‹ L'Automobile aux États-Unis et en AngleterreChapitre 64 sur 70 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Avant de formuler des conclusions quelconques sur la question si troublante de l’automobilisme, il nous semble qu’il y a une question préalable qui domine tout : c'est celle d’avoir une statistique aussi exacte que possible en cette matière. Tous les reproches dirigés contre les automobiles sont en effet fondés sur la fréquence des accidents engendrés par elles; or, ces reproches pèchent par la base :ils reposent sur des statistiques qui nous ont toujours paru singulièrement critiquables. Nous le disons aussi bien à l'égard de celles qui ont été produites en France, notamment au cours de la discussion qui eut lieu, en 1907, devant la Société d'Etudes législatives, qu’à l’égard de celles que nous avons pu recueillir en Angleterre; on sait l’inanité de nos efforts à cet égard en Amérique.

À nos yeux, une statistique des accidents d’automobiles, pour être vraiment probante, devrait réunir

les qualités suivantes, que lui demande déjà M. Aubin (1) :

1 Permettre d'établir comparativement le nombre de voitures à traction mécanique circulant sur rails (tramways), celui à traction mécanique ne circulant pas sur rails (automobiles), celui des voitures à traction animale, afin de rechercher et d'établir le nombre d’accidents causé respectivement par chacune de ces catégories.

2° Permettre de distinguer les automobiles en catégories selon leur force, leur vitesse et l’usage privé ou commercial auquel elles sont destinées, afin de savoir quelle est exactement la proportion d’accidents qui leur incombent.

3° Permettre d'établir, par rapport à chaque mode de locomotion, le nombre de kilomètres parcourus dans un temps donné, suffisamment long pour que, dans cetemps, toute la masse de véhicules ait circulé. Il faut tenir compte, en effet, au profit des automobiles, de la longueur de la route par elles parcourue.

4° Permettre de classer, autant que cela est possible, les causes et la gravité des accidents : faute de l’automobiliste, faute de la victime, force majeure, cause inconnue.

5° Permetire enfin de dénombrer les cas de fuite à lacharge des chauffeurs.

1. Aubin, L'aulomobile devant les Chambres et devant l'opinion,

p. 14cts,

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