‹ L'auto-intoxication intestinaleChapitre 73 sur 182 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

nant de médecins aussi autorisés suffiront pour envisager le problème.

On le voit, le plus souvent, les symptômes généraux d’auto-intoxication s’accompagnent de troubles digestifs si évidents que la relation de cause à effet se montre sans peine et que le diagnostic causal s’impose.

Plus rarement les symptômes généraux sont seuls en évidence, et la cause intestinale est larvée ; elle demande à être recherchée avec soin, soit par un interrogatoire serré, soit par un examen attentif des organes de la digestion, soit surtout en examinant les selles au microscope ou en dosant dans l’urine les sulfoélhers et les substances aromatiques.

Si on néglige cette étude, qui seule peut donner la certitude, si l’on ne recourt pas à l’examen delà flore intestinale, on peut fort bien faire une erreur de diagnostic et attribuer ces symptômes et tout cet état morbide à de tout autres causes.

L’interprétation des tableaux symptomatiques que nous venons d’esquisser a été en effet très variable jusqu’ici, suivant les auteurs.

Beaucoup de médecins attribuent cet état morbide à la nervosité, d’autres à l’anémie, d’autres à l’état arthritique; quelques-uns seulement le rattachent à l’auto-intoxication intestinale, qui en est, selon nous, la vraie et l’unique cause.

Même des maîtres incontestés de la pédiatrie moderne discutent sur sa pathogénie, comme le prouvent les deux citations suivantes visant ce même tableau symptomatique que nous venons de décrire.

La première est empruntée encore au D^' Sevestre, et nous la citons en premier lieu, car c’est absolument la nôtre.

Or notre interprétation, nous l’avons basée non seulement sur notre impression clinique, mais, pour tous les cas sans exception, sur l’examen des selles et des urines.

PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE

« Dans les faits très nombreux que j’ai observés, dit Sevestre (car ces cas sont loin d’être rares), voici comment on peut comprendre l’enchaînement des phénomènes :

« Un enfant un peu trop laissé à lui-même introduit dans son estomac des aliments mal divisés ou trop abondants : la digestion finit cependant par se faire, et, pendant un temps plus ou moins long, il n’en résulte aucun trouble appréciable.

« Puis, par le fait de la répétition des mêmes fautes, l’estomac se laisse distendre et en même temps devient moins actif; les aliments y séjournent et subissent (au moins ceux qui sont plus facilement altérables) une décomposition qui se continue d’ailleurs dans l’intestin.

« Les toxines ainsi produites et absorbées sont d'abord détruites dans le foie.

« Au bout d’un certain temps pourtant, cet organe surchargé, surmené, se trouve à son tour altéré et augmenté de volume; il devient insuffisant pour le rôle d’épuration qu’il aurait à remplir.

« Alors commence l’intoxication, qui se manifeste parla céphalalgie, par la fatigue générale, par les vomissements et même quelquefois par la fièvre, qui dénote un degré d’intoxication plus aiguë. »

La deuxième explication est due au D*" Gomby, le savant médecin des Enfants-Malades.

Gomby (1) rattache ces mêmes symptômes à l’arthritisme, et il les décrit, dans deux articles fort bien faits, comme symptômes de l’arthritisme guez les enfants.

Or ces symptômes cadrent si bien avec ceux que nous avons observés dans l’auto-intoxication intestinale que nous pourrions transcrire le travail tout entier de Gomby dans la symptomatologie de l’auto-intoxication intestinale, sans y changer autre chose que l’interprétation.

(1) Gomby, Arch. de méd. de l'enfance, lüOL

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