‹ L'Autothérapie ascitiqueChapitre 24 sur 32 · ARR, PE ME · texte numérisé non relu

ARR, PE ME

G. Roque ET V. Cornier. Presse médicale, n° 50, 22 juin 1910, p. 465.

Irma Ti..., 39 ans, boulangère. Salle Carnot, du 12 juin au 20 octobre 1909. Pas d’antécédents tuberculeux. Grande alcoolique. Troubles digestifs datant de quatre à cinq ans; ascite datant de un mois. Urines oscillant de 450 à 650 centimètres cubes.

1e ponction, le 30 juin: 6 litres 500. ”

2° ponction, le 20 juillet : 7 litres 200.

3° ponction, le 16 août: 6 litres 400 (autosérothérapie, 15 centimètres cubes), pas de modification des urines, ni comme quanté, ni comme élimination de l’urée. i

4 ponction, le 2 septembre : 7 litres (autoséfothérapie, 10 centimètres cubes).

% ponction, le 21 septembre : 7 litres 900 (autosérothérapie, 10 centimètres cubes).

6 ponction, le 12 octobre (pas d’autosérothérapie).

Après les 4 et 5° ponctions les urines n’ont pas été davantage modifiées.

Autopsie confirmative le 22 octobre.

G. Roque Er V. CoroiEer. Presse médicale, n° 50, 22 juin 1910, p. 465.

Hyacinthe R..., 51 ans, cabaretier, jovial alcoolique qui présente de l’ascile depuis quatre ans, et vient se faire ponctionner à peu près tous les sept ou huit mois ; il revient pour se faire faire sa sixième ponction. Il est à noter qu’à chaque paracentèse se produ.i une aggravation passagère de son élat et qu’il a une petite poussée Lhermique durant quatre jours, avec une oligurie très marquée (300 gr.).

Le 2 août 1909, on relire 9 litres, on en réinjecte 10 centimètres cubes sous la peau. Le soir 37°8, le lendemain 38°3 et 387, le surlendemain 38°1 et 37°8. Les urines ont été rares : 320, 370, 540 par vingt-quatre heures. Le taux ordinaire remonte à 900 ou 1.000.

Enfin le malade à été reponctionné le 20 avril, chez lui, soit huit mois et demi après.

Échec complet de la méthode.

Le PLay. Bull. médic., n° 60, 7 juillet 1910.

Homme, âgé de 49 ans,entré le 9 septembre 1909, dans le service de M. le professeur Dieulafoy, à l’Hôtel-Dieu. Cet homme, employé de commerce, avait, dans sa profession, contracté des habitudes éthyliques telles qu’il présenta bientôt les signes de la cirrhose atrophique de Laënnec : petit foie, grosse rate, ascite considérable, circulation complémentaire pariétale et, accessoirement, dyspepsie, épistaxis fréquentes, hémorroïdes, quelques petits nœvi dissimulés sur la peau. L'existence de pigments rouge brun et d'urobiline dans l'urine était la signature des troubles pathologiques graves dont la cellule hépatique était le siège. L’æœdème des jambes, la présence constante de lalbumine dans l'urine, quelques petits signes de brightisme montraient que le rein aussi était touché dans sa structure et ses éléments nobles, ajoutant ainsi au complexus pathologique bien étudié par Rosenstein.

Le malade fut soumis au régime lacté absolu pendant toute la durée de son séjour à l’hôpital qu’il quitta guéri le 1" mars 1910. Le 19 février 1908, on lui fit sa première ponction évaluée à 16 litres: depuis lors, toutes les quatre semaines régulièrement, on retira 15 à 20 litres de liquide ascitique de la cavité péritonéale, qu'on lui fit ou non, dans l’intervalle, des injections souscutanées, plus ou moins répétées, de 5 à 10 centimètres cubes chacune, de son propre liquide. La quantité de liquide ingérée par le malade et qu’il éliminait par les urines, la respiration, la transpiration, étaient évaluées avec une approximation aussi exacte que possible; on pouvait remarquer alors que la quantité d'urine éliminée pendant les jours qui suivaient l’injection souscutanée élait très variable, tantôt un peu augmentée, de 500 à 700 centimètres cubes, tantôt non modifiée ; d’ailleurs, l’ascite se reproduisait toujours avec la même rapidité. |

Cependant, le malade, sous l'influence du régime lacté exelusif, rigoureusement suivi pendant plus de deux ans, s'était lentement, mais progressivement amélioré. Le foie s’était hypertrophié en masse par compensation, et le malade, qui avait subi en treize mois 14 ponctions, avec un tolal de 230 litres, nous quitta complètement guéri.

Le PLay. Bull. médic,, n° 60, 7 juillet 1910.

B..., entré le 13 décembre 1909, salle Saint-Christophe, à l’'Hôtel-Dieu, avec un ensemble de symptômes assez identiques au syndrome observé chez le malade précédent, sauf que, dans le cas présent, les reins ne préseniaient aucun symptôme pathologique.

Là encore, il s'agissait d’une cirrhose atrophique de Laënnec chez un éthylique avéré. L'histoire pathologique de ce malade, pendant son séjour à l’hôpital, peut se diviser en deux phases : dans la première, qui dura du 13 décembre au 15 mai environ, la maladie resta à peu près stationnaire. On fit, à plusieurs reprises, des injections sous-cutanées de 5 à 10 centimètres cubes de liquide ascitique, qui exercèrent une action favorable sur la diurèse peu abondante au début. Cependant, l’ascite augmentant progressivement, on dut, le 16 janvier, faire une ponclion évacuatrice de 15 litres. Les injections sous-cutanées furent fréquemment renouvelées ; mais, le 19 février, puis le 4 mars, le 10 avril, le 7 mai, on dut encore, chaque fois, retirer des quantités de liquide variant de 12 à 15 litres. A partir du 15 mai, apparaît la seconde étape de la maladie de notre homme ; son état commença à s’aggraver assez rapidement ; les urines, hautes en couleur, avec des pigments rouge brun en abondance et un peu d'albumine, diminuèrent singulièrement : de 3 litres, elles tombèrent à 2 litres, puis oscillèrent autour de 1 litre. L’autosérothérapie n'eut, plus aucune action sur la fonction rénale et le

malade expira le 2 juillet.

Page 1