‹ L'automobile est-elle une richesse?Chapitre 62 sur 87 · ICARIE ET SON FOWBATEUR ETIENNE CABET 4(F · texte numérisé non relu

ICARIE ET SON FOWBATEUR ETIENNE CABET 4(F

s'outiller, se pourvoir de chariots et de bœufs, et, finalement, se troHver aux prîtes avec wie mt^inre rncalte, sur xm sol aride, où tout est à faive ou à vakiore, et dont on n'a, en réalité, à sa dispositioa que «hux nïille acres, gratuitement si on les a défriché» pour le 1^ juillet (chose irapossible) ; au prix de 5 francs l'acre tri cette condition n'est pas remplie.

On «e met courageusement à l'œuvre ; on installe tant bien que mal des hwttes en trônes d'a]4}re, et Ton attaque résdlument la terre ; trop résolument, caar oti n'est pas au courant des résâiiances opposées par le puissant entrelacement des racines et éBB facvbes ; oa ne eo«n«ît pas la noattière de s'y prendre, et, dans leur ardeur, nos eordomners et nos tailleurs s'épuisent en brisant leurs entils. On manque de tout ; cft bientôt la situation est désespérée. Il faut se résoudre à porter ailleurs, i^u prix de nouvelles fatigues et de nouveaux déboires peut4tre, la foi icarîeane. On part plus pauvre que l'on est arrivé, car la Compta gnîe Peters exige, pour eoaoontir au départ et fournir d'indispensables provisioBS, l'abanéon du béiail, des instruments agricoles et du mobilier.

Où va-t-oe aller ? Maïs d'abord pourra-t-on aller quelque part ? Car ee n'est qu'à graud'peine, en se divisant par petits groupes, qu'après un long mois de fatigues, on a pu rallier la Nouvelle- Or^ans ; et, malgré l'arrivée de nonvielles reemes, ^i i>ortent le BOfubm total à 980, le dlécovragement est au eamp, des divergences y éclatent, et beaucottp parient êé^k de renoncer à l'entreprise. Cabet, averti ém, mauvais état de l'eixpédîtMi, est arrivé po«r ranimer les eourac^& Des explovatcvrs aont envoyés à la recherche d'une tntMiticm plus favorable ; et l'on se remet en rovte, en »ars *164f, ponr Nawoo^ dans l' Illinois. On avait, ceMe fois, mieux diotsi son emplaeemeiit ; en venait prendre la snescssion d'une antre eolonoe écmt les affaives avadest bien marché et qui n'aurait pas songé à se transposter ailleoars si eUe n'y avait été coivtrainte par l'ammesité de la population, la eslonie des Mormons, partie pour aller féconder par son iiidnstrieusc activîté le territoire jusqu'alors niœévable du Lsc flalé. Oabet aeMte, grftce aux ressources apportées on envoyées de Psaoee, le bétaU^ les îaistn»e»is et le lourrago laissés par ks énsgvants ; loue 400 aéras d'eaceellente lerrcv ém hahdtadiQOB, dtmm feormes et se fait céder les ruines du teoBpk iaaobs'Pé afcaadsHwé par les Mormom.

C'était, à ee qu'il sendblait, de tsès èoones condîtkHia ; et nos

Icariens s'attendaient à prospérer comme leurs prédécesseurs. Ils avaient compté sans les fléaux naturels : les inondations, le choléra, qui, dans la première année, en fit périr 119. Dès 1860, nous les voyons réduits à acheter par tête le bétail pour leur nourriture. L'année suivante, la situation était désespérée ; et Cabet, qui avait dû retourner en France pour s'y défendre contre de graves et injustes accusations, était forcé de revenir pour essayer de remettre sur pied la malheureuse communauté, qui ne vivait, de son aveu, que des ressources qui lui venaient du dehors. Le nouveau Moïse n'avait pas, malheureusement, comme l'ancien, le don de faire jaillir l'eau du rocher et tomber du ciel la manne indispensable à l'alimentation commune. Il n'avait pas même la vertu d'inculquer à tous l'énergie nécessaire pour assurer la marche de l'entreprise. En 1854, il se plaint de la langueur du travail et constate que beaucoup ne sont venus en Icarie qu'avec l'espoir d'y trouver l'abondance de la terre de Chanaan. On manque de capitaux, de matières premières et de débouchés ; et, qui pis est, la dissension se met parmi les frères et les scandales des vieilles sociétés que l'on a condamnées ne tardent pas à reparaître. Des luttes d'intérêt, au sein de ces égaux, viennent troubler la tranquillité que l'on s'était promise, et la présence du prophète, qui a compris que le devoir lui commandait de se trouver à la peine s'il voulait être à l'honneur, ne suffit pas toujours à prévenir ou à étouffer les conflits. La propriété, la détestable propriété, quelques précautions que l'on ait prises pour n'en rien laisser subsister, pénètre par plus d'un côté, et les jalousies à sa suite. On va à l'atelier, au réfectoire, à l'assemblée publique, aux fêtes, à la danse, à la récitation et au chant des hymnes communistes par ordre, mais les logements ne sont pas, en dépit de la bonne volonté des constructeurs, absolument semblables ou pareillement au goût des occupants ; les travaux ne plaisent pas toujours à ceux entre qui ils sont répartis, et la cuisine icarienne a des défaillances plus ou moins dures pour les estomacs sociétaires.

Des scandales même, qui n'auraient peut-être pas scandalisé les Mormons, éclatent. On est obligé de prononcer des exclusions, des excommunications et d'exiger des coupables des excuses publiques qui rappellent les pénitences des premiers chrétiens. Deux partis se forment ; les querelles s'enveniment ; et, malgré le vote d'une constitution nouvelle, les choses en viennent à ce point que la minorité, exclue par la force du réfectoire commun, est réduite

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