SCÈNE IV
je vous ai vise, sans que vou.s vous en aperceviez.
l'abbé bloquin. — C'est une fort jolie épreuve.
Il veut la rendre à Saint-Phoin.
SAIXT-PHOIX, L'ABBE BLOQUIX
SAINT-PHOIN. — Eh bien ! monsieur le curé, qu'est-ce que vous avez fait de votre pétrolette ?
l'abbé BLOQUIN. — Je l'ai laissée à la maison... Ça monte trop pour venir ici.
SAINT-PHOIN. — Ah! à propos, j'ai quelque chose à vous montrer.
II tire de son carnet une épreuve photographique qu'il remet à l'abbé Bloquin.
SAi.NT-PHOiN. — Gardez-la, monsieur le curé... si ça peut vous faire plaisir.
l'abbé BLOQUIN. — Je vous remercie...
Aous êtes trop aimable... (Il regard f V épreuve.) C'est drôle, n'e-st-ce pas, un ciné sur une pétrolette ?
SAiNT-PHOiN. — Pas du tout... je trouve que ça a beaucoup d'allure.
l'abbé BLOQUIN. — Dame ! ça en a au moins trois, puisqu'il y a trois vitesses.
II rit.
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Le Torrent
SAiNT-PHOiN. — Tenez, monsieur le curé, c'est l'année dernière que j'ai compris la poésie, oui, la poé»sie de la pétrolette, et cela dans les circonstance>s suivantes. Un grand journal de Paris avait organisé des courses de dames artistes autour de l'hippodrome de Longchamp. Tout à coup, les cheveux au vent sous une casquette de polo, avec une vareuse de marin, une vareuse en caoutchouc comme un suroît, une jeune personne passa le poteau dans une vitesse de cinquante à l'heure... Le juge, à l'arrivée, tira un coup <le pistolet...
l'abbé BLOQrrN. — Sur elle?
SAiNT-i'HOiN. — Non, en l'air, et la musique militaire joua l'ouverture de Zampa... Vous m'avouerez que ça n'est pas banal.
l'abbé bloquin. — Ça devait être un cliarmant spectacle.
Charlotte et Valentine avec M. de Courrezac sortent de la maison. L'abbé Bloquin s'en va, Valentine l'accompagne.