‹ L'autre aventure du joyeux garçon;Chapitre 29 sur 43 · NINI ÉTAIT PLUS DE MONTMARTRE QUE DE TANAGRA · texte numérisé non relu

NINI ÉTAIT PLUS DE MONTMARTRE QUE DE TANAGRA

la lettre contenait un résumé du testament, qui instituait Davy Pipe légataire universel, sous trois conditions. La première était que Davy, actuellement catholique, embrasserait la religion réformée ; la seconde, qu’il poursuivrait ses études de peinture jusqu’à l’âge de vingt-six ans et demi, et qu’il obtiendrait alors une mention honorable au Salon des Champs-Elysées ; et la troisième, qu’il s’abstiendrait des femmes jusqu’à ce même âge de vingt-six ans et six mois.

Nini, en entendant ces derniers mots, sauta à bas du lit, et se drapa le plus modestement qu’elle put dans ce qui lui restait de sa tunique.

Davy Pipe.

— Qu’est-ce que tu fais? lui dit le jeune Américain, avec surprise, mais avec calme.

— Je f... le camp, répondit cette brave fille. Tu ne vas pas rater une fortune pareille pour le plaisir de coucher avec moi !

Davy la remercia, mais lui assura que depuis bien longtemps il ne méritait plus la fortune de l’oncle Simmonds.

— C’est juste, dit-elle, en se replaçant sur le lit, où elle se rendormit tout aussitôt.

Lorsqu’ils se réveillèrent, vers deux heures, Davy Pipe vit bien qu’il était couché près d’elle ; mais le plaisant est

— Tu dis que tu ne mérites plus cette, fortune depuis longtemps, et il est vrai que tu la mérites encore moins depuis cinq minutes. Mais écoute-moi bien, mon chéri. Je ne te donnerai pas un mauvais conseil. Il se peut que je sois ce que je suis, mais je suis tout de même une honnête fille pour l’argent.

Je n’ai jamais fait tort d’un centime à personne. Si je croyais que tu as perdu moralement la fortune de ton oncle parce que tu as manqué à la condition du testament, je serais la première à te dire : « Mon vieux, n’y touche pas. » Mais il ne suffit pas d’être honnête, il

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