‹ L'auto-intoxication intestinaleChapitre 33 sur 182 · ACTION CHIMIQUE DU FOIE · texte numérisé non relu

ACTION CHIMIQUE DU FOIE

Urée. — L’urée se forme surtout dans le foie, aux dépens des acides aminés et de l’ammoniaque.

Les acides aminés sont en partie toxiques (la tyrosine, le tryptophane) ; mais leur toxicité est limitée.

L’ammoniaque, par contre, est très toxique ; il suffit de pour tuer 1 kilogramme d’animal (Bouchard).

L’urée, tout au contraire, est un des corps les moins toxiques, car il en faut 6 grammes par kilogramme pour obtenir la mort de l’animal.

En transformant les acides aminés et l’ammoniaque en urée, le foie diminue donc considérablement la toxicité des matériaux excrémentitiels. C'est là sa fonction iiréopoiétique.

Acide urique. — L’acide urique se forme aussi principalement, mais non exclusivement, dans le foie, aux dépens des nucléines et bases xanthiques, sous l’influence de deux ferments : le ferment hydrolytique, qui transforme la gua- nine et l’adénine en xanlhina et hypoxanthine, et la xanthinoxydase, qui transforme l’hypoxanthine en xanthine et la xanthine en acide urique.

Or les bases xanthiques, ou bases puriques, qui sont des CoMDE. — Auto-intoxication intestinale. 7

produits de décomposition des nucléines appartiennent aux leucomaïnes' de Gautier; sans être toxiques, elles sont cependant loin d’être inoffensives.

L’acide urique n’est presque pas toxique du tout.

En transformant les nucléines et bases puriques en acide urique, le foie diminue encore la toxicité des matériaux excrémentitiels. C’est là sa fonction uricopoiétique.

Le foie, en ne considérant que ces deux fonctions uréo et uricopoiétiques, réduit déjà au quart la toxicité des matériaux d’excrétion qui doivent s’éliminer par les reins (Bouchard). Mais ce n’est pas tout.

Substances aromatiques. — Les substances aromatiques, dont la plupart sont toxiques, sont transformées dans l’organisme en substances presque inoffensives, par leur combinaison avec les acides sulfurique et glucuronique.'

Les acides sulfo et glucuroconjugués et leurs sels alcalins sont en elTet infiniment moins toxiques que les substances aromatiques elles-mêmes, ''

Or les expériences de Pflüger, de Enibdeh et Glaessn'ef ont démontré, d’une manière évidente, que la combinaison des radicaux aromatiques avec les acides sulfurique et glucuronique a bien lieu dans le parenchyme hépatique. ’

La présence dans la bile des acides sulfoconjugués a été constatée par Munck; celle des acides glucuroconjugués, par Leersum.

Embden a d’ailleurs réalisé expérimentalement la formation des acides sulfo et glucuroconjugués par la circulation artificielle du foie.

Bien plus, la cellule hépatique elle-même a une grande affinité pour les corps aromatiques. C’est ainsi que la pulpe fraîche de foie retient avec uné avidité telle le phénol et le crésol qu’ils ne peuvent plus en être séparés par la distillation (Herter et Wakemann). ’

C'est ainsi qu’à l’état physiologique le foie paraît avoir,

TRIPLE LIGNE DE DÉFENSE

de Gilbert et de Raiboli, la même propriété de fixation et de rétention pour les corps aromatiques, et pour l’indol en particulier, que la cellule isolée dii corps.

On le voit, le foie non seulement transforme en substances plus inoffensives les corps aromatiques, mais il en retient une certaine proportion.

De ce chef encore, le foie diminue considérablement la toxicité des matériaux qui lui sont amenés par la veine porte.

. Gé pouvoir diminue sensiblement sous l’influence des intoxications et des maladies du foie. Herter et Wâkermann ont en ëflet démontré que le pouvoir absorbant du foie pour les composés aromatiques est notablement diminué par l’action de l’éther, du chloroforme et des toxines.

Aussi voit-on, dans toutes les maladies du foie : dans la simple insuffisance, dans les cirrhoses, les corps aromatiques et l’indican entré autres, augmenter considérablement dans l’urine.

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