‹ L'autre aventure du joyeux garçon;Chapitre 14 sur 43 · ELLE USA PLUS QUE JAMAIS DE SON TÉLÉPHONE · texte numérisé non relu

ELLE USA PLUS QUE JAMAIS DE SON TÉLÉPHONE

cune inquiétude. Elle n’avait pas de ces rappels brusques du coup reçu hier. Elle n’avait pas d’élancements, ni d’angoisse, intermittente ou continue. Elle était étrangement tranquille. Elle savait qu’il était blessé, qu’elle allait le soigner, et elle ne faisait pas de différence entre soigner et guérir. Elle renonçait entièrement : elle n’aurait pu dire à quoi elle renonçait. Elle était résignée, et cela lui faisait presque le même effet que d’être morte. Si parfois elle avait comme une sensation vague, c’était celle de l’anéantissement : et alors elle souriait.

Ce sourire était si pénible à M. Morand- Fargueil qu’il détournait les yeux. Il regardait à la portière. Il voyait passer sur la route des camions, ou les anciens autobus de Paris. Pour la distraire, il lui montrait ces signes de la guerre toute proche ; il lui montrait des campements le long de la voie, des soldats vêtus de kaki ou de bleu. Docilement, afin de ne

L’Autre Aventure du Joyeux Garçon.

pas déplaire à son mari, elle se penchait, elle regardait dans la direction qu’il lui avait indiquée. Elle regardait, mais elle ne voyait rien. Elle trouvait moyen de dire quelques mots, pour avoir l’air de s’intéresser au spectacle. Elle ne s’éveilla même pas de sa torpeur lorsque l’on commença d’entendre le canon. L’entenditelle? Du moins elle ne prêta aucune attention aux propos de ses compagnons de voyage, permissionnaires à qui ce bruit était familier.

Une heure plus tard, quand le train fit

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