‹ L'automobile est-elle une richesse?Chapitre 34 sur 87 · POUR · texte numérisé non relu

POUR

Chaque année, lors de la préparation du budget de la Ville de Paris pour l'exercice suivant, le préfet de la Seine et le rapporteur général ont Tun et l'autre une préoccupation dominante. Le premier craignant toujours que ledit budget ne soit pas en équilibre faute de ressources suffisantes pour satisfaire aux besoins municipaux, réclame des impositions nouvelles : le second redoutant de surcharger davantage la population, ce qui pourrait être un motif de grave mécontentement de la part des électeurs vis-à-vis de leurs édiles, fait le possible et l'impossible pour ne pas avoir recours aux impositions proposées. Chacun d'eux a d'ailleurs raison au point de vue plus spécial où il se place et qu'explique la différence de leur situation respective.

Le fait habituel s'est donc reproduit pour le budget de l'exercice 1907. Le préfet de la Seine, arguant des dépenses d'assistance et plus spécialement de la surcharge considérable due à Ja constitution des allocations nouvelles prescrites, à partir de Tannée courante, par la loi du 14 juillet 1905, au profil des vieillards âgés de plus de 70 ans, des infirmes ou des incurables — ce qui représente pour Paris une armée de 50.000 personnes — émettait l'avis de créer 11 centimes additionnels aux quatre contributions directes, cette recette supplémentaire devant apporter aux finances municipales un appoint de 7.981.561 fr., soit une somme un peu supérieure à celle nécessaire pour la mise en application de la loi précitée de 1905. A ce propos, M. de Selves reprenant une expression de M. Poincaré, ministre des Finances,

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demandait au conseil municipal, dans le mémoire budgétaire qu'il présentait à celle assemblée, de faire preuve de « courage fiscal » se portant fort, peut-être un peu témérairement, de Tapprobalion de la population parisienne, puisque, disait-il, il ne s'agissait pas dans Tespcce de pourvoir à des dépenses somptuaires, mais de parer à l'application d'une loi dont la haute portée sociale ne saurait être méconnue. Quant aux ressources à provenir de la progression régulière des receltes, il ne pouvait en être fait étal à cet égard, puisqu'évaluées à 2.967.000 fr., elles étaient absorbées et bien au delà par les demandes de crédits faites par les différents services et considérées comme justifiées à concurrence de 4.567.000 fr. Le préfet ajoutait que les augmentations réclamées, mais ajournées par lui, concernaient principalement la direction des Travaux et celle de TArchilecture dont les disponibilités avaient été réduites au cours de ces dernières années, de sorte qu'en 1907 ces directions ne devaient pas se trouver encore, au point de vue des crédits mis à leur disposition, dans une situation absolument normale.

Il n'est pas douteux que depuis plusieurs années déjà le budget de la Ville de Paris ne soit étriqué et ne souffre d'un certain manque d'élaslrcilé. Aussi M. de Selves, que préoccupe un équilibre quelque peu précaire, parle-t-il d'une situation encore difficile ; tout en constatant que le crédif de la Ville se maintient fnébranlable au milieu même des agitations du marché financier.

Dans son rapport général sur le projet de budget de 1907, M. André Lefèvre, plus optimiste par nature, bien qu'il s'en défende, et à raison de ses f<mctions qui Tincitaient à montrer les choses sous le jour le plus favorable, pour éviter la création de nouveaux impôts, reconnaît qn*il n*est possible de s'en passer cette année qu*cn recourant à k des moyens de circonstance », expression un peu înquiétanle en elle-même. « La solution que nous proposons, écrivait-il, sans être un expédient, et tout en éCànt' d^une régularité absolue, ne vaut que pour une année. Elle permettra de Iranchir If pont, d'attendre, sans imp6ls nouveaux, les ressoarces nouvelles que noos procurera en 1908 le régime futur de Téleclricité. » Aussi, lors de la discussion générale qui a mm pas précédé le voie des articles du budget ainsi qnH conviendrait, mais Ta accompagné et même presque terminé, M. André Lefè\Te, tout en refusent de regarder le budget qu'il présentait comme un budget de façade, a accepté de le consfdérer comme un budget d'attente, à la eondition qu'on donnfti à cette expression, souvent employée, « un sens siagubèrenent

pbês préob » que cf )Mibtt»de. En eifdi, ajoulaii-il, « c'est l'attente pendant \m^ a» de reseoupces certaines, que Ton connaît déjà, ctr mit n'igaore qtte dès 1998 le régime futur de réJectricité procurera au Imdget une somme variant de 4 à 6 millions et demi smv«nt le prix de vente adopté. » Hélas î le même conseiller devait reccmnaître, dans la séance du 15 mars 1907, au cours de la discussion sur le régime futur de l'électricité, que les bas prix de vente adoptés peu après par rassemblée, aBaient faire disparaître une ressource, déjè escomptée au budget de 1908, de 2 millions et demi à 3 millions. Et M. Landrin, confirmant le fait quelques jours plus tard, dans la séance du 20 mars, s'exprimait ainsi : « Vous avez ouvert trop de brèches aux recettes futures en votant les bas tarifs (concernant l'électricité) pour que nous n'ayons pas la crainte étun déficit budgétaire. » Ainsi donc les espérances exprimées par M*. André Lefèvre, ne se seront pas réalisées, nous n'osons i>as dire les illusions, le rapporteur général se défendant d'en avoir et déclarant même « qu'il n'y a rien de pis dans 1© situation où nous sommes ».

Nous serions cependant assez tenté d'employer cette dernière expression, quand nous voyons M. Lefèvre faire comme rapporteur général cette déclaration : « Au fur et à mesure que mon travail avançait, j'ai acquis la conviction qu'on pourrait se dispenser dV recourir (aux nouveaux impôts) et peu à peu comme il arrive presque toujours en matière de finance, la difficulté s'est fractiminée et réduite au point qu'elle a fini par disparaître. » Voilà encore un axiome troublant, de la part d'un financier émérite. Eh quoi ! il suffit presque toujours de Iractionner les difficultés budgétaires pour qu'elles cessent d'exister. Grand merci de ce précieux aphorisme, mais de ce qu'on a eu le courage de le formuler d'une façon aussi nette, il ne s'ensuit pas qa*îl ait une grande valeur : autrement Téquilibre des budgets soit de l'Etat, soit des communes, ne serait plus qu*un jeu d'enfants.

En fait, M. André Lefèvre sera probablement bien servi par les circonstances, puisque d'une part rétablissement tardif des pensions à servir aux vieillards, infirmes et incurables, nxnns nombreux qu'on n*avait pensé tout d*^abord, allégera très sensiblement les dépenses du présent exercice et que d'autre part tm excédent de recettes important paraît devoir être réalisé sur les prévisions des produits de l'octroi pourtant si décrié par le rapporteur général. Certes, cette vieille institution de Toctroi présente de graves inconvénients proclamés par tous les éeono-

mistes ; mais on est bien forcé de reconnaître, pour être impartial, qu'elle a été la clef de voûte des budgets parisiens et qu'aujourd'hui encore elle rend aux fmances municipales d'inappréciables services. On s'explique donc que M. André Lefèvre se soit écrié comme un fait d'un très heureux symptôme pour la ville : « Les recettes d'octroi vont toujours s'accroissant ». mais on s'explique moins alors la campagne acharnée qu'il a menée avec peu de succès d'ailleurs, et continue à mener contre un organisme qu'il ne faut songer à détruire, la plus élémentaire prudence l'exige, qu'après l'avoir avantageusement remplacé. Or les études entreprises à cet égard sont loin d'avoir donné les résultats qu'en attendait le rapporteur général. Aussi comprendon que lors de la discussion du budget (séance du 27 décembre 1900) M. Poirier de Narçay, un adversaire cependant de l'octroi, se soit exprimié ainsi : « Je ne suis pas aussi confiant que M. le rapporteur général au sujet de la suppression de l'octroi... S'il suffisait de supprimer purement et simplement l'octroi ce serait chose facile. » (Ceci constitue une vérité qui rencontrera peu de contradicteurs.) « Le malheur est qu'il faut le remplacer et le remplacer par des taxes autres, d'une perception autre aussi sans doute. Mais c'est toujours la même chose sous une autre forme, sous une autre forme qui est moins sûre que celle actuelle au point de vue du rendement. » De même n'esl-on pas étonné qu'un socialiste comme M. Landrin, partisan décidé de la suppression de l'octroi, quand elle sera réalisable, mais dont l'esprit positif ne se paie pas de mots et voit nettement les difficultés pratiques d'une réforme aussi redoutable, surtout dans l'état actuel du budget, ait dit à la tribune du conseil municipal, dans la séance du 20 mars 1907, au cours de la discussion concernant le régime futur de l'électricité : « Il y a longtemps que l'on parle de la suppression de roctr<fi et cette réforme n'est pas encore réalisée... L'octroi n'est pas près de disparaître, et nous pouvons attendre encore longtemps. » M. Landrin proposait de frapper l'électricité d'une taxe afin de dégrever les pétroles très lourdement imposés à Paris.

Les critiques qui précèdent ne nous empêchent pas, bien au contraire, de rendre hommage au labeur considérable du rapporteur général qui, en faisant flèche de tout bois, est parvenu à éviter la création de nouveaux centimes additionnels. A la suite d'un remaniement tant des recettes que des dépenses pour l'exercice 1907, et de l'inscription peut-être assez osée d'un boni de 3 millions au budget supplémentaire de 1906, M. André Le-

fèvre a présenté un projet de budget en équilibre pour l'exercice actuellement en cours. Par surcroît, M. Poirier de Narçay a fait voler une délibération ayant pour objet de frapper au profit de la ville, d'une taxe de trois centimes par mille francs les opérations de Bourse des valeurs et celles à terme de la Bourse de commerce, ce qui produirait plusieurs millions ; mais il est à croire que le conseil municipal ne s'est pas fait beaucoup d'illusions sur la suite (ou plutôt le manque de suite) qui devait être donnée à sa délibération.

Finalement, le budget de la Ville de Paris pour l'exercice 1907 a été, par un décret rendu le 22 février de cette année, arrêté aux chiffres que voici : Recettes ordinaires, 354.019.970 fr., recettes extraordinaires, 16.717.900 francs ; ces chiffres sont les mêmes pour les dépenses, d'où il résulte balance. L**excédent des recettes, de même que celui des dépenses, s'élève à 13.270.000 fr. d'un exercice à l'autre pour le budget ordinaire. Par contre, le budget extraordinaire présente, si on le compare avec celui de 1906, une diminution de 41.789.000 francs portant sur les fonds des emprunts autorisés pour le métropolitain et le gaz.

Aux termes d'un autre décret en date du 28 février 1907, une somme de 100.000 fr., prélevée sur la réserve, a été inscrite d'office au budget, comme dépense obligatoire, pour assurer la totalité du paiement des indemnités ducs au personnel, le conseil municipal ayant réduit de ladite somme, malgré les instances du préfet, le crédit nécessaire. Ainsi qu'il fallait s'y attendre, celle inscription d'office faite en vertu des dispositions de la loi du 18 juillet 1837 sur l'administration municipale a provoqué, le 11 mars dernier, un débat devant l'assemblée communale peu satisfaite de voir une de ses décisions ainsi annulées par Taulorité supérieure. Le conseil prétend avoir le contrôle absolu des crédits à répartir dans le personnel, alors que, d'après le préfet ratlribution de ces crédits constitue un acte administratif et par suite fait exclusivement partie de ses prérogatives comme chef de l'administration. Celle dernière opinion est également celle du ministre de l'Intérieur qui considère les indemnités et et les frais fixes attribués aux employés comme de véritables suppléments de traitement, la répartition des sommes dues à ce litre étant uniquement réservée à l'autorité de qui relèvent les fonctionnaires et qui peut seule apprécier leur mérite professionnel. La jurisprudence est d'ailleurs établie en ce sens et malgré le recours devant le Conseil d'Etat que le conseil municipal a cru devoir demander au préfet de former — ce que ce der-

2flS iOITBNIlL DES ÉeONOMISrTCS

nier a^ prenais de faire bien que ce- soit lui-mônie qui* se trouve en <îaase — il n'est pas douteux que ledit po»FVi>i tewdaut à* Famnula>tioo dui diéisret précité ne soit rejeté par la haute assemblée. Le produit des cenlâiiMS conoiunaux, des taxe» de rei»^ placement et de quelques autres impositions sf>éeiales d'un rechckonent peu élevée telles qne la taxe mmiieipale sur les ehiens cm la pari revoiiaui à la vitte^ sur l'impôt frappantr le& chevaux, Toitures^ autoniolNAes et vélocipèdes, forme on «haptÉre* é>e recettes unique, dont le total a été fixé à 83:.3ë4.000 fr.

B'atttre part, dans le projet du budget qu'il avait préparé, le préfet évaluait à 10^ millions et demi le rendi^ineftt des taxes- •d'octioi pour Tcxerei-ce 1907. Celte» pré^isicm a- pam faiUe an rappotFteur général et au coimeil municipal qui Font portée à 110 millions. Cette somme est loia de parallr^ excessive, si l'on tient <x>inpte des remaotements ck» tarif opérés par les décrets ^es 14 avril et 19 décembre 1906, remaniements qu» se sont traduite par plusieurs aogmentalioBs ou créations de taxes, telles par exemple celles portant sur les moutardes, sur les tourteaux et résidus servant à la nourriture des bestiaux, les sons et recoupes, le carbure de «alcium — sobstanee qui sert à produire Tacétylène — , et en dernier lieu sur les zincs et les plombs. En fait d'ailleurs, les évaluations budgétaires se trouvent de ee €hfif dépassées de 750.000 francs pour le premier semestre de Vannée couraDle. Malgré- ses multiples imperfections, Foctroi avec son rendement assuré est un si merveilleux instrument de perception que ses adversaires eux-mêmes songent à lui pour obtenir des recettes- supplémefitaires. GVst ainsi qtie^ dans la séance du 14 décembre 1906, M. Poirier de Narçay, cherehant de nouvelles ressources en vue des dépenses d'assistance aux vieillards, avait proposé une combinaieoB, entre autres, d*après laquelle un droit de 4 francs, ou tout au moin» de 2 franes, serait à nouveau perçu sur l'hectolitre de vin aux entrées de Paris. A vrai dire, ce n'est pas la première fois que pareille proposition se produit ; elle n'a du reste, selon nous, pas la moindre chanee d'être adoptée en aucun cas et encore phis étant «tonnée la crise viticole ; mais elle témoigne du profond regifol afvoué ou non qu'éprouve la grande majorité de nos édiles d^avoir kpsaé échapper bénévolement une recette annuelle d'un certain nombre de millions, lorsque, dans n» beau geste^ bien ^'impruéenl, ils ont, à di^r du 1*' janvier 1901, esonéré oomplètemenl; en kiatxes municipales le» boissons hygiéniques que la loi du 29 déeembre IS97 laissait le droit à h Ville de Pioris d'inpœer enc^ra

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comme soit : vins, par hectolitre, 4 francs ; cidres, poirés et hydromels, 1 fr. 50 ; bières, 5 francs. Si, en effet, le conseil municipal a'avatil pas renoncé an bénéfice de la loi précitée de 1897, la VLtte bénéficierait de ce chef, au cours de chaque exercice, d'une somme qui ne serait pas inférieure à 24 ou 25 millions.

Parmi les autres recettes inscrites au budget de 1907, il y a lieu de signaler les produits encaissés dans les halles et marchés, les abattoirs et les entrepôts de boissons, soit 15.423.000 francs ; les concessions de terrains dans les cimetières, les taxes funéraires d^inhunoation et d'exhumation, y compris celles provenant du nouveau service municipal des Pompes funèbres, au total 8.572.000 francs ; la contribution de l'Etat dans les dépenses de la police municipale et les recettes effectuées par la préfecture de police, soit 12.991.000. Les produits à récupérer comme consécpuence du nouveau régime du gaz sont escomptés à concurrence de 32.891.000 francs. Lf^s abonnements aux eaux de la Ville et les recettes des canaux devront donner 24.421.000 fr., Texploilation des voiries, vidanges et égouts, 8.847.000 frar>cs, la taxe de balayage, 3.720.000 francs ; les locations sur la voie pubtcjme, aux Champs-Elysées, aux bois de Boulogne et de Yinçennes, au Parc des Buttes-ChaunK>nt, dans les squares et jardins publics, 6.358.000 francs ; les établissements d'instructiofi publique tels que les collèges Chaptal et Rollin, les écoles Diderot, BouUe, Jean-Baptiste Say, etc., 2.014.000 francs auxquels s'ajoute, à concurrence de 3.007.000 l'insiiffisante contribolion de l'Etat dans les dépenses de l'instruction primaire, au total 5i)21.000 fra&cs pour ce chapitre. Il serait de tonte justice, en effet, et c'est là une des plus fondées parmi les revendications de la Ville de Paris, que l'Etat opérât — tout au nwins et à défaut du paiement total des dép^ises du personnel de l'enseignement primaire, ainsi cpi'il est demandé par une proposition de loi — le reversement intégral au budget municipal des huit centimes additionnels aux quatre contributions directes qu'il permit pour ledit enseignement dans la capitale et dont il conserve la naoitié, soit le produit de qufitre centimes.

D'antre part, l'Elat i: alloue pour les frais d'entretien du pavé de Paris, ce qui fait également l'objet d'une vieille querelle entre lui et la Ville, qu'une contribution de trois millions, alors que le «onseil rannicipal. estimant cette somme trop faible, la porte régulièrement à quatre millions chaque année au budget, quitte à inscrire un imllion à une résene spéciale pour parer à l'insaffisance dn verseraent de l'Etat. De son edté, le dépar-

lement de la Seine paie une contribution de 401.000 francs pour l'entretien des voies publiques de Paris formant le prolongement des routes départementales. Quant aux remboursements opérés par divers dans les dépenses d'éclairage, de voirie, etc., ils atteignent 6.102.000 francs.

Enfin, comme dernière ressource municipale très importante, il convient de signaler le chiffre des recettes à provenir des voitures publiques (droits de stationnement ou autres), soit 17 millions 871.000 francs. Dans cette somme, le prélèvement à effectuer au profit de la Ville sur les recettes brutes du trafic du chemin de fer métropolitain figure, à lui seul, pour 11 millions. Il y a lieu de relever ce fait qu'en 1906 la redevance versée au budget a été inférieure de 900.000 francs aux prévisions budgétaires (9.400.000 fr. au lieu de 10.300.000 fr.) ; mais il n'en sera pas de miéme cette année, la plus-value au bénéfice de la Ville dépassant sensiblement un million pour le premier semestre de 1907 comparé avec celui de 1906. Au cours de l'an dernier, la ligne circulaire n* 2 Sud a été livrée à l'exploitation, d'abord pour la partie allant de la station de Passy à celle de la place d'Italie, puis pour la partie comprise entre la place d'Italie et la gare d'Orléans. Le 17 décembre a été ouverte la section qui s'étend du pont d'Austerlitz à la rue de Lancry et qui fait partie de la ligne n** 5, le tronçon de la rue de Lancry aux gares de l'Est et du Nord devant être exploité, pense-t-on, à la fin de l'exercice en cours, ainsi que la partie de la ligne n** 4 de la Porte de Clignancourt au Châtelet, et la ligne n*" 6 du cours de Vincennes un la place d'Italie. La longueur du réseau métropolitain, depuis le 17 décembre 1906, est d'un peu plus de 50 kil. d'après la Ville, et d'un peu plus de 44 kil. seulement d'après la Compagnie, qui ne tient pas compte de certains prolongements spéciaux. Le nombre des billets délivrés s'est élevé, l'an dernier, à 165 millions. On sait que le prélèvement effectué au profit des finances municipales est, d'après la convention passée entre la Ville de Paris et la société concessionnaire du chemin de fer métropolitain, de 0 fr. 05 par billet de 2* classe, 0 fr. 10 par billet de 1" classe et 0 fr. 05 par billet d'aller et retour, plus une redevance supplémentaire au delà, de 140 millions de voyageurs.

Le premier chapitre du budget des dépenses ordinaires comprend les sommes nécessaires au service de la dette municipale, sommes qui no s'élèvent pas à moins de 134.238.000 francs : il s'agit, en effet, de pourvoir à l'amortissement, aux intérêts et

aux lots des différents emprunts contractés par la Ville, ainsi qu'aux annuités dues par elle au Crédit Foncier ou à divers pour le rachat des canaux Saint-Martin, Saint-Denis et de rOurcq, pour la reprise d'anciens marchés couverts, pour le rachat de l'entreprise de la Compagnie générale des Eaiix, pour le remboursement des travaux de construction du marché aux bestiaux de la Villelle (40* annuité), etc. Les frais de perception de l'octroi s'élèvent à 11.840.000 francs. La préfecture de police coûte 37.398.000 francs, dont 3 millions environ pour les sapeurs-pompiers ; l'enseignement primaire, supérieur et professionnel, y compris les collèges Rollin et Chaptal, etc., 33 millions 652.000 francs'; l'assistance publique, les enfants assistés et les aliénés, 44.190.000 francs, dont 14.057.000 francs pour allocations mensuelles aux vieillards, infirmes et incurables, cette dernière comme étant d'ailleurs supérieure de 50 0/0 environ à la charge nouvelle provenant de la loi de 1905, si l'on tient compte d'une part de la subvention de l'Etal, d'autre part des dépenses faites antérieurement pour venir déjà en aide, quoique dans des proportions moindres, auxdits vieillards.

Il est prévu 21.121.000 francs pour la voie publique (entretien du pavé, pavage en pierre et en bois, trottoirs, salaires des ouvriers), 13.147.000 francs pour les promenades et plantations, les bois de Boulogne et de Vincennes, les squares, les pépinières de la Ville, pour l'éclairage au gaz et à l'électricité, Fusine électrique des Halles centrales, 14.094.000 francs pour le service des eaux, des canaux et des égouts, les salaires du personnel, l'assainissement de la Seine, 21.825.000 francs pour l'administration centrale de la préfecture, les mairies d'arrondissements, la caisse municipale et les services techniques. Le régiment de la garde républicaine nécessite une dépense de "2.615.000 francs, le service des inhumations une dépense de 13.668.000 francs, et celui de l'architecture et des beaux-arts un crédit de 3.836.000 francs. Quant à la réserve disponible, elle a été fixée à 1.589.000 francs.

Au budget extraordinaire, il n'y a à mentionner, aux recettes, que la réalisation, à concurrence de 13.568.000 francs, de fonds d'emprunt pour être employés aux travaux du chemin de fer métropolitain, et aux dépenses, que l'inscription d'une somme équivalente avec la même affectation.

Bien qu'énorme déjà, le budget municipal est à peine sufflsant, car Paris a de terribles besoins, toujours grandissants, avec son nombre colossal d'habitants qui augmente lui aussi.

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Par suite, faut-il de plus en plus 4'argeat pour l'assistance, pour les hôpitaux, pour l'cnseigoemeot, pour la voie pubUqiie, pour la police, pour tous les organisnaes impartants de b capitale. A cela il n y aurait uen à dire, si ta pro^resakin des dépenses restait dans des limitas raisonoables ei ne dépassait pas la progression parallèle des recettes. Coimnae d'a*utr« pMi, à défaut des ressources éventuelles qui se sont réalisées au cours de plusieurs exercices, on hési^te à créer de nouvelles impositioas toujours fâcheuses, il devient nécessaire, pour faire face à des charges déûnitivement trop lourdes, d'avoir recours à ïemprumk, moyen commode de se tirer moraentaiûément d'eiûbarras, H légitime dans certains cas exceptio^uieis, mais daogereuK par sa facilité même, et, somme toute, fort onéreux. C'est ainsi que, réceaiment encore le conseil municipal a voté un empnuit de 31 railiions, ayant pour objet Tamélioralion du service des eaux de source et de rivière à transformer en eau potable par des procédés d'époiration, Tagrandissement de Tusine d'Austerlitz, le donbleauent du réservoir de ViUefuif, la réfection ei l'extension des canalisations, certains travaux en vue de Tassainissement de la Seioe, enfin les soldes des indemnités considérables dues comme conséquence des dérivations de TAvre, du Loing et du LuQâLn : cet emprunt a été approuvé par une loi du 29 juin dernier.

Au cours de la séance du 29 mars 1907, et sur mémoire du préfet de la Seine, l'assemblée conuaunale a eaoeope adopté un rapport préseofcé par M. Chautard au nom de la 4** commission du coBdeil, et tendant à exécuter 80 millions de travaux pour constructions ou ré{>arations d'écoles primaires et maternelles, d'écoles primaires supérieures et professionnelles, acquisition d'imitteubles scolaires et participation de la ViUe de Paris dans les dépenses d'acquisition par l'Etat des terrains nécessaires à la création de deux lycées de jeunes filles à édifier rue de Douai et rue Denfert-Rochereau. Les votes et moyens d'exécution, autrement dit les conditions de l'emprunt que les Chambres devix>at autoriser, ont été considérés comme étant du ressort de la 1** Commission, qui, dans la séance du 12 juillet 1907, a soumis ses propositions au conseil municipaL D'autre part, entre autres dépenses, l'appUcation aux services communaux de la loi du 13 juillet 1906, coacernant le repos hebdomadaire accordé aux employés et ouvriers, exigera im erédii important.

En présence d'une situation qui n'est pas sans causer quelque

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inquiétude pour un avenir prochain, ou plutôt même immédiat, une extrême prudence devrait être, en matière budgétaire, la règle de nos édiles ; mais ce n'est malheureusement pas plus la quaHté dominante de la plupart d'entre eux que celle de la majorilé des membres du Parlement. On assure que les chauffeurs ou conducteurs des voitures automobiles sont facilement alteints d'une maladie spéciale dite « griserb ^de la 'vitesse » et qui absorbent leurs facultés au point qu'ils n'ont plus conscience des graves dangers qu'avec leurs véhicules lancés à toute vitesse sur la voie publique, comme des bolides à travers l'espace, ils courent aux-mômes ou font courir aux autres, d'où de si multiples et de si lamentables accidents. Ne pourrait-on pas soutenir avec autant d'exactitude que trop souvent, eux aussi, les représentants de la nation et des commiunes se trouvent âoue le coxip d'une sorte de « griserie des dépenses ». £t ainsi se trouvexaient expliquées, si on y «joule la préoccupation assez habïtuene de ssttisfaire des intérêts électoraux, ces séances soit des "Chambres, soit pour des chiffres moindres du Ck>nseil municipal de Paris où, ^presque sans discussion .aucune, on vote au budget des millieiis'de dépenses à l'^heure, de même que les aulomobilisles dont nous parlions « font du 100 ou du 120 » dans le même laps de temps.

E. Letourneur.

La tuberculose bovine. — Causes de contagion. — Effets de l'ingestion des bacilles de Koch sur Torganisme. — Le bovovaccin de von Behring. — Les expériences de Melun. — Nouvelle méthode du D*" Heymans, de Gand. — Sels potassiques et sodiques dans Talimentation végétale. — Les essais du professeur Damseaux au jardin agricole de Tlnstitut de Gembloux. — L'électricité en agriculture. — L'utilisation de la force électrique dans les exploitations. — Comparaison entre le battage à la vapeur et le battage électrique. — Electroculture. — L'électro-végétomètre de l'abbé Bertholon. — Résultats obtenus par M, Grandeau et par le professeur F. Hollrung.

Depuis que les savants ont fait cnirevoir aux cultivateurs la possibililé de prévenir la tuberculose bovine en utilisant la vaccination, les esprits se sont possionnés au sujet de la solution de cette question qui est si intimement liée à celle de la tuberculose humaine. Seulement, comme il est nécessaire de ne pas exagérer les résultats obtenus, dans l'intérêt même des recherches en cours, nous croyons utile d'examiner Télat d'avancement desdites recherches, de façon à pouvoir juger alors en connaissance de cause les probabilités qu'il y a d'arriver ou non au succès.

Nous savons que l'hérédité ne constitue qu'un facteur peu important dans la propagation de la tuberculose bovine, le développement de la maladie provenant essentiellement de la contagion, d'après les travaux des professeurs Bang, de Copenhague, et Nocard, d'Alfort. Ce'Ue-ci a lieu surtout dans les élables très peuplées, mal entretenues ou aménagées, quand les animaux vivent à l'étroit ; aussi le danger de transmission est-il beaucoup

moindre pour les animaux au pâturage. Au point de vue de la pénétration du bacille de Koch dans l'organisme des animaux, MM. Nocard et Leclainche admettent que : « L'infection par les voies digestives joue un rôle considérable dans Tétiologie des tuberculoses animales... L'appareil respiratoire représente, chez le bœuf, la voie la plus ordinaire et la plus efflcace de l'infection tuberculeuse. >>

Pour von Behring, l'origine aérogène de la tuberculose pulmonaire est loin d'être démontrée, la tuberculose de l'adulte résulte de révolution tardive d'une infection intestinale contracté© pendant le jeune âge. Cette hypothèse de von Behring, hâtonsnous de le faire remarquer, s'applique à l'espèce humaine, car chez les bovins, le plus grand nombre des cas constatés est dû à une contamination de l'âge adulte.

La statistique suivante dressée par le professeur Bang le prouve à l'évideoce :

l'ourcen- Age des sujets Nombre Tuberculeux Uge

6 mois et au-dessous 5.559 675 12,1

1 an 1/2 à 2 ans 1/2 5.Q47 1,949 38,6

5 ans et au-dessous 11.924 5.724 48

Quant à l'origine intestinale de la tuberculose, M. Vallée, professeur à l'école vétérinaire d'Alfort, directeur du laboratoire de recherches sur les maladies contagieuses, dans une conférence faite dernièrement à la Société Centrale d'Agriculture de Belgique, conférence à laquelle nous empruntons la plupart de ces détails, est d'avis, avec MM. Calmette et Guérin, que, chez le bœuf, le bacille de Koch peut parfaitement franchir la paroi intestinale et ses ganglions annexes sans y provoquer de lésions, pour aller se fixer et pulluler dans les poumons.

L'ingestion est, parmi les différents modes d'infection, celui qui réalise le plus sûrement la contamination, en laissant fort souvent indemnes, en apparence de toute altération, les ganglions intestinaux, lesquels cependant contiennent dans ce cas des bacilles virulents. On voit de suite comment, si l'on tient compte de l'ingestion, la contagion est à craindre : notamment par Talimenlation lactée chez les veaux, par l'absorption, chez les adultes, des particules liquides projetées dans l'air ou sur les aliments par les voisins infectés, par les lèchements réciproques, etc. Ces causes sont surtout dangereuses parce qu'elles sont fréquemment répétées. MM. Calmette et Guérin ont dé-

TOMl XV. — AOUT 1907. 14

210 JOUKIUL DES ÉCONOMISTES

montré, ea efEet, que bien des bovidés, après avoir ingéré une seule fois une petke cpiantité de bacilles de Koeh virulents, sont atteints d'une infection passagère, cfécélée au moyen des injections de tuberculine, puis cessent de réagir et doivent être considérés ooBame guéris* Au contraire, les animaux qtn premient à plusieurs reprises, à quelques jours d'intervalle, de faibles doses des mêmes bacilles, deviennent tuberculeux. De plus, certains animaux soumis au premier traitement restent en bon état de santé lorsqu'ils se trouvent placés dans des milieux fortement infectés, ils semblent vaccinés !

La tolérance des bovidés à Tégard des bacilles tuberculeux, dans des conditi<ni8 déterminées, devait naturellement être mise à profit conrnie moyen prévwitif, aussi, dès 1901, von Behring proposait l'emploi d'un vaecin antituberculeux ou Bovovaccin. Livré en tubes le Bovovaccin se présente sous fomae d'une poussière jaunâtre constituée par des bacilles humains desséchés dans le vide et encore virulents pour le cobaye. Inoculés à deux reprises, dans la veine jugulaire, à trois naois d'intervalle, avec quatre, puis vingt milligrammes de ce vaccin antituberculeux, les jeunes veaux deviwidraient réfractaires pendant de longues années à l'infection tuberculeuse. Afin de s'assurer de l'efficacité du Bobovaccin, la Société de Médecine vétérinaire pratique de Paris, accueillait, le 13 juillet 1904, la proposition de M. Rossignol, secrétaire perpétuel, tendant à organiser à Melun des essais sur de nombreux sujets suivant un plan parfaitement étudié. Les expériences furent commencées «u niiois de décembre 1904, elles sont presque entièrement terminées aujourd'hui. Nous les résumerons brièvement :

Les essais ont porté d'abord sur Tinfection possible provoquée par le vaccin même, ; les résultats ont été négatifs, c'està-dire que la bovovaccination est inoffensive pour les animaux placés, durant le laps de temps nécessaire à l'immunisation, à l'abri de toute contamination.

Ensuite, 15 sujets vaccinés furent soumis^ trois mois après la vaccination^ à plusieurs épreuves instituées pour apprécier leur résistaiMîe à Tinlection tuberculeuse. 2 animaux vaccinés et 2 témoins neufs non vaccinés furent mis en contaKst avec des bovins tuberculeux.

6 vaccinés et 6 témoins reçurent par inoculation intraveineuse 4 milligrammes d'un bacille bovin très virulent.

7 vaccinés et 7 témoins reçurent aussi, mais aw moyen de

rinoculaUon sous la peau, des produits organiques virulents d'origine bovine.

Après cent soixante-dix jours, les expérimentateurs ont pu constater :

Dans la première épreuve : des réactions insignifiantes à U tuberculine chez les vaccinés, des réactions violentes chez les témoins qui présentèreni à l'autopsie des lésions tuberculeuses graves des viscères abdominaux et des poumons.

Dans la seconde épreuve : le parfait état de santé des vaccinés et rinfeclion tuberculeuse des témoins.

Enfin dans la troisième épreuve : des lésions du. ganglion préscapulaire chez ks 7 témoins et chez un seul des vaccinés, l'infection tuberculeuse des poumons chez 5 des témoins, alors que ces viscères étaient indemnes chez tous les vaccinés.

Cependant, à l'autopsie des vaccinés, lors de la seconde épreuve, deux d'entre eux montrèrent deux à quatre petits tubercules dans les ganglions bronchiques. D'autre part, les deux sujets qui avaient résisté à la cohabitation infectante, soumis durant 6 mois encore à la même épreuve, furent aussi, à Tautopsie, trouvés porteurs de lésions tuberculeuses. Les expériences de Melun comportent, d'après M. Vallée, les conclusions suivantes :

P La bovovaccination est inoffensive pour los animaux manilenus pendant la période nécessaire à l'immunisation (cinq mois à compter de la première vaccination), hors d'atteinte de toute infection accidentelle;

2* La méthode confère une résistance marquée à l'infection tuberculeuse ;

3** La résistance que présentent à l'infection, trois mois après la vaccination, les sujets bovovaccinés s'épuise assez vite et disparaît chez certains sujets au bout d'une année. Ces concltTsîom sont limitées aux essais de Melun, car d'autres expériences n*ont pas toujours été aussi favorables, peut-être par suite du ir-anque de fixité du bovovaccin. Koch et Schutz, en Allemagne, Pearson et Gillîland, en Amérique, ont également signalé des vaccins antituberculeux, mais aucun d'eux n'a fait l'objet d'un contrôle pratique assez étendu. Il en est de môme, croyons-nous, du mode de vaccination par ingestion de bacilles tuberculeux, de MM. Roux et Vallée. Un procédé qui paraît pourtant devoir être pris en sérieuse considération, e^ celui que M. le D' Heymans, de Gand, a préconisé récemment. Il consiste dans l'introduction, à l'aide d'un trocard, d'un sac de roseau contenant des

bacilles virulents et vivants, dans le péritoine des animaux. Ces bacilles continuent à vivre, à sécréter leurs toxines, à les répandre dans tout Forganisme, grâce à l'espèce de diffusion établie à travers les parois du sac de roseau entre les liquides du corps des animaux et lesdils bacilles. Llrritation, due à l'action des toxines, amène une véritable lutte avec les leucocytes, lesquels se dirigent vers les bacilles et finissent par entourer le sac de roseau. Le tissu leucocytaire se calcifié au bout de quelque temps, isole les bacilles qui ne tardent pas à dépérir. Mais, dans l'intervalle, ils ont déversé peu à peu leurs toxines, c'est-à-dire qu'ils ont vacciné, immunisé, l'organisme. Le degré de l'immunité ainsi obtenue est limité, dit le D' Heymans, il est cependant réel et jusqu'à un certain point curatif, des bêtes légèrement tuberculeuses ayant été complètement rétablies à la suite de l'introduction du sac de roseau.

Au sujet des résultats acquis jusqu'à ce jour, dans les recherches concernant la vaccination antituberculeuse du bétail par le procédé du D' Heymans, voici la réponse du gouvernement belge à une question que lui avait posée la section centrale de la Chambre des représentants sur les essais entrepris : « Quinze bovidés vaccinés depuis un temps variable par la méthode du D' Heymans ont été exposés, ainsi qu'un nombre égal de bêtes bovines témoins, à plusieurs modes d'infection expérimentale. Les résultats en ont été au moins aussi satisfaisants que pour les recherches analogues de la vaccination Behring. Des avril 1905, des essais de vaccination par la méthode du D' Heymans avaient été réalisés chez quelques jeunes veaux d'une exploitation infectée. Au commencement de l'année 1906, les résultats de ces premières tentatives d'immunisation contre la tuberculose bovine ont paru à ce point encourageants, qu'il a été décidé d'étendre considérablement ces recherches ; ces premiers résultats encourageants ont été confirmés dans la suite et, à l'heure actuelle, environ 3.500 bovidés sains ont été traités. Les premières retuberculinations ont donné des résultats très satisfaisants Une communication sur cette méthode et ses résultats est d'ailleurs en préparation et va être faite à l'Académie de médecine. »

En somme, qu'il s'agisse du procédé von Behring, de la méthode du D*^ Heymans, etc., les considérations précédentes permettent d'espérer que l'on parviendra prochainement, par la vaccination antituberculeuse, à préserver les bovidés, au moins

pendant un temps sufûsamment long, contre les atteintes de la terrible maladie.

Xous avons sous les yeux les résultais des essais de culture entrepris dans le jardin agricole de Tlnstitut de Gembloux, par M. le professeur Daraseaux, parmi lesquels nous en relevons de particulièrement intéressants, concernant Tapplication des sels potassiques et sodiques sur les terres destinées à recevoir des betteraves ou des pommes de terre. Ces derniers résultats méritent du reste d'être signalés à plus d'un titre, car ils montrent aux cultivateurs jusqu'à quel point la soude est capable de remplacer la potasse, dans des conditions déterminées ; ensuite, au point de vue économique, ils sont de nature à amener une réduction des sommes affectées à l'achat des engrais potassiques et à abaisser ainsi les prix de revient des produits. La question de la substitution de la soude à la potasse a déjà préoccupé les physiologistes par suite des caractères chimiques très voisins de ces deux substances, mais la plupart ne lui accordent pas une grande importance à cause du rôle effacé de la première, qu'ils jugent inapte à remplir une fonction prépondérante dans la nutrition des végétaux.

Pour MM. Mûntz et Girard, la potasse seule doit être prise en considération comme alcali végétal, la soude n'existant qu'en très faible proportion dans les différentes plantes, alors qu'elle se trouve répandue à profusion sur toute la surface du globe. Les terres arables notamment n'en contiennent pas, à de rares exceptions, moins de 1/2 millième, aussi M. de Gasparin, dans 11 analyses de terrains d'origines diverses, a obtenu :

Muimum Moyenne Minimum

Soude pour 1.000 de terre 6,25 1,46 0,16

M. Joulie de son côté a constaté :

Soude par hectare pour 20 cent, d'épaisseur 8.800 k. 3.300 k. 360 k.

Le fumier de ferme renferme des sels de soude et livre au sol à peu près entièrement ceux qui sont fournis par les aliments elles litières. L'exportation de soude est cependant insignifiante, fait dont il est facile de s'assurer en consultant les tables de

Wolff, où Ton remarque que la quantité de soude est, d'une façon générale, 10 à 20 fois plus petite que celle de potasse pour la majorité des plantes cultivées. Au surplus, il ne faut pas conclure de la présence d'un élément dans les cendres, font remarquer MM. Mùntz et Girard, que cet élément soit indispensable à la vie, la pénétration du sel pouvant s'effectuer par un phénomène physique ou mécanique. M. Schlœsing ayant déraciné un plant de tabac, avait divisé le chevelu en deux paquets, puis Tun des paquets était plongé dans une solution contenant du chlorure de sodium (sel de cuisine), l'autre dans de l'eau pure, les racines restant toujours adhérentes à la plante bien entendu. Au bout de peu de temps, l'eau pure donnait la réaction propre au chlorure de sodium. Ce dernier, après avoir pénétré dans le végétal en était donc ressorti. C'est-à-dire que la plante l'avait absorbé parce qu'elle n'avait pu faire autrement, disent MM. Mûnlz et Girard, mais étant inutile il ne fut pas fixé ni conservé. M. G. Smels ne partage pas l'opinion des auteurs précédents, il admet le remplacement partiel de la potasse par la soude. Les lignes suivantes extraites de son excellent livre « La nutrition des plantes cultivées » le démontrent à l'évidence :

« Comme la soude peut remplacer la potasse, nous avons cultivé les plantes : 1** sans potasse, avec soude : 2** sans potasse et

sans soude La soude a été utile à beaucoup de plantes ; elle

a remplacé partiellement la potasse, notamment chez les févéroles, le lin, la serradelle, le froment, la moutarde et l'avoine. » Il s'agissait ici d'expériences faites en sol sableux, pauvre en potasse. Les plantes racines, cultivées dans de grands vases de végétation sur le même sol, ont fourni à M. G. Smets :

Sans poUtM Sans potasse avec et

soude sans soude

Pommes de t«rre 150,10 150,60

Carottes 66,40 34,95

Betteraves 55,08 38,60

Navets 27,66 21,05

Nous ajouterons que ces essais avaient été institués pour déterminer le pouvoir désagrégeant potassique des plantes et nous reviendrons sans plus tarder aux cultures du jardin agricole de l'Institut de Gembloux. M. le professeur Damseaux s'est servi de deux variétés de betteraves sucrières et de deux variétés de pommes de terre, il résume ses résultats dans trois tableaux :

MOLJVCMCNT AGRICOLB

Betterave type Bimpau (graine produite à Tlnstitut).

Eimiirfi «ppiiqiiAs fêx iMcUre

Racines kâ.

Sucre ^r Sucre hecUre

kil.

1^ 500 k. de supet^phoBphate, 500 k. de nitrate

de sonde, dOO k. de raUMe de potasse 43.700 15.80 6.905

2^ Les mêmes quantités des deux premi^^ et

dOO k. de chlorure de sodium 42.7<M ISM 6.789

9^ 500 k. de superphosphate, 400 k. de sulfate

d'ammoniaque, 300 k. de sulfate de potasse. . 41.400 16.30 6.808 4^* 500 k. -de superphosphate, 400 k. de sulfate

d'ammoniaque, M) k. de chlorvre de sodium. 43.600 16.40 7.150

Quotients de pureté respectifs : 90.9 — 88.7 — 85.5 — 80.4.

Betteraves Eleinicanzleben origincUe (doujie parcelles) PaiceltM Buirrtls «ppliqués

Sucre ptr Racines Sucre hecUre

UI.(iDOj. p. c. (kiL)

VI et XII. Sans engrais 30.200 19.70 5.949

VetXI. Superphosphate et nitrate de soude. 81.600 17.90 6.193

lletVUI. Précédents + 300 k. de sel marin. 34.100 18.90 6.454

I et VIL id. + 500 k. id. 34.700 17.20 5.968

rVetX. id. + 300 k. de suif, de pot. 33.200 18.30 6.075

III et IX. id. + 500 k. id. 34.600 18.90 6.539

Quotients de pnreté respectifs : 91.1 — 90.0 — 91.0 — 88.5 —

Pommes de terre. L'Industrie. La Lilloise Engrais par hectare

HaUères Tubercules «èches Fécale

^'c^J' .f* 'TP^*^^''**^*' ) L'Industrie .. 500 k. de nitrate de soude I

et^ k. de sulfate de po- k j^^ j^. j,^.^

^.^^f^^'T?^^'^' ] L'Industrie •.

400 k. de sulfate d*amme- /

niaque, 500 k- de sulfate de i j^^ j. jj^^j^

potasse. ]

3« 500 k. de superphosphate, 500 k. de nitrate de soude, 300 k. de sel marin.

4* 500 k. de superphosphate, 4Û0 k. de sulfate d'ammoniaque, 300 k. de sel marin.

^Industrie La Lilloise

L'Industrie

La Lilloise

kil. p. c. p. c.

i^.-B. Une dose modérée de fumier de ferme avait été appliqués

à chaque parcelle avant l'hiver. .

Il n'est pas question ici, écrit M. Damseaux, «c de préconiser le remplacement de la potasse par la soude, mais ces expériences démontrent qu'en terres pourvues de vieille force, c'est-à-dire en ce qui concerne spécialement la potasse, renfermant cet élément sous un état facilement assimilable, l'emploi passager du sel marin ne nuit ni au produit en racines, ni au taux de sucre, ni au quotient de pureté. De même que la chaux, la soude a vraisemblablement pour action principale d'expulser la potasse des combinaisons qui la renferment et d'en faciliter l'utilisation par les plantes. Ces essais confirment d'une manière intéressante les observations de Pfeiffer et consorts, qui ont établi, par exemple, qu'en l'absence de soude, la potasse du fumier de ferme a été assimilée par le grain dans la proportion de 27 0/0 et par la paille de 73 0/0, tandis que l'application de sel marin a eu pour effet d'augmenter la proportion de potasse de 62 0/0 dans le grain, et de 38 0/0 dans la paille. L'action physiologique de la potasse est donc plus assurée par la présence du sel marin, et plus celui-ci se montrera efficace, plus il faudra veiller à restituer suffisamment l'élément potassique. »

Devant des constatations si précises, nous conseillons vivement l'essai du sel marin suivant les conditions indi(|uées par le distingué professeur de l'Institut agricole de Gembloux, car beaucoup de terres ont reçu assez d'engrais potassiques et autres, pendant le cours de ces dernières années, pour posséder la réserve de vieille force indispensable, dans ce cas, à une bonne production.

L'électricité, dont les arts, l'industrie, etc., ont su tirer un si brillant parti, a été étudiée depuis longtemps au point de vue de ses applications dans le domaine de l'agriculture. Sans parler de l'éclairage, adopté par nombre d'exploitants, le fluide électrique fournit également la force destinée à actionner les différentes machines agricoles, et nous pourrions citer bien des cultivateurs chez lesquels les batteuses, les écrémeuses, les coupe-racines, etc., sont mis en mouvement au moyen de l'électricité. Nous dirons, à ce sujet, qu'un curieux exemple d'installation électrique nous est montré dans le département de l'Aisne, où une sociélé s'est constituée pour l'utilisation de trois chutes d'eau donnant une puissance de 200 chevaux environ, qui vient s'ajouter à celle d'une machine à vapeur de force moitié moin-

dre. Le but de cette société est do livrer Ténergie électrique à toute la région, de manière à alimenter les divers appareils susceptibles de fonctionner sous l'influence du fluide en question. L'installation comprend trois usines établies respectivement à Voyenne, à Erlon, à Marcy, usines desservant treize villages et possédant des turbines hydrauliques qui agissent sur des alternateurs à courants triphasés à 3.200 volts et 50 périodes par seconde. Suivant M. J. Laffargue, les canalisations sont aériennes, maintenues par des isolateurs en porcelaine aux poteauxsupports placés de distance en distance ; Ténergie est canalisée à haute tension, mais transformée en basse tension (110 volts) aux points d'utilisation à l'aide de transformateurs (1).

Il existe actuellement 24 moteurs installés, dont 17 pour batieuses, aplalisseurs de grains, concasseurs, tarares, brise-tourteaux. Un cultivateur possède notamment une batteuse actionnée par un moteur à courants triphasés de 13 chevaux, tournant à la vitesse angulaire de 950 tours par minute. Cette batteuse est composée de la batteuse proprement dite, formée du batteur monté à billes, des secoueurs et d'un tarare à hélice faisant subir au grain un premier nettoyage. Un élévateur l'amène ensuite au second tarare qui lui enlève les dernières impuretés, puis le déverse dans un grenier où il s'ensache de lui-même. Une lieuse mécanique complète la machine. M. J. Laffargue établit la comparaison entre le battage à la vapeur et le battage électrique : Le cultivateur précité battait autrefois 45 quintaux par jour avec la machine à vapeur, il comptait comme dépenses : liage à la machine, prix de main-d'œuvre journalière 0 fr. 33, ficelle de liage 0 fr. 14, charbon, huile, chauffeur, 0 fr. 22, amortissement, entretien, nettoyage 0 fr. 27, soit au total, 0 fr. 96 par quintal. Aujourd'hui, avec les moteurs électriques, on arrive à battre 50 quintaux en une journée et les frais par quintal sont de : main-d'œuvre 0 fr. 29, ficelle 0 fr. 14, énergie électrique 0 fr. 31, amortissement, huile, entretien, 0 fr. 035, soit au total 0 fr. 775. L'économie est donc notable, elle s'élève à 20 0/0 environ, ce qui n'est pas à dédaigner, d'autant plus qu'elle est encore accompagnée d'avantages sérieux, représentés par une diminution dans le prix d'achat du moteur, un moteur électrique coûtant m^ins qu'une machine à vapeur, et par la possibilité de la mise en marche instantanée, sans avoir besoin d'attendre une pression sufflsante. L'exemple des usines du dépar-

(1) La Nature, 24 nov^nbro 1906.

lemeQt de l'Aisne est encourageant, aussi sommes-nous persuadé qu'il sera suivi pour le plus grand bien des populations des campagnes, l'électricité pénétrant, c'est le cas de le dire, partout, même dans les simples villages, surtout quand elle peut être produite économiquement en empruntant la puissance des agents naturels.

A coté du problème, déjà si parfaitement résolu de Félectricité-force, vient se placer celui concernant les effets de ce précieux fluide à l'égard des plantes, problème qui a préoccupé les savants dès 1726. De 1746 à 1749, les physiciens Jallabert à Genève, Mambray à. Edimbourg, NoUet en France, firent des expériences instituées dans le but de mettre en évidence l'influence de l'électricité statique sur raocroiseemesit des végétaux. Mambray ayant, pendant le mois d'octobre 174Ô, électrisé deux myrtes, ceux-ci donnèrent de petites branches et des boutons, alors que d'autres plantes de la même espèce, non éle<^isées, restaient indemnes de toute marque d'activité vitale. Nollel parvint à hâter la germination de graines de moutarde, en les soumettant à l'action du courant électrique et, yers 1783, l'abbé Bertholon, professeur de physiqxi© expérimentale des états généraux de la province de Languedoc, publia des observations importantes sur l'électricité appliquée à la végétation. Pénétré de ses effets favorables, l'abbé Bertholon imagina, pour remédier à l'insuffisance du fluide électrique, un appareil « dectro-végélomètre » destiné à répartir ledit fluide là où il semble manquer, qui obtint, d'après l'auteur, tout le succès possible. Il était composé d'un haut mât, surmonté d'une tige de fer complètement isolée, servant à soutirer l'électricité atmosphérique par les pointes terminant sa partie supérieure. L'extrémité inférieure se trouvait en communication, au moyen d'une chaîne, avec une tige de fer, disposée de manière à pouvoir tourner autour du mât et à être ainsi amenée aux endroits voulus. La partie libre de cette dernière tige, courbée à angle droit, munie de pointes dirigées vers le sol, laissait écouler au-dessus des plantes le fluide recueilli. L'appareil de l'abbé Bertholon, basé sur le pouvoir des pointes, produisait do bons résultats et donnait, écrivait l'auteur, « un excellent engrais qu'on allait, pour ainsi dire, chercher dans le ciel ». L'abbé Bertholon avait également essayé l'arrosage des plantes en se servant d'eau électrisée, opération dont la réussite fut parfaite. Depuis ces expériences, beaucoup d'autres ont été tentées, parmi lesquelles nous signalerons celles de M. Grandeau sur le tabac, le maïs et le

blé, qui prouvèrent qu'une plante soustraite à Tinfluence du fluide électrique subit uu retard notable dans son développement, se traduisant par une perte finale de 30 à 50 0/0 de substance vivante. En outre, la floraison et la fructification se trouvent modifiées ; sous cage isolante ou sous les arbres, les fleurs, les fruits, laissent à désirer comme quantité et le poids des graines est Ichd d'dtre aussi considérable que celui obtenu dans le cas de plantes végétant sans entraves.

Ces faits expliquent comment, toutes les autres conditions étant égales, la végétation sera plus vigoureuse là où l'action électrique de TaUnosphère peut le mieux se faire sentir. Les régions tropicales, favorisées à ce point de vue, en sont un exemr pie frappant, les plantes y prenant un développement, dû pour une certaine part à l'état de Tair souvent très chargé d'électricité. De môme que les essais de M. Grandeau, ceux de M. le professeur F. HoUrung, beaucoup plus récents, méritent une mention spéciale.

M. F. Hollrung a employé, dans se^ expériences d'éleclroculture sur les betteraves, des courants électriques très faibles, d'une intensité s'élevant au maximum à 4 milliampères et en moyenne à 2 milliampères environ. Le courant électrique était produit par une plaque de cuivre et une plaque de zinc, mises face à face, mais séparées par les betteraves ; les plaques étaient reliées avec un fil conducteur. Les plantes racines furent partagées en deux lots, le premier ne subit aucun traitement, les betteraves du second, divisées en trois parts, reçurent : les unes de l'eau en juillet et août, trois fois pendant chacun des mois, les autres une solution contenant 0 gr. 001 0/0 d'iodure de po tassium ou de fluorure de sodium, cela aux mômes dates que les arrosages des précédentes. Enfin, les dernières, privées de ces arrosages artificiels, furent soumises comme les plantes du second lot à l'action d'un courant électrique faible, constant. Si nous examinons d'abord les betteraves témoins, c'estrà-dire non traitées, et les betteraves électrisées, nous constatons chez les premières une infériorité marquée, surtout au point de vue de la qualité. En effet, les racines témoins pesaient 637 grammes et titraient 12,84 0/0 de sucre, tandis que les racines électrisées avaient un poids moyen de 662 grammes avec une richesse saccharine de 13,44 0/0. Les betteraves ayant reçu les arrosages artificiels d'eau pure se montrèrent supérieures, sous le rapport de la quantité et de la qualité, à celles simplement électrisées. Celles-ci, ainsi que nous venons de l'indiquer, pe-

saicnt 662 grammes et titraient 13,44 0/0 de sucre, les racines traitées trois fois à Teau, artiflciellement, puis électrisées, accusèrent 774 grammes lors de la pesée, avec 14,24 0/0 de sucre.

Quant aux plantes électrisées et arrosées au moyen des solutions de fluorure de sodium ou d'iodure de potassium, voici les chiffres obtenus :

lodure de potassium + électricité = Poids moyen des betteraves : 730 grammes, sucre : 13,75 0/0.

lodure de potassium sans électricité = Poids moyen des betteraves : 476 grammes, sucre : 11,05 0/0.

Fluorure de sodium + électricité = Poids moyen des betteraves : 725 grammes, sucre : 12,10 0/0.

Fluorure de sodium sans électricité = Poids moyen des betteraves ; 707 grammes, sucre : 11,20 0/0.

De tous les résultats inscrits par M. le professeur F. Hollrung, le meilleur provenait de betteraves électrisées et additionnées artificiellement d*eau ; elles avaient un poids de 832 gr. 13 avec 14,98 0/0 de sucre.

Cîomparées aux betteraves non traitées, ces racines fournirent donc comme excédents : 832 gr. 13 — 637 gr. = 195 gr. 13 en poids, 14,98 0/0 — 12,84 0/0 = 2,14 0/0 en sucre. C'est uniquement, d'après Fauteur des essais, à l'électricité qu'il faut attribuer les aoigmentations constatées, l'addition artificielle d'eau n'étant qu'un moyen d'agir favorablement sur la production continue du faible courant électrique ; l'action des plaques de zinc et de cuivre descendant parfois à 0 milliampère dans un sol sec.

Après avoir vu comment l'électricité-force pouvait servir dans la pratique agricole et conunent le fluide électrique activait le développement des végétaux, nous apprécierons, dans un prochain « mouvement », les effets de l'électricité-lumière, autrement dit de l'éclairage électrique, sur les plantes.

Maurice de Molinari.

REYUEDESPRINCIPALESPDBUCATIONSECONOMIQUES

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