‹ L'autre dangerChapitre 70 sur 88 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les Mêmes, CHARLOTTE, HUBERT, SAINT-PHOIN

t jiAui.orrE, toujours très gaie. — Ne vous dérangez pas^ c'est nous! Bonjour, monsieur le curé, bonjour, Valentine. Vous n'avez pas eu peur? Nous ne savions pas que vous étiez là... Il y a une chasse au rabat chez les Schlam, c'est ce qui vous explique notre présence dans ces parages.

l'abiîé bloqiin. — Vouv avez fait une bonne chasse, madame ?

CHARLOTTE. — J'ai tué vinigt-trois faisans.

l'abbé BLOqriN. — Vous dites?

CHARLOTTE. — Vingt-troi-^. Il faut dire que je n'ai qu'à tirer, M. de Courrezac se tient derrière moi et me passe les fusils tout chargéiS. C'est très amusant. Tout le gibier qu'ils manquent en face, chez les Sclilam, Aient de notre côté; nos porte-carniers plient fous le poids de la plume... C'est très joli ici, très joli. Regardez donc ces bruyères et ces ajoncs, si on ne dirait pas une tenture pour chambre d'amis !

SAINT-PHOIN. — Pourquoi d'amis?

CHARLOTTE. — Tieiis ! Une châtaigne qui

Le Torrent

vient de tomber... Un peu plus je la recevais sur la tête!... Ohannaut! (.-1 Saint-riioin qui l'a nimassée.) Vous allez la conserver, Saint- Phoin ?

SAiNT-i'HOiN. — Oui, je vous la renverrai glacée, au premier jour de l'an.

CH.\RLOTTi:. — Alors, vous en ajouterez quelques-unes pour que ça fasse au moins une livre... (Elle vu au fond de la scène.) C'est décidément très joli ici... je ne connaissait pas du tout cet endroit-là. Dites donc, Saint- Plioin, venez donc voir, c'est encore assea haut, on ferait une belle culbute... Je ne reste pas là, j'aurais le vertige... Au fait^ Valentine, comment se fait-il qu'on vous trouve ici, en tête-à-tête avec monsieur le curé? Vous vous confessiez?

VALENTINE. — Nous sommes venus voir cette pauvre Céline.

CHARLOTTE. — Ah ! elle est là ? Comment va-t-elle ?

VALENTINE. — Elle va bien.

CHARLOTTE. — Et pour quand est-ce?

valentint; — C'est fait. L'enfant est arrivé ce matin, un superbe petit garçon.

CHARLOTTE. — Comment, ça y est ? Ah ! quelle chance ! moi qui n'ai jamais vu de nouveau-né! On peut le voir?

VALENTINE. — Mais certainement.

CHARLOTTE. — Vcuez-vous, Saint-Phoin ?

SAINT-PHOIN. — Non ! je n'aime pas voir ça.

CH.\RL0TTE. — Ça n'cst pas sale!

s.iiNT-PHOiN. — Je ne vous dis pas; mais ça me fait faire un retour sur moi-même qui m'est très pénible.

Charlotte et Valentine rentrent dans la maison, suivies de M. de Courrezac. L'abbé Bloquin et Saint-Phoin restent seuls.

l'abré BLOQiiN. — Mais c'est moi... c'est mi^i, sur ma machine... quand donc m'avez- \ou.s pris?

sAiNT-i'îioiN. — Hier, chez les Lambert, dans la cour, au moment où vous partiez;

L'ABBE BLOaUIN, — C'est moj, sur .ma

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