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Le PLay. Bull, médic., n° 60, 7 juillet 1910.
Chapelier de son état, âgé de 61 ans, qui entra salle Saint- Christophe, à l'Hôtel-Dieu, le 7 mars 1910.11 s’agit d’un homme présentant un ensemble morbide fort complexe dont les traits principaux appartiennent à des systèmes physiologiques différents, mais dont les troubles peuvent être groupés dans un même processus palhogénique, en rapport avec un élat de sclérose généralisée : insuffisance myocarditique, traduite par l’arythmie et les œdèmes,; insuffisance vasculaire, portant sur les artères sensiblement scléreuses, mais surtout sur le système veineux (varices, hémorroïdes) ; insuffisance surrénale, exprimée par l’état asthénique, l’hypotension vasculaire, l’ébauche de teinte bronzée des téguments ; insuffisance hépato-rénale, comme le montrent l’analyse des urines (pigments rouge-brun, glycosurie alimentaire, diminution de l’urée, albumine)et le syndrome clinique de la cirrhose atrophique du foie de Laënnec(diminution de volume du foie, hypertrophie de la rate, circulation complémentaire ébauchée, ascite légère). L'évolution de la maladie ne fit que confirmer l’ensemble des symptômes morbides si variés, présentés par notre malade à son arrivée à l'hôpital, Bientôt, en effet, les symptômes de la cirrhose hépatique à forme atrophique s’accentuèrent au point que la paracentèse abdominale dut être effectuée à plusieurs reprises, à une douzaine de jours d'intervalle, tant le liquide se reformait rapidement; on fit trois ponctions de 12 litres en moyenne,au cours des six semaines qui précédèrent l'issue fatale. L’autosérothérapie, pratiquée à la dose de 5 centimètres cubes à plusieurs reprises, entre les ponctions, ne fut suivie d'aucun résultal favorable, non seulement sur l’évolution de l’ascite, mais encore sur la diurèse, ce qui n’avait rien de surprenant, étant donné l'insuffisance de l'élimination rénale chez notre malade ; c’est à peine, en effet, si, malgré la médication toni-cardiaque et diurétique, on obtenait quotidiennement 300 à 400 grammes d’une urine contenant de l'albumine et de
l’urobiline. En même temps, l'insuffisance surrénale s’accentuait de jour en jour, et le malade s’éteignit le 31 mai, avec le syndrome addisonnien.
V. AUDIBERT. Journal médical français ,n° 11, 15 nov. 1910, p. 490.
Ascites par cirrhose hépatique alcoolique : Je dois avouer humblement que sur-6 cas j'ai eu des résultats piteux. Cependant j'ai obtenu dans 2 cas une polyurie très marquée. Mais je fus obligé de ponctionner encore, et la maladie suivit son cours normal.
B. — CiRRHOSE HYPERTROPHIQUE,.
Mie Zoorarerr. Th. de Paris, 1910. Observ. IIT, p. 167-169
G... L., âgée de 51 ans, journalière, entre à l'hôpital le 26 avril 1910 pour un gros ventre.
Antécédents héréditaires. — Les parents étaient bien portants. Mère vivante. Père mort de maladie de foie.
Antécédents personnels. — Fièvre typhoïde à 12 ans, bien portante ensuite, bien réglée, deux enfants vivants à 24 et à 30 ans. Eczéma généralisé à 32 ans. Grandes vicissitudes. Éthylisme non avoué. Au mois de janvier 1910 a eu la grippe à forme pulmonaire et digestive. Son foie a été douloureux, elle a eu des vomissements et des! troubles digestifs marqués. Puis elle traîne, elle maigrit et en février son ventre commence à grossir. Elle entre pour la gêne que lui cause son hydropisie. |
A l’examen, c’est une femme pas trop amaigrie, au teint mat, robuste. L’abdomen est distendu en forme d’obusier, la paroï un peu œdématiée et couverte d’une circulation collatérale. La cicatrice ombilicale est déplissée. On a la sensation du flot et la matité remonte jusqu’au creux épigastrique.
Par la palpation brusque et énergique, on arrive à sentir le foie hypertrophié qui flotte dans le liquide.
L'état général est bon. Les autres appareils sont indemnes, Les jambes un peu œdématiées.
Température : 37°4, Pouls : 80. Urines : 800 centimètres cubes.
Diagnostic de cirrhose hypertrophique alcoolique avec ascite.
28 avril. — Ponction 15 lit. 500.
Pas de fièvre, la théobromine et la lactose ne font pas remonter les’ urines qui restent entre 600 et 800 centimètres cubes.
12 mai. — Ponction : 12 litres.
3 juin, — Ponction : 16 litres.
Durant tout ce temps, ni température, ni incidents d’aucune sorte.
22 juin. — Ponction : 15 litres. Température normale. Urines : 600 centimètres cubes. P
16 juillet. — Ponction : 18 litres. Même état.
5 août. — 20 litres.
14 août. — 18 litres. ,
1er septembre. — 19 litres.
Toujours le soir de la ponction légère ascension thermique à 37°9-38o, ,
L’ascite tend à se reformer de plus en plus.
16 septembre. — Nous voyons la malade et constatons son état général excellent et on décide de lui faire de l’autosérothérapie.
16 septembre. — Auto-inoculation dé 10 centimètres cubes. La diurèse reste au même taux, et le 17 septembre nécessilé: d'une nouvelle ponction de 18 litres.
26 septembre. — Auto inoculation de 10 centimètres cubes. Même résultat négatif sur J’épanchement et la diurèse.
8 octobre. — Ponction : 21 litres.
18 octobre, — Ponction : 19 litres.
29 octobre. — L’état est le même, aucune amélioration, On va refaire une nouvelle ponction. L'état général est excéllent, L'æœdème des jambes a disparu. La paroi abdominale conserve sa tonicité. Ni toux ni troubles digestifs. Régime déchloruré- Théobromine et lactose. Diurèse égale au premier jour : 600 centimètres cubes.
E. Gopcewsxi. Bulletin de la Soc. de Médecine de Vaucluse, février 1911 (1).
Homme de 45 ans, éthylique, qui présente tous les signes d’une cirrhose hypertrophique entrant dans la période ascitique. Le régime et les deux ponctions de 18 et 15 litres n’amènent aucun résultat et‘épuisent le malade.
. On commence l’autosérothérapie. Les deux premières injections amènent un soulagement; diurèse abondante. Après la troisième injection le ventre diminue.
Depuis, le malade peut vaquer à ses occupations, a repris son travail et n’a plus eu d'ascite. La cirrhose n’est pas guérie, mais le régime le maintient en bonne santé.