‹ L'Autothérapie pleurale: Méthode de Gilbert (de Genève)Chapitre 15 sur 22 · GI · texte numérisé non relu

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fensive, est fournie par l'état du liquide. Il y a lieu de s’abstenir si le liquide est purulent ou séro-purulent. Dans tous les cas où l’aspect du liquide peut faire penser à une évolution purulente possible, il est prudent de pratiquer préalablement un examen cytologique.

Mais comme le dit très justement Marcou : « Ce n’est que le pus qui m'’arrête. »

Dans la thèse de Mie Zolotareff (pages 131-132) nous trouvons pourlant, au passif de l'autothérapie pleurale, pratiquée suivant la technique ordinaire deux accidents, l’un de tuberculose locale (Oppenheimet Crépin), l'autre attribué à un choc anaphylactique (Barré).

Par conire, des observations multipies affirment l'innocuité absolue de la méthode.

A quelle période de [a maladie faut-il pratiquer l'injection ? Pour la majorité des auteurs, les résultats les plus probants sont fournis par les épanchements récents. Telle est également notre opinion.

Néanmoins Courmont, pour des raisons que nous avons exposées plus haut, pense qu’il faut laisser passer la période d'augment et attendre la période de maturation. « Il faut, dit-il, que la pleurésie soit mûre pour la ponctionner ou l'inoculer. »

À notre avis, l'injection doit être pratiquée au moment où le liquide pleural atteint son maximum

et cesse d'augmenter.

Ca

ses Dre ot

Résultats

Nos observations et celles très nombreuses que nous fournit la littérature médicale, nous permettent d'affirmer la réelle valeur de l’autothérepie pleurale. Il ne faut pas, d'autre part, exagérer les résultats de cette méthode. Nous verrons que, si son action sur la résorption de l’épanchement et par là même sur certains symptômes concommitants, semble indiscutable dans les cas observés par nous, il est difficile d'affirmer que l’autothérapie a un pouvoir curateur sur la maladie cause de cet épanchement et en particulier sur la tuberculose.

1 L'autothérapie guérit-elle la tuberculose ?

Gilbert, Scarpa, Breton l’ont pensé. Mais la plupart des auteurs ont refusé ensuite toute action spécifique antituberculeuse (Marcou) à l'autothérapie pleurale.

Audibert déclare nettement : « Je ne puis pas souscrire à l'opinion de Gilbert et dire que la plasmothérapie a agi sur la cause de la maladie. » Il cite en outre des cas de malades guéris par cette méthode, de pleurésie et qui ont évolué ultérieurement vers la tuberculose cavitaire. « Le pleurétique guérit, il n’en reste pas moins tuberculeux. »

Néanmoins en 1911, M. le D" Devoir (de Villeneuve-sur-Yonne),publie une observation de pleurétique luberculeux guéri par autothérapie. « Toute

trace d'épanchement a disparu, dit-il, quelques râles persistent aux bases, la respiration est un peu rude aux deux sommets. Evidemment on ne saurait affirmer la guérison complète, mais la tuberculose a pris une forme latente avec une rapidité que son début ne permettait pas d'espérer. »

2° Action sur la modification des symptômes.

1° La fièvre— L’injection du liquide pleural,provoque parfois le soir de la piqûre une élévation thermique. Dans presque tous les cas, Gilbert a constaté une réaction générale plus ou moins forte avec une élévation de température ayant varié de 38°%5 à 4o degrés. Cette réaction thermique est signalée encore par Breton, René Gaultier, Marcou. Elle est considérée par Landolfi comme ayant une valeur diagnostique pour la nature tuberculeuse de la pleurésie et cet auteur pense que la méthode de Gilbert pourrait être considérée comme une méthode d’auto-serodiagnostic pour la tuberculose.

Cette élévation thermique est fort inconstante, même chez les tuberculeux, elle fait défaut dans nombre d'observations. Nous notons dans nos observations 2 cas seulement sur 5, où la réaction a été nette.

Quoiqu'il en soit,très rapidement après l'injection dans les cas favorables,la fièvre tombe.

Pour Gilbert la fièvre a disparu graduellement en six à dix jours. Marcou dit que le lendemain de la piqûre la fièvre tombe d’un degré pour ensuite des-

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cendre très rapidement (en cinq à dix jours) et graduellement à la normale.

Nous trouvons cette diminution de l'état fébrile signalée chez bien des auteurs (Schnutzen, Gaullier, Enriquez, Devoir). Dans une de nos observations en particulier on voit nettement la fièvre tomber en quatre jours de 4o degrés à 35'2. Puis la fièvre remonte à 396. Une nouvelle injection pratiquée à cetie époque ramène la température de 396 à 37: degrés en six jours. La température se maintient ensuite entre 3608 et 37°4.

2° Sueurs. — Ontrouve dans quelques observations l’indication de sueurs abondantes, fait auquel on a voulu attribuer une importance pour la résorption liquide.

Nous pensons avec Audibert, qu’on ne peut pas tenir compte d’un tel symptôme chez des sujets bacillaires.

3 Les urines. — « Le phénomène de beaucoup le plus saillant, le plus considérable de la plasmothérapie est, certainement, l'augmentation des urines. La diurèse s'établit très rapidement, le lendemain de la première piqûre ; 2 centimètres cubes de plasma (?) suffisent quelquefois à faire doubler les urines » (Audibert).

On note en général, à la suite de l'injection, une polyurie intense au début d’une pleurésie avec épanchement considérable et lorsque la pleurésie représente à elle seule tout le tableau clinique.

Lorsque la pleurésie survient comme complication

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aucours d'une fièvre typhoïde, ou encore s'il s’agit d’un hydrothorax asysiolique les ‘résultats sont moins nels.

Nous avons observé cette diurèse chez nos malades. C'est le cas dm malade de Gaultier, de deux malades d'Enriquez, de la plupart des malades de Schnützen ; Donzelli note aussi une diurèse considérable dans 5 cas, Jona dans 11 cas.

Marcou signale l'augmentation très marquée de volume des urines dans presque tous les cas.

Le:Play constate dans ses trois observations une influence très mette de la diurèse, mais il n’y a paseu d'action particulièrement sensible sur l'évolution du liquide pleural.

On trouve, il est vrai, un certain nombre de cas où la diurèse a ‘fait défaut. Une impression nette se dégage néanmoins à la lecture des observations : l’'autothérapie provoque une diarèse abondante, et c’est peut-être là son efjet le plus constant. |

4 L’exsudat. — A partir du jour de l'injection, dit Gilbert, on constate la diminution de Pépanchement pleurétique. Peu à peu tous les symptômes s’atténuent, l’état général s'améliore et en six à dix jours on obtient une résorption complète et définitive de lexsudat.

La durée habituelle de la pleurésie est beaucoup plus longue ; d’après la plupart des auteurs (Lancereaux, Fernet}), ce n’est guère qu’à la fin de la troisième ‘semaine que l’on observe une diminution du

liquide.

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