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hismes. Trois hystériques qui avaient, comme je le savais, des crises fort différentes les unes des autres, avaient été réunies
- dans la même salle. Je fus tout étonné de voir qu’elles avaient
PF
confondu leurs symptômes et qu’elles avaient maintenant toutes les trois la même crise, avec les mêmes mouvements et le même délire, les mêmes invectives contre le même individu. Un peu plus, il se formait dans cette salle un nouveau type d’hystérie qu'on aurait pu étudier plus tard comme naturel.
Il est tout simple que l’on retrouve le souvenir de la crise dans Certains somnambulismes, et que même les crises puissent être complètement remplacées par des somnambulismes, car ce sont des états absolument du même genre. Les magnétiseurs anciens ont exprimé souvent une pensée qui ne manque pas de vérité: «Les individus qui ont des crises sont des somnambules imparfaits. » Et l’on peut considérer comme certain que l’hystérie est l’état le plus favorable pour la production de tous ces phénomènes d’automatisme.
Faut-il s’arrèter là et soutenir que le somnambulisme n’est rien d'autre qu’une manifestation de l’hystérie? c’est une opinion qui serait bien exagérée. D’abordl'hystérie est quelque chose de bien vague, une maladie protéiforme, comme on l’a souvent dit, que l’on peut retrouver presque partout, et qui ne renseignerait guère sur les conditions de production du somnambulisme. Les symtômes d’hystérie n’appartiennent pas à une maladie unique, toujours la même dans son origine et dans son évolution; ils se retrouvent au cours d’autres maladies tout à fait différentes.
Dans la fièvre typhoïde, dans l’anémie, dans la syphilis même
à la période secondaire, si on en croit M. Fournier !, il y a des contractures et des anesthésies. Certains empoisonnements comme l'alcoolisme, le saturnisme ?, l’empoisonnement par le sulfure de carbone, d’après des travaux tout récents *, amènent des symptômes que l’on peut confondre avec ceux de l’hystérie. Il y aurait tout un travail médical à faire et des plus curieux sur les symptômes hystériques dans les maladies banales, Il est vrai que l’on rencontre une objection facile : ces accidents ne se
1 Cf. Pitres. Des anesthésies hystériques, 151.
#Id.,1bid., 139,
8 Marie. Hystérie dans l’intoxication par le sulfure de carbone. Semaine médicale, 141 nov. 1888.
montrent quesur des sujets prédisposés, par l'hérédité et par leurs
antécédents pathologiques, à l'hystérie elle-même, et, en défi-
nitive. l'alcool ou le plomb n’ont fait que réveiller la diathèse névropathique. Rien n’est plus vague que cet argument; M. Pitres qui l’accepte quandil s’agit de la syphilis, le réfute quand il s’agit de l'alcoolisme ou du saturnisme, c’est un peu arbitraire. Il faudrait démontrer que, dans chaque cas déterminé, il y a eu hystérie antérieure à la maladie actuelle, sans cela on s'expose à voir l’hystérie partout. C’est d’ailleurs ce qui arrive, car à mesure que le champ de l’hystérie s'étend, les symptômes perdent de leur précision. Il ne s’agit plus de crises, ce ne sont plus des contractures, mais des crampes ; au lieu de cécités, ce sont des amblyopies, et, au lieu d’anesthésies, de simples distractions. Alors, toutes les femmes seraient donc régulièrement hystériques tous les mois, et, nous tous, nous aurions passé par des périodes d’hystérie indiscutable.
Si l’on cherche à éviter cette confusion et si l’on restreint le nom d’hystérie à un ensemble de symptômes bien caractérisés, il faut avouer alors que le somnambulisme, la suggestion et la désagrégation mentale existent en dehors de l’hystérie franche. Un médecin qui s’occupait aussi d'hypnotisme m'a fait remarquer avec quelle facilité la plupart des phtisiques entraient en somnambulisme ; cela est très vrai, quoiqu’ils n'aient pas tous des symptômes hystériques. On obtient, dans la fièvre typhoïde, la catalepsie partielle, les mouvementssuggérés, etc., avecla plus grande facilité, et, n'étaient des scrupules trop naturels, on pourrait très vite hypnotiser les malades entièrement. Les suggestions à l’état de veille, les pilules d’arcanum et les plaques magnétisées font merveille sur les jeunes filles chlorotiques. L’ivresse de l’acool, comme nous en avons montré un exemple curieux, rend un homme plus suggestible et plus automatique qu’une somnambule. Les études de Moreau(de Tours) sur l'ivresse du has-
chich sont encore plus précises sur ce point!. Le sommeil, qui M
n'est pas par lui-même un état hypnotique, peut être très favorable à la suggestion et à la formation du somnambulisme ?. Les époques menstruelles, comme je l’ai constaté chez Lucie
‘ Moreau (de Tours). Haschich, 141, 117.
* Cf. Hack-Tuke, 159 ; — Moreau (de Tours), 256, 234. Cullerre. — Les frontières de la folie, 1888, 211.
PE