‹ L'auto-intoxication intestinaleChapitre 96 sur 182 · SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

SYSTÈME NERVEUX

Le chapitre des manifestations nerveuses comporterait de grands développements. Je n’en donnerai qu’un résumé ici.

JSEHVOSISME.

Les auto-intoxiqués, dans l’enfance surtout, sont tous des nerveux.

Leur caractère change; ils sont irritables, émotifs, prêts à se mettre en colère pour une cause futile, prêts même à se pâmer pour une surprise, un éclat de voix, une contrariété ou une peur.

Ils pleurent sans motif, ils rient sans cause. Ils sont criards, grognons, insupportables.

Ils présentent en un mot tous les symptômes de l’hyperesthésie cérébrale, que nous avons décrits dans notre ouvrage sur la Nervosité de V enfant (1), et sur lesquels nous ne pouvons revenir ici.

Le sommeil des enfants auto-intoxiqués est mauvais. Ces malades ont de la peine à s’endormir; ils s’endorment tard, ils exigent que l’on reste le soir près d’eux, qu’on leur chante, qu’on leur tienne la main, etc.

Leur premier sommeil est excessivement léger : une porte qui s’ouvre, une personne qui parle, la mère qui retire sa main, voilà l’enfant réveillé et le plus souvent en pleurs.

Ce sommeil léger est produit par le fait que les sens, trop excitables, ne sont pas complètement endormis, si bien que l’oreille perçoit le bruit, l’œil la lumière, la main le contact, etc.

Ces impressions sensorielles perçues malgré le sommeil ou bien réveillent l’enfant, ou bien celui-ci les incorpore

(I) CoMnE, La n^rvosilé de l’enfant, 1U)2, p. 3lL

dans son sommeil sous forme de rêves et de cauchemars, et le voilà réveillé en sursaut, avec des cris, de l’angoisse, des palpitations, des sueurs froides.

Ces crises de frayeurs peuvent conduire jusqu’aux terreurs nocturnes^ qui sont presque toujours d’origine autotoxique.

Dans d’autres cas, le sommeil n’est pas interrompu, mais il devient très agité, l’enfant rit, cause, chante, pleure, crie; il se tourne et se retourne ; il donne des coups de poings et des coups de pied à ses malheureux compagnons de lit, et, s’il couche seul, malgré la précaution de la mère, qui le borde, qui l’arrange, qui ficelle son lit, on trouve le matin l’enfant la tête aux pieds ou en travers de son lit.

Le second sommeil est au contraire un sommeil lourd, profond, un sommeil de plomb, qui fatigue plutôt qu’il ne repose.

Le réveil enfin, chose très caractéristique, est pénible, difficile. On a mille peines à réveiller ces enfants nerveux: longtemps ils ont les yeux fixes et grand ouverts ; ils ne reconnaissent personne, et cela pendant plusieurs minutes.

Ils peuvent même, à ce moment, avoir des hallucinations, exécuter certaines actions dans une inconscience qui peut aller jusqu’au somnambulisme.

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