‹ L'autonomie Financière des Services PublicsChapitre 37 sur 61 · TC · texte numérisé non relu

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pour l’agriculture, rend nécessaire une culture plus intense du sol, un accroissement de rendement. Pour éviter l’appauvrissement qui résulterait de rendements trop élevés, il faut donner des engrais à la terre. Jadis, le seul procédé employé était celui de la fumure, c’est-à-dire l’enfouissement dans le sol de matières provenant de la destruction de tissus animaux et végétaux. Puis, devant l'insuffisance de ces moyens, on fit appel aux matières d’azote combinées dans les périodes géologique précédentes, nitrates naturels et sulfate d’ammoniaque tiré de la soude. La principale source en était constituée par les nitrates du Chili, mais ces réserves ne sont point inépuisables et, la consommation s'étant énormément développée, il apparut nécessaire de rechercher la synthèse de produits azotés en partant d’une réserve inépuisable, l’azote de l’air.

L'Allemagne a mis en œuvre ce moyen sur une vaste échelle, puisqu’en 1922 elle produisait trois cent mille tonnes d’ammoniaque synthétique sur cinq cent mille tonnes qu'elle consommait. En France, l’usage des engrais azOtés était beaucoup moins développé comme le montre la statistique suivante (1972) :

France Allemagne Angleterre

Azote consommée comme

ONPTAIS Re ee CU 70.000 tonnes 210.000 tonnes 20.000 tonnes Rendement en blé par hec-

TATOMNRR ER EN re: 14 quint. 20,6 quint. 25 quint. Consommation d'azote par

hectare :

Terres productives ....... 1,4 kg 4,1 kg « 7,7kg Terres labourables...,.... 3 kg 8 kg 14 kg

Les rendements français étaient donc très inférieurs. Si l’on veut toutefois développer la consommation des engrais, il faut pouvoir y faire face, La commission interministérielle

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des engrais estimait, en 1922, qu’il nous manquait 95.000 tonnes d'azote par an, qui pouvaient être obtenues par application des procédés synthétiques dont l'Allemagne a tant usé : c’est R le but de l'Office national industriel de l’Azote. Ajoutons que ces besoins sont évalués pour le temps de paix, et que l’azote étant également à la base de la fabrication des explosifs, une production intense d’'ammoniaque synthétique est un besoin pour la défense nationale. Si l’AIlemagne, isolée du reste du monde, se trouvant dans l’impossibilité d'importer les nitrates du Chili, a pu continuer la fabrication des explosifs, c’est grâce aux procédés de synthèse des composés ammoniacaux.

Ces procédés sont nombreux : deux seulement doivent retenir l'attention d’après les spécialistes : le procédé Haber- Bosch, appliqué en Allemagne, et le procédé Claude en France. Il ne nous appartient pas d’entrer dans les détails techniques de ces deux fabrications. Au point de vue économique deux considérations doivent guider les fabricants : la sécurité demarche et le prix de revient. Par sécurité de marche on entend d’une part la régularité de la production, la certitude que le procédé ne donnera pas de mécompte, c’est-à-dire les garanties de fonctionnement et de rendement, d'autre part la possibilité d'appliquer ce procédé en cas de guerre en faisant uniquement appel aux ressources nationales. En second lieu il faut que le procédé ne soit pas coûteux, qu'il permette d'assurer un prix de vente peu éievé des engrais.

Les deux procédés Haber-Bosch et Claude partent pour l'oxygène du gaz à l’eau, et du gaz pauvre obtenu à partir des fours à coke. Quant à l'azote il est obtenu dans le premier procédé en même temps que l'hydrogène, en partant du gaz pauvre, dans le procédé Claude par les machines à

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air liquide ; au point de vue des ressources nationales de la France, én particulier en coke, les deux procédés sont équivalents. i

Quant au prix de revient, d’après les conclusions de la commission technique, il paraît être légèrement plus bas dans le procédé Claude, à condition de ne l’employer que dans les usines produisant au maximum vingt tonnes par jour. Il réalise en effet une économie notable sur les dépenses de premier établissement. Le procédé Haber-Bosch a l’avantage d'utiliser moins d'énergie et d’être applicable à des usines de plus forte production. Or, l'intention du ‘gouvernement était de réaliser à bref délai une production de cent tonnes par jour. De plus, le procédé Haber-Bosch a derrière lui une large expérience industrielle et il apporte de fortes garanties quant à la sécurité de marche. I} apparaît donc comme devant présenter un très grand intérêt pour la France.

D'autre part, l'Etat français a acquis les brevets Haber- Bosch en France dans les conditions suivantes : l’article 297 du traité de Versailles réservait aux puissances alliées le droit de retirer et de liquider tous biens, droits et intérêts appartenant à des ressortissants allemands ; faisaient notamment partie de ces biens, droits et intérêts, des brevets pris en France par la Badische Anilin und Soda fabrik (B. A. S.F.), pour protéger ses procédés de fabrication. L’Angleterre et les Etats-Unis se contentèrent d’exproprier ces brevets et de les vendre à des sociétés privées, mais la France, estimant que la possession de ces brevets n’était pas suffisante, qu'il fallait connaître le tour de main spécial employé par les ingénieurs de la B. A. S. F.,traita avec celle-ci afin d'obtenir son concours technique et passa avec elle la convention du 11 novembre 1919 dont voici les grandes lignes :

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