‹ L'Autothérapie ascitiqueChapitre 27 sur 32 · Ascites asystoliques · texte numérisé non relu

Ascites asystoliques

G. Roque Er V. Corpier. Presse médicale, n 30, 22 juin 1910, p. 465.

Insuffisance et rétrécissement mitral. Asystolie. OEdèmes. Aseite.

Malade depuis longtemps dans le service, avec plusieurs séjours, en raison de sa cardiopathie. En raison des œdèmes considérablés, on fait une ponction pleurale évacuatrice et, le 22 mai, une ponction d’ascile; onréinjecte 7 centimètres cubes du liquide sous la peau de l’abdomen. L’ascite se reproduit en quatre jours à son niveau précédent. Mort et autopsie confirmative le 28 mai

PonrTuieu, Observation publiée par AUDIBERT. Soc. médic. des hôpitaux, Séance du 6 mai (p. 516-519 du bulletin).

Le nommé O..., 50 ans, éthylique artérioscléreux, subit en janvier 1910 l'opération de la cure radicale de hernie inguinale.

L’anesthésie, mouvementée et dramatique, doit être interrompue: et l'opération est achevée sans anesthésie. Suppuration des fils. Quinze jours environ après l'intervention apparaissent des symptômes généraux sans rapport. avec la maladie inguinale : dyspnée, œdèmes, épistaxis. Mon confrère. constate un souffle aortique et tous les signes de l'hyposy stolie avee asile au début.

Quoique indocile, le malade, fortement impressionné: par son épistaxis, garde la position horizontale. On en profite pour le meltre à la diète lactée ; on lui donne en même temps de la théobromine. Malgré ce traitement, l’ascite augmente graduellement quoique légèrement ; elle ne dépasse pas cependant trois ou quatre litres environ.

L’hémostase nasale à peine assurée, le malade se lève. Aussitôt, à travers la plaie herniaire non encore cicatrisée, se produit une infiltration ascitique de toute la région opératoire et des Lissus environnants. Canal inguinal, région inguinale, scrotum, sont envahis par le liquide ascitique. Une hydrocèle sut mineuse se produit. [ssue de la hernie réductible.

Les jours qui suivent, le liquide s’'évacue en permanence par les orifices de suppuration.

En résumé, infiltration de liquide ascitique dans les tissus Juxtapéritonéaux, analogie frappante avec les injections de liquide dans la paroi.

Or, analogie encore plus grande, quelques jours après, guérison complète de l’ascite, puis guérison des points de suture, Tout rentre rapidement dans l’ordre, en dépit de la reprise des habitudes alcooliques et boulimiques.

Jeunzsr. Société médicale d'Amiens, 3 nov. 1909 (p. 279-281 de la Gazette médicale de Picardie),

M'e T... 22 ans, est adressée au D' Pauchet par le D' Boulfroy (de Flixecourt) pour ascite tellement récidivante et volumineuse que la crainte d’une anomalie grave s’impose. Le médecin a dû ponctionner une fois en juin, deux fois en septembre, et fin septembre une nouvelle ponction est imminente.

L'aspect batracoïde du ventre inspire Loutes les hypothèses : uronéphrose, ascite par tumeur abdominale ; suppositions rendues vraisemblables par l’éléphantiasis énorme dela jambe droite; la gauche étant relativement peu enflée.

L'interrogatoire ne révèle rien dans l’hérédité directe ou collatérale. Dans les antécédents personnels : affection nerveuse à 7 ans, mauvaise puberté, puis accidents cardiaques à 16 ans (la malade consulte le D' Huchard). Depuis dix-huit mois, après une grippe, grosse aggravation : hyposystolie de plus en plus marquée, et ascite envahissante.

A l’arrivée, Mne T.….. est cyanosée des lèvres, des extrémités, en état d’orthopnée. Son ventre est luisant, distendu ; la cicatrice ombilicale déplissée ; il est sillonné de veines supplémentaires et de larges vergetures. Signalons encore l’œdème éléphantiasique du membre inférieur droit à côté de l’æœdème discret de Ia jambe gauche.

La pointe du cœur est fine, un peu déjetée à gauche: la région précordiale ondule et roule d’une façon saisissante ; la matité du ventricule droit est très augmentée. A l’auscultation : souffle systolique à la pointe, propagé dans laisselle et dans le dos.

Pouls petit, inégal, intermittenl, rapide. Il donne la sensation de disparaître pendant l’inspiration (pouls paradoxal de Kussmaul). 4

Râles dans les bases des deux poumons; sommet droit un peu soufflant. L i

Les urines sont rares, rouges ; en vingt-quatre heures, nous dit-on, et depuis des mois, elles n’excèdent pas 200 ou 300 grammes en volume (sauf immédiatement aprèsles ponctions). A l’analyse : pas d’albumine,peu d’urée, peu de chlorures.

On ne peut apprécier le volume du foie et de la rate. Selles normales,

Le diagnostic auquel il faut s’arrêler, est vraisemblablement asystolie par symphyse cardiaque et insuffisance mitrale, d’origine bacillaire (sommet droit suspect) ou rhumatismale (chorée (?) à 7 ans), peut-être mixte.

Pour compléter l'examen, par ponctions médianes, nous reti-

NU

rons 20 centimètres cubes du liquide ascitique.Son aspect franchement ordinaire nous incite, — suivant un programme mûri d'avance, — à en réinjecter la moitié dans le tissu hypodermique de la paroi.

Le reste, examiné au laboratoire de la clinique montre, après centrifugation et coloration, de nombreux lymphocytes et quelques placards endothéliaux.

Trente minuies après l'injection, la malade urine et en vingtquatre heures, elle remplit plus de deux bocaux de 2 litres : soit plus de 4 lit. 1/2. Concurremment, on donne digitaline, théobromine, régime lacto-hydrique.

Après une lentative de régime déchloruré, au bout de huit jours, la diurèse faiblit. Nouvelle injection qui est encore pes tée, par mesure de sécurité, huit jours après.

A son départ, la malade est transformée quant aux troubles mécaniques (bien évidemment sa lésion cardiaque est dans le même élat);le ventre vide et flasque (les muscles restant immuablement asystoliques) ; son foie déborde peu ; les jambes sont totalement désenflées et, fait curieux, la jambe droite a désenflé instantanément pour ainsi dire, phénomène que les ponctions évacuatrices n'avaient pu amener.

Un mois après, Mlle T... fait écrire « qu’elle reprend des forces, se promène, que son ventre ni sa jambe n’enflent plus, que l'urine est à 1 lit. 1/2 ».

Goncewski. Bull. et mém. de la Soc. de médec. de Vaucluse, septembre 1910.

Femme de 45 ans, ayant eu de l’endocardite rhumatismale. Poussées d’asystolie depuis cinq ans. Gros ventre avec ascite. Ictère. Depuis un an, toutes les médications ont échoué.

On fait une ponction de 10 centimètres cubes suivie d’injection. Trois jours après nouvelle ponction. La malade passe de 700 grammes d'urine à 1.200 et 1.500. Nouvelles ponctions consécutives et la malade voit son ascite disparaître.

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Entre temps elle était soumise à la digitaline et à la théobromine, médicaments qui avaient auparavant échoué. Nous avons revu la malade un an après et l’ascite n’a pas réap-

paru. Elle soigne son cœui.

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Bull. et-mém. de la Soc. de Médecine de Vaucluse, février 1911.

GopLEwski

Cas identique au précédent . Même méthode et mêmes résultats.

GovLewski. Observations inédites, obligeamment communiquées.

Deux cas d’asystolie générale avec gros œdèmes et ascite. Mais ici l’asystolie est générale et non seulement hépatique. Echec

complet de l’autosérothérapie.

IV — Ascite hépato-rénale.

GopLewski. Bull, el mém. de la Soc. de Médecine de Vaucluse septembre 1910.

Homme gros, âgé de 52 ans, arthritique, qui présentait sans s’en douter les petits signes du mal de Bright depuis cinq ans. Il ne me fait appeler que lorsque le ventre s’est mis à enfler. A ce momént il y a de l’œdème des membres inférieurs, ascite considérable et bruit de galop cardiaque. 700 centimètres cubes d'urine en moyenne, 2 grammes d’albumine, 12 d’urée.

Le traitement médicamenteux, le régime et des paracentèses n’amènent aucun résultat. Des ponctions suivies d’injections de 10 centimètres cubes de liquide ascitique amènent, dès les premières, une urination abondante qui, de 950 grammes, passe à 1.600, avec état général relevé. Cependant nous avons remarqué après une ou deux ponctions un peu de fièvre et un léger état

d’excitation.

Le malade nous réclame des ponctions et des injections. Nous refusons un jour de lui eu faire, étant donné le mauvais état général. Bien nous en prend, car il meurt le lendemain dans le coma urémique.

A noter ici : 1° L'action manifeste de l’autosérothérapie sur la diurèse ; ? la toxicité du liquide chez un intoxiqué hépato-rénal (fièvre, excitation après une injection).

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