‹ L'auto-intoxication intestinaleChapitre 21 sur 182 · INDOXŸLES · texte numérisé non relu

INDOXŸLES

L’îndol.

L’indol (C’H^N) a été découvert l’urine dans par Hill-Cassel (1) sous forme d’indigo.

Schmunck démontra que cet indigo ne se trouve dans l’urine qu’à l’état de combinaison, qu’il nomme indicani

Jafté (2) parvint à prouver que l’indican urinaire provient de l’indol intestinal en pratiquant des injections sous-cutanées d’indol, qui produisirent toujours quelques heures après une indicanurie.

Formation de ïindol dans V intestin. — Peurosch (3) démontre que l’indol se forme aux dépens de l’aliment carné et disparaît avec une alimentation sucrée et farineuse.*

Hulner et Kuhne fournissent la démonstration que l’indol ne se forme dans le corps que sous l’influence des microbes, et qu’on doit le regarder comme le produit de la putréfaction microbienne des corps protéiques.

Baumann et Brieger (4) confirment ces faits; ils démontrent que l’indol ne se forme dans l’intestin que sous l’influence de la putréfaction microbienne des corps protéiques. L’indol se forme avant le phénol, et déjà, dans la partie la plus inférieure de l’intestin grêle, alors que le phénol ne se forme que dans le gros intestin.

Hopkins et Cole (5) démontrent enfin que l’indol et le scatol se forment aux dépens du tryptophane, corps homologue à la tyrosine, qui est un mélange des acides aminoscatolpropionique et aminoindolpropionique.

(J) IIill-Cassel, Phil. Mag., 1853, p. 9.

(2) Jaffé, Centrait l. f. med. Wiss., 1872, p, 1.

(3) Peurosch, Diss. inaug. Kœnigsberg, 1877.

(4) Baumann et Brieger, Zeils. f. phys. Ch., III, p. 254,

(5) Hopkins et Gole, loc. cit.

SUBSTANCES TOXIQUES

Sous l’influence de la putréfaction, le tryptophane se dédouble en indol et scatol.

La formation de l’indol est très considérable dans les digestions artificielles. Dans l’intestin, elle est minime; cela tient, d’une part, au fait que normalement les peptones et les corps cristallisés sont formés dans l’estomac et dans la partie supérieure de l’inteslin grêle, où ils sont de suite résorbés avant de pouvoir donner naissance à l’indol; d’autre part, la résorption de l’indol est faible, car une partie importante est éliminée par les fèces, auxquelles il donne avec le scatol leur odeur caractéristique.

Comme pour le phénol, Ernst a prouvé qu’une partie de l’indol se forme sous l’influence de la putréfaction de la bile, des sucs intestinaux et pancréatique et du mucus, ce qui explique pourquoi on en trouve chez les animaux et chez l’homme en état de famine.

'Chez les animaux et chez l’homme nouveau-nés, il n’y a pas d’indol dans le méconium (Sénator).

Le genre de nourriture exerce une influence considérable sur la production de l’indol dans l’intestin. Sa quantité est proportionnelle à la quantité d’albumine ingérée ; elle augmente avec la diète carnée et diminue avec la diète végétale. Elle augmente avec la fibrine et diminue avec les collagènes (1).

Hirschler (2) démontre enfin qu’en ajoutant des farineux à la viande on diminue l’indol et le scatol.

Si la quantité de viande dépasse la force digestive, si l’assimilation des corps cristallisés est diminuée, si il y a stagnation du contenu de l’intestin grêle, la putréfaction augmente, et l’indol se forme en plus grande quantité dans l’intestin.

(1) Salkowski, Zeits. f. phys. Ch., VITI, p. 417.

(2) IliRscHLRR, Zeils. f. phys. Ch., X, p. 30G,

I Lieu de production de ïindol dans V intestin. —

On a cherché à résoudre cette question soit par des expé- ' riences sur les animaux, soit par des observations cliniques.

1° Expériences sur les animaux" — Jaffé (1) recherche l’indol chez des chiens dont il a lié Tinteslin ; et il trouve I que la ligature de l’intestin grêle augmente d’une manière ! constante Tindol, alors que la ligature du gros intestin ; n’exerce aucune influence sur l’indicanurie.

Ellinger et Prutz (2) cherchèrent, par une série d’expériences, à vérifier l’assertion si importante de Jaffé, j Voici leurs conclusions :

I 1® Une stase dans l’intestin grêle augmente considérablement l’indicanurie ; la stase dans le gros intestin i n’exerce aucune influence sur elle ;

j 2® S’il se produit dans une stase du gros intestin une indicanurie, on peut être sûr que la stase du gros intestin s’est compliquée d’une stase dans l’intestin grêle; or cette insuffisance secondaire de la valvule iléo-cæcale ne peut ' être diagnostiquée que par ce moyen-là ;

, 3® La stase du duodénum et de la partie supérieure de

l’intestin grêle ne s’accompagne pas d’indicanurie ;

4® Les symptômes de l’occlusion intestinale sont souvent subits, et cependant fréquemment on se rend compte à l’opé- I ration que la cause devait exister depuis longtemps. Or l’indicanurie progressive permet de poser ce diagnostic à une époque où la clinique serait impuissante à le faire.

Les expériences d’Ellinger démontrent en effet qu’il suffit d’une stase modérée pour produire l’indicanurie.

2® Observations cliniques. — La clinique a-t-elle confirmé ces vues toutes théoriques ? Dans un article fort intéressant : « L’urine dans les affections intestinales »,

(1) Jaffé, Virch., LXX.

(2) Ellingek et Dbutz, Zeits. f. phijs. Ch., XXXVIII, p. 399,

SUBSTANCES TOXIQUES

Nolhnagel a traité cette question avec tous les développements nécessaires (1).

Dans la constipation habituelle, même quand elle est considérable, on n observe aucune indicanurie.

C’est ce qui résulte des recherches de Jaffé, de Vries, Ortweiler et Nothnagel.

Le même fait fut vérifié par Brieger et Ortweiler dans la constipation expérimentale par l’opium.

Pour qu’il y ait indicanurie, il faut en effet qu’il se produise une stase dans l’intestin grêle.

Carter, Jaffé, de Kies, Hennige, Sénator, Leube, Von Jaksch, Ortweiler, Nothnagel, ont étudié cette question au lit du malade, et voici le résumé de leurs recherches :

Toute stase et surtout toute occlusion de Vintestin grêle produit une indicanurie souvent considérable.

Jaffé a constaté dans ces cas 100 milligrammes h 150 milligrammes, soit dix à quinze fois la quantité normale.

Ce n’est qu’après vingt-quatre heures de stase que l’indican apparaît; aussi Nothnagel a-t-il pu obsers’er des cas d’obstruction intestinale rapidement levée, comme des hernies qui ne donnaient aucune indicanurie.

Mais, dès que la stase dépasse vingt-quatre heures, l’iiidicanurie apparaît et devient rapidement progressive et maximale.

Toute stase et même toute occlusion du gros intestin ne produit aucune indicanurie.

Ce n’est qu’après quelques jours, quand la stase atteint l’intestin grêle en forçant la valvule de Bauhin, que l’indican augmente dans l’urine.

Dans la péritonite diffuse, on observe, comme l’ont démontré Jaffé, Sénator, Brieger, Hennige, Ortweiler et Nothnagel, une indicanurie souvent énorme, surtout dans la forme aiguë suppurée, quelquefois même dans la forme

(1) Nothnagel, NolhnayeVs Handbuch, XVII, p. 673.

chronique. Dans cette maladie, il se produit en effet une stase dans l’intestin grêle qui explique la formation exagérée de l’indican.

Enfin^ dans certaines maladies de Vintestin grêle accompagnées de diarrhées, on observe aussi de VindicanUrie.

C’est ainsi que, dans la fièvre typhoïde, le choléra noslras et le choléra asiatique, la tuberculose intestinale, le catarrhe intestinal grêle, l’indicanurie peut être importante.

On ne l’observe jamais dans la dysenterie et l’entérocolite glaireuse, qui s’accompagnent à la fois d’une péristaltique exagérée, d’une augmentation des putréfactions intestinales et d’une résorption diminuée grâce à la lésion de la muqueuse intestinale.

En résumé, Tindol se forme déjà dans la partie inférieure de l’intestin grêle.

Quelle est l’explication de ce puénomène. — Jaffé avait émis l’hypothèse que, dans l’état normal, il ne se produit que peu d’indol, parce que la putréfaction azotée ne se fait que dans le gros intestin et que les matériaux qui livrent l’indol (le tryptophane) sont résorbés avant d’y arriver, que de plus le manque d’eau dans le gros intestin empêche la décomposition du tryptophane.

Au contraire, si la partie inférieure de l’intestin grêle est obstruée ou qu’il s’y produise une stase, la décomposition azotée peut s’y produire et l’indol augmenter.

Ellinger pense que, dans l’intestin grêle normal, la digestion azotée est produite uniquement par les enzymes, les microbes ne jouant aucun rôle; lors d’une stase ou d’une obstruction, au contraire, la digestion microbienne devient prédominante, et l’indicanurie se produit.

Quant à savoir pourquoi la digestion azotée de la partie supérieure de l’intestin grêle est aseptique et pourquoi il ne s’y forme pas de l’indol, il est bien difficile de le décider d’une manière affirmative.

SUBSTANCES TOXIQUES

On sait, comme Landsberger l’a démontré (1), que le suc intestinal est bactéricide; on sait que les produits de fermentation des hydrocarbures, les acides succinique et lactique, empêchent la putréfaction azotée ; mais ces moyens ne sont que de peu de durée, et il suffit d’une stase du contenu intestinal si chargé de microbes pour qu’ils deviennent insuffisants dans la partie inférieure de l’intestin grêle.

Tandis que cette action beaucoup plus prédominante dans le duodénum et les parties supérieures de l’intestin grêle, combinée avec celle du suc gastrique, empêche l’indicanurie dans les stases ou obstructions de cette partie de l’intestin.

Formation de Vindol hors de V intestin. — Comme pour le phénol, il convient de dire que l’intestin n’est pas la seule source microbienne de l’indol.

Sénator démontre que, si la destruction de l’albumine, telle qu’elle se produit sous l’influence de la fièvre, n’augmente pas l’indol, par contre, toute collection purulente microbienne de l’organisme (empyème, péritonite), toute ulcération tuberculeuse ou cancéreuse, s’accompagnent d’une formation plus ou moins abondante d’indol et de scatol.

Mais est-ce là sa seule source de production?

L’indol ne peut-il se produire par la destruction aseptique de l’azote de l’organisme?

Jaffé (-2), Salkowski (3) l’admettent, et Hoppe-Seyler (4) semble le démontrer expérimentalement, quand il produisait de l’indol avec de la fibrine qui paraissait aseptique.

Kuhne, il est vrai, parvint à prouver que les expériences d’Hoppe-Seyler n’étaient pas aseptiques et ne prouvaient rien.

(1) Landsberger, Diss. inaug. Kœnigsberg.

(2) Jaffé, Centralbl. f. rned. Wiss., 1872, p. 31.

(3) Salkowski, Ibid., 1876, p. 46.

(4) Hoppe-Seyler, Arch. de PhysioL, 1816, p. 12.

I D’un autre côté, toute une série d’auteurs cherchèrent

j à prouver la production de l’indol par l’usure cellulaire i de l’organisme, en démontrant sa présence dans l’état de I famine.

! Müller (1) d’abord, Krauss (2) ensuite le trouvent, mais très diminué, chez le chien en état de famine; Luciani le I démontre chez le jeûneur Succi; Müller, chez Cetti et ' Breithaupt, jeûneurs de profession.

1 Mais, dans tous ces cas, l’indol n’est qu’à l’état de traces, et il est produit, comme nous l’avons vu, par la putréfaction ! microbienne des sécrétions intestinales et des hémorragies, j si fréquentes dans l’état de famine.

Tout dernièrement encore, Blumenthal (3) a essayé de reprendre cette théorie en s’appuyant sur des faits cli- ! niques.

j Sénator (4) observe l’indicanurie surtout dans les mala- ! dies consomptives, l’indicanurie étant parallèle àl’amaigris- I sement et à l’anémie. Aussi cet auteur l’attribue -t-il à la destruction de l’azote de l’organisme sous l’influence de ^ l’inanition, de la cachexie. Parmi cesmaladies, nous citerons le carcinome de l’œsophage et de l’estomac, et surtout la i phtisie pulmonaire, qui s’accompagne d’une indicanurie considérable, ainsi que le démontrent Brieger (3) et Henige (6).

I Sénator d’abord, Blumenthal ensuite (7) attribuent même à l’indicanurie une grande importance au point de vue du I pronostic de la phtisie, celle-ci étant parallèle à l’appaj rition de la maladie.

I (I) Müller, Maly’s, 188G.

; (2) Krauss, Zeils. f. phys. Ch., XVIII, p. 380.

' (3) Blumenthal, Feslsch. v. Leyden.

J (4) SÉNATOR, Centralbl. f. med. Wiss., 1877.

I (5) Brieger, Zeils. f. phys. Ch., II.

j (6) Henige, Arch. f. klin. Med., 23.

! (7) Blumenthal, Deid. klin. Woch., 1899.

SUBSTANCES TOXIQUES

Les pédiatres s’emparèrent de cette idée, et les travaux de Hochsinger (1) et de Kahane semblèrent tout d’abord favorables à cette manière de voir; mais des recherches approfondies de Cattaneo (2) et de Concetti démontrèrent que l’indicanurie n’était importante dans la phtisie qu’en cas de complications intestinales et dans les ulcérations pulmonaires.

L’indicanurie semble aussi jouer un rôle important dans le - diabète. Schunk et Otto (3), en Allemagne ; Gilbert et Castaigne (4), Gilbert et Weil (5), en France, attribuent à l’indicanurie une importance pronostique considérable dans cette maladie.

Mais il est bien difficile de pouvoir tirer de ces faits une conclusion sur l’origine de l’indol, car ces auteurs ne se sont pas préoccupés de l’état du tube digestif de leurs malades, ni de leur alimentation.

Ces observations ne peuvent donc pas nous servir pour décider cette question si importante. Aussi s’est-on adresséj en dernier lieu, à l’expérimentation.

• Harnack (fi) démontre que l’homme et les animaux intoxiqués par l’acide oxalique présentent une indicanurie considérable, qui, d’après cet auteur, ne peut s’expliquer que par une fonte azotée de l’organisme. Hildebrandt (7) le confirme par une série d’expériences.

Lewin (8), pour démontrer cette théorie, s’adresse à l’intoxication par la phloridzine, qui augmente considérablement la fonte azotée. 11 put constater, soit chez l’homme, soit chez

(1) Hochsinger, Maly's, 1890.

(2) Cattaneo, Maly’s, 1898.

(3) Schunk et Otto, Arch. de PfiysioL, XXX.

(4) Gilbert et Gastaigne, Maly’s, 1899.

(5) Gilbert et Weil, Maly’s, 1892.

(6) Harnack, Zeits. f. phys. Ch., XXIX.

(7) Hildebrandt, Zeits. f. phys. Ch., XXXV.

(8) Lewin, Ilofrneister’s Beib'age, I.

les animaux, une indicanurie avec phénolurie très augmentée.

Mais on peut lui objecter que les substances toxiques produisent des hémorragies intestinales qui suffisent à expliquer l’augmentation des substances aromatiques.

Scholz(l) reprit ces expériences et arriva à des conclusions opposées ; il démontra que ni l’acide oxalique, ni la phloridzine ne produisent de l’indicanurie.

On le voit, les recherches modernes confirment de la manière la plus complète l’opinion ancienne que Vindol est un produit bactérien et que, dans l’organisme, il ne se forme qu’en présence des bactéries, et’ cela soit normalement dans l’intestin, soit pathologiquement au niveau des suppurations de V organisme (abcès, empyème, ulcérations carcinomateuses ou tuberculeuses, etc.).

Excrétion de Vindol par V urine. — L’indol est oxydé dans l’organisme en indoxyle et se combine dans le foie à l’acide sulfurique pour former de l’acide indoxylsulfurique.

Cet acide sulfoéthéré se trouve dans l’urine sous forme de sels alcalins foimés par l’indoxylsulfate de potasse. En présence des oxydants (chlore), ce corps se dédouble en acide sulfurique et indoxyle, et celui-ci en indigo caractérisé soit par sa belle couleur rouge s’il n’y a pas d’oxygène, indigo rouge, soit en indigo bleu si les substances oxydantes sont en quantité suffisante.

D’après Schmideberg (2), lorsque le soufre manque, l’indoxyle se combine avec l’acide glucuronique sous forme d’acide indoxylglucuronique.

L’excrétion des indols est quelque peu inconstante, car, comme celle des phénols, elle dépend :

1° De la composition de la nourriture, qui est si diflerente en qualité et quantité d’un jour à l’autre;

T De la force de la péristaltique ;

(1) ScHOLZ, Zeits. f. phys. Ch., XXXVIII, p. 530.

(2) Schmideberg, ZeHs. f. phys. Ch., IV, p, 414.

SUBSTANCES TOXIQUES

3° De la force de résorption ;

4° De l’intensité de la putréfaction enfin.

11 n’est donc pas étonnant, en présence de ces facteurs multiples, de constater, comme pour les phénols, que les quantités normales sont variables d’un individu à l’autre, et même chez le même individu d’un jour à l’autre.

Aussi faul-il prêter plus d’attention à la tendance de la courbe qu’à la quantité absolue, à moins qu’elle ne soit très supérieure à la normale.

De là aussi la nécessité d’avoir un chiffre normal élastique.

Moyenne normale d’indol : 0,005 à 0,015 par jour. Variations de ïindolurie.

Quelquefois, la quantité d’indol devient énorme.

Prout, Benecke, Litten (1) ont vu l’urine tout entière devenir bleue. Chez d’autres, on constate seulement un sédiment bleu qui se précipite peu à peu au fond (2). Chez d’autres encore, on trouve de véritables calculs d’indigo.

Chez tous ceux qui ont une indicanurie, on observe à la surface de l’urine une pellicule à reflets bleuâtres qui paraît être due à de l’indoxyle.

L’indol diminue : dans toutes les affections qui diminuent l’appétit.

Dans les affections du gros intestin, dans la constipation et dans les affections de l’estomac, l’indol ne donne guère d'indications.

L’indol augmente : 1° Dans toute suppuration de l'organisme. Ce ne sont pas seulement les abcès volumineux qui sont capables de provoquer l’indicanurie. Celle-ci survient aussi dans les cas de collections purulentes peu étendues et situées sous la peau seulement.

(1) Prout, Benecke, Litten, Virchow's Arcli., VI, p. i60.

(2) Henig, Virchow’’s Arch., VIII, p. 350.

2° Dans toute stase du contenu intestinal grêle (1) : dilatation, parésie, spasme (colique de plomb), obstruction et iléus (2), péritonite simple et tuberculeuse (3), entérite tuberculeuse (4) ;

3° Avec toutes les causes qui augmentent la putréfaction intestinale.

Le scatol.

Le scatol a été découvert par Brieger (5) dans les fèces et isolé par Otto et Brieger dans l’urine, sous forme de scatoxylsulfate de potasse.

Formation du scatol dans ï intestin. — Le scatol est voisin de l’indol, car ils se laissent transformer l’un dans l’autre, le scatol étant du méthylindol.

Le scatol comme l’indol dérivent du tryptophane, mélange d’acides aminoscatolpropionique et aminoindolpropionique qui se produisent sous l’influence de la putréfaction microbienne.

Des études faites dernièrement sur la putréfaction des corps protéiques par Weyl et Kitasato, non plus avec des cultures mélangées, mais avec des cultures pures, sont venues démontrer que certaines bactéries donnent avec prédilection certains corps aromatiques à l’exclusion des autres.

Si bien qu’on en arrive à se demander si la prédominance bactérienne ne serait pas la cause ou tout au moins une des causes des variations dans la proportion des différents corps aromatiques.

Le scatol se montre dans les mêmes conditions que l’indol ; il augmente et diminue parallèlement à l’indoxyle.

Moyenne normale de scatol : 0,005 à 0,010 par jour.

(1) De Wriess, Diss. Kiel., 1879.

(2) Salkowski, Centralbl. f. med. Wiss., XIV, p. 818.

(3) SÉNATOR, Centralbl. f. med. Wiss., XX, p. 187.

(4) Hoppe-Seyler, Zeits. f.phys. Ch., XII, p. 1.

(5) Brieger, .lourn. f. pral. Ch., XVIG p. 124.

SUBSTANCES TOXIQUES

II existe encore d’autres substances aromatiques qui se forment dans l’intestin sous l’influence de la putréfaction microbienne des aliments azotés, mais elles ne sont pas constantes.

La brenzcatéchine (G®H'’’0^) est un dioxybenzol. Cette substance a été découverte par Ebstein et Müller (1) dans l’urine d’un enfant.

Formation de la brenzcatéchine. — C’est un composé fréquent, mais non habituel de l’urine, qu’il colore en brun. Pour peu que cette urine stagne et devienne alcaline, l’urine devient plus foncée et plus noire.

On peut retirer cetle substance de la plupart des végétaux, des fruits, du cidre et de la bière.

Dans l’organisme, par contre, la brenzcatéchine végétale ne devient pas libre, et l’ingestion abondante de fruits et de légumes ne la fait pas apparaître dans l’urine.

Baumann a démontré (2) que, chez l’homme, la brenzcatéchine se forme dans l’intestin comme étant un produit anormal et exceptionnel de l'oxydation du phénol.

Elle provient, par conséquent, du noyau aromatique des aliments azotés.

Excrétion de la brenzcatéchine par V urine. — La brenzcatéchine se combine dans le foie avec l’acide sulfurique et forme, comme l’indol et le phénol, un sulfoéther, et c’est sous cette forme qu’elle s’élimine par l’urine.

L’hydroquinone (C^H’^O^) est un paradioxybenzol.

C’est un produit de l’oxydation du phénol, comme le

(1) Ebstein et Mi ller, Virchow’s Arch., LXII*

(2) Baumann, Zeits. f. ph;/s. Ch., X, p. 523.

La brenzcatéchine.

L’hydroquînone.

démontre Hoppe-Seyler (1). Ce corps ne paraît pas cependant se trouver dans l’urine normale, mais il se montre en abondance lorsque le malade a ingéré du phénol, soit comme poison, soit comme médicament.

Excrétion de ïhydroquinone par ï urine. — Gomme la brenzcatéchine, l’hydroquinone s’élimine sous forme de sulfoéther par l’urine, après s’être combiné dans le foie avec l’acide sulfurique.

L’urine contenant de l’hydroquinone devient noire au contact de l’air.

L’alcaptone.

L’alcaptone (C^H^O^) a été trouvée dans l’urîne pour la première fois par Bœdeker (2).

Wolkow et Baumann (3) l’identifient avec l’acide homogentésinique, un oxyacide provenant de la putréfaction de la tyrosine et de la phénylalanine, ainsi que Langstein (4)

, l’a démontré.

Cette substance, en solution alcaline ou ammoniacale, devient brune puis noire ; aussi l’urine, chez les alcaptonu- ^ riques, présente-t-elle lors de l’émission une couleur naturelle; mais bientôt elle brunit, puis noircit, ce qui frappe beaucoup les malades.

Abderhalden (5) a pu démontrer la présence de l’acide homogentésinique dans le sérum sanguin des alcaptonuriques, ce qui prouverait, selon lui, que le troul)le du métabolisme azoté ne doit pas être cherché chez eux, comme le croyait Baumann, dans l’intestin, mais bien, comme pour la cystinurie, dans les transformations azotées de l’organisme. La question est donc encore à l’étude.

(1) Hoppe-Seyler, Zeits. f. phys. Ch., XII, p. 4.

(2) Boîdeker, Zeits. f. kl. Med., III, p. 138.

(3) AVolkow et Baumann, Zeits. f.phys. Ch., XV, p. 228.

(4) Langstein, Zeits. f. phys. Ch., XXXVII, p. 513.

(5) Abderhalden, Zeits. f. phys. C/t., XXXIX, p. 145.

Combe. — Auto-intoxication intestinale.

SUBSTANCES TOXIQUES

Page 1