‹ L'Autothérapie pleurale: Méthode de Gilbert (de Genève)Chapitre 17 sur 22 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Soldat Gr..…, vingt-deux ans. Ajourné à l’appel de sa classe pour faiblesse de constitution et récupéré par la suite. Son père est mort tuberculeux. Lui-:même n’a jamais été malade.

Se trouvant en permission, il est pris de malaises avec fièvre et épistaxis. Il entre à l'hôpital avec le diagnostic de fièvre typhoiïde, le 6 janvier.

La température oscille entre 39 et 4o degrés. Rien ne permet de confirmer le diagnostic posé à l'entrée (2). Seule l’auscultation révèle une légère diminution du murmure vésiculaire à gauche et quelques râles disséminés dans les deux poumons.

11 janvier. — On trouve des symptômes nets d’épanchement pleural à la base du poumon gauche remontant jusqu’à

l'épine de l’omoplate. La ponction exploratrice pratiquée ce

1. Les circonstances de la guerre ne nous ont pas permis de pratiquer chez nos malades un certain nombre d’examens que nous jugions cependant utiles : examen cytologique du liquide, radioscopie des sommets et contrôle radioscopique de l'évolution de l’épanchement, examen bactériologique des ,crachats,etc,

2. Le séro-diagnostic de Widal a été fait, dans le service du D: Laubry et s’est montré nettement négatif.

CS

— ho —

jour ramène quelques centimètres cubes d’un liquide clair

et citrin.

Du r1au 16,la température reste auxenvirons de 4o degrés et l’'épanchement augmente. L'état du cœur, pouls petit et rapide à 110 inspire quelques inquiétudes et nécessite des injections d'huile camphrée.

16 janvier. — Nous aspirons deux centimètres cubes de liquide pleural, que nous injectons sous la peau, suivant la technique que nous avons indiquée. Le soir de l'injection la température est à 4o degrés. 4

Du 17 au 20 janvier, la température décroît régulièrement par chutes journalières de 5 à 8 dixièmes de degré et remontées vespérales de 2 dixièmes, si bien que la tempé-

rature n’est plus le 20 que de 38°2.

En même temps le taux des urines qui était le 16 de 5oo centimètres cubes environ atteint et dépasse 1.200 centimètresicubes les jours suivants.

Les troubles cardiaques ont disparu.

21 janvier. — L’épanchement qui avait légèrement diminué augmente de nouveau. Les urines retombent à 500 centimètres cubes et la température saute brusquement du matin au soir de 38°2 à 4o degrés.

23 janvier. — La température est à 386 le matin. Nous pratiquons une ponction suivie d'injection (2 cmc. de liquide | pleural citrin). Le soir la température est à 39°8.

23 au 27 janvier. — Les effets de l'injection sont surprenants. La température s’abaisse de près d’un degré par jour si bien que le 27 la température est à 37°2 le matin et 37°6 le

soir.

— 4x — Le taux des urines monte progressivement de 500 centimètres cubes à » litres.

27 janvier. — L'épanchement pleural a diminué de moitié. L'état général est très satisfaisant.

À partir du 27, l'état pleural va en s'améliorant et le 3 février le liquide a complètement disparu. Le murmure vésiculaire s'entend à la base du poumon gauche. Le malade

conserve des frottements pleuraux. Convalescence longue.

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