‹ L'automatisme psychologiqueChapitre 57 sur 90 · SD · texte numérisé non relu

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foi qu'il n’a donné aucune impulsion directrice!. » J'ai eu l’occa- “sion d'assister une fois à une séance de ce genre donnée par un Russe, Osip Feldmann, qui a eu; il y a quelques années, une assez graude réputation comme émule de Cumberland. Quoique “des séances de ce genre, surtout lorsqu'elles sont publiques, laissent toujours quelque doute et ne puissent pas être rapportées avec autant de confiance que des expériences personnelles, je crois que, dans ce cas, les mesures de précaution contre des super- «cheries possibles étaient assez bien prises. Dans cette séance de «mentévisme », comme il disait, Osip Feldmann arrivait, non pas toujours, mais assez souvent, à exécuter l’acte auquel on pensait en lui serrant fortement le poignet, Il réussissait mieux les expériences compliquées que les plus simples, celles qui comportaient beaucoup de mouvements que celles qui devaient être faites sur place. Il réussissait également mieux avec certaines personnes qu'avec d’autres: ainsi, j'essayai en vain de le diriger, il ne comprit rien à ce que je pensai, tandis qu'il comprenait très bien plusieurs de mes amis. Il parvenait même à comprendre une personne qui ne le touchait pas, mais se contentait de le suivre partout en restant à un mètre de distance : cette expérience est déjà décrite en Angleterre?. Mais voici un tour de force de ce genre que je n'ai vu rapporté nulle part. Au lieu de se faire tenir “directement par la personne qui avait choisi l’action à accomplir et qui jouait Le rôle de « willer », il interposait entre elle et lui une troisième personne totalement ignorante de ce qu'il y avait à faire et dont le rôle consistait uniquement à tenir d’un côté le “poignet du devin et de l’autre la main du willer sans penser ellemême à rien de précis. J'ai vu cette expérience curieuse réussir “une fois avec beaucoup de précision.

Il n’est pas nécessaire, pour voir des expériences de ce genre, d'assister aux séances toujours un peu suspectes données par des devins de profession, beaucoup de personnes peuvent, sans aucune préparation, les réussir très bien. J'ai vu des jeunes filles Jouer ce rôle de devin d’une manière remarquable et, simplement dirigées par une personne qui leur tenait la main et s’efforçait de rester immobile, non seulement faire les mouvements, mais

* Myers, Gurney, Podmore. Phantasms of the living, 1886, I, 14. ? Myers, Gurney, Podmore. Phantasms of the living, 1886, I, 15. PIERRE JANET

même écrire, comme sous la dictée, les mots que cette personne” pensait.

Nous avons rapproché ces trois faits, la baguette divinatoire,«

le pendule explorateur et la lecture des pensées, quisont certai=

nement analogues. Il est évident que l’on ne peut expliquer ces

phénomènes de mouvement par l’action des objets physiques,

extérieurs, des sources, des métaux, des traces des criminels, des.

objets cachés, sur la baguette ou sur le devin, comme beaucoup l'ont cru autrefois'. « Pourquoi, disait déjà Gasparin, les corpuscules de l’eau ne se font-ils pas sentir quand on est à la pour-

suite de l’or, pourquoi la baguette d’Aymar tournait-elle sur les"

traces des assassins et demeurait-elle insensible aux corpuscules d’un grand fleuve comme le Rhône ??» En Angleterre, où l’on a,

pour toutes ces questions, une curiosité intelligente et active,

plusieurs observateurs ont entrepris, afin d'étudier la baguette

n'aurait jamais songé à faire en France. On trouverait le compte rendu de ces expériences dans les articles de MM. Sollas® et Edw. Pease“, qui donnent en outre une bibliographie complète sur las question.

La conclusion de ces recherches fut celle que l’on pouvait

attendre. « Tout dépend de la perspicacité ordinaire du devin

‘ divinatoire, une série d'expériences longues et coûteuses que l’on ? ;

Er

et la baguette n’y est pour rien... L'action de l’objet caché new

porte pas sur la baguette, mais sur l'esprit du devin. » C’est àm

la même conclusion que parvient M. Chevreul quand il montre

que les objets physiques n’influent pas sur le pendule, mais que

la pensée ou la vue d’un mouvement détermine ses oscillations

« Lorsque je tenais le pendule à la main, écrit-il, un mouvements musculaire de mon bras, quoique insensible pour moi, fit sortir le pendule de l’état de repos et les oscillations une fois com

mencées furent bientôt augmentées par l'influence que la vue O) P l

exerça pour me mettre dans cet état particulier de disposition ou de tendance au mouvement... »

‘ Charpignon. Physiologie magnétique, 61. Rutter. Journal du magnétisme 1852, 64, etc.

? Gasparin. Les tables tournantes, II, 140.

The dividing rod Procéed SPRL 16:

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