‹ L'autreChapitre 39 sur 150 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

HELENE, mêire jeu.

Pas davantage.

Tu m'épouserais par générosité?

HÉLÈNE

Par dévouement, paramiiié fralernellc.

MARCUS

Si j'acceptais, qu'est-ce que tu penserais de moi ?

Je penserais que tu m'estimes et nie comprends.

MARCUS

Voyons! tu sais que je n'ai jamais fait de sottises. Me crois-tu capable d'en faire ?

HÉLÈNE

Je suis certaine que tu n'en feras jamais.

Tu ne souffriras pas, toi s; studieuse et si instruite, de mon peu de savoir, de mon manque de poésie?

HÉLÈNE

Si j'en souffre, personne ne le saura et je tâcherai de ne pas le savoir moi-même !

MARCUS

Tu sais que je ne suis pas comme beaucoup de nos Provençaux, un coureur de lointaines aventures, encore moins un viveur de province; que je ne singe pas les beaux petits messieurs de Paris; que je trouve le vice bête, que je hais la pose, (jue je suis enfin un brave garçon sans reproche et sans art? Tel que je suis, me liendras-lu compte, je ne dis pas de mes brillantes qualités, je n'en ai pas, mais de l'absence de défauts choquants et insupportables ?

HÉLÈNE

Je chercherai lt\ mon bonheu'*.

M ARC us.

Oh! le bonheur, ma chère, c'est un état négatif; c'est l'absence de préoccupalions.

HÉLÈNE

Je m'habituerai à cette appréciation de la vie.

MARCUS

Eh bien, attends un peu. Tu me jures que ce n'est pas un coup de tête, que tu n'avais pas rêvé l'idéal avec moi ?

IIÉLÎ-NE.

Je te le jure.

MARCUS

Alors... écoute à ton tour. Voici ma théorie, à moi. On se repent de l'enthousiasme, on se dégoiîle de la passion, on en vient toujours à mépriser les idoles ; leur état, c'est d'être souffletées un jour ou l'autre. L'amitié ne laisse pas de remords, elle n'est pas l'esclave du caprice. La nôtre dure sans nuages depuis notre enfance, elle peut durer autant que nous! Hélène, je ne l'ai jamais parlé mariage parce que je savais que ta grand'mère le désirait et que j'eusse craint de tromper l'attente de ta jeune imagination : j'aurais tremblé, j'aurais fui peut-être devant ton amour. Mais, puisque c'est la raison qui prononce, j'accepte ton amitié, ta confiance et ta main.

HÉLÈNE

Va vite dire à bonne maman que nous sommes décidés.

Non! nous savons qu'elle approuvera; mais la position où je suis désormais me défend l'initiative. Tu l'as prise, c'est à toi de la conserver.

HÉLÈNE

J'y vais.

Elle sort, JIARCUS) étonné, et comme ivre.

Eh bien, voilà une solution inattendue, par exemple! elle

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