B. — THÉORIES MÉCANIQUES
Promoteur de l'application de la méthode autothérapique aux épanchements de toute origine, tant aux transsudats qu'aux exsudats, Audibert a aussi été le premier à
(1) Gsent. Rév. méd, de la Suisse romande, janv. 1910.
émettre l'hypothèse d’une action purement mécanique, pouvant s’appliquer à tous les cas indifféremment. C’est aussi à une théorie mécanique que s’est rallié Le Play. L'opinion de ces auteurs peut se résumer en un mot : « L’autothérapie est une polyurie provoquée. »
Et voici comment les choses se passeraient :
Le liquide épanché dans une séreuse est d’une grande richesse en sels, urée, chiorures, etc., en extraits éthérés alcooliques et aqueux, en gaz, en matières albuminoïdes, en cellules, globules blancs ou autres, en corps chimiques indéterminés issus des réactions protoplasmiques : c’est donc, par rapport au sérum sanguin, un liquide hypertonique.
Or il est prouvé que l’urée, le chlorure de sodium, les solutions hypertoniques, etc., introduits, même à faible dose dans la circulation, sont diurétiques, (travaux de Munk, de Charrin et de Desgrez, etc.); l'injection de liquide ascitique amorce donc la diurèse.
De ce fait il y a trouble de la tension osmotique du sérum sanguin, par concentration moléculaire. Et cette tension osmotique ne peut revenir à son état normal que suivant un seul mode, la dilution sanguine par appel d’eau, d’après le mécanisme régulateur mis en évidence par Achard.
Cette dilution se fait tout naturellement aux dépens de l’épanchement.
Donc deux conditions sont nécessaires pour que puisse agir la méthode autothérapique :
1° L’intégrité du rein, permettant la diurèse ;
2° L'intégrité, au moins partielle, de la séreuse, permettant la résorption de l’épanchement.
Cette théorie de la diurèse provoquant la résorption de
EN REER
l’épanchement est séduisante. Pourtant elle est passible d’un certain nombre d’objections :
a) Si l'injection de liquide ascitique agit comme diurétique, il est d’autres médications, d’un emploi plus aisé, qui devraient produire le même résultat. Or l'injection réussit parfois où ces médications ont échoué.
b) Il est des cas, notre observation en est la preuve, cas
rares il est vrai, où l’autothérapie agit sans provoquer de diurèse franche.