CHARLOTTE, SAINT-PHOIN, HUBERT
SAINT-PHOIN. — Vous avez vu le moucheron?
CHARLOTTE. — Oui ! Dicu que c'est vilain! C'est tout rouge et tout ridé... et il fait ohaud là-dedans, c'est une horreur ! Vous savez quel âge il a?... six heures.
hubekt. — C'est le plus jeune de nous tous.
CHARLOTTE. — Incontestablement... Quel âge avez-vous, Saint-Phoin ?
.SAINT-PHOIN. — Vous savez bien que je déteste ces plaisanteries-là. D'abord, j'ai l'âge que je parais.
HUBERT. — En ce cas, M. Saint-Phoin accuse quarante ans
CHARLOTTE. — Il a tort d'accuser quarante, puisque c'est quarante-cinq qui est coupable.
SAINT-PHOIN. — T'ourquoi pas cinquante, pendant que vous y êtes? Non! non! j'ai eu trente-neuf ans...
CHARLOTTE. — Aux trufîes ! Vous n'avez que trente-neuf ans?
SAINT-PHOIN. — Et six heures, si vous voulez.
CHARLOTTE. — Voilà trois ans que vous dites trente-neuf ans... il faut pourtant vous
faire une raison, Saint-Phoin : l'homme a un an de plus chaque année.
SAINT-PHOIN. — Et la femme tous les trois ans seulement... c'est bien connu.
HUBERT. — Est-ce que nous ne contiuuon> pas à chasser ?
CHARLOTTE. — Reposous-iious uH iiistant... on est si bien ici...
HUBERT. — Comme vous voudrez.
SAiNT-PHOiN, voyant l'aJentine qui revient seule. — Moi, je vais causer un peu avec Tyjme Lambert... elle est là toute seule, personne ne s'occupe d'elle ; nous ne sommes pa.< très polis.
11 va rejoindre M""^ Lambert.