‹ L'autre (volume 2)Chapitre 66 sur 88 · SCÈNE VII HÉLÈNE, MAXWELL, JEANNE · texte numérisé non relu

SCÈNE VII HÉLÈNE, MAXWELL, JEANNE

MA X WELL, Toalant suivre Barthez.

Barlhez va trop vile, vous ne consentez pas... laissez-moi

le retenir. (Hélène le retient par la main sans rien dire, un peu confuse.)

Quoi donc?... Parlez !...

JEANNE

Vous voyez bien qu'elle l'aime !

MAXWELL

Qu'elle le dise et je l'aimerai aussi, moi, s'il le faut!.. Hélène! ne suis-je pas voire ami le plus dévoué? parlez, je le veux... je vous en prie 1...

JEANNE

Oui, Hélène soyez sincère !...

HÉLÈNE

Ah ! mes amis, je ne peux pas dire, moi, je ne sais pas j'ai tant souffert, tous ces derniers temps, je me suis tellement oubliée...

MAXWELL

Dites la vérité, Hélène, vous vous croyez enchaînée el vous allez encore vous sacrifier ! Pour que Marcus recouvre des moyens d'existence qu'il ne sait pas devoir à lui-même, vous laissez renouer un lien qui se détachait tout seul.

HÉLÈNE

Non, ce n'est pas cela; c'est... tenez, jugez-moi tous deux ! je l'aimais tant, quand il était ici élevé avec moi !... je lui cédais toujours.

MAXWELL

Oui, cl vous continuez!...

IIÉLKNE.

Mais... c'6t;ùl mon plaisir et ma joie, de lui céder; pourquoi ne serait-ce plus de même ? quand je le voyais content, j'étais heureuse, quand il se blessait en jouant, c'est moi qui pleurais! j'ai eu tant de chagrin quand il nous a quittés pour habiter la ville! il riait, lui, il était content de changer, de s'émanciper... moi, je dévorais mes larmes. Depuis ce moment-là, j'ai senti que je l'aimais autrement, moins bien peut-être I je lui en ai voulu de m'avoir été si cher et de ne pas s'en être aperçu, j'ai reconnu que je ne pouvais pas vivre heureuse sans lui et j'ai été bien en colère de ce qu'il pouvait vivre sans moi. Voilà pourquoi depuis trois ans je vous dis que je ne l'aime pas... mais je crois bien que je me suis menti à moi-même, et à présent, qu'il m'aime bien ou mal, je ne veux pas qu'il parte, car avec lui s'en ira tout mou courage, et, quand je n'aurai plus ma grand'mère, mon existence sans lui n'aura plus de raison d'être !

JE ANNE, à Maxwell.

Je savais tout cela, moi ! il faut être femme pour comprendre ce qu'on ne vous dit pas et vous ne vouliez pas me croire.

HÉLÈNE, à Maxwell.

Vous voilà mécontent, attristé ! Ah ! mon ami, vous avez promis de l'aimer si je l'aime !

MAXWELL

Je suis très-malheureux, Hélène ! oui, bien malheureux ! vous l'aimez, je le sens, je le vois, et vous ne pouvez pas Pépousor, à i>résent du moins et dans cescondiiions-là !

Qui donc s'y opposerait?

Page 1