‹ L'auto-intoxication intestinaleChapitre 165 sur 182 · ÉVACUER LES MICROBES PROTÉOLYTIOUES DE L’INTESTIN · texte numérisé non relu

ÉVACUER LES MICROBES PROTÉOLYTIOUES DE L’INTESTIN

Là encore l’évacuation régulière de ces matières par l’enléroclyse évitera au malade des complications souvent sérieuses.

Ainsi l’évacuation des matières, l’évacuation des membranes, l’évacuation des produits toxiques, telle est la TRIPLE indication DE l’eNTÉROCLYSE ÉVACUANTE.

On peut en établir une quatrième, mais seulement dans l’auto-intoxication par entérite chronique, qui est une inflammation infectieuse du côlon.

L’entéroclyse, qui peut faire pénétrer jusqu’à la valvule de Bauhin les liquides évacuateurs, peut aussi porter des agents médicamenteux et microbicides, mais inoffensifs pour le malade.

C’est la l’unique indication de l’entéroclyse antiseptique.

Entéroclyse évacuante.

Le lavage intestinal se fait avec le sérum physiologique (7 grammes de sel pour 1 litre d'eau soigneusement bouillie) et à la température de 38 à 42° C. suivant les cas.

C’est la solution qui irrite le moins l’intestin, et c’est celle qui provoque la plus forte diurèse. C’est pour cela que nous lui donnons la préférence sur toutes les autres.

On peut y ajouter avec avantage des infusions de graines de lin ou de racines de guimauve.

Technique de Tentéroclyse. — Pour faire un bon lavage d’intestin, il faut faire pénétrer le liquide jusqu’au cæcum, mais sans distendre l’intestin et sans l’irriter.

Or ce n’est pas ce que l’on obtient avec la douche rectale, la sonde courte et la forte pression.

Le gros intestin, et surtout le gros intestin malade, est très contractile ; il s’y produit des spasmes prolongés pour la moindre irritation.

Aussi n’est-il pas étonnant de voir une irrigation violente

TRAITEMENT

avec forte pression déterminer des spasmes qui empêchent non seulement la sonde qui se recourbe, mais même l’eau, de pénétrer jusqu’au fond.

Je me sers de sondes anglaises de petit calibre, de 5 à 8 millimètres de diamètre, mais longues de 50 centimètres pour les enfants ; de 1 mètre et plus pour les adolescents et les adultes (I).

Elles sont percées d’une ouverture à l’extrémité et d’une autre sur le côté.

La sonde est en communication par un court tuyau avec un bock de 2 litres, placé au plus à 10 centimètres audessus du siège du malade, qui est couché sur le côté droit, les jambes repliées sur le ventre et le siège surélevé.

Le robinet étant ouvert^ on introduit alors la sonde de 1 à 2 centimètres dans le rectum ; l’eau coule et ouvre l’intestin devant la sonde ; il est alors facile, après une minute , de pousser la sonde de 2 centimètres, et ainsi de suite.

En introduisant la sonde lentement, centimètre par centimètre, en attendant chaque fois que l’eau ait ouvert le passage ou redressé la courbure, on arrive facilement, sans que le malade sente la moindre douleur et le moindre malaise, à introduire toute la sonde dans l’intestin et l’eau jusque dans le cæcum.

La quantité d’eau à introduire varie considérablement suivant les individus et, chez la même personne, suivant les jours. Tantôt elle sera de 500 centimètres cubes, tantôt de 1 500 centimètres cubes.

S’il y a des reflux dans le bock, signe certain de spasme intestinal, s’il survient des malaises ou des douleurs quelconques, le lavage sera interrompu et renvoyé, même si la quantité d’eau est insuffisante.

L’eau du lavage sera rendue au premier besoin impé-

(1) On peut se procurer ces sondes chez Miersch-Golay, à Lausanne, et chez Delamotte, à Paris.

Page 1