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LES POSSESSIONS

L'élément désagrégé de la pensée s’est done manisfesté déjà, dans ces phénomènes complexes, soit par des actes commengant, soit par une parole légère sans cesse répétée, soit par des hallucinations ; il peut se manifester de bien d’autres manières et porter, dans la santé physique et morale de l'individu

conscient, les troubles les plus variés. | … Nous savons déjà que ce peut être l'origine des crises, de l’a- … nesthésie, des contractures et des paralysies, nous n’avons pas . à y revenir. Mais pourquoi cette pensée ne produirait-elle pas des attitudes expressives du corps et de la physionomie qui

resteraient fixées, malgré le malade, et l’entretiendraient par contre-coup dans un perpétuel état de terreur, ou de tristesse ? Avoir son corps dans l'attitude de la terreur, c’est sentir l’émotion de la terreur, et, si cette attitude est déterminée par une. idée subconsciente, le malade n’aura dans la conscience que. l'émotion seule sans savoir pourquoi il est ému. « J'ai peur et je ne sais pas pourquoi, » pouvait dire Lucie au début de sa. crise, quand elle prend des yeux hagards et des gestes terrifiés. C’est que l'inconscient à son rêve, il voit les hommes derrière les rideaux et met le corps dans l’attitude de la terreur. Sin Lucie ne s’en préoccupe pas trop, c’est qu’elle est anesthésique. « Je pleure et je ne sais pourquoi, disait Léonie, cela me rend triste sans raison et c’est ridicule » ; c’est la seconde personne qui” est désolée d’être partie du Havre et qui provoque les larmes. :« Je ne sais pas pourquoi je suis triste, me disait un pauvre garcon atteint de folie mélancolique, je soupire tout le temps. »« Nous devons supposer aussi qu'il y a ici une idée subconsciente qui provoque directement les soupirs et indirectement la mélancolie du malheureux. | Il faudrait passer en revue toute la pathologie mentale et peutêtre même une partie importante de la pathologie physique pour montrer tous les désordres psychologiques et corporels que peut produire une pensée persistant ainsi en dehors de la conscience personnelle. Qu'il me soit permis seulement, pour donner un dernier exemple complexe de ces perturbations, de résumer encore une de mes observations. Les faits en eux-mêmes ont toujours leur intérêt, et il n'y a pas d’inconvénient à donner dem nombreuses descriptions quand même lesinterprétations seraient erronées.

Un de mes sujets, que j'ai souvent cité sous le nom de Marie, a présenté une maladie et une guérison également curieuses. Cette ; jeune fille fut amenée de la campagne à l’hôpital du Havre à l’âge de dix-neuf ans, parce qu'on la considérait commefolle et que l’on désespérait presque de sa guérison. En réalité, elle avait des périodes de crises convulsives et de délire qui duraient des journées entières. Après quelque temps d'observation, il était facile de constater que la maladie se composait d'accidents périodiques revenant régulièrement au moment de ses époques" et d’autres accidents moins graves se prolongeant et survenant irrégulièrement dans les intervalles. Considérons d’abord les

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premiers. À l'approche de ses règles, Marie changeait de carac-

tère, devenait sombre et violente, ce qui ne lui était pas habituel, : et avait des douleurs et des secousses nerveuses dans tous les

membres. Cependant les choses se passaient à peu près réguliè-

rement pendant la première journée, mais, vingt heures à peine

après le début, les règles s’arrêtaient subitement et un grand

frisson secouait tout le corps, puis une douleur vive remon-

tait lentement du ventre à la gorge et les grandes crises d'hysté-

rie commençaient. Les convulsions, quoique très violentes, ne

duraient pas longtemps et n'avaient jamais l'aspect de tremble-

ments épileptoïdes : mais elles étaient remplacées par un délire

des plus longs et des plus forts. Tantôt elle poussait des cris de

terreur, parlant sans cesse de sang et d'incendie et fuyant pour échapper aux flammes; tantôt elle jouait comme une enfant, parlait à sa mère, grimpait sur le poële ou sur les meubles, et dérangeait tout dans la salle. Ce délire et ces convulsions alter-

naient, avec d'assez courts instants de répit, pendant quarantehuit heures. La scène se terminait par plusieurs vomissements de sang après lesquels tout rentrait à peu près dans l’ordre.

Après une ou deux journées de repos, Marie se calmait et ne

se souvenait de rien. Dans l'intervalle de ces grands accidents

mensuels, elle conservait des petites contractures tantôt aux bras

ou à la poitrine dans les muscles intercostaux, des anesthésies variées et très changeantes et surtout une cécité absolue et con-

tinuelle de l’œil gauche. (Nous avons vu ailleurs la nature de

cette cécité hystérique.) En outre, elle avait de temps en temps

- des petites crises sans grand délire, mais qui étaient caractérisées

surtout par des poses de terreur. Cette maladie, rattachée si évi-

demment aux époques menstruelles, semblait uniquement phy-

sique et peu intéressante pour le psychologue. Aussi ne me suis-

je d’abord que fort peu occupé de cette personne. Tout au plus

ai-je fait avec elle quelques expériences d’hypnotisme et

quelques études sur son anesthésie, mais j'évitai tout ce qui

aurait pu la troubler vers l’époque où approchaient les grands

accidents. Elle resta ainsi sept mois à l'hôpital sans que les

diverses médications et l’hydrothérapie qui furent essayées eus-

sent amené la moindre modification. D'ailleurs les suggestions

- thérapeutiques, en particulier, lessuggestionsrelatives aux règles,

| n'avaient que de mauvais effets et augmentaient le délire.

: Vers la fin du huitième mois elle se plaigaait de son triste sort

et disait avec une sorte de désespoir qu'elle sentait bien que

tout allait recommencer : « Voyons, lui dis-je par curiosité, :

explique-moi une fois ce qui se passe quand tu vas être malade. — Mais vous le savezbien,..…… tout s'arrête, j'ai un grand frisson et je ne sais plus ce qui arrive. » Je voulus avoir des renseignements précis sur la façon dont ses époques avaient commencé et comment elles avaient été interrompues. Elle ne répondit pas clairement, car elle paraissait avoir oublié une grande partie des choses qu’on lui demandait. Je songeai alors à la mettre dans un somnambulisme profond, capable, comme on l’a vu, de ramener des souvenirs en apparence oubliés, et je pus ainsi retrouver la mémoire exacte d’une scène qui n’avait jamais été connue que très incomplètement. À l’âge de treize ans, elle avait été réglée pour la première fois, mais, par suite d’une idée enfantine ou d’un propos entendu et mal compris, elle se mit en tête qu'il y avait à cela quelque honte et chercha le moyen d'arrêter l'écoulement Le plus tôt possible. Vingt heures à peu près après le début, elle sortit en cachette et alla se plonger dans un grand baquet d’eau froide. Le succès fut complet, les règles furent arrêtées subitement, et, malgré un grand frisson qui survint, elle put rentrer chez elle. Elle fut malade assez longtemps et eut plusieurs jours de délire. Cependant tout se calma et les menstrues ne reparurent plus pendant cinq ans. Quand elles ont réapparu, elles ont amené les troubles que j'ai observés. Or, si l’on compare l’arrêt subit, le frisson, les douleurs qu'elle décrit aujourd'hui en état de veille avec le récit qu'elle fait en somnambulisme et qui, d’ailleurs, à

été confirmé indirectement, on arrive à cette conclusion : Tous «

les mois, la scène du bain froid se répète, amène le même arrêt des règles et un délire qui est, il est vrai, beaucoup plus fort qu'autrefois, jusqu’à ce qu’une hémorrhagie supplémentaire ait lieu par l'estomac. Mais, dans sa conscience normale, elle ne sait rien de tout cela et ne comprend même pas que le frisson est amené par l’hallucination du froid; il est donc vraisemblable que celle scène se passe au-dessous de cette conscience et amène tous les autres troubles par contre-coup.

Cette supposition vraie ou fausse étant faite, et après avoir «

pris Pavis du D' Povilewiez, j'ai essayé d'enlever de la conscience somnambulique cette idée fixe et absurde que les règles s’arrêtaient par un bain froid. Je ne pus tout d’abord y parvenir; l'idée

fixe persista et l’époque menstruelle qui arrivait deux jours après fut à peu près comme les précédentes. Mais, disposant alors de plus de temps, je recommençai ma tentative : je ne pus réussir à effacer cette idée que par un singulier moyen. Il fallut la ramener par suggestion à l’âge de treize aus, la remettre dans les conditions initiales du délire, et alors la convaincre que les règles avaient duré trois jours et n’avaient été interrompues par aucun accident fàcheux. Eh bien, ceci fait, l’époque suivante arriva à sa date et se prolongea pendant trois jours, sans amener aucune souffrance, aucune convulsion ni aucun délire.

Après avoir constaté ce résultat, il fallait étudier les autres accidents. Je passe sur des détails de la recherche psychologique qui fut quelquefois difficile : les crises de terreur étaient la répétition d'une émotion que cette jeune fille avait éprouvée en voyant, quand elle avait seize ans, une vieille femme se tuer en tombant d’un escalier, le sang dont elle parlait toujours dans ses crises était un souvenir de cette scène; quant à l’image de l’incendie, elle survenait probablement par association d'idées, car elle ne se rattache à rien de précis. Par le même procédé que tout à l'heure, en ramenant le sujet par suggestion à l'instant de l’accident, je parvins, non sans peine, à changer l’image, à lui montrer que la vieille avait trébuché et ne s'était pas tuée, et à effacer la conviction terriliante : les crises de terreur ne se reproduisirent plus.

Enfin je voulais étudier la cécité de l'œil gauche, mais Marie s y opposait lorsqu'elle était éveillée, en disant qu’elle était ainsi depuis sa naissance. Il fut facile de vérifier, au moyen du som- . nambulisme, qu'elle se trompait : si on la change en petit enfant de cinq ans suivant les procédés connus, elle reprend la sensibilité qu'elle avait à cet âge et l’on constate qu’elle y voit alors très bien des deux yeux. C’est donc à l’âge de six ans que la cécité a commencé. À quelle occasion ? Marie persiste à dire, quand elle est éveillée, qu’elle n’en sait rien. Pendant le somnambulisme et grâce à des transformations successives pendant lesquelles je lui fais jouer les scènes principales de sa vie à cette . époque, je constate que la cécité commence à un certain moment à propos d’un incident futile. On l’avait forcée, malgré ses cris, à coucher avec un enfant de son âge qui avait de la gourme sur . out le côté gauche de la face. Marie eut, quelque temps après, des plaques de gourme qui paraissaient à peu près identiques

et qui siégeaient à la méme place ; ces plaques réapparurent plu-.

sieurs années à la même époque, puis guérirent, mais on ne fit pas attention qu'à partir de ce moment, elle est anesthésique de la face du côté gauche et aveugle de l'œil gauche. Depuis, elle a toujours conservé cette anesthésie, du moins, pour ne pas dépasser ce qui a pu être observé, à quelque époque postérieure que je la transporte par suggestion, elle à toujours cette même anesthésie, quoique le reste du corps reprenne à certaines

époques sa sensibilité complète. Même tentative que précédem-:

ment pour la guérison. Je la ramène avec l'enfant dont elle a horreur, je lui fais croire que l'enfant est très gentil et n’a pas la gourme, elle n’en est qu’à demi convaincue. Après deux répétilions de la scène, j'obtiens gain de cause et elle caresse sans crainte l'enfant imaginaire. La sensibilité du côté gauche réap-

paraît sans difficulté et, quand je la réveille, Marie voit clair de

l’œil gauche.

Voilà cinq mois que ces expériences ont été faites, Marie n’a plus présenté le plus léger signe d'hystérie, elle se porte fort

bien et surtout se renforcit beaucoup, Son aspect physique a.

absolument changé. Je n’attache pas à cette guérison plus d’importance qu'elle n’en mérite, et je ne sais pas combien de temps elle durera, mais j’ai trouvé cette histoire intéressante pour montrer l'importance des idées fixes subconscientes et le rôle qu'elles jouent dans certaines maladies physiques aussi bien que dans les maladies morales.

Augmentons et compliquons davantage les phénomènes, supposons que cette vie subconsciente ne se manifeste pas seulement à l'esprit étonné du malade, par des contractions involontaires, des gestes, des mots répétés à tort et à travers, mais qu'elle agisse sans cesse d’une manière intelligente et coordonnée. Le malade constate que ses bras et ses jambes font à son insu et malgré lui des actes compliqués, il entend sa propre bouche lui commander ou le railler; il résiste, il discute, il combat contre un individu qui s’est formé en lui-même. Comment peut-il interpréter son état, que doit-il penser de lui-même? N'est-1il pas raisonnable quand il se dit possédé par un esprit,

persécuté par un démon qui habite au dedans de lui-même. Comment douterait-il, quand cette seconde personnalité, emprun-

tant son nom aux superstitions dominantes, se déclare elle-même

Astaroth, Léviathan ou Belzébuth ? La croyance à la possession n'est que la traduction populaire d'une vérité psychologique. . Tantôt les deux personnalités vivent en assez bon accord et ne se persécutent pas réciproquement, Certaines femmes sont même assez fières de ce détraquement de leur personnalité et se plaisent à consulter, sur toutes les affaires de la vie, «la petite affaire qu'elles croient avoir au cœur ou à l’estomac et qui leur donne de bons conseilst ». « Elles ont des colloques amicaux avec une surintelligence révélatrice qui parle par leur bouche?.» Estelle, la célèbre malade du D". Despine, ne fait rien sans consulter « un bon génie auquel elle se sent forcée d’obéir? », « Un sujet ne répondait jamais aux questions, disait Charpignon*, sans dire: « Je vais consulter l’autre.…, c’est le génie chargé de me guider et de m'éclairer. » Le plus souvent l'esprit secondaire n'est pas d'aussi bonne composition, il tourmente sa victime et ne lui donne que des mauvais conseils. On connaît bien le malade de Moreau (de Tours), si curieux dans ses disputes avec « la souveraine », les convulsionnaires de Saint-Médard que leurs esprits forcent à tourner indéfiniment sur un pied ou qu'ils empêchent de manger’, et les religieuses de Loudun tourmentées par tous les esprits mauvais qui incarnaient leurs passions’. Quelquefois il y a plusieurs esprits dans une même personne, les uns bons, les autres mauvais, qui se disputent entre eux: « Un enfant est possédé par deux.esprits, l’un mauvais, l’autre bon; dans ses crises, sa bouche changeant de ton, parlait successivement pour l'un et pour l’autre®. »

Ces esprits ne se contentent pas de parler, ils agissent. Voici un récit de la supérieure de Loudun que nous étions bien disposé à considérer comme mensonger : « L’un des esprits qui était en elle, Belzebuth, la voulait brûler, elle ne consentait pas, il la jeta contre le feu et elle fut trouvée tout assoupie, la tête touchant presque au feu°. » Cependant un fait analogue s'est

: Deleuze. Mémoire sur la facullé de prévision, 1836, 148. ? Bertrand. Somnambulisme, 233. — Cf. Mirville. Op. cit., I, 65. 3 Pigeaire. Puissance de l'électricité animale, 1839, 269. + Charpignon. Physiologie magnétique, 414.

5 Moreau, Haschich, 331,— Cf. Ball. Maladies mentales, 91. 6 Gasparin, Op. cil., II, 60.

7 Paul Richer. La grande hystérie,, 825.

s Maudsley. Pathologie de l’esprit, 294.

° Paul Richer. Op. cit., 811.

passé presque sous nos yeux : une personne, mécontente de l'écriture automatique que sa main voulait faire, prenait les papiers écrits de la sorte el les jetait au feu; la seconde person-

nalité fut furieuse et, par une convulsion, mit la main du sujet *

dans le feu, la brûla sérieusement, puis s’en vanta ensuite dans toutes ses communications automatiques. L'un des meilleurs résumés de tous ces phénomènes se trouve dans la description qu’un possédé de ce genre donne de son propre état: « Je ne saurais vous expliquer ce qui se passe en moi pendant ce temps et comment cet esprit s’unit avec le mien sans lui ôter la connaissance ni la liberté, en faisant néanmoins comme un autre moi-même et comme si j'avais deux. âmes dont l’une est dépossédée de son corps et de l’usage de ses organes et se tient à quatre en voyant faire celle qui s’y est introduite. Les deux esprits se combattent dans un même champ qui est le corps, et l’âme est comme partagée; selon une partie de soi, elle est le sujet des impressions diaboliques, et, selon l’autre, des mouvements qui lui sont propres et que Dieu lui donne‘. » Les diverses épidémies de possessions de Loudun, de Saint-Médard, de Morzine, de Verzegnin, de Plédran, etc. ?, sont bien connues ; elles nous montrent tous les exemples possibles de ces diverses destructions du composé mental.

CONCLUSION

La désagrégation mentale, la formation des personnalités suc <essives et simultanées dans le même individu, le fonctionnement automatique de ces divers groupes psychologiques isolés les uns des autres ne sont pas des choses artificielles, résultat bizarre de manœuvres expérimentales. Ce sont des choses parfaitement réelles et naturelles que l'expérience nous permet de découvrir et d'étudier, mais qu’elle ne crée pas. Ces choses se montrent naturellement de toutes les manières et avec tous les degrés. Tantôt une séparation très légère ne laisse en dehors de l'esprit que des phénomènes insignifiants, incapables d'agir par eux-mêmes et dociles serviteurs de la pensée consciente. Ils exagèrent, ils modifient les manifestations de la pensée nor-

* Déposition du père Surin, d’après Berillon, — Dualité cérébrale, 102. * Cf. Regnard. La sorcellerie, 1887, 40, 70... passim. {

male, mais ils ne sy opposent pas. Tantôt la seconde personnalité parle pour son propre compte, prend le nom d’un esprit et met au jour ses réflexions, mais seulement quand la première personnalité le lui permet et la laisse libre d'agir. Tantôt enfin le groupe anormal est assez riche par lui-même pour s'imposer

à l'attention du sujet, pour le troubler et lui enlever sa liberté.

Mais, depuis l’acte subconscient le plus insignifiant jusqu'aux possessions les plus terribles, c'est toujours le même mécanisme psychologique qui amène peu à peu la dissolution complète de l'esprit.

Nous n’avons pas cherché dans ce chapitre des lois nouvelles. nous avons simplement constaté des applications nombreuses, el quelquefois compliquées, de lois anciennes. Nos hypothèses nous ont paru rester suffisantes pour expliquer les faits variés de

la divination par la baguette, du spiritisme, de la folie impul-

sive et de l’hallucination. C’est là une confirmation qui abien sa valeur. Mais,en même temps que nos hypothèses se confirmaient en s'appliquant à des faits nouveaux, elles se précisaient dans leurs parties Les plus délicates. Nous avons vu, en effet, dans le présent chapitre, beaucoup mieux que dans le précédent, la différence, et quelquefois même l’opposition qui existe entre l’automatisme pur et simple résultat de synthèses simples et an-

ciennes, et l’activité actuelle de l’esprit qui réunit les phéno- mènes dans des groupes etdes unités nouvelles. Les phénomènes

qui sont réunis et dépendants dans le premier automatisme peuvent très bien être séparés et indépendants dans le second.

Les deux activités de la pensée se distinguent et se précisent de

plus en plus.

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