SCÈNE II
CLAIRE JADALX, MADELEINE MA- DAME LACORTE, FREYDIERES DE MEILLAX, JADAIX, HEYBKXS, ' etc., qui entourent MADAME EKNSTEIX- D.VLILA, FOXTEXAY-SAMSOX et "l.- GHAXD-PRETRE.
Des gens se répondent dans le petit salon et en exclamations admirativcs. Tohuboliu, brouhaha. On entend des phrases comme celles-ci ;
PRABERT. — Madame, vûulez-vous me présenter a M"' Jadain ?
VOIX DIVERSES. — C'est admirable! c'est superbe... Quelle voix délicieuse, chaude. La roix de Bréval... et oe costume... une mereeille... etc.
MADAME ERNSTEiN. — Olî ! c'est uu plaisir de chanter avec lui.
Elle désigne Samson.
MADAME LACORTE. — Le fait est que vous TOUS complétez admirablement. Quel beau jouple, quel ravissant duo! c'est une joie de v'ous entendre.
Cependant Luynais et Clémentier se sont rapprochés.
LUYNAis, à M^^ Ernstein. — Ah ! madame, je ne vous fais pas de compliments.
CLÉMENTIER. — Vous m'avez donné le grand frisson.
MADAME ERNSTEIN. — C'est vrai?
LUYNAIS. — R.ien qu'à vous écouter, nous étions devenus tout pâles.
CLÉMENTIER. — Il n'exagère pas... Comment vous remercier du plaisir que vous m'avez fait ?
MADAME ERNSTEIN. — C'est bien simple, eu vous occupant des jeunes filles, en leur offrant le bras pour les conduire au buffet, pendant qu'on va ouvrir l&s fenêtres dans ie grand salon pour donner un peu d'air... Il faisait une chaleur là-dedans! Alors, il y a des jeunes filles qui doivent littéralement mourir de soif.
LUYNAIS. — Et elles espèrent le bras protecteur sur lequel s'appuyer pour glisser vers Jes coupes de ohampagne.
MADAME ERNSTEIN. — Vous avez compris ?
LUYNAIS. — Elles n'ont donc pas do frères?
CLÉME.NT1ER. — Pas de parents?
LUYNAIS. — Pas d'amis?
MADAME ERNSTEIN. Allez... Alloz!..,
l'RABERT, à M"^^ Ernstein. — Madame, \oulez-vous me présenter à M^'® Jadain ?
MADAME ERNSTEIN. — Que VOUS avais-je dit? N'est-ce pas qu'elle est jolie?
PRABER.T. — Ravissante!
MADAME ERNSTEIN. — Et puis, c'est Une vraie jeune fille; elle vient d'avoir dix-huit ans; elle fait ce soir son entrée dans le monde; c'est son premier bal. Promettez-moi d'être très convenable.
l'RADERT. — Mais je n'ai pas l'habitude...
MADAME ERNSTEIN. C'est qUO je VOUS
connais... vous avez une réputation...
PRABERï. — Je vaux mieux que ma réputation, je vous assure... On va danser, n'est- 10 pas ?
MADAME ERNSTEIN. — Qh ! il est déjà tard. On va faire deux ou trois tours do valse avant le cotillon.
Elle amène Prabert auprès de Madeleine qui est dans un petit groupe avec sa mère, son père. Freydieres.
MADAME ERNSTEIN. ■ — Madeleine, je vous présente M. Prabert.
PRABERT, s'inclinant. — Mademoiselle, voudrez-vous me faire l'honneur de m'accorder la première valse ?
MADELEINE. — Oui, monsieuT.
PRABERT. — Vous u'aA'cz pas soif, mademoiselle ?
MADELEiN-E. — Si, monsieuT, j'ai très soif.
PRABERT. — Me permettrez-vous de vous accompagner au buffet?
MADELEIN-E, à SQ mcrc. — Maman, je te retrouverai ici.
CLAIRE. — Oui, ma chérie... tu me retrouveras ici dans ce petit salon.
Madeleine sort au bras de Prabert ; M™® Ernstein glisse vers un autre groupe. Fontenay cause avec le Grand-Prêtre, de Meillan avec une très jolie femme, M™« Lacorte ; Ernstein est venu auprès d'un jeune homme à baibe noire qui est tout seul et qui n'a pas l'air de s'amuser.