‹ L'Autothérapie pleurale: Méthode de Gilbert (de Genève)Chapitre 13 sur 22 · Zestevin, Soc. de méd. milit. française, 21 avril · texte numérisé non relu

Zestevin, Soc. de méd. milit. française, 21 avril

TS

“les évacuations répétées de très faibles quantités de liquide pleurétique (2 à ro cmc.).

Objection plus sérieuse encore : Lancereaux fait remarquer que la pleurésie séro-fibrineuse peut évoluer naturellement vers la guérison en un mois à six semaines.

Fernet (1) objecte également à Enriquez la possibilité d’une résorplion spontanée dans un délai de trois semaines. Pour lui, quand il n’y a pas d'indications formelles, il faut attendre, pour ponctionner, le délai de résorption spontanée et n’intervenir que si l’épanchement € est décidément immobilisé sans aucun espoir de résorption probable par les seuls efforts de ja nature », p. 1142).

Îl'est certain que les épanchements pris au début donnent les meilleurs résultats (Marcou, Audibert).

Néanmoins, outre que la résorption naturelle d'un épanchement pleural paraît avoir été activée dans un très grand nombre d'observations par l’autothérapie pleurale, il est aussi des cas où seule cette mtthode a permis de faire diminuer où disparaître des épanchements rebelles à toute thérapeutique {Vcill et Mouriquand, Boinet et Murel).

Théorie de Gilbert. — La théorie mécanique de Audibert, Le Play est la critique la plus sévère de cette théorie. Le fait que des épanchements non suberculeux cèdent à l'autothérapie, que les exsudats æt les transsudats suivent la même fortune, comme

1. Fernet, in Comm. Enriquez (Soc. med. des hôp. de Paris, 4909).

aussi les observations nombreuses dans lesquelles la tuberculose a continué à évolüer, constituent, à notre avis, la meilleure preuve du peu de valeur de celle théorie abandonnée d'ailleurs par son auteur.

M'e Zolotareff (1), dans sa thèse, accumule les critiques. |

Elle discute l'existence réelle dans les sérosités d'une tuberculine.

Elle s'appuie sur deux faits :

1° Les injections ne s’accompagnent pas toujours d’élévation thermique ;

2° Les tentatives de réaction de fixation (Widal et Le Sourd, Wassermann, Bezançon et de Serbonne) pratiquées dans le but de démontrer la présence d’anticorps-tuberculeux dans le séram des bacillaires, ont été loin de se montrer toujours positives.

L'auteur se demande encore, à supposer même qu'il existe une tuberculine dans les exsudats,si lon peut conclure à son pouvoir curatif. C’est remettre en question la valeur curative des tuberculines en général.

L'auteur est assez dur pour les multiples essais d’injections de liquides variés (liquide d’hydrocèle, d'hyderthrose, de liquide-céphalo-rachidien) et les englobe sous l'expression, d’ailleurs spirituelle, de « caravansérail thérapeutique. »

1. M'e Zolotareff, Etude critique du traitement des épanchem ments séreux et de l’auto-sérothérapie, Thèse de Paris, 1910.

. Re:

Théorie mécanique. — Toute séduisante et ingénieuse qu’elle soit, cette théorie est passible de deux objections :

1° Pourquoi l’autothérapie provoque-t-elle une diurèse, là où d’autres médications, devant agir par le même mécanisme, ont échoué ;

2° Pourquoi relevons-nous des cas où la résorption de l’épanchement s’est produite sans s’accompagner de diurèse nette.

Toutes ces théories nous paraissent plausibles, aucune ne satisfait complètement l'esprit et ne s'accorde pleinement avec la réalité des faits. Il faut reconnaître d’ailleurs qu’elles ne s’appuient sur aucun fait absolument précis el qu’elles n’ont pas encore pu être vérifiées ou infirmées par une méthode expérimentale rigoureuse.

Nous ne saurions en tirer aucune conclusion et nous nous bornons, faute de mieux, à constater les résultats souvent heureux de l’autothérapie, sans chercher à en connaitre la cause.

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