A NT ON TA
Ah! cher père! ah! prends pitié de moi! Je succombe aux douleurs, à l'angoisse, à l'effroi. Cette exaltation est aujourd'hui calmée, Qui d'intrépidité me fit paraître armée; L'épreuve a jeté bas cet héroïsme faux. Nous n'étions pas alors au pied des échafauds, Et, regardé de loin, l'éclat du sacrifice Illuminait la palme et voilait le supplice ; Mais, quand chaque heure apporte un étage au bûcher. Quand il est là, du doigt que je puis le touchei-,
Étendant la main vers les rideaux.
Que de la salle où siège un tribunal barbare
Cette mince barrière à peine me sépare ,
La nature reprend ses droits avec fureur ;
Je ne suis plus que fille et frissonne d'horreur;
Je ne vois que mon père expirant dans les flammes ;
Ce tableau fait .de moi la plus lâche des femmes.
Non, non, de ta vertu je n'ai pas hérité;
Non, n'espère de moi nul effort de fierté.
Je me jette, éplorée, à tes pieds que j'embrasse.
Abjure, père, abjure! Achète ainsi ta grâce!
Fais-le pour moi; sois-moi soumis comme autrefois.
80 GALILEE
Quand, pendue à ton cou, l'enfant dictait ses lois; Fais-le pour ton tyran, dont la toute-puissance N'a jamais rencontré ta désobéissance.
Galilée caclie sa tète dans ses mains.
Tu ne me réponds pas ! ton regard fuit le mien !
Elle se relève et va se jeter dans les bras de Taddeo.
— Je l'aime éperdument; je l'aime, entends-tu bien, D'une amour sans égale, invincible, inouïe. M'arracher Taddeo, c'est m'arracher la vie, Et , quand par tes roideurs tu brises notre hymen , Tu me frappes à mort, toi-même, de ta main.
GALILÉE, d'un ton de douleur et de reproche.
Oh ! ma fille !
Taddeo s'agenouille devant Galilée ainsi qu'Antonia. TADDEO, agenouillé.
Cédez ! — Devant Dieu que j'atteste.
Montrant Antonio.
Je jure le bonheur de cet être céleste.
Cédez, et bénissez, père, vos deux enfants,
Qui d'un pieux respect ceindront vos cheveux blancs!
VIVIAN, s'agenouillant.
Cédez , maître !