GLANDES A SÉCRÉTION INTERNE
L’influence de l’auto-intoxication sur les glandes à sécrétion interne n’est pas moins considérable.
Moelle osseuse. — En raison de son influence sur les solides et les liquides de l’économie, il est bon d’examiner la moelle osseuse des animaux intoxiqués par les substances retirées de l’intestin.
Siège d’hémorragies, elle présente une diminution dans les proportions de la graisse, des hématies nucléées, etc. Naturellement, la crase sanguine et les humeurs souffrent de l’état de cette moelle.
Il en est de même du squelette^ qui subit, en outre, l’action directe ou indirecte de ces poisons du tube digestif. C’est ainsi que, avec Haushalter et Spillmann, Charrin y note des déformations variées.
De préférence au niveau des membres, l’examen radiographique révèle une plus grande transparence des
diaphyses ; de son côté, l’analyse chimique met en évidence un abaissement dans la teneur en principes minéraux.
En se complétant, ces résultats expliquent pourquoi ces os deviennent souvent fragiles.
Glandes à sécrétion interne. — Les produits du tube digestif injectés aux animaux agissent en outre sur les autres glandes à sécrétion interne : les organes génitaux^ le corps thyroïde^ les glandes parathgroidiennes et les capsules surrénales.
Une étude histologique des ovaires, du corps thyroïde, des capsules surrénales met en lumière différentes détériorations.
La particularité la plus curieuse qu’offre peut-être l’examen de l’appareil utéro-ovarien a trait à l’absence d’évolution des follicules de Græfe ; cette anomalie compromet toute fécondation.
Dans les autres glandes, on note des signes de caryolyse, de dégénérescence parfois vacuolaire, exceptionnellement graisseuse.
A ce propos, il est intéressant de rappeler que, chez les athrepsiques, dont les plasmas renferment des poisons échappés à la diligence de la muqueuse digestive altérée, on enregistre des changements analogues.
Même, dans plus d’un cas, {'extrait capsulaire de ces athrepsiques, fils de mères intoxinées, ne provoque pas de hausses appréciables de pression, et \çi\iv?> principes thyroïdiens., presque privés d’iode, sont impuissants à entraîner un sensible amaigrissement. Aussi bien que la forme, la fonction est modifiée.
MÉTABOLISME.
Toutes ces données s’accordent pour nous apprendre que les organes les plus aptes à régenter les mutations cellu-
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laires intimes subissent l’action des matières intestinales.
Dès lors, il est facile de prévoir que, chez les animaux intoxiqués par ces matières, les humeurs, qui sont ce que les font ces mutations cellulaires, doivent présenter des défectuosités.
Croissance. — Dans une première série de travaux, Charrin a administré les éléments retirés de l’iléon à des animaux âgés de quatre à six semaines, vivant dans des conditions identiques à celles de témoins choisis parmi des lapins de la même portée.
Or, au bout de cinq à sept mois, tandis que le poids de ces témoins dépassait 1 400 grammes, celui des sujets traités oscillait aux environs de 420 grammes. La pénétration de ces composés d’origine intestinale s’accompagne donc de retard dans le développement.
Nanisme. — On enregistre même des arrêts définitifs de la croissance^ un véritable nanisme.
A ce point de vue, il n’est pas sans intérêt de rappeler que Charrin et Gley, en imprégnant des générateurs mâles et surtout femelles de toxines bactériennes, ont obtenu des tares analogues chez leurs rejetons. L’expérimentation reproduit ainsi des insuffisances évolutives, qui, par les conditions de leur réalisation, rappellent les observations des cliniciens.
On sait, en effet, comme le signalait récemment Variot (1), que, parmi les affections des nouveau-nés, celles qui permettent au contenu de l’iléon de passer aisément dans les tissus, par exemple les gastro-entérites, s’accompagnent souvent d’atrophies pondérales.
Or, les animaux injectés avec des produits intestinaux olfrent, comme nous l’avons vu, des. altérations dans le corps thyroïde, les organes génitaux, les capsules surrénales et la
(1) Variot, Semaine médicale, 1904, p. 333.
moelle osseuse, organes qui tous exercent une influence sur l’équilibre du métabolisme ou de la circulation et actionnent la croissance, sans cependant que cette croissance soit leur œuvre exclusive.
Si, en effet, certains éléments anatomiques prennent au développement une part plus directe, on n’en est pas moins autorisé à considérer l’évolution progressive de l’économie comme résultant du fonctionnement de l’ensemble des cellules.
Or, les poisons extraits du tube digestif paraissent impressionner à peu près toutes les cellules de l’économie.
Dès lors, à l’exemple d’ouvriers qui, affaiblis par l’alcool ou un autre toxique, cessent de construire avec activité l’édifice qu’ils sont chargés d’élever, ces cellules empoisonnées n’élaborent plus que mollement la matière organique.