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vices économiques d'Etat, incompatibles, nous l'avons vu, avec les règles des finances publiques, nécessitant par conséquent l’autonomie financière.
On a pensé que celle-ci s’appliquerait aussi avantageusement, mais toutefois dans un domaine plus restreint, aux services purement administratifs. En effet, la tendance constante de la législation française est dans le sens d’une concentration dans les mains de l’Etat ou de ses agents de la gestion ou de la tutelle des services publics. Ce fut la tradition de la monarchie absolue ; elle fut continuée et développée par le Premier Empire qui nous dota d’un cadre administratif qui, malgré de nombreuses réformes, subsiste encore dans ses grandes lignes. L'inconvénient principal de cette centralisation est l’éloignement de l’administré et de l'administrateur, la lenteur et la complication dans l’action qui en résultent. Elle tend à faire confondre le gouvernement, c’est-à-dire la direction générale, avec l’administration, c’est-à-dire la gestion détaillée. La réaction contre ce système s’est manifestée par une décentralisation géographique, marquée surtout par les lois du 10 août 1877 et du 5 avril 1884 sur l’autonomie départementale et communale et par la création, en 1919 et en 1920, de régions économiques.
Ces mesures sont toutefois insuffisantes. D’une part certains services y échappent parce qu'ils ne se conçoivent que dans le cadre de la nation : tels sont les Chemins de fer et les Postes. D'autre part, si elles rapprochent l’administrateur de l’administré, elles ne font que substituer une administration à une autre en laissant subsister leurs vices, anonymat, irresponsabilité, aussi sensibles dans an service administratif que dans un service économique. La décentralisation qui s’impose alors est celle par service, c’est-à-dire
qu'au lieu d'accorder l'autonomie à des groupements locaux dont le champ d’action est, quoique plus étroit, sensiblement aussi varié que celui du pouvoir central, on rend indépendante une administration dont la fonction est unique, mais dont l'autorité s’étend au territoire entier sans être géographiquement restreinte.