LES CORPS AROMATIQUES PROVIENNENT DES SUCS INTESTINAUX PUTRÉFIÉS
Il est nécessaire d’insister sur cette seconde source des corps aromatiques, car ils se produisent aussi sous l’influence des microbes protéolytiques de l’intestin.
Bile. — Les matières colorantes de la bile sont décomposées par les microbes de l’intestin ; c’est ainsi que la bilirubine est transformée en urobiline dans le gros intestin (Nencki et Sieber) ; que l’acide taurocholique est entièrement décomposé, alors que l’acide glycocholique reste intact et se retrouve dans les selles.
Chez le fœtus, où la putréfaction intestinale manque, on retrouve les acides biliaires et les matières colorantes intacts dans les selles.
Sucs. — La bile, le suc pancréatique, le suc intestinal, riches en albumine et en nucléo-albumine, subissent, comme la nourriture azotée, l’influence des microbes de la putréfaction.
C’est surtout le suc pancréatique qui subit les phénomènes de putréfaction. Pisenti (1) a démontré que l’élimination de l’indol et du phénol diminue considérablement par la ligature du canal de Wirsung.
C’est pour cette raison que l’élimination des corps aromatiques continue même pendant l’inanition (Ernst).
En résumé^ les substances aromatiques proviennent uniquement de la putréfaction dans l'intestin des matières protéiques qui se trouvent dans les aliments et les sucs intestinaux ; aussi leur proportion augmente-t-elle avec Vintensité de la putréfaction intestinale.
Il existe deux exceptions à cette règle :
1° V ingestion de médicaments contenant des substances
(1) Pisenti, Maly's, XVII, p. 277.
aromatiques (phénol, créosote, etc.), qui fait à elle seule apparaître ces corps aromatiques dans V urine ;
2® La présence dans V organisme d'un foyer de suppuration microbienne produisant des phénol et indol qui apparaissent aussi dans Vurine.