‹ L'automobile est-elle une richesse?Chapitre 66 sur 87 · TOME XV. — SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

TOME XV. — SEPTEMBRE

bien cette réflexion est juste, il suffit de considérer les cartogrammes 85, 86 et suivants, au sujet desquels M. March. donne cette explication : u Chaque rectangle représente le nombre de personnes actives occupées dans Tindustrie corpespoodante ; le nombre de ces personnes e^t égal k autai^t de fois 600 que le rectangle contient de lois le Cfurré pl^noé à la partie infériÀuse de la carte. » Or le carré a deux oiillimètres de côté. Passe encore lorsque le rectangle représente un multiple de 500. Mais quand U s'agit de figurer une fraction de 500, le rectangle prend les dimensions d'un trait imperceptible.

Quant aux diagrammes chronologiques, M. A. de Foville regrette que le relief de certaines courbes soit sacrifié au désir de tavoriser les vues d'ensemble. Il critique la convention d'après laquelle le chiffre de la dernière année connue est représenté p{^ :iOO, ce qui oblige, comme il l'observe très justement, à refaire répure tous les douze mois.

Sous le bénéfice de ces légères réserves, V Album renferme une masse de documenta intéressants. Quelques planches n'ont peutêtre pas à première vue une utilité de premier ordre ; elles exciteront o&k^ verve des ironistes que goûtent même les statisticiens. Alphonse Allais, qui fut polytechnicien, aurait soumis à ses « cbers camarades » quelques réflexions piquantes, et tout en étant initié aux grâces sévères de la statistique, on peut, tout comme Franc-Nohain, entrer en profonde rêverie devant la carte qui représente la proportion des femmes de 85 à 95 ans pour 1.000 femmes de 60 à 85 ans. Mais que deviennent les femmes de plus de 95 ans ? Il doit y en avoir. Où sont-elles ? Qu'en a^t-on fait 1 Far quelle raison de jalousie les soustrait-on à notre curiosité ?

Après tout, les seuls renseignements qui gênent scmt ceux que Ton n'a pas, et mieux vaut en avoir trop que pas assez. Il est impossible d'analyser ici tous ceux que VAlbum nous donne et qui portent sur des points très divers. Une des cartes les plus intéressantes est celle du centre de population rapproché du centre de figure de la France. Le centre de population est le point où s'établit le centre de gravité de la carte supposée chargée de poids proportionnels aux nombres d'habitants établis sur chaque partie du territoire. La commune de Morlac (arrondissement de Saint-Amand, Cher), étant le centre de figure de la France, le centre de population était, en 1901, à La Chapelle-St-XJrsin, à 6 kilomètres sud-ouest de Bourges. De 1801 à 1901, il s'est dé-

placé d^une Tingtaine de kilcnnètreB dans la direction sud-oueâtttord-est, Bans s'écarter dn méridien de Paris. Les deux centres se sont donc toujours très approximativement confondus et oe moinrement de migration de ht population n'a pas en^ dans Tensemble, tonte Timportanoe qu'on lui prête parfois. Une constatation de même nature avait déjà été faite naguère par Victor Tnrquan à Parie. Avant Tannexion des communes suburbaines, le centre de figure était pris du Pont-Neuf^ sur le bras droit de la Beine. L'annexion Fa reporté à 200 mètres plus bas, à la haTiteur de l'ilôt derrière la statue d'Henri lY. Le centre de population était en 1800 à l'angle de la rue des Bourdonnais et de la me de Rivoli actuelle. Il s'est déplacé d'abord vers la îontaine des Innocents (1S41), pour 8e reporter vers lee Halles (1876) et se dirige!*, depuis 1896, par la rue Jean-Jacques-Rousseau vers la Banque ; c'est-à-dire qu'en un siècle, il a varié de mille mètres environ. La population est restée serrée dans les anciens quartiers, malgré l'énorme quantité de constructions nouvelles qui se sont élevées, principalement à l'ouest.

On consultera avec intérêt les planches relatives à la distribution de la population par âges. Comme l'a écrit Messedaglia, c'est ce qu'il y a pour l'économiste de plus important à considérer dans la composition d'un peuple. Il est des âges qui se suffisent à eux-mêmes et d'autres qui ne se suffisent pas. Les premiers sont les âges producteurs ; les autres sont les âges onéreux et le rapport entre ceux-ci et ceux-là varie selon les pays et seloci les époques. On remarquait naguère que la population qui travaille était relativement plus nombreuse en France qu'en Pruwe et dans les autres Etats de l'Europe ; par contre, les âges auxquels incombe le service militaire étaient plus fortement représentés en Prusse 'qu'en France. Ces différences sont parfois «OQBidérables ; nous n'avons pas à les examiner ici ; mais cetle pyramide des âges nous rend frappante cette constatation que la base va en se rétrécissant ; le nombre des enfants est moindre aujourd'hui qu'il y a cinquante ans ; il y aura par conséquent demain moins d'hommes en âge de défendre la patrie qu'il n'y en avait hier et moins aussi dans l'avenir en âge d'exercer les •industries qui font la richesse du pays.

Il y aurait aussi bien des réflexions à faire sur les planches relatives à la criminalité qui, statistiquement, paraît en décroissance tandis que des débats récents nous ont appris que le nombre des crimes et délits impunis a passé de 64.000 en mogpeane

pendant la période 1881-1885, à 90.000 à la fin du xix« eiède pour atteindre en 1904 le chiffre de 103.419. Il nous manque un cartogramme de la répartition de cette criminalité impunie. Il se superposerait de façon intéressante à celui des répressions. Si complet que soit cet Alburriy quelques services qu'il soit appelé à rendre, il ne faut pas perdre de vue qu'il illustre la statistique de 1901 dont tous les volumes ne sont pas encore publiés, et qu'il y a une statistique plus récente, celle de 1905, dont rien n'est encore publié. Il y a quelques mois, le ministère des Travaux publics publiait, lui aussi, un de ces albums de statistique graphique dans lesquels M. Cheysson condense des renseignements très importants. Cet album porte le millésime de 1907. Les documents qu'il nous donne se rapportent à l'année 1900. Il importe assurément d'avoir des statistiques bien faites ; il n'importe peut-être pas moins de les avoir au moment où elles reflètent un état de choses existant et où elles n'ont pas seulement la valeur d'un document archéologique.

Oeorqbs de Nouyion.

La politique allemande et la navigation intérieube, par L. Mab- Lio, 212 p. in-8®, L. Larose et L. Tenin, éditeurs, 1907.

Etudier la loi votée par le Landtag prussien le 1^ avril 1905, en examiner ses causes, ses efCets et ses répercussions, tel est le thème de l'ouvrage que M. Louis Marlio, docteur en Droit, ingénieur des Ponts et Chaussées, offre aujourd'hui au public

On connaît le développement extraordinaire des voies navigables et des canaux dans l!empire allemand, et M. Marlio rappelle avec raison qu'il est de coutume que nombre d'écrivains comparent en cette matière l'empire allemand avec la France.Or, dire: ceci se fait en Allemagne, pourquoi ne pas le faire en France \ est une sottise ; car, en dehors des considérations économiques, surgissent des considérations géographiques, bien autrement considérables ; c'est la conformation du sol^ la nature' des roches, etc. Aussi M. Marlio n'a-t-il pas étudié le régime des fleuves et des canaux allemands (1), en les comparant aux fleuves et canaux français.

(1) Sur ce fait, cf. Paul Léon. Le port de Strashowrg. Annales de Oéogr., 16 janvier 1903, p. 67 ; Franconie. Les ports hadois sur le Bhin (Mannhein, etc.), idem, 16 novembre 1903, p. 447.

La loi de 1905 ne fut votée qu'après une vingtaine d'années de luttes acharnées, aussi bien au Landtag que dans les diverses classes de la société, luttes dans lesquelles l'empereur, lui-même, qui, on le sait^ attache une grande importance aux questions maritimes et commerciales, prit parti et qui aboutirent entre autres, au remerciement de deux ministres l Comme on le voit, cette loi est destinée à marquer dans les annales de l'histoire éconcHnique de l'empire allemand, tant par l'agitation qu'elle a produite que par les conséquences mêmes de son adoption, qui semble « annoncer en Allemagne une véritable révolution de l'éconcMnie des transports ». (p. 2.)

Au paragraphe lY du chapitre II, est examinée la répercussion sur les chemins de fer. L'auteur constate que, s'il y a quelque temps, il y avait parfaite entente entre les compagnies fluviales et le réseau d'Etat, il n'en saurait être de même aujourd'hui. Cette harmonie ai vantée aurait-elle disparu ? MM. Paul Léon et Mange ont travaillé à le faire croire, mais nous croyons, contrairement à l'avis de M. Marlio, que l'harmonie existe, et nous avons eu récemment l'occasion de le constater en comparant la France à l'Allemagne. C'est en France que l'on peut affirmer que 1 harmonie n'existe pas et qu'elle n'a jamais existé.

Hormis les conditions géographiques, ne nous est-il pas permis de nous demander si l'on ne pourrait pas faire plus pour les voies navigables et les canaux en France. C'est l'œuvre qu'ont entreprise les J.-Charles Rooix, les Maurice Schwob, les Laffitte, la Ivoire navigable f les différents congrès connus sous le nom de Congrès du Sud-Ouest navigable.

Ne pourrions-nous pas nous occuper un peu plus du sort de nos voies navigables, et par contre-coup, de nos ports ] Je recevais à ce sujet, il y a quelque temps, une lettre de M. Trystram, sénateur du Nord, Président de la Chambre de commerce de Dunkerque, où il me disait que les nouveaux bassins et quais en construction dans la ville ci-deesus nontaée l'aideraient à lutter contre Anvers, car nous avons constaté avec douleur qu'une bonne partie des produits industriels de la belle région du Nord allaient par Anvers, au lieu de Dunkerque, à cause du merveilleux système de canaux.

Mais revenons à notre auteur.

Son livre est plein de détails intéressants : nous ne pouvons le suivre pas à pas. Nous dirons, pour terminer, que le système des canaux en Allemagne est fort bien compris : les canaux sor-

tent des régions iiuiustrielles et transportent les marchandiaes jusqu'au fleuve et de là elles gagnent principaienient Hambourg. Voilà une des causes primordiales du prodigieux dëveloppemest de ce port (1), cause sur laquelle M. Marlio n'& pas assez insisté.

Albin Huaet.

Mahuel ie la, TBiax DE» GXAI98, par M. AuBBBT DuLAC, agronome (Versailles, Société ancnyme des Imprimeries (3érardin).

Il s'agit, eu Tespèee, d'un petit manuel de 145 pages qui a pour but de répandre l'idée coopérative panai len producteurs de grains et de leur faire apprécier l'utilité du groupenaent pour l'écoulement de k«ra prodnâis.

Il est eertaûv ai l'oa eonsidière ee qui se passe dana quelques pays étrangers, au point de vue eo<^ésatif, ^^oe les résultats acquia y fio«it des pins aractageux et des plus encourageants, et que nous ferions bien de suivre kur méthode. Les cartels de Tagrieultuie, en Danemark et en Allemagne, sont là pour nous le prouver.

Ce serait toute une révolution dans les pratiques séculaires employées par nos producteurs des halles et marchés, car ils sont dépourvus en général d'initiative et ne savent pas réunir leurs efforts en vue de les coordonner. Le manuel de M.Dulae complétera leur éducation, leur indiquera le moyen de ae grooper pour la vente de leurs récoltes de grains. L'auteur y donne to«a les renseignements capab^les de les éclairer et d'entraîner leur conviction.

Et il ne s'agit de rien moins, nous le répétons, que de la traos* formation eomplète des mceurs commerciales de nos producteurs.

Ce qui a toujours manqué à notre agriculture, ce sont des débouchés, ee sont aussi des eentres i^rineipaux d'appnwisicnaement, e^est une enteiifte commune poor assvrer l'expéditioii 9es produits et leur facile accès sur nos marchés. Il y a longtemps que nos voisins d'au delà du Rhin nous ont donné Fexemple à cet

(1) Cf. notre étude sur le développement économique de V Empire àUemand. Jowmal des Bconomi9ie9y 15 mais 1907, p. 241; Paul de Bousiers, Homhowrg ei VAl\em>agne coniemp&raine^ eu la faestieiL d» rinfluence des canaux sur le développement de Hambourg est nettement exposée.

COMPXCS B£HDU8 4B9

^ftftl. Us ont résoîlu «(hi «c^J/Qiv^t d'orgaoiAer des soçiëUs ooopératives et des cartels, comme ils di«Mit;> pour ziester ip^îtiaQS du marché intérieur, mais ils sont paorTeaus encore à laire ea quelque sorte la loi sur les mi^rd^^ d^ Vé^a^fSf^j k coiu^ur^i^ oer tous les prodp^^ des autres naticwSi ea Angleterre» notamment, en Belgique, dans tout^ U* région du Nord,^ et même che? nous. Il serait temps de les imiter, puisqu'il est avéré que certaines denrées ne suffisent pas à leur consommation courante et qu'ils sont obligés de faire appel à celles des pays voisins, et particulièrement au nôtre, qui pourrait leur fournir à bon marché tous les produits de la ferme et du jardin.

L'ouvrage de M. Duval, à ce point de vue, laisse un peu à désirer. Nous eussions souhaité qu'il traitât, en même temps que la question des débouchés sur notre marché intérieur, celle non moins intéressante et non moins profitable des débouchés au dehors. Tel qu'il est conçu, cependant, son livre sera utile à nos producteurs, à cause précisément des éléments de vulgarisation qu'il renferme. Une excellente préface de M. Faisant, membre de la Société d'agriculture de France, nous expose d'ailleurs la donnée générale de l'étude en même temps que sa portée pratique. Une introduction nous explique ensuite la vente des céréales en coopération et en participation directe. Puis, en une série de éhapitres, M. Dnval s'occupe de l'exploitation et de la production rurale (superficie des terres, récoltes et conditions commerciales), de l'organisation sociétaire (forme de la société, membres, capitaux, administration), des dispositions techniques (situation et dimension des magasins, greniers et silos, principes généraux et frais d'établissement), de l'organisation économique (livraison des grains, récoltes, modes de paiement, ac^at pour le compte de la société et vente pour le compte de l'associé en commission simple ou collectivement), des débouchés (quantité et qualités vendues; limite des opérations, grande, moyenne et petite culture, fédération des groupes centralisés, etc.).

Plusieurs chapitres annexes sont consacrés également aux ressources nécessaires, aux frais d'exploitation, au fonds de roulement, aux résultats financiers, à la comptabilité et à l'inspectîoB.

Une conclusion suit cette dernière partie, et Fouvrage est complété par de nopibreux appendices (projet de statuts de société coopérative de vente de grains, règlement de magasin, etc.), qui en accentuent encore le caractère d'utilité générale et d'appKcation raisonnée.

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Nous engageons les personnes placées à la tête de groupements agricoles, et que préoccupe à juste titre T importance actuelle d^ produits du sol, à se munir du Manuel de M. Albert Dulac ; il& y trouveront les meilleurs renseignements sur la mimière de le& traiter et, ce qui est mieux, un exposé complet de la méthode la plus propre à en assurer l'écoulement.

Eugène Rochetin.

La Crise vitioolb et la ViTicuLximE méridionale (1900-1907), par M. Frédébio Atqeb (Paris, Oiard et Brière, libraires-éditeurs).

Cette question de la crise viticole du Midi continue à préoccaper nos hommes politiques et les écrivains qui, sans parti-pris» essayent, comme M. Atger, de nous fournir la note juste dans le fatras des discussions et des appréciations si diverses auxquelles elle a donné lieu jusqu'ici. Certes, elle est des plus complexes cette question, il s'agit de la dégager des brouillards qui Tobscurciasent et de l'envisager sous son aspect le plus vrai et le plus net.

De l'avis de tous les esprits sérieux, — et de M. Atger en particulier — la crise s'est manifestée à partir des grosses récoltes de 1900 ; elle a été un moment conjurée par les récoltes déficitaires de 1903, mais elle a repris dès 1904 et n'a pas cessé de s'aggraver depuis.

Ceci posé, ajoutons, avec l'auteur, que diverses lois ont été votées pour l'atténuer : loi du 29 décembre 1900 dégrevant les boissons hygiéniques ; loi du 28 janvier 1903 réglementant la fabrication des vins de sucre ; loi du 18 juillet 1904 interdisant U pratique des acquits fictifs et prohibant la préparation des liquides fermentes ; loi du 22 avril 1905 rétablissant le privilège des bouilleurs de cru, supprimé, en fait, par la loi de finances de 1903 ; loi du 8 août de la même année sur les fraudes dont peuvent être Tobjet les vins et les spiritueux. Et ce n'est pas fini, puisque la Chambra vient d'en voter de nouvelles.

Au demeurant, si l'on consulte les intéressés dans la question, c'est-à-dire les viticulteurs, d'une part, et les ccnnmerçants, d'autre part, on remarque que les points qui les divisent sont nom- .breux : les premiers s'en prennent à l'industrie sucrière d'abord, et font grief ensuite, aux fabricants de vin de sucre, d'agir clan* destinement en vue de les ruiner tout à fait ; ils attribuent aossi

ia orise à la suppression du privilège des bouilleurs de cru qui, maintenu, aurait facilité la distillation et, par conséquent, l'écoulement des stocks en magasin ; les seconds reprochent à leurs accusateurs leur imprévoyance, leur incurie, leur dissipation, attestant que c'est la surproduction qui est cause de leur ruine et qu'ils sont tout simplement punis de leur constante avidité.

Op le voit, on ne sait à qui entendre, et les uns et les autres finissent par tomber d'accord, comme le fait observer M. Atger, en accusant l'Etat de complicité ou d'indifférence criminelle. C'est le monc^ole absolu du vin que réclament les producteurs de vin naturel ; à leur avis, il faut refouler le sucre vers la consommation de bouche et l'alcool industriel vers les usages purement industriels, sans plus.

Fort bien. Mais n'y aurait-il pas lieu, avant tout, d'étudier ks conditions économiques de la viticulture, c'est-à-dire de la production et de la consommation du vin et de tenir compte aussi de l'état du marché, de la variabilité des prix, de la hausse ou de la baisse 7 II aérait facile, ainsi, de pénétrer les causes de la crise, de vérifier l'exactitude des hypothèses en comparant, par des graphiques, les différents facteurs de la production et de la confiommation et en oppceant leur courbe globale respective, dont on notera les écarts ou les rapprochements.

C'est à cette manière de procéder que s'eet arrêté M. Atger, et il faut bien reconnaître que c'était la seule logique et la seule rationnelle à employer.

D'abord, y a-t-il un remède pœsible à la crise ? s'est-il demandé. Peut-on acjcroître la consommation et réduire la production, en d'autres termes, organiser le marché ]

Etant donné que c'est le Midî qui est le grand producteur et le grand fournisseur des vins communs, puisqu'il produit 38 0/0 de la récolte nationale et livre 60 0/0 de la conscnnmation taxée, c'est le Midi qui a le plus à craindre de la concurrence des succédanés et des entreprises de la fraude. Il tire de l'industrie du vin presque toutes ses ressources ; il en trafique et il en vit. Or, altérer cette source de revenus, c'est l'acculer aux pires extrémités, c'est le vouer à toutes les calamités qu'engendre la stagnation des affaires et la dépréciation de la valeur des produits.

Et, pour renforcer sa thèse à l'aide de chiffres, d'arguments topiques et décisifs, M. Atger, dans trois chapitres, s'occupe tour à tour du coût de la production, de la mévente, de ses causes, des remèdes qu'on peut lui appliquer, du warrantage des récoltes et

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du crédit a,gricol9 à orgaoiaer. Il prône, h cet égaord, VeiàfiasÀii des services des caÔBses régionales. II désirerait ipâme qji» to caisses d'épargne, autc^risées par la loi du 20 juillet 188(^ à affiec^ ter un cii^uième de leur capital et la totalité do leuxs r^^us aux sociétés de crédit agricole, usajwent avec un i>eu moins do parcimonie de cette tolérance légale, MaUi^ureusement^ — et M. Atger le reconnaît lui-même — ce qui s'oppose à l'extension de ces sociétés, c'est la difficulté qu'elles lencimtrent dans V<^ ganisation du crédit, c'eet l'insuffisance da» garanties offertes par l'emprunteur et, par conséquent, le peu de sûreté de la créance. Il souhaiterait que la vérification fût faite aussi économiquement que possible par les caves coopératives ou C(Mnmunales des petits vignerons, à l'exemple des usines à vins des grands propriétaires.

Des graphiques insérés à la fin du volume permettent de Bê rendre compte du mouvement des affaires, des diverses caisses agricoles du Midi ; de la consommation et de la différence des taxes dont sont frappés le vin, le cidre et la bière ; de la consommation taxëe de l'alcool et du vin en fonction an prix ds l'alcool ; de la consommation globale du vin ; de ses ressources et de ses emplois variés : fabrication artificielle, distillation, etc< ; des excédents des importations et des exportation^

Nous regrettons que M. Atger ne nous ait pas dit un mot des moyens qu'on pourrait employer pour réprimer la fraude saJis nuire aux intérêts des débitants, et même des simples conscMumateurs qui, jusqu'ici, n'ont pas eu voix au chapitre ; car ils swit intéressés, eux aussi, dans la solution de la crise dont ils feraient presque tous les frais^ si l'on écoutait les principaux avo- ^ts des producteurs en mal d'écoulement. Il passe bien en revue la série des mesures qui ont été prciposées pour l'enrayer, mais il ne se prononce pas sur leur portée pratique. Il analyse, il ne conclut point. C'est le défaut de son œuvre.

Au reste, si le vin de sucre est dépourvu de toute tonicité, comme on Ta dit ; s'il n'y a pas moyen de le confondre avec le pur vin de raisin, comment douter de l'intelligence du c<msommateur pour en saisir la différence ? Il saura fort bien a'adres- ^r à tel fabricant» s'il veut une boisson peu relevée en alcool, mais saine et à bon marché, et à tel propriétaire de vignoble, s'il veut un vin de <ju>ix, c'est-à-dire phis eorsé. Quant au débi^ ^nt, il s'agirait pour lui de mettre une étiquette sur la bouteille^ •de fafon à ne pas surprendre la bonne foi de l'acheteur*

D'autre part, il faut bien tenir ccHupte amsi du rôle de la régie vis-à-vis des gros commerçants. Croit-on qu'elle reste inao* tire } U y a le service^ qui ne ralentit jamais. On sait que les «ntrepoaitaires reçoivent continnelkment la visite des employée de la régie ; qu'ils ne peuvent ni emmagasiner, ni opérer livraison^ ni rester détenteurs de la marefaandise sans faire de déclaration, sans êtie Tobjet d'une surveillance rigouMuae. Pour ceuxlà, la fraude n'est guère posôble. Restent ks petits propriétaires eu récoltants; oe sont eux plutôt qu'il importerait de surveiller et de suivre en leurs manipulations mystérieuses.

Il nous faudrait une bonne méthode de contrôle, et nous ne la possédons pas. Comment mettre en mouvement, en effet, les employés du service de la régie, obligés de veiller sur ks opérations d'un si grand nombre de viticulteurs ? Notez encore que cette crise est beaucoup moins ressentie en certaines régions que dans d'autres, où cependant la pratique du sucrage a de tout temps été la même et le mouillage également.

M. Alger ne nous explique pas non plus les raisons de sa continuité, quel que soit le rendement espéré, bon ou mauvais, inférieur ou supérisur aux années précédentes. Cette crise survit à l'importance des récoltes. La surproduction se maintient et ne s'atténue pas. Pourquoi ] Ainsi, en 1903, la récolte fut des plus médiocres ; elle ne suffit même pas à la consommation courante. C'est un fait reconnu de tous les viticulteurs. Eh bien, en 1903, il y eut un avilissement des prix ; quantité de produits restèrent sans •contrepartie, ne trouvèrent aucun placenoent ou furent vendus dans des conditions tou") à fait déplorables de bon marché. Nous eussions été bien aiae que l'auteur de la Crise viiicole noms expliquât ce phénomène. Il ne nous en a rien dit.

Selon lui, il n'y a pas pour l'instant de solution générale de la crise ; il ne peut y avoir que des solutions particulières. A propos des considérations fiscales que soulève le problème de la mévente» il se préoccupe simplement des mesures qu'on pourrait prendre; Il park de dégrèvements partiels ou totaux des impôts onéreux qui pèsent sur la propriété foncière. Il rêve d'un système d'évaluation plus simpk et plus mobik de la matière imposabk, qui suivrait de plus près l'instabilité des situations économiques. Quant à la déclaration des récoltes^ à Texercioe des débitants, à la prohibition dm sucrage, à la s«ite des sucres^ M. Atger les considère comme d'une efficacité illusoire. Il croit plutôt à la fécondité des initiatives privées ou collectives, à la

nécessité d'un effort prolongé et soutenu, aux résultats d'une action prudente et réfléchie, et il a raison.

Nous r approuvons également lorsqu'il conseille aux producteurs en général de faire montre de moins de paresse et d'indolence, de plus de volonté et surtout de prévoyance, u La doctrine où ils se ccHnplaisent, dit-il, est une sorte de socialisme d'Etat rabougri qui assurerait aux droits acquis par l'usage le panent et circen^et du juste prix, dont la chimère hante encore quelques esprits attardés. » Des raisonnements, des exemples, de la lumière, pour qu'en présence des réalités économiques, ils reviennent de leur erreur, pour que cette doctrine apparaisse avec ses fruits malades, et qu'elle ne leurre pas plus longtemps ses j)artisans, déjà suffisamment aigris et découragés.

Eugène Rochetin.

L'Emigration européenne au xix* siècle. — Angleterre. — Allemagne. — Italie. — Autriche-Hongrie. — Russie. 1 vol. in-18, par R. GoNNARD, professeur à la Faculté de Droit de Lyon. Armand Colin, éditeur, Paris, 1907.

L'une des caractéristiques du xix^ siècle, surtout dans sa dernière partie, a été la poussée de l'émigration européenne vers l'Amérique et la main-mise hâtive par les blancs sur ce qui restait de terres disponibles dans le monde, constate M. Gonnard dès le début de son livre. Peut-on s'attendre à voir ces tendances colonisatrices persister dans la même proportion 1 C'est fort douteux. Déjà, pour des causes diverses — bien connues des lecteurs du Journal des EconomisteSy parmi lesquels compte notre auteur qui, à maintes reprises, cite des renseignements qu'il y a puisés — les nations qui précédemment fournissaient la c( matièid émigrante » ne l'envoient plus en aussi grande abondance. L'Angleterre et l'Allemagne sont maintenant dépassées par l'Italie et les pays slaves ; doivent-elles le déplorer % Etait-ce au bénéfice ou au détriment des pays colonisateurs que s'effectuaient ces expatriations î L'influence des métropoles sur les contrées nouvellement peuplées par leurs rejetons est-elle assez solidement établie pour paraître durable et assurer leur prépondérance actuelle et future ? C'est ce que notre auteur recherche sans oser répondre par l'affirmative.

L'émigration anglo-saxonne qui, en dehors des immenses possessions que r Angleterre avait conquises, ou s'était peu à peu adjugées, fournissait aux Etats-Unis une masse de colons en majeure partie irlandais, ne pouvait guère compter sur ces derniers pour maintenir et accroître l'empreinte de la Grande-Bretagne qui n'a pas de pires ennemis. Ceux d'Allemagne ayant pris la même voie proclamaient hautement qu'en abordant sur ces rives hospitalières, ils devenaient de fidèles Yankees et promptement perdaient, en efEet, tout caractère germain. A vrai dire, ceux qui s'étaient installés au Brésil jugeaient différemment et s'efforçaient d'augmenter l'influence de la mère-patrie dans leur p«ys d'adoption. — L'émigration italienne d'aujourd'hui (vue d'un moins bon œil que les deux précédentes parce que ses éléments semblent moins assimilables et d'une catégorie guère plus lettrée, sinon apte à se tirer d'affaire, que la slave), ne peut passer pour contribuer à l'accroissement du prestige ou du trafic de l'Italie aux Etats-Unis. Il en va tout différemment pour les races latines dans l'Amérique du Sud ; aussi M. Qonnard les engageât-il à se diriger de préférence vers ces parages, plutôt que dans ceux du Nord où elles sont moins désirées. — Du reste on peut prévoir que sous l'influence de conditions économiques meilleures, il en adviendra de l'émigration italienne comme de l'émigration allemande, la population trouvant à s'employer dans le pays, ou temporairement au dehors, les gros exodes cesseront. Puis, le goût du confort se répandant, les restricticms volontaires de la natalité surviendront ainsi qu'on l'a constaté partout — même dans les pays neufs tels que les Etats-Unis — au fur et à mesure de l'extension du bien-être.

Car si l'émigration a privé nombre de pays de leurs adultes les plus vigoureux et les plus actifs, au grand bénéfice des contrées colonisées, il est inexact, dit M. Oonnard, d'envisager l'émigration en général comme une cause de dépopulation ; dans un pays où les habitudes d'émigration sont enracinées, les parents s'habituent à l'idée que les enfants auront toujours, au pis aller, la ressource de s'expatrier et ne recourent pas à la restriction volontaire comme ceux des pays où les horizons de vie sont étroitement limités.

Nous ne suivrons pas l'auteur dans ses développements sur les causes qui ont provoqué l'émigration ; sur les courants suivis par l'excédent de population des peuples européens, petits et grands ; sur l'accueil plus ou moins large fait à la ce matière émigrante »

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dans ke divers pointe du globe où eUe s'est portée ; ewr les perspectives d'avenir de ces différentes colenâfiatÛHiB ; lar les «esvoitiaes aveoées oa dissiimdées des gouvememeatte esTopéens quant à T^exploitation ou hi possession de eertoinB territaÛKs, cela nous entraînerait hors des limites permises. Oeux <|ui (mt besoin de trouver condmsés chiffres et renaeâgBements ooncerBaat 1 émigration, ks chercheront dans œt ouvrage dont nous ne citercHis plus que quelques lignes prises dans sa conclusion: Le peuplement des pays neufs est de moins en moins Tapanage d'oac ou deux races. C'est l'Europe tout entiève qui y ccHitriboe, écrit M. Gkmnard. En certains pays use race ou l'autre préd<Hninera, mais le xx* cdèele verra surgir des naticms appelées à «n bel avenir. De ces nations ks unes Beront filles de telle ou teMe race, les autres^ et sans doute ks plus prospères, filks de toutes à la fois.

Seulement cette prospérité, elks ne la maiiitieoéroiit ou ne l'accroîtront qu'à la eoiidition que la prépondéranoe des éléments inférkurs en moralité ne fasse pas pevire à l'enBembk de la nation les qualités que les premiers coltms — pour la plupart victimes de persécutions religieuses ou politiques — avaient à peu près partout apportées, et que les gouvernements, «wm céder aux sollicitations des appétits particuliers, sackmt s'inspirer, dans l'application des lois, de l'intérêt général. Mais a^ipliquer les 1^ semble devenu aussi difficile dans les jeuvee pay» que dans les vieux. En fabriquer chaque jour de nouvelles qui entrarrent de plus en plus la liberté, à la bonne heuve ! A vrai dire, les administrés n'en sont-ils pas responsableB ? la majeure partie d'entre eux n'a-t-elle pas une fâcheuse propension à tendre k frent au joug «ous prétexte de protection !

M. LR.

Les maitees de l'art. — Baphaelj par Louis Gillet, 1 vol. orné de 24 gravures. Collection publiée sous le haut patronage du. ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. Librairie de l'Art ancien et moderne, ancienne maison J. Rouam, éditeur, PaHs, 1907.

Les ascendaiite de Raphaël étaient des paysans que les raadaa de Bigismond Malatesta contraignirent à chercher un abri dani^

lea villes. Soa aiieuly étaiblî à Urbin eu 1450, y avait un commeroe de graiqa, tnûle et oliaadelles aaaez prospère pour lui permettre d'acquérir une maisoii où vingt ana plus tard naquit Rapl»aôl, dont le père, Giovanoi Santi, grainetier — et auaai poète, sculpteur, peintre de talent secondaire — devint un homme considérable et fort bien en cour. Ce que rapporte Yasari de la jeunesse de Bapbaël est pjuj roman, dit M. Gillet. Parmi ceux dont les conseils ou les œuvres eurent quelque influence sur ses premiers essais on peut, sans conteste, noter Bernardo Betti, ridiculisé par les surnoms d'il Sordioobio ou de Pintoriocbio, ce dernier d'autant moins mérité que, suivant notre auteur, il est ie plus grand décorateur du xv* siècle. Plus tard, Baccio délia Porta — en religion et en art Fra Bartolommeo — influa visiblement sur ses tendances. A Florence, que Léoûafd, Michel- Ange (et nombre d'autres artistes de moindre envergure, mais toutefois de premier ordre), rendaient un centre attractif poux le jeune peintre, il résida quatre ans ; s'il n'y parvint point à la renommée, la comparaison de ses travaux avec les «ouvres en vogue l'incita à des efEorts plus sérieux qui portèi^ent kurs fruits puisque le pape Juks II l'appela enfla à Rome. Le successeur de celui-ci, Léon X, que M. Gillet accuse du « plus effronté gaspillage de génie », le chargea de si multiples occupations, et les Romains qui désiraient posséder une de ses toiles étaient si nombreux, qu'il ne parvenait pas à suffire aux demandes, auxquelles sa nature bienveillante ne savait opposer un refus. Une vingtaine de Madones ou de Saintes Familles, douze ou quinze portraits, cinq ou six grands tableaux de bannière ou d'autel, sans compter les dessins dont le crayon de l'artiste alimentait (pour populariser ses fresques) l'atelier du graveur Marc- Antoine, sans parler de la direction des travaux de Saint Pierre (dont il avait été nommé architecte à la mort de Bramante), des plans de quatre ou cinq palais, pour ne rien dire de la colossale entreprise qui l'absorba vers la fln de sa vie : la restauration de la Rome antique, voilà, en dehors des Chambres, des Arazzi, des Loges, de la Farnésine, le bilan des douze dernières années de sa vie.

Mais x>our toutes ces œuvres, quelle est la mesure, hors des croquis, de la participation de Raphaël et celle de ses élèves ? Puis, ce que nous en connaissons n'est-il pas, en trop de cas, que le reflet de ce qu'il a peint ou de ce qui a été exécuté souases yeux ? Hors les œuvres produites avant son séjour à Rome qui seraient arrivées jusqu'à nous sans détérioration ou restaur

ration, que pouvons-nous admirer de son charmant génie en toute sécurité 1 Sous ce rapport, M. Oillet n'est pas très rassurant

Raphaël mourut le 6 avril 1520, à 38 ans, dans le joli palais, élevé par Bramante, qu'il occupait depuis deux ans. Il était devenu fort riche ; ses biens à l'inventaire furent estimés 16.000 ducats. (( Avec lui, pour la première fois, le talent devient une valeur sociale », dit l'auteur. Nous sommes fort aise de le constater avec lui et nous aurions été ncm moins satisfait s'il nous avait appris, non seulement les prix qu'obtint Raphaël pour ces œuvres si convoitées, mais encore les taux successifs qu'elles atteignirent jusqu'à nos jours auprès des amateurs qui se les disputèrent. On nous dit qu'une peinture du Casino Borghèse est estimée trois millions — le plus haut chiffre connu. C'est le seul renseignement de cet ordre que nous trouvions dans ce livre qui contient, après l'analyse» de l'œuvre de Raphaël, un tableau chronologique des ouvrages du Maître par Musées et Collections, une notice sur les dessins, gravures, etc., une bibliographie, etc. Une courte étude sur l'objet que nous signalons n'aurait donc ni surchargé, ni déparé ce volume, et aurait augmenté son intérêt autant pour les économistes que pour les simples curieux. Et puis de cette façon on serait un peu sorti des sentiers battus.

M. LR.

Année économique et financière 1906-1907. Le marché financier^ par Arthur Rutalovich. — 1 vol. in-S*», Félix Alcan, 1907.

Nous ne voulons ici qu'annoncer l'apparition pour 1906-1907 de cet ouvrage bien connu. L'opinion du publie est faite sur sa valeur. Citons seulement le jugement que porte M. Raffalovich sur la situation éconoanique et financière actuelle.

« S'il s'agit, dit^il, de résumer l'impression d'ensemble qu« laisse l'année 1906, on peut dire qu'elle a été marquée par une très grande activité industrielle avec toutes les caractéristiques (plus-value dans le commerce extérieur, le trafic des chemins de fer, la création d'effets de commerce, la production du combustibles, des métaux bruts et ouvrés, la demande des consoraonateurs, etc., etc.), mais il a fallu payer ce mouvement extraordinaire des affaires par le renchérissement des produits et du loyer des capi- •taux. Les différents éléments, qui ont contribué à ce développe-

iLient, tels que la coïioentration des entreprises, le groupement des capitaux, la constitution d'unités industrielles pourvues de toutes les ressources nécessaires, ont continué leur œuvre. Mais malgré tous les progrès accomplis, an manque de confiance dans ravenir,et Ton se demande comment finira cette période de grande prospérité. »

J'aimerais mieux le mot de grande activité que celui de grande prospérité. Car il semble bien que, pour la France tout au moins, Ton ait perdu d'un côté une grande partie de ce que Ton gagnait de l'autre, que l'on ait souvent sacrifié h certain à l'incertain, ou qu'il n'y ait beaucoup de relatif dans les progrès acccHnplis. Notre commerce extérieur n'est prospère qu'à la oooidition de ne pas être mis en comparaison avec celui de nos voisins. On regrettera peut-être bientôt d'avoir abandonné les bonnes valeurs, comme certains fonds d'Etat, actions de Chemins de fer, etc., pour d'autres plus aléatoires. On s'aperoevera trop tôt aussi que bien chdrs sont les capitaux que nous avons en abondance et qu'il nous faut disputer à la Russie, au Mexique, à l'Argentine, que sais-je encore ? Le travail n'est ni abondant, ni facile, ni bien rétribué. — Je ne parle pas des ouvriers syndiqués. — Le prix de la vie augmente sans cesse. Le socialisme, comme une marée montante, menace de tout envahir. C'est pour ces raisons, commie le dit avec beaucoup de justesse et d'a-propos M. Raffalovich, que l'on nuanque de confiance dans l'avenir. Il y aurait donc à craindre que la prospérité signalée ne fût que de surface et toute momentanée.

Maukice Zablet.

Les Transports en commun a Parts, par Armand Mossé. — In-8«, Paris, Marcel Rivière, 1907.

Toujours intéressante, la question des transports en commun dans Paris le devient chaque jour davantage, la plupart des concessions devant prendre fin en 1910. Le livre de M. Armand MoBsé est donc de grande actualité. Il l'a divisé en plusieurs parties où il traite de l'historique des omnibus, depuis les carrosses à cinq sols jusqu'aux lourdes voitures à impériale d'aujourd'hui, des tramways et du métropolitain ; de leur constitution, de leur fonctionnement et de l'expiration normale ou accidentelle des concessicms.

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