CT V
d’étendue et ne peut être senti en déprimant la paroi sous le rebord costal, et dont le lobe gauche, sensible dans la région épigastrique, roulant sous les doigts avec les mouvements respiratoires, est induré et à bord mousse.
. Rate hypertrophiée. :
Peu de varicosités au niveau de la face, mais un naevus, artériel au-dessous de l’œil droit.
Les autres appareils paraissent sains : pas de troubles digestifs ; cœur normal ; seulement quelques râles de déplissement à la partie interne des poumons; pas d’albumine dans les urines.
Hernie crurale double, développée avec les progrès de l’ascite. He
Réaction de Wassermann el injection intra-périlonéale à deux cobayes de 20 centimètres cubes de liquide ascihique : négatives.
Traitement. — Tous les traitements classiques contre l’ascite ont d’abord été tentés et ont échoué chez cette malade: calomel, opothérapie hépatique, diurétiques divers, régime déchloruré (ce dernier institué dès l’entrée à l’hôpital). Il n’est pas jusqu'aux injections intra-péritonéales d’eau chlorurée hypertonique à 14 p. 1000,ou même de sérum de cheval, pratiquées dans un but soit de perturbation osmotique, soit de coagulation, qui n’aient été essayées. L’ascite se reproduisait fatalement et quinze ponctions, au taux évacuateur de sept à dix litres pour chacune d'elles, ont été nécessaires, à des intervalles variant de vingt à trente jours. La courbe des poids, régulièrement tenue, indiquait une augmentation quotidienne et constante. D'autre part, avec une spoliation telle que nous l’avons indiquée, l’état général devenait précaire ; la malade, confinée au lit en dehors des premiers jours qui suivaient les ponctions, présentait, déjà accen tués, l’amaigrissement et l’affaiblissement généraux, les traits tirés et le teint terreux que Gilbert et Garnier ont désignés du nom d’anémie séreuse (1). La pire évolution était à présager.
Nous pratiquons alors l’autothérapie sous-cutanée aux doses de 25 centimètres cubes, Mais sans résultat appréciable.
1. À. Gireert Et M, Garnier. De l’anémie séreuse. Soc, de Biol. séance du 29 janvier 1898, in comptes rendus, p. 115-119.
Enfin, au mois de novembre, nous avons recours aux doses massives et à l'injection veineuse classique, par la veine brachiale. Le liquide ascitique était recueilli dans un ballon à double tubulure et, sans transvasement, injecté aussitôt dans la cir. culation générale.
Au moment où nous commençons les injections, la dernière ponction date d’un mois et le besoin d’une prochaine exonération se fait sentir. -
Une première série est faite, d’abord de deux injections souscutanées, l’une de 150, l’autre de 110 centimètres cubes, à quarante-huit heures d'intervalle, puis de quatre injections intraveineuses, respectivement de 300,300, 150 et 500 centimètres cubes, les premières à quarante-huit heures, les secondes à trois jours de distance. Sous l'influence de ce traitement, le poids quotidien se met à osciller et la ponction peut être retardée de trois semaines environ. Le 52° jour cependant elle devient nécessaire.
Mais, chaque quantité de liquide injecté ayant été retirée de la cavité péritonéale immédiatement auparavant, on pouvait voir Là une manœuvre ayant faussé les résullats.
Aussi, dans une seconde série d’injections, nous servons-nous du liquide même de la ponction évacuatrice conservé en ballons stériles. Quatre injections, dont deux sous-cutanées de 290 et 250 centimètres cubes et deux intraveineuses de 500 et 400 centimètres cubes, espacées comme les précédentes, amènent, après une réascension de la courbe des poids entre les injections, un arrêt de cette ascension lorsque la série est terminée. Ce plateau se maintient dix-huit jours. Depuis, il nous a suffi, pour le prolonger, de refaire de loin en loin une injection et si, le 93e jour après la dernière ponction, nous en pratiquons une nouvelle,
“c’est en dehors de toute urgence, la malade ayant la pleine facilité de ses mouvements et, suivant sa propre expression, « ne sentant plus son ventre ». Nous voulons tenter seulement d'assécher complètemeut et définitivement la cavité abdominale.
Quant à la diurèse, elle ne nous a pas fourni de modifications nettes. Il est vrai que nous n'avons pu obtenir de la malade qu’elle ne perde pas une certaine quantité de ses urines en allant
ELA en
à la garde-robe. D'autre part il est à noter que l’autothérapie a empêché l'augmentation du poids,mais ne l’a pas fait diminuer, done a empêché la production de nouveau liquide, mais non la résorplion de celui déjà existant.
En même temps l’état général s’est notablement meboie. Sous l'influence des 5 litres 300 de liquide ascitique introduits dans la circulation en l’espace de trois à quatre mois, les forces sont revenues, le visage est rose et reposé; enfin on note une augmentation quantitative des globules sanguins :
oo
2 MORE . Globules Globules ÉPOQUE DES NUMÉRATIONS rouges ÉTanes Après 10 injections (29 novembre)... ...| 3.703.000 | 3.750 Après 14 injections (14 janvier).......| 4.760.000 | 4.160 . Après 17 injections (16 février). ...... 4.950.000 |. 4.800 Nota. — Ces numérations ont toutes été faites à plusieurs jours des injections pour éviter les causes d’erreur.
Pendant toute la durée du traitement autothérapique la malade avait été maintenue au même régime alimentaire, lacto-végétarien et déchloruré, qui avait été institué dès son entrée à l’hôpital, à savoir: par jour, deux litres de lait, deux potages au lait, un peu de purée de pommes de terre sans sel. Donc de ce chef point de cause d’erreur pour l’appréciation des résultats. Mais, vers le milieu du mois de mai, quatre mois et demi après le début du traitement, elle reprend l’alimentation ordinaire. L’effet ne se fait pas attendre ; l'ascension de la courbe des poids recommence aussitôt et, vingt-cinq jours après cet essai, une ponction évacuairice est de nouveau nécessaire. Quelques jours plus tard la malade quitte l’hôpital, promettant de se remettre au régime qu’elle n’aurait pas dû abandonner.
Sans vouloir en rien forcer les faits, il est impossible de ne pas tirer de cette observation certaines conclusions :