I. — STIMULER LES ÉMONCTOIRES INSUFFISANTS DE L’ORGANISME
L’accumulation des entérotoxines et des leucoma'ines dans le sang peut se produire non seulement lorsqu’il y a hyperproduction de ces poisons, mais surtout lorsqu’il y a insuffisance des émonctoires normaux de l’organisme, qui sont le rein, la peau et l’intestin.
l. — STIMULER LES FONCTIONS DE UÉMONCTOIRE. liEriAL.
Nous pouvons stimuler la fonction rénale avec :
1° Le lavage de l’intestin;
2" Le l.ivage du sang ;
3° Les cures thermales.
STIMULER LES EMONGTOIRES INSUFFISANTS
L’entéroclyse.
Le lavage intestinal au sérum physiologique dont nous avons déjà parlé est un excellent moyen d’augmenter l’élimination rénale, et, après chaque lavage, on constate toujours dans l’excrétion de lurine une augmentation, qui peut être souvent considérable.
Le lavag*c du sang^.
Le lavage du sang paraît très particulièrement indiqué lorsque des poisons sont accumulés dans le liquide sanguin.
Or le lavage du sang peut se faire de deux manières :
a) Au moyen de Vinfusîon intraveineuse ;
b) Au moyen de Vhypodermoclyse.
L’infusion intraveineuse.
Je trouve, dit le professeur Lépine(i), cette expression de « lavage du sang » employée pour la première fois dans un mémoire du professeur Sanguirico : sur des lapins intoxiqués par différentes substances (strychnine, alcool, chloral, aconitine, paraldéhyde, uréthane, caféine, morphine, curarine, nitrobenzol, nicotine).
Sanguirico a fait à ces animaux de nombreuses infusions intraveineuses d’eau salée ; dans quelques cas, il semble avoir obtenu des résultats encourageants ; mais, comme il ne dit pas quelle quantité de liquide il a employée, nous ne pouvons avoir la certitude qu’il ait réellement pratiqué le lavaye de Voryanisme, tel que nous ont appris à le faire Dastre et Loye.
Sanguirico cite Sanarelli comme ayant tenté avant lui
(1) Lkpine, Semaine médicale, 189G, p. 233.
TRAITEMENT
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le lavage de V organisme dans les empoisonnements; mais je n’ai pu remonter à la source, et j’ignore en quoi ont consisté exactement les tentatives de Sanarelli.
Quoi qu’il en soit, antérieurement. Ch. Richet et Moutard- -Martin avaient montré que l’infusion d’eau sucrée dans les veines d’un chien, — alors même que la quantité de sucre est de quelques grammes seulement, — détermine aussitôt une polyurie considérable (1).
Par leurs expériences très précises, Dastre et Loye (2) -ont mis hors de doute le fait important qu’on peut faire fpénétrer dans les veines d’un animal une quantité considérable d’eau salée, au delà même des deux tiers du poids de l’animal (!), sans provoquer aucun trouble, pourvu que l’entrée du liquide soit lente et bien réglée.
Depuis cette époque, les médecins, Sahli en tête (3), et les •chirurgiens ont eu souvent recours au lavage du sang dans ‘les intoxications graves et dans l’auto-intoxication urémique, • et ils ont enregistré quelques succès.
Mais il faut pour cela qu il y ait une intégrité des reins; car, pour produire un lavage du sang, il ne suffit pas qu’une .grande quantité de liquide soit absorbée, il faut qu’une urination abondante ait lieu, et cela même n’est pas suffisant, •car il faut qu’avec la sortie de l’eau s’effectue une élimination correspondante des toxines.
C’est ce que nous voyons dans la néphrite interstitielle, où l’urémie peut exister malgré une polyurie de plusieurs litres.
Enfin il ne faut pas oublier que, dans la néphrite, où il y a rétention de chlorures, une infusion veineuse de solution salée à 7 p. 100 peut être nuisible et même mior- «telle.
(l) Ricfiet, Arch. de physioL, 1881, p. 1.
{2} Dastue, Arch. de physioL, 1889, p. 283.
\3) Sahli, Corresp. f. Schweiz. /Erzte, 1890, p. 543.
STIMULER LES ÉMOiNCTOIHES INSUFFISANTS.
Aussi cette méthode, utilisable dans les auto-intoxications intestinales très graves, n’est-elle guère indiquée dans les cas ordinaires.
L’hypodermoclyse.
L’hypodermoclyse reste donc la méthode de choix dans l’auto-intoxication intestinale.
Le récipient ainsi que l’eau salée ayant été préalablement stérilisés, et le récipient fixé à une faible hauteur, on introduit un trocart très fin, muni de sa canule, sous la peau del’abdomen.
On retire le trocart et on met la canule en rapport avec le tube abducteur du récipient. Si le trocart est très fin et si le récipient n’est pas trop élevé, l’entrée ne sera pas trop rapide ; sinon on la modérera avec une pince fixée sur le tube de caoutchouc.
On veillera à ce que l’entrée soit lente ; autrement il seformera une tuméfaction très douloureuse dans le tissu cellulaire sous-cutané.
On recommande de veiller à ce que la température de l’eau soit exactement la même que celle du corps.
Si l’on fait pénétrer très lentement le liquide, ce soin est moins indispensable, car il suffît qu’il soit tiède pour qu’il se mette promptement en équilibre de température avec le tissu cellulaire sous-cutané.
Nous nous servons dans notre clinique, pour l’hypoderinoclyse, avec prédilection de la seringue de verre à piston, de verre, grand modèle, qui est facilement stérilisable et qui rend l’hypodermoclyse beaucoup plus facile.
Les quantitésinjectées ne dépassent pas 60 à 150 grammes on peut les répéter plusieurs fois, si nécessaire.
Sous leur influence, on peut voir le cœur se relever et l’urine augmenterbeaiicoup en quantité et même en qualité,, comme nous l’avons observé à maintes reprises.
TRAITEMENT
En résumé, l’hypodermoclyse sera toujours le moyen
EXCEPTIONNEL, ET l'eNTÉROCLYSE LE MOYEN HABITUEL A EMPLOYER DANS L’AUTO-TNTOXICATION INTESTINALE, LORSQUE l’oN VOUDRA STIMULER LA FONCTION RÉNALE.
Les cures thermales.
11 nous reste encore à citer les cures minérales qui agissent par le lavage de l’organisme, « plus parce qu’elles emportent que par ce qu’elles apportent ».
ÉviAN, Vittel, Contrexéville, etc., sont les sources les plus utilisées pour laver l’organisme.
Ces eaux peuvent produire un effet utile dans l’autointoxication, mais il n’est que passager.
Seul un régime alimentaire antiputride aura une action profonde et durable dans cette alfection chronique.