ÉVACUER LES MICROBES PROTÉOLYTIQUES DE L’INTESTIN
rieux. Dans la plupart des cas, un bon tiers reste dans l’intestin.
11 est toujours bon de faire précéder le lavage d’un petit lavement évacuant.
Indications de l’entéroclyse. — Nous avons vu que l’indication des lavages était d’évacuer les selles, les membranes et les produits toxiques.
C’est dire que tous les auto-intoxiqués n’ont pas besoin de
LAVAGES INTESTINAUX ET QUE l’eNTÉROCLYSE NE RENTRE NULLE- MENT DANS LE TRAITEMENT SPÉCIFIQUE DE CETTE MALADIE.
Nous avons l’habitude de ne les employer que dans les trois cas suivants :
i® Lorsqu’il y a à la fois constipation et auto-intoxication intestinale, caractérisée par des courbes élevées de substances aromatiques, les lavages sont tout à fait indiqués, et ils amènent une détente rapide ;
2® Lorsqu’il y a auto-intoxication considérable seulement, les lavages sont aussi tout à fait indiqués, même s’il y a peu de membranes et des selles régulières, car il en résulte une modification heureuse de l’état général et la disparition de la plupart des malaises ;
3® Lorsqu’il y a dans l’entérite beaucoup de membranes ou beaucoup de glaires, nous les employons avec grand avantage, car ils amènent une sédation rapide des douleurs.
Mais, lorsque la constipation est la seule indication, les lavements d’huile sont beaucoup plus actifs et présentent moins d’inconvénients.
Lorque l’auto-intoxication est bénigne, nous ne conseillons pas les lavages, car le régime et les désinfections seront suffisants pour amener la guérison.
L’entéroclyse n’est pas en effet un remède indifférent.
Mal faite, elle distend l’intestin et augmente son atonie; faite avec une pression exagérée, elle augmente le spasme ;
TRAITEMENT
trop souvent répétée, elle irrite l’intestin et exagère l’hypersécrétion glaireuse ; trop chaude ou trop irritante, elle provoque une entérite membraneuse artificielle.
Ces divers reproches sont tous fondés, mais, comme le fait remarquer avec raison Langenhagen, il faut surtout incriminer la façon dont sont faits les lavages plutôt que le procédé lui-même.
Si l’entéroclyse est faite avec les précautions indiquées, la plupart de ces inconvénients tombent; il n’en est pas moins vrai qu’il ne faut pas en abuser.
Il faut savoir ordonner les entéroclyses quand cela est nécessaire, mais il faut savoir aussi les espacer et en déshabituer l’intestin dès que l’indication cesse d’être prédominante, car l’usage trop prolongé de la sonde entretient l’irritation de l’intestin.
On donnera l’entéroclyse alors seulement tous les deux jours, puis tous les trois jours, etc., jusqu’à ce que l’on puisse les cesser sans inconvénient.
Contre-indications de l’entéroclyse. — Dans l’entéroptose grave, dans l’atonie intestinale, lorsque l’eau pénètre facilement, mais ne ressort pas, les lavages sont contreindiqués.
Lorsque l’intestin est irritable, il se produit, sous l’influence du lavage, des spasmes du côlon avec reflux du liquide dans le bock ; ces spasmes sont souvent douloureux et contreindiquent l’emploi de l’entéroclyse.
Enfin certains malades impressionnables, à réflexes intestinaux exagérés, éprouvent, sous l’influence du lavage, des douleurs telles qu’elles s’accompagnent de sueurs froides, de nausées, de menaces de syncope.
Là encore il faudra renoncer aux lavages, qui font plus de mal que de bien.