SONT FACILEMENT ACCEPTÉS ET PLUS FACILEMENT ENCORE SUPPORTÉS PAR LES MALADES.

B. — COMBA.TTRE LA PUTRÉFACTION AZOTÉE DE L’INTESTIN EN Y INTRODUISANT DES MICROBES ANTAGONISTES.

Rappelons que le caractère principal de la flore intestinale des auto-intoxiqués est la diminution considérable des bacilles aérobies saccharolytes et l’apparition d’une quantité énorme de bacilles anaérobies protéolytes, qui sont les ouvriers inlassables de la putréfaction azotée.

Nous avons vu que les régimes végétarien et lacto-farineux, grâce à la quantité minime d’azote qu’ils contiennent, grâce à l’acide lactique qu’ils produisent, étaient des moyens puissants pour modifier le bouillon de culture intestinal par trop favorable aux microbes protéolytes.

Mais nous pouvons encore modifier ce bouillon de culture intestinal d’une autre manière, en y introduisant d’autres microbes, qui, tout en étant inoffensifs par eux-mêmes, soit par leur présence propre, soit par celle de leurs sécrétions, soient cependant à même de nuire aux microbes anaérobies de la putréfaction.

Les microbes protéolytiques anaérobies rencontrent en elïet des ennemis redoutables dans d’autres microbes, notamment, comme nous l’avons vu, dans ceux qui provoquent la fermentation des sucres et produisent de l’acide lactique.

N’y aurait-il donc pas moyen d’acclimater ces mderobes lactiques dans notre tube digestif pour combattre avec leur aide la putréfaction intestinale.

Sans doute il ne suffit pas 'de trouver le microbe inoffensif et antagoniste, il faut encore qu’il soit capable de vivre dans les intestins de l’homme.

TRAITEMENT

Nous savons en effet par la bactériologie que beaucoup de microbes, ingérés même en très grande quantité et à reprises réitérées, périssent dans l’intestin de l’homme et des animaux.

Ainsi, comme le fait remarquer Metchnikoff, le vibrion cholérique, cet agent si redoutable du choléra asiatique, a été à plusieurs reprises impunément ingéré par diverses personnes. Sa destruction était si complète qu’il a été impossible de le retrouver dans les fèces.

Ce même fait a été observé pour d’autres microbes encore, celui du tétanos par exemple, comme nous l’avons déjà vu.

On le voit, cette rnélhode ne peut être utilisée avec quelque chance de succès que lorsqu’on pourra :

1° Reconnaître la flore intestinale protéolyte comme CAUSE DE la maladie aütotoxique ;

2*^ Trouver et introduire dans l’intestin une culture de microbes lactiques, antagonistes des microbes protéolytes

DE LA PUTRÉFACTION MAIS INOFFENSIFS POUR l’uOMME ET CAPABLES DE VIVRE DANS SON TUBE DIGESTIF.

On a fait de nombreux essais dirigés:

a) Soit contre certains microbes causant des infections spécifiques;

b) Soit contre les microbes protéolytiques anaérobies de la putréfaction en général.

Page 1