‹ L'auto-intoxication intestinaleChapitre 9 sur 182 · AMMONIAQUE · texte numérisé non relu

AMMONIAQUE

La digestion pancréatique des corps protéiques produit des peptones, des acides aminés, des substances aromatiques, etc. ; mais toutes ces substances réunies contiennent moins d’azote que l’albumine qui leur donne naissance, c’est ce qui a conduit Hirschler (1) à rechercher un autre corps azoté, qu’il trouva dans l’ammoniaque.

Habermann et Schutzenberger ont confi rmé ces recherches, et ces auteurs arrivent à la conclusion de Mochizuki (2) que l’ammoniaque forme une partie importante des corps azotés qui résultent de la décomposition de lamolécule d’albumine, que cette protéolyse se fasse par les acides, les enzymes ou les microbes.

Salaskin (3) poursuit ces recherches dans l’organisme vivant et arrive aux conclusions suivantes :

1® La muqueuse stomacale et intestinale est beaucoup plus riche en ammoniaque chez les animaux nourris avec de la viande que chez ceux nourris avec du pain ou du lait ;

2° La veine porte contient pendant la digestion une quantité variable d’ammoniaque à p. lOO), mais

toujours plus considérable que dans le reste du corps ;

(1) Hirschler, Zeits. f. phys. Ch., IX, p. 302.

(2) Mochizuki, Uofmeister’s Beifrage, I, p. 45.

(3) Salaskin, Zeils. f. phys. Ch., XXV> p. 457;

SUBSTANCES TOXIQUES

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3° Dans les artères, on trouve une proportion presque constante d’ammoniaque :

Chez le chien p. 100 avec une diète carnée.

— p. 100 avec une diète lactée.

Chez l’homme 0“sr,96 p. 100 avec une alimentation mixte.

4® La lymphe en contient un peu moins, et les organes moins encore.

Nous en arrivons donc à la conclusion que les cellules des glandes digestives (estomac, pancréas) fabriquent de l’ammoniaque, que la digestion par les enzymes protéolytiques et qu’enfmla putréfaction intestinale parles microbes s’accompagnent d’une production d’ammoniaque.

Cette substance passe dans le sang de la veine porte, et, en se combinant soit avec les acides gras produits par la fermentation des hydrocarbures, soit avec l’acide carbonique, elle empêche la diminution de l’alcalinité du sang, ce symptôme si grave et si sérieux de l’intoxication acide.

Les sels ammoniacaux arrivés dans le foie sont transformés en urée, ainsi que Nencki, Pawlow et Zaleski l’ont démontré.

ACIDES MONOAMINÉS.

L’étude des acides aminés a été particulièrement difficile ; aussi n’est-ce que tout dernièrement que nous avons appris à les connaître tous à l’état de pureté, et c’est grâce à la méthode de Fischer (1) que leur étude est devenue possible.

Le nombre et la proportion des acides aminés est variable suivant les corps albumineux dont ils proviennent.

D’une manière générale, on trouve dans toutes les analyses : la leucine, le glycocolle, l’alanine, l’acide aspartique, l’acide glutaminique, l’acide amido-valérianique, la tyro-

(1) FisGiiEn, ZeUs. f. phys. Ch., XXXIIL p. 151. , >

sine, la phénylalanine, le tryptophane, l’acide pyrrolidine carbonique.

Ces acides monoaminés se produisent par la décomposition de la molécule d’albumine aussi bien sous l’influence des acides et des alcalis caustiques que par l’intervention des enzymes et des microbes protéolytiques.

Kuhne (l) a, un des premiers, démontré leur formation aux dépens de l’albumine, soit sous l’influence de sa coction avec les acides et les alcalis, soit sous l’influence de la trypsine et des microbes. Mais, pour cet auteur, une faible proportion seulement des peptones, les hémipeptones, subiraient cette transformation dans notre organisme.

Nous savons actuellement que cette proportion est déjà considérable dans l’intestin et qu’elle se complète encore en traversant la muqueuse sous l’influence de l’érepsine de Cohnheim, si bien qu’on tend actuellement à admettre que la totalité des peptones absorbées ne le devient que sous forme de corps cristallisés.

L’albumine de l’organisme fournit-elle aussi des acides aminés par ses mutations nutritives? Cela n’est pas impossible, puisqu’on trouve des enzymes jusque dans les muscles; mais la preuve n’en a pas encore été fournie.

Que. deviennent les acides aminés dans l'organisme ?

On sait, par les recherches de Schultzen et Nencki et par celles de Salkowski que la leucine et le glycocolle se transforment en urée dans l’organisme.

Van Knierem a démontré le même fait pour l’acide aspartique, et il est plus que probable qu’il s’agit là d’un fait commun à tous les acides monoaminés.

Salaskin, par la circulation artificielle, a montré que cette transformation se faisait dans le foie, et Lœwi et Ascoli admettent que l’agent de cette transformation est un enzyme ;

(1) Kuhne, Virchow' s Arch,, XXXIX, p. 133,

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mais il reste encore à démontrer comment elle peut se produire.

La plupart des auteurs admettent actuellement que c’est par l’intermédiaire de l’acide carbamique. Drechsel a, en effet, montré que les acides aminés, en s’oxydant dans une solution alcaline en dehors de l’organisme, donnaient naissance à l’acide carbamique et que le carbamate d’ammonium, sous l’influence de courants électriques, se transformait en urée.

Toute une série d’observations est venue confirmer cette théorie en démontrant la présence du carbamate d’ammoniaque dans l’organisme. Drechsel l’a trouvé dans le sang ; Abel, Nencki et Hahn, dans l’urine.

Mais la démonstration la plus éclatante paraît avoir été fournie par Nencki avec des chiens chez lesquels on avait établi une fistule d’Eck, et qui périrent avec les mêmes symptômes d’intoxication que les chiens non opérés, auxquels on avait injecté du carbamate dans les veines.

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