OBSERVATION II
Soldat M..., vingt ans. Cultivateur. :
Pas d’antécédents morbides héréditaires ni personnels. Mobilisé en 1915 ; il a toujours été bien portant jusqu’en avril 1917.
Au cours d’une permission il est pris de fièvre, avec légers frissons et point de côté violent. Il rejoint son corps etentre à l'hôpital le 18 avril 1915.
On constate à la base droite un épanchement pleurétique dont la matité remonte à deux travers de doigt au-dessus de l’angle de l’omoplate. L'état général est bon et la température est à 37°%4.
Nous pretiquons une ponction exploratrice et injectons dans le tissu cellulaire sous-cutané 2 centimètres cubes de liquide pleural citrin. Le soir, la témpérature atteint 37°6; il n’y a aucune réaction locale ni générale du fait de l'injection.
Le lendemain, le taux des urines s’est élevé de 1.200 à 2.500 centimètres cubes, taux qui persiste jusqu'au 93 avril, pour s'établir ensuite entre 1.500 et 1.800 centimètres cubes.
La température oscille entre 37 degrés et 37%.
de mme 42 — L'épanchementdisparaît rapidement pour nelaisser aucune trace le 4 avril, dix-septième jour de la maladie. Voilà donc un épanchement assez abondant qui a cédé en dix-sept jours. La rapidité de la résolution nous autorise à
penser à l’heureuse influence de l’autothérapie.
OBSERVATION IIT
Soldat Mont..…., vingt ans.
Pas d’antécédents morbides héréditaires, ni personnels,
Evacué à l'hôpital avec lejdiagnostic de bronchite suspecte des sommets, le 11 avril.
On trouve à son arrivée tous les signes d’un épanchement pleural droit très abondant. La matité remonte jusqu’à l'épine de l’omoplate. La température qui les jours précédents n'avait pas dépassé 37°8 est à 40 degrés.
13avril. — Latempérature est à 38 degrés. Nous attribuons l'élévation thermique des deux jours précédents à un voyage long et pénible que le malade dut accomplir pour gagner l'hôpital. | à
16 avril. — L'épanchement ne paraît pas augmenter, mais la gène respiratoire est très accusée, le pouls est petit et rapide à 90. Devant ces symptômes nous pratiquons une ponction avec injection dans leltissu cellulaire sous-cutané de deux centimètres cubes du liquide pleural clair et citrin.
Le soir la température s’abaisse à 3704. Elle était à 38 degrés le matin. Néanmoins l’état général est sérieux, nécessitant une injection d’huile camphrée et l'administration d’une
potion de Todd.
17 avril. — Température vespérale, 37*6. Etat toujours
sérieux.
19 avril. — Température vespérale, 3904.
-20 avril. — Température vespérale, 3766.
A partir du 20, l’état général s'améliore sensiblement.
La température décroît graduellement pour se tenir à partir du 98 entre 36°5 et 37 degrés. Le 28, c’est-à-dire en quinze jours, l’épanchement a totalement disparu ne laissant que quelques frottements pleuraux. Le malade se sent bien, mange de bon appétit et reprend graduellement ses forces. IL est si bien guéri qu'une rougeole ‘qui se déclare les jours suivants, évolue chez lui sans complication et sans fièvre exagérée. Il y a cependant des réserves à faire sur le pro-
nostic tuberculeux. La courbe urinaire est restée station-
naire chez ce malade durant toute la maladie.