‹ L'automobile est-elle une richesse?Chapitre 17 sur 87 · TOME XV. — nriLLBT · texte numérisé non relu

TOME XV. — nriLLBT

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toriale ; TAllieniagne a^ait cLécidé de demander axL Venezuela àè déclarer qu'il recomiaiHftait en principe k Uen-faadé des récl»mations et qu'il était disposé d'aoeeptftr la décision d'une commission mixte. Simultanément le gouyemement anglais demanda la liquidation de domagea résultanii de destnwtion de proprrétés, mauvais traitements et emprisonnements de sujets anglais, ainsi que Farrangement de la dette étrangère. Le 16 décembre. M. Hay répondit à la note allemande, en remerciant Tambassadeur de sa communication ; il ajoutait qu'il n'y avait pas nécessité de discuter les demandes allemandes, mais il attira Tattention sur ce que le Président Boosevelt avait dit dans son message du 3 décembre 1901 : La doctrine de Monroe n'a rien à voir avec les relations oommearciales d'un Etat américain, elle le» laisse absc^ument indi^pendantes. C'est une garantie de l'indépendance commerciale des 'Amériques... Nous ne gafaotlssoos aucun Etat contre la punition, s'il se conduit mal, à condition que la punition ne prenne pas la forme d'une acquisition de territoire par un Etat non américain ». Un an plus tard, l'Allemagne informa les Etats-Unis que, conjointement avec l'Angleterre et r Italie, ell» établirait un blocus pacifique des portis du V^énézuéla. Les Etats-Unis refusèrent de reconnaître un blocus pacifique qui touchait les droits des tiers ; les trois puissances, proposèrent d'établir un blocus de guerre, sans déclaration de guerre, afin d'éviter à l'Allemagne d'avoir à prendre le consentement du Reichstag. Il s'em suivit la saisie des canonnièrea du Venezuela et le blocus cbs. povts ; le 2D décembre, il fut fait notification officielle. Les hostilités furent terminées pax l'intervention diplomatique des Etats-Unis ; le Venezuela reconnut le bien-fondé d'une partie des réclamations formulées par les trois puissances et consentit à mettre de côté le tiers des recettes douanières à l'effet de donner satisfaction ; les trois puissances convinrent de soumettre les demandes à l'arbitrage de commissions mixtes, mais elles émirent la prétention d'avoir un droit de préférence pour le paiement intégral des scnnmes admises par les commissions mixtes, avant que rien ne fut payé aux autres puissances. Le Venezuela prétendit traiter de même tous ses créanciers ; sur les instances du Président Roosevelt, on convint de soumettre la question du traitement privilégié au jugement de la Cour de la Haye. En 1903, dix commissions mixtes travaillèrent à Caracas : elles réduisirent :

COMPTES R£NDUS 115

les demandes belges de 14.921.805 bolivars à 10.8d8.643

— anglaûesde ... 14.783.672 — 9.401.367

— aliemandeft de . 7.376.685 — 2.001-908

— italieimes de .. 39.844.258 — 2.975.906

— espagnoles de . 5.307.626 — 1J)74.818

— des Ëtats-UiLis de 81.410.952 — 2.313.711

Le 22 février 1904, la Cour de La Haye décida que les trois puissances alliées avaient droit à un traitement privilégié, que le Venezuela avait admis en prineipe le bien-fondé des réclamations présentées par elles, tandis que les puissances demeurées neutres avaient tiré profit des opérations des alliés et conservaient d'ailleurs leurs droits intacts (1).

Le développement des entreprises à l'étranger, dans lesquelles les capitalistes sont souvent encouragés par leurs gouvernements, désireux d'étendre et de raffermir l'influence politique hors des frontières, notamment dans les pays moins riches et qui peuvent servir de débouché à l'industrie nationale, le développement de ces entreprises entraîne des risques, des responsabilités, il peut donner lieu à des complications. Le président Rooeevelt, en 1905, dans un discours prononcé à New- York, a reconnu que la doctrine de Monroe ne forme pas partie de la Loi Internationale, mais qu'elle est le trait fondamental de la politique américaine dans l'hémisphère occidental, a En annonçant une politique « comme celle de la doctrine de Monroe, nous nous obligeons à « en accepter les eonséquences, et ces conséquences se modifient « de temps à autre. » La doctrine de Monroe interdit la mainmise de puissances non américaines sur le sol américain, elle as-

(1) En 1902 (décembre), les membres du gouvernement anglais, répondant aux critiques de l'opposition, déclarèrent qu'il s'agissait, non de faire rentrer les sommes dues aux bondholders, mais de défendre les vies, la liberté, les biens de snjets anglais, attaqués par le Vénéxuéla. M. Balfour dit que des bondholders pewent occuper une position internationale qui exige une action internationale, mais il considérait cette action internationale avec des doutes et de la méfiance ; il ne croyait pas que TAngleterre eût jamais fait la guerre po«r des bondhoKiers ayant prêté de l'argent à des Etats étrangers. 31. NomuMi a rappelé qiie WelUngton avait dit qve l'armée anglaise n'existait pas pour faire recouvrer des dettes. C'est encore plus vrai de la flotte. Ceux qui prêtent aux Etats de l'Amérique du Sud savent ce qu'est le titre, ce qu'ils auront en échange de leur argent et ne dotrent pas avoir derrière eux la flotte anglaise.

116 JOURNAL DES ECONOMISTES

8ure aux républiques de rAmérique du Sud la possibilité de se développer librement, sans être opprimées par des Etats iion américains. Nous entendons reconnaître nos obligations envers les peuples étrangers, mais aussi nous insistons sur nos droits... Nous ne permettrons à aucune des républiques sud-améiicaincs ae ae servir de nous pour échapper aux conséquences de fautes xx>mmises contre les nations étrangères. » On peut résumer la doctrine actuelle en deux phrases : li** les Etats-Unis, ne pouvant s' opposer à ee que des puissances européennes obtiennent justice pour des torts infligés à leurs nationaux, demandent à ce qu'on obtienne leur consentement avant recours à une actioD ccecitive ; 2** Tintervention de puissances européennes pouvant donner lieu à des complications, il est du devoir des Etats-Unis de veiller à ce que les républiques sud-américaines ne donnent pas prétexte à intervention, par leur bonne conduite et leur fidélité à tenir I38 cngagen^cnts pris.

L'interprétation de M. Roosevelt avait rencontré des cbjections dans la République Argentine dont le ministre des Affaires étrangères Drago s'exprima vigoureusement dans une note datée du é3 décembre 1802. Il y reprenait la doctrine formulée par M. Calvo. c< Le cxpitaliste qui avance de l'argent à un Etat étranger prend toujours en considération les ressources du pays et la pi-obabilité plus ou moins grande que les obligations contractées seront remplies sans délai. Tous les gouvernements jouissent de crédits différents, suivant le degré de civilisation, de culture, la conduite qu'ils ont en affaires, et ces conditions sont mesurées avant la conclusion de l'emprunt. Ensuite tous les Etats sont égaux. La reconnaissance et le paiement de la dette doivent être laissés à la nation intéressée sans diminution de ses droits comme entité souveraine. » M. Drago ajoutait qu'étant donné les sentiments de justice, de loyauté, d'honneur qui animent le peuple argentin et qui ont toujours inspiré sa politique, il y avait un sentiment d'alarme en présence de la capture de la flotte du Venezuela, du blocus de ses côtes, du bombardement de ses ports, faute d'avoir payé sa dette publique. C'était là un précédent dangereux pour la sécurité et la paix des nations sud-américaines. Le recDuvrement de dettes par la force militaire implique l'occupation territoriale comme sanction et l'occupation territoriale implique suppression ou subordination des gouvernenrents des pay^ auxquels elle est imposée.

Dans le cours de la seconde conférence internationale des Etats

américains, tenue à Mexico en 1901, un traité fut signé par les délégués des Etats rep-résentés, obligeant les parties contractantess à soumettre à l'arbitrage toutes les demandes résultant de pertes pécuniaires, qui pourraient être présentées par leurs nationaux et qui n'auraint pu être arrangées à Tamiable par voie diplomatique, à condition que les réclamations fussent assez importantes pour justifier les dépenses de la procédure d'arbitrage. La troisième conférence internationale eut lieu à Rio de Janeiro, penaant Tété de 1906. Les repiésentants de quelques républiques hispano-américaines (1) étaient en faveur d'une loi universelle «l'arbitrage et demandaient qu'on présentât celle-ci à la Conférence de la Haye comme l'ultimatum des Amériques. M. Root, secrétaire d'Etat des Etats-Unis, fit ressortir le danger d'une semblable manœuvre, et l'on se borna à une formule d^ adhésion générale au principe de l'arbitrage. Une tentative fut faite pour amener la Conférence panaméricaine à endosser la doctrine Drago, sur la non intervention coercitive pour le recouvrement de la dette publique. De nouveau M. Root intervint , il lui était difficile de faire autrement (2), et l'on s'est borné à voter une résolution laissant chaque gouvernement juge de l'opportunité de soumettre la doctrine de Drago à la seconde Conférence de La Haye, non seulement en ce qui concerne le i-ecouvrement par la force des dettes, mais encore toutes les réclamations pécuniaires.

Dans son message du 4 décembre 1906, M. Roosevelt, en appelant l'attention sur les embarras que peut causer au gouvernement des Etats-Unis l'affirmation de la part de nations étrangères du droit de recouvrer par la force des armes, les dettes contractées par des républiques américaines envers des citoyen» de ces nations étrangères et sur le fait que le recouvrement des dettes par la force peut avoir pour conséquence de rendre permanente l'occupation d'un territoire, dit que la résolution ren^

(1) Argentine, Bolivie, Colombie, Costa-Rica, Chili, République dominicaine, Equateur, Salvador, Guatemala, Hayli, Honduras, Mexico, Pérou, Uruguay, Nicaragua, Paraguay, Etats-Unis.

(2) En 1905, un traité intervint entre les Etats-Unis et Saint-Domingue, par lequel les Etats-Unis garantissaient l'intégrité territoriale de la République, se chargeaient de ses douanes, de ses finances, et d'arranger ses affaires avec ses créanciers étrangers et intérieurs. Le Sénat américain n'a pas ratifié le traité, mais celui-ci reste officieusement en force.

118 JOURNAL BES GGOSOlflSTES

vosrant la qveation à la Conférenoe de la Haye a été a|»pii3rée par les délégués des Etats-Unis en vertu d'instmetions donmées par lui (1). Dans d'antres oocasûanSy k pifésident Booserelt a donné ans £tats snd-américaiiig le oottseii <de Inen se conduiie à l'égard de leuEs eréanciera.

dette i^nestioB de Ja protectian à aocorder aux natiananx porteurs de créances sur des Etats étrangers a été «xaminée par le professeur Zorn (de Bonn), qui fut l'un des délégués aUemfuidt à la Conférenœ de la Paix en 1699, dans le Bank Archiv. M. Zorn qui siège à la seconde Conf énenoe de la Paix, rappelle que dans trois circonstances, l'Europe a prêté son «encours pour l'organisation de commissioiis intematioaales obargées d'assurer les droits des créanciers étrangers d'Etats incapables de faire face à leurs engagements : en Turquie, en Egypte, «en Chrèœ. Ces cornmissioiis intemationaies constituent l'os;sa>i® ^ P^* efficace d'une administration meilleure, mais elles sont un empiétement sur la souveraineté de l'Etat, que le Portugal, malgré sa petitesse, malgré son endettement, a su éviter après sa faillite partielle la plus récente.

(1) En voici le texte :

(( Le gouvernement des Etats-Unis a depuis longtemps poiir politique de ne pas se servir de sa force armée pour recouvrer les dettes contractées envers ses nationaux par d'autres gouvernements. Nous n'avons pas considéré l'emploi de la force, dans un pareil but, comme ooiapatible avec le respect de la souveraineté indépendante des autres membres de la famille des nations, respect qui est le plus important principe du droit des gens et la principale protection des nations faibles contre l'oppression des nations fortes.

ce II nous semble que le procédé en question est nuisible aux relations des peuples et au bien-être des Etats faibles et en désordre, dont le développement doit être encouragé dans l'intérêt de la civilisation. Nous pensons aussi qu'il fait souvent naître la tentation de se livrer à des actes d'oppression et d'entreprendre des guerres inutiles et injustifiables. Nous regrettons que d'autres puissances, dont nous estimons hautement les opinions et l'esprit de justice, aient été parfois d'un avis opposé et se soient permis, à contre-cœur, nous le croyons, de recouvrer par la force les dettes dont il s'agit.

« E est certainement vrai que le non-paiement d'une, dette publique peut être accompagne do fraudes, de méfidts ou de violations de traités qui justifient remploi de la force. Le gouvernement des Etats- Unis serait lieureux que l'on se livrât, à ce sujet, à une discussion internationale en vue d'établir une distinction entre les cas de ce genre et le simple manque d'exécution d'un contrat oondu avec un particulier, et que l'on adoptât une résolution en faveur de Femploi de moyens pacifiques dans les cas de cette dernière catégorie. »

COMPTES RCNDLS 119

£n (kèoe, il s'agissait d'«iTêtor rarm^ turque, d'aesurer le paiemeat de i^indemaxté de guerre, au noyen d'un emprunt ganâ^ par les puissances créatvioes de riudépendance grecque <Fmoe, Orande-Bz«tagiie, Russie), et comme les capitalistes alknuwds «t anglais étaient créanciers de la Grèce, ou pr<^ta d0B cireonetamaes pour nettro les âna&aet gvecqaes sous tutelle. L'arcangeoDient entre la Porte et ses créoïKwre est d'un autre ordie, de «nême celui de l'Egypte. Lorsqu'un £tat ne fait pas honnevÀ flss rmgiiipBWiits, «n pense «de suite 4 me oainmâiwion internationale, mais l'application de la formule est difficile.

M. Zom examine la question des droits des particuliers lésés par des Etats étrangers, il montre la difficulté de faire reconnsttm ces droits par des tribunaux, l'Etat étranger soulèvera l'incompétence du tribunal devant lequel on prétend le citer. L'exécution du jugement n'est pas davantage facile à obtenir.

Le savant professeur est d'avis que le recours à la force, aux moyens militaires et maritimes de coercition, pour faire payer des créances par des Etats étrangers, donne lieu à des objections très fortes ; d'autre part, le principe de la protection que les £tats doivent à leurs ressortissants pour des demandes justifiées, doit être maintenu. Et dans cet ordre d'idées, M. Zom entrevoit une solution dans le droit international. Il ra^ppeUe que les discnssions qui ont eu lieu à La Hayo en 1899, en vue d'organiser Tarbiti^age, ont eu pour point de départ un projet russe relatif à l'arbitrage international. L'article 10 du projet russe n stipu- <( lait qu'à partir de la notification de l'acte à intervenir par « tontes les puissances signataires, l'arbitrage est obligatoire dans « les cas suivants, en tairt qu'ils ne touchent ni aux intérêts vi- " taux ni à ITionneur national des Etats contractants : 1* en " cas de différents ou de contestatioois se rapportant à des dom- « mages pécuniaiies éprouvés par un Etat ou ses ressortissants, n à la suite d'actions illicites ou de négligence d'un autre Etat « on des ressortissants de ce dernier, etc. (1) w

L'article du projet russe fut modifié ; adopté en première lecture, il disparut du projet définitif par suite des objections for- Ci) Dans la note explicative qui se rapporte à l'article 10 du projet russe, il est dit que les demandes d^ndemnisation ont généralement pour origine la violation des devoirs de neutralité, l'atteinte portée aux droits des Etats neutres, Varrestation illicite d'un sujet étranger, la saisie illégale de navires, la violation du droit de pêche, etc. Dans les cas exceptionnels où la question pécuniaire pren-

mulées au nom du gouvernement allemand ^contre l'extension donnée à l'arbitrage obligatoire dans le droit international.

M. 2jorn se prononce en faveur du traitement de réclamations d'ordre pécuniaire entre Etats ou entre Etats et ressortissants •l' autres Etats, comme de questions puremen juridiques par le renvoi obligatoire devant le tribunal arbitral de La Haye. C'est l'issue pacifique assurée pour des conflits qui n'intéressent ni l'honneur ni les intérêts vitaux des Etats. M. Zom déclare que les motifs qui ont fait demander la suppression de l'article 10 du projet russe n'existent plus aujourd'hui.

Il sera intéressant de voir quelle sera l'attitude de la seconde Conférence de La Haye en des matièi^es qui intéressent la politique générale des Etats et les intérêts pécuniares des capitalistes (1).

A Rapfalovich.

Le Roman d'un Captif, par Fernand Blutel, Paris, Gedalge.

Voici un volume qui ne risque guère de passer inaperçu î Trente-trois centimètres de haut, sur plus de vingt-cinq de large; trois kilos trois cents grammes de poids et près de quatre cents pages, dont beaucoup ornées d'illustrations. Je ne connais guère, parmi tous ceux qui depuis longtemps m'ont passé par les mains

(Ira un caractère d'importance de premier ordre au point de vue des intérêts de l'Etat, par exemple dans le cas où il s'agit d'une faillite d'un Etat, chaque puissance, invoquant l'honneur national ou ses intérêts vitaux, aura la possibilité de décliner l'arbitrage comme moyen de solution du conflit.

(1) D'après une dépêche publiée par les journaux, le 25 juin 1907, la proposition des Etats-Unis sur la doctrine de Drago dit que l'emploi de la force ne pourra être autorisé, pour les recouvrements de dettes provenant de contrats entre particuliers et Etats, que si un arbitrage n'était déjà intervenu fixant le montant de la dette à payer et le délai accordé par le débiteur pour acquitter ses obligations.

L'idée de l'arbitrage était déjà indiquée très clairement dans un récent article du docteur Drago paru dans une revue de droit international. Les Etats-Unis ont simplement adopté cette idée, ils ont pris l'initiative de leur proposition sans aucune entente préalable avec le gouvernement argentin ou la délégation argentine.

La République Argentine prendra une part active à cette discussion, ce qui montrera son indépendance Oàbsolue.

que la Pasicriaie, de mon ami le sénateur belge La Fontaine qui puisse faire sans trop de désavantage figure à côté de ce géant. Bien différents, d'ailleurs, par le fond comme par la forme, ces deux énormes ouvrages ; mais très rapprochés, en dépit des apparences, par leur objet et par les sentiments qui les ont inspirés.

M. La Fontaine est un juriste et un érudit. Nul peut-être ne connaît aussi parfaitement que lui l'histoire et la bibliographie Ju mouvement pacifiste. C'est cette histoire que, dans son grand ouvrage, il a voulu donner, avec une sûreté d'information qui n'a point été jusqu'à présent égalée. Fournir la nomenclature exacte et complète de tous les arrangements amiables : médiations, bons offices, arbitrages, par lesquels, de la fin du xviii* siècle au commencement du xx", des conflits menaçant la paix internationale ont pu être amiablement termiaés ; c'était, dana sa pensée, le moyen le plus sûr de démontrer non seulement la possibilité, mais la croissante réalité du progrès qui tend à substituer aux solutions brutales et précaires de la force, le recours aux procédés supérieurs de la discussion juridique.

M.Blutel, lui, est un littérateur ; on peut bien dire un romancier, puisqu'il a donné à son œuvre le nom de roman. Et c'est bien, en effet, une œuvre d'imagination, dans le genre de celles de Jules Verne qu'il a entendu faire. Mais cette œuvre d'imagination, comme celles de Jules Verne, d'ailleurs, n'est qu'en apparence uno œuvre de fantaisie. Elle a pour but de donner, sous la forme attachante d'une action, un enseignement sérieux et instructif. Pour Jules Verne, c'étaient des connaissant: es scientifiques ou des prévisions plus ou moins hardies, dont quelques-unes se trouvent déjà réalisées, qu'il s'agissait de faire pénétrer dans l'esprit des jeunes lecteurs. C'est, avec la connaissance de la Russie d'Asie et du Japon, une histoire exacte et saisissante, bien qu'elle n'ait rien des allures d'un compte-rendu diplomatique ou militaire, de la guerre russo-japonaise et de ses horreurs que M. Blutel, sous la forme d'une série d'aventures plus ou moins vraisemblables, a ^oulu présenter. Et il semble bien que ses informations, aussi bien que ses descriptions, aient été consciencieusement contrôlées. L'impression, quand on a achevé le volume, est bien celle qu'il a eu la prétention d'obtenir ; et ce livre mérite autant qu'aucun autre d'être classé parmi les plaidoyers les plus pénétrants qui aient été prononcés contre la guerre. Reste à savoir si, malgré l'intérêt des anecdotes et le luxe des illustrations, beaucoup de lecteurs ne reculeront pas devant son étendue, plus apparente que

122 JOURRàL DES éCONOMlSTES

réelk, car 1« caractère est «aïo^tioniielleineiït fort et ke gravures tiennent beanomp de place. Ils «Braient tort «et se priveraéent de quelques heures ti' agréable et utile dâstraotion.

F&ÈOÈBIC Passy.

PbOBLEHB OF iNTERIQkTIONâL PRACTICE KSD DIPLOMACT. (QltesHotlS àt

politique et de diplomatie internationales), avec une étude spéciale de la Conférence et des Conventions de La Haye et des autres arrangements internationaux, par Sib Thomas Babclat.

C'est encore un volume de dimensions peu ordinaires, un fort in-4" de près de 400 pages, et le sentiment qui a inspiré ce grand travail est le même : c'est le désir de contribuer efficacement à Tamëlioration des rapports des peuples et de ce que Ton i^pelk la politique générale. Mais la méthode est toute autre, ce qui ne veut pas dire moins bonne, bien au contraii«. Tous ceux qui sont au courant de la propagande pacifique, t<nis eeuK qui ont iiiivi même de loin les séances de Tlnstitut de ]>rQit interastioDal; des Congrès de la paix ; de TUnion interparlementaÎTe savent quelle prodigieuse activité a déployée, depuis plusieurs années, Sir Thomas Barclay. Ils savent que c'est à lui, en réalité, qu'est due la première «t hardie tentative et rapprochement entre les deux grandes nations lfl)érales du eontinent Enropéen, la Grande- Bretagne et la France. Us le voient, dqsuiSy et ils l'entendent, semaine après semaine et jour après jour, ptnxrsuivfEnt sans relâdie, de Paris à Londres, de Berlin à New- York, dans les capitales et dans les provinces, son infatigable apostolat d'orateur et de conférencier populaire, en même temps que, fort de l'autorité d'homme pratique que lui donne son titre d'ancien président de la Chambre de commence britannique, à Paris, et la supériorité de ses connaissanoes jurîSiquefi, il agit auprès des Chambres da^ commerce, des Municipalités et des personnages officiels. Us pourraient croire que cette existence prodigieusement active, oette perpétuelle course à travers le temps et l'espace ne lui laisse pas un instant de loisir pour écrire une simple brochure. Et voici que c'est tout un traité, une oeuvre de légiste mûrement réfléchie et soigneusement revue qu'avec le calme d'un liomme qui n'aurait pas autre chose à faire, il trouve le moyen de proposer à l'examen des personnages réunis à La Haye, et de soumettre à l'opinion du

monde ciTilisé. Espérons que^ cette fois encore ,1e succès justifiera sa hardiesse et que le monde lui devra de nouveaux progrès avec un peu ph» de mageaBe.

Frédéric Passy.

Le PAjSfié DE Là Guerre et l'avenir de la Paix, par Charles Eichet, chez P. Olkndorf , Paris.

Ce troisième volume n'est pas comparable, poux Les dimensions, aux 'deux px^édents. Il est cependant encore d'allure très respectable; c'^it un fort in-8^. Il a son caractère spécial, Itii aussi. Poixt de fantaiaie, point de prétention, rien qui ressemble à un traité proprement dit. M. Richet, qui est, par ailleurs, un savant eb un poète, ne se pique, ici, que d'être un homme de cœur et de bon sens, bien informé du passé et du présent, connaissant et exposant avec clarté tout ce que la guerre a eu, a et aurait encore d'abofindhle et de stupide, tout ce que, grâce à une propagando à laquelle il a pris une grande part, l'amélioration des i dations internationales a app<Mrté déjà de soulagement et tout oe que, avec un peu de bonne volonté, le monda peut en 26péi>er encore dans un avenir peut^tre prochain. C'est un plaidoyer bloquent et simple en même temps, d'une lecture facile, clair, substantiel, abondant en renseignements, quoique toujours sobPB et parfois, lorsque l'auteur est obligé de mettre à nu les grandes plaies dont il poursuit la guérison, d'un accent profondément émouvant

Nous lui souhaitons, ainsi qu'aux deux œuvres auxquelles nous le réunissons dans ce rapide compte rendu, beaucoup de lecteurs et beaucoup de succès.

Frédéric Passy.

L'sYGiàNE MODERNE, par le D*" J. HÉRioouRT. Ernest Flammarion, éditeur, Paris. 1 voL in-12, 1907.

On use et Von abuse même quelque peu des bréviaires d'hygiène, en «prétendant impoiser la loi sainte sous la forme de réglementations qui seraient ccwi sacrées par d-es articles de lois proprement dites, votées par le Parlement; et bien souvent,

12i JOLUXAL Di:S IXOXOMISTLS

ceux qui formulent oes prescriptions impératives n'ont eu que des contacts assez lointains avec les réalités de la vie. Ce n'est pas à coup sûr le reproche que Ton pdurra faire à l'auteur de ce livre; et d'autant moins, qu'à part quelques petites réserves que nous nous permettrons, à propos de passages où il a bien envie de recourir à l'autorité pour arriver à faire respecter ce qu'il considère comme étant nécessaire à la défense, à la protection de la vie humaine, c'ost bien aux individus, aux mœurs, aux habitudes qu'il s'adresse. Le nom du D' Héricourt ne peut pas être ignoré de nos lect-eurs: nous avons signalé jadis les belles études essentiellement pratiques qu'il a poursuivies sur les maladies atténuées, et sur la reviviscence de germes morbides qu'on croyait tués à jamais. C'est à lui et au Professeur Richet que l'on doit d'admirables découvertes sur la sérothérapie, sur la vaccination au moyen du sérum d'animaux auxquels telle ou telle maladie a été inoculée, méthode qui a donné directement naissance au procédé qui triomphe maintcnanl» si souvent de la diphtérie. C'est lui et le Professeur Richet qui ont mis en lumière l'action précieuse et puissante de la viande crue dans la lutte contre la tuberculose. Et à l'heure présente, le D' Héricourt dirige un dispensaire antituberculeux, créé aw moyen de legs faits à la Ville de Paris, et où chaque année de nombreux « sauvetages » sont accomplis,, grâce à cette viande crue, et à d'autres soins qui relèvent de l'hygiène plus que de la médecine.

Dans son contact constant avec les misères du quartier où est installé ce dispensaire, et avec les innombrables tuberculeux qui lui sont passés par les mains, l'auteur a vu combien les principes les pluÊf sûrs et les plus simples de ITiygiène sont méprisés ; et cela aux dépens de tout le monde et de chacun. On comprend dès lors ses efforts convaincus pour obtenir le respect de ces principes; et l'on excuse alois les quelques tendances un peu autoritaires qui l'emportent parfois à vouloir sauver l'individu malgré lui, et à donner à la société, c'est-à-dire à la majorité, lo droit d'empiéter sur la liberté de tel ou tel de ses membres.

Le livre nous semble d'autant plus remarquable et utile (ce qui est essentiellement son but), qu'il est simple, pratique, méthodique et clair, tout on étant de lecture fort agréable. Il étudie sueoessivement l'individu, puis la maison, puis la collectivité^ et enfin la vie extérieure; et l'introduction, utile ici, au contraire de la plupart des introductions, fait bien comprendre au

lecteur la raison de cette division, et de cette revue générale de tous Jes milieux où Thygiène peut s'appliquer, sous la forme de la lutte contre les maladies principalement à redouter. S'adreesant surtout aux habitants des villes* (car c'est à la ville que les conditions d'hygiène sont les plus défavorables), il leur rappelle que le tempe se passe pour partie à la maison, partie dans la rue, partie dans les lieux publics; tantôt l'homme se trouvera isolé, tantôt il sera un élément d'une collectivité temporaire ou permanente, s'il se trouve dans une salle de spectacle, dans une caserne, dans un collège, etc. Et à tous il va donner des indications sur les principaux dangers auxquels leur vie est exposée, tant dans la vie intime que dans la vie extérieure; il le fait avec un courage, une franchise rares, dénonçant les dangers qui s'insinuent constamment daofi nos actes en apparence les plus inoffensifs; s'élevant contre l'habitude et la routine, si difficiles à vaincre; montrant que bien des réformes sont possibles là où l'on croirait se heurter à des cctoditions inévitables de la vie urbaine. Il regarde les choses en face, et oblige chacun à en faire autant; et il compte sur cette excellente méthode pour transformer idées et mœurs, — ce qui montre bien, E^it dit en passant, qu'il est inutile de recourir à l'illusoire influence de la loi.

La première partie du livre, relative à l'individu, étudie d'abord les tempéraments et prédispositions, et indique le régime à suivre pour ceux qui appartiennent à la classe des arthritiques, ou ceux au contraire qui sont prédisposés à la tuberculose. Et il donne deux chapitres remarquables sur l'arthritisme et sur les candidats à la tuberculose, comme il les nomme dans son style de médecin pittoresque, mais un peu cruel. Nous n? saurions trop recommander la lecture de ce qu'il dit 6ur \^ régime alimentaire, le genre de vie, les jeux et les sports ; on y trouvera les quelques lignes où il met au point la question do l'alcopl, et où il signale le rôle précieux du sucre (nous ne nous arrêterons du reste pas pour lui faire le reproche de croire que l'Etat pourrait quelque chose sur la pureté des alcools). Son chapitre sur les sports est particulièrement intéressant; car il nous y fait voir les oisifs trouvant dans le sport l'occasion d'un travail, essentiel au bon fonctionnement de l'organisme. Des pages originales et pratiques sont consacrées au vêtement; d'autres à la Coiffure. Il n'a pas craint d'aborder la question si délicate de la vie sexuelle, en se montrant toutefois trop sévère, à notre avis, pour la femme. Et il n'oublie pas les nourrissons, en con-

126 JOURNiU. DES ÉCONOMISTES

aeilUjit sans doute quelques mesures administratives, mais en insistant sur la nécessité de Féducatioa âea mères: toujours Vixkfluence des maure, comme il le répète plusieurs foâs en citant la belle formule latine.

Dans la partie relative à la maisoQ, il passe en revue les desiderata à remplir par les architectes de demain, les conditions de la vie domestique, et ce qu'il appelle les logis infectieux, qui sont effectivement des vases de culture pour toute la flore des microbes pathogènes. Nous sommes heureux de Tentendre dire qu'il ne faut compter en aucune faç<Hi sur leer conseila des sociétés d'hygiène, ni sur les pouvoirs publics, dont Timpuissanœ en matière d'habitudes et de mœurs n'est plus à dém<mtrer. Aussi croyonsnous bien que c'est aux particuliers et à l'intérêt personnel bien entendu qu'il ^adresse, quand il demande qu'on jette à baa les foyers d'infection dent nous parlions à l'instant; et noas sommfiB dès lors avec lui. La secti<m de l'oavraffe qui se rapporte aux collectivités^ est un réquisitoire autorisé contre la lagoa dont nous pratiquons cette vie collective. Il signale tetttea les améliorations à apporter à l'habitation collective pour raération, le chauffage, le nettoyage ; il a pu faire des observations f rœtueuses dans les locaux que l'Etat attribue aux PostcB et Télégrapbes, et que cet Etat a combinés de la façon la plus antihygiénique: alors qu'il prétend Ae faire le Mentor detr individus^ en cette matière comme en toutes les autres. Et c'est encore une belle critique des pratiques administratives, que le dispitre oh le D*^ Héricourt s'élève contre les vacances telles qu'elles somt établies chez nous, et lecr méthodes d'enseignement aatifaygiéfnqins qui sont pratiquées en France: il nxHia rappelle keuvevsenieat Spencer, lorsqu'il signale qu'on soumet nos enfants et nos jeunes gens à un régime dont personne ne voudrait pour ks âè^es des étables et des écuries ! On ne s'étwinera pas s'il s'élève contre le surmenage, demandant plus de repos et une meilleure alimentation, ce qui est un bel argument pour les Hbre-éehaiBgktes.

Reste la section de la Vie extérieure. La rue est powr lui l'occasion de signaler les scandales hygiâûques des poMSÎàres, des crachate, du balayage à sec, du batta^ des tapis, et de tant d'autres choses qui se font avec la complicité souvent aetive de l'administratioin. Plusieurs chapitres sont ensuite censacrés à la contagion par les insectes, depuis ks mouoCiqnes jusqu'aux puces, et contre lesquels on ne saurait trop reconauBder aux particuliers d'agir ; un de ses chapitres les plusr intéressants con-

cerne cette lutte contre la tuberculoee qu'il mène si vaillamment et si savamment; cependant nous lui ferons ici un reproche de& plu« vifs. Dans son désir de ne pas stoigfner seulement les malades, mais encore de protéger ceux qui ne le sont pas, il va jusqu'à proposer froidement la création de « tuberculoseries »y analogues aux léproseries; son zèle l'emporte certainement au delàr de e^a pensée, épouvanté qu'il est des ravages terribles du mal qu'il est habitué a combattre quotidiennement. Il sait bien que ce ne sont pas les léproseries (qu'il voudrait renouveler sous cette forme) qui ont fait disparaître la lèpre, mais bien l'amélioration générale des conditions d^hygiène. Et la preuve en est que de petits foyers de lèpre aubsiErtent un peu partout, même en France, qui ne se développent plus, faute de conditions favorables. Aussi bien les tuberculeux enfermés dans ces prisons médicales n'en enverraient pas moincr dans l'atmosphère une foule de germes, qu'on n'empêcherait pas de se répandre partiellement dans l'air, aux dépens des gens du voisinage ; et puis, qui garantirait les malheureux qu'on arracherait ainsi aux soins de leur famille, qu'ils seraient bien soignés par ces médecins adminiistratifs dont bien peu ressemblent à l'auteur de ce livre?

Et où s'arrêterait-on, après avoir violé les droits de la personnalité humaine, dans cet emprisonnement préventif pour la défense de la fameuse Société ? Que l'on soit sévère pour les genff qui promènent des maladies contagieuses en période de contamination: fort bien. Qu'on développe la responsabilité individuelle en cette matière comme en tout: rien de mieux. Mais qu'on ne croie pas que les majorités ont tous les droits pour se défendre. Et c'est pour cela encore que nous ne serions pas d'accord avec le D*" Héricourt dans le chapitre, du reste très sommaire, où il traite du péril syphilitique et de la réglementation de la prostitution. D'ailleurs, il n'en arrive pas à une conclusion ferme à cet égard.

Cela nous montre bien que son sens très juste de l'influence des mœura et de l'individu, sa confiance dans ce qu'il appelle la vérité scientifique librement acceptée, ne peuvent manquer de modérer complètement quelque jour le désir où il serait parfois, de recourir à des méthodes en apparence plus rapides de lutter contre œs maladies qu'il connaît si bien.

Dmiibl Bqxbx.

Pbocèb-yerbaux des comités d'agriculture et de commerce de la Constituante, de la Législative et de la Convention, publiés et annotés par Fernand Qerbaux, sous-chef de la section moderne aux archives nationales, et Charles Schmidt, archiviste aux A:*chives Nationales. Tome P' — Assemblée Constituante (1" partie, 2 septembre 1789, 21 janvier 1791), 1 vol. in-8<» de la Collection de documents inédits sur Vllistoire écwiomique de la lltvolution française, publiés par le ministère de T Instruction publique, Paris. — Imprimerie Nationale — 1906.

Il y a soixante-quinze ans, Quizot, ministre de Tlnstruction publique, prenait l'initiative de tirev de l'oubli et de mettre à la disposition des érudits les documents inédits de l'histoire de France. Des travaux très importants ont été publiés dans cette collection et ont rendu de grands services aux historiens. Primivement limité à l'ancien régime, le recueil a été ensuite étendu à la période de la Révolution et, récemment, à côté de l'histoire politique, une nouvelle série a été ouverte, consacrée à l' histoire économique de la Révolution. Le champ est vaste et les documents abondent dans tous les dépôts d'archives. La tâche des éditeuvs sera, sinon d'éliminer des pièces — car en cette matière on ne sait jamais ce qui est utile et tel docu iront jugé insignifiant par certains peut avoir pour d'auties une importance considérable — du moins d'analyser autant que possible, de débarrasser largement du fatras littéraire de l'époque et de grouper les matériaux, de façon à rendie les recherches rapides et commodes pouv ceux qui voudront les mettre en œuvre.

Le volume qui vient de paraître est le premier de la série. Il contient les procès-veibaux des 179 premières séances du comité d'agriculture et de commerce de l'Assemblée Constituante. Ce comité « chargé de s'occuper de tous les objets relatfis à ces deux sources féconde» de la prospérité publique, » se composait de membres nommés par généralités. Parmi eux, se trouvaient Dupont de Nemours, Herwyn, Goudavd, négociant à Lyon, qui fut un des auteurs du tarif douanier de 1791, de Fontenay, négociant à Rouen, adversaire du traité de commerce de 1786, Roussillon, négociant à Toulouse et, lui aussi protectionniste. Un ssul industriel, Riberolles, fabricant de papiers à Thicrs, faisait partie du comité qui « composait, pour une notable fraction, d'avocats et de magistrats.

Dupont de Nemours avait été nommé avecHerwyn, secrétaire du comité. Il fut d'abord assez assidu ; mais au bout de peu de tempe, il cefisa d'y venir ainsi que plufiieurb* autres et, le plus souvent, sur trente-cinq membres, il n'y avait guère qu'une douzaine de présents. Il est, en plus, difficile de dire quelle part il prit aux travaux du comité. Si les procès-verbaux résument les opinions émises, ils ne donnent pas le nom des opinants ; ils se contentent de dire: « Un de messieurs ». Peut-être, cependant, pourrait-on attribuer à Dupont les réflexions qui furent faites, à la séance du 18 septembre 1789, sur les états de la Balance du commerce, dont communication était demandée au ministre des finances. Un des commissaires fit remarquer que (c les états de la Balance du commerce devaient être lus avec précaution et que, pour en tirer de véritables résultats en énonçant le prix des marchandises dans les ports, il fallait avoir égard à ce qu'ils ajoutent involontairement la valeur des droits d'entrée et des frais de chargement de voiture et de magasinage à l'estimation des marchandiaes étrangères et qu'ils suppriment celle des droits de sortie et de tous les les fïuits et profits du commerce de la valeur des marchandises françaises. » Quel que soit, du reste l'auteur de ces observations, elles étaient judicieuses; elles le sont encore et bien des gens pourraient s'en inspirer pour lire (( avec précaution », la Balance du commerce d'aujourd'hui.

L'attention du comité dut se porter sur des objets bien divers et très nombreux. Sur la grande quantité de lettres et de mémoires dont il fut saisi, beaucoup, offrant des panacées infaillibles pour guérir tous les maux économiques et sociaux, ont la même valeur que la plupart des pétitions individuelles adressées aujourd'hui aux Chambres. A cet égard, ni l'esprit public, ni les habitudes des tous n'ont changé. D'autres communications ont plus d'importance; parmi elles le mémoire présenté par la Société royale d'agriculture « sur les précautions à prendre pour que les enfants trouvés infectés du mal vénérien ne le communiquent pas aux nourrices qu'on leur donne, ce qui propage ce mal d'une manière effrayante dans les campagnes qui avoisinent Paris ». Le procèsverbal nous apprend que le comité entendit « avec satisfaction » les moyens indiqués pour « empêcher ces terribles effets »; mais cett« satisfaction resta platonique et la question n'est pas encore résolue.

Un des sujets qui reviennent le plus souvent léside dans les protestations des corporations contre ceux qui, s' appuyant sur

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