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été appelé, Barnum, 1 ê** faiseurs. 11- ûhj
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de l'année^ Les corporations de la ville des dl le CQWUH
SI h quoi ti ml cela a-t-il abouti? à mi humera
olition de l'édifice et i ta vente de ses matériaux mis parler du vide affréta qui s'est lait dans la pue» eue voles actionnaire
IflSeti, je 11 ai pas besoin de ie dire, n'étaii allé au
lut ni en industriel, 111 en philosophe, ni même eu artiste* le un 1 (rompe ; il y était aile eu flâneur, « l ? hes que t es ^ens-là?Le bruit,
le mouvement, les physionomies contrastantes* les jolies Ttwueiieu-es, toutes choses qui s'entendaici aient
diversement et si joyeusement .\ l'exposition de Lundi et?, il avait espéré les rencontrer lu, au lieu de cette vie, il ne trouva qu'une perspùr oide et inanimée; un silence de mort léguait dans toutes i éd i l ire ; et n 101 1 1 es 11 gur es <Xex-
paraaj k •duits, taudis qu'une araignée uomeoëe ciiudupleii> <t de sa traîne grise le Cheval du g>
le fuir cette nouvelle uécropoLe el d'aller tète et ses membres riin — Pw j'ai hien mal choisi
mon joui* ! J'ai fendez-uous dans quelques heures avec une jolie femme et je viens passer mon temps dans ce grenier, uii la température, en plein mois de juin, est audessous de zéro ! Voilà de quoi éteindre la plus fougueuse imagination, et je mériterais bien que la belle Sarah me trouvât ce soir aussi bête que Fart américain î
Fidèle à son rendez-vous, Julien , à sept heures sonnantes, entrait dans le parloir de miss Sarah, et un quart d'heure après, la jeune fille, revêtue d'une robe grise décolletée, se présenta.
— Allons ! vite, vite I dit-elle, le révérend B*** doit ce soir nous lire un discours sur l'esclavage ; j'ai hâte d'arriver.
La figure de Julien s'allongea ; il se rappelait la soirée de la veille.
Puis, retenant l'Américaine, et la menant sur le canapé :
— Qu'est-ce que la flirtation? murmura-t-il tout bas, en attirant la jeune fille bien près de son cœur.
L'Américaine renversa sa blonde et jolie tête sur l'épaule du jeune homme, et lui dit :
— Vous le saurez, mais pas ce soir ; partons, partons î Miss Sarah et Julien, montant en voiture, furent bientôt
rendus chez la bloomériste de Cottage-Place. Les deux salons étaient déjà remplis d'invités aux physionomies les plus bizarres et aux caractères les plus divers. Un homme se leva et se dirigea vers une petite estrade, préparée pour cette occasion. Il était à la fois mince et d'une très-haute taille. Son cou maigre était aussi raide que sa cravate
blanche, et de longs cheveux bruns descendaient sur ses épaules grêles comme celles d'un enfant. Son nez, d'une longueur démesurée, contrastait singulièrement avec ses yeux obliques et petits comme ceux des Chinois. Il tenait à la main un manuscrit dont l'énorme volume fit frissonner Julien.
a Ladies and gentlemen, s'écria-t-il en commençant, vous formez l'auditoire le plus intelligent qui soit réuni dans le monde à cette heure ! Je suis fier d'avoir à vous parler sur une question aussi importante que celle de l'abolition de l'esclavage. Mais je n'abuserai pas de vos moments, et je me bornerai, pour ce soir, à quelques rapides observations. »
Il parla une heure et demie ! La création du monde, le déluge, la formation des langues, l'esclavage dans l'antiquité, la fusion des races, les grandes découvertes modernes, l'égalité universelle... il passa tout en revue; il termina par une apostrophe véhémente aux slaveholders l et par un long dithyrambe à la louange des États-Unis, qu'il proclama, cela va sans dire, la plus grande, la plus généreuse et la plus puissante nation du monde. Son auditoire l'applaudit bruyamment; Julien soupira. — Il faut que cet homme soit à la fois bien épris et bien convaincu de ses opinions, pensa-t-il, pour oser en faire le texte d'un discours aussi assommant.
11 apprit le lendemain que cet orateur abolitionniste était un ancien planteur de la Caroline, qui, avant de déclarer ses opinions nouvelles, avait eu la précaution de vendre tous ses noirs.
1 Slaveholders, propriétaires d'esclaves.
Après ce premier discours, une femme vêtue d'un pantalon noué sur la cheville, d'une blouse et d'un mantelet, demanda la parole.
« Ladies and gentlemen, dit-elle, la liberté des femmes, vous le savez, est un principe admis aujourd'hui dans presque toutes les parties de l'Union américaine; mais son application est retardée par l'influence étrangère et jésuitique. 11 faut, par des adresses et des meetings publics, obliger le gouvernement à le faire passer dans la législation. Certes, à des esprits aussi élevés que les vôtres, je n'ai pas besoin de démontrer l'excellence des idées dont je me suis déclarée l'apôtre depuis longtemps. La femme en tout est régale de l'homme; elle a les mêmes besoins, les mêmes aspirations: elle doit avoir les mômes droits que lui. Lisez l'histoire ! et voyez combien de grands noms de femmes y figurent glorieusement ! Et pourtant la position qu'on nous a faite jusqu'ici a été sans cesse inférieure ! Mais qu'on nous accorde une liberté complète; que pour nous, comme pour les hommes, soient ouvertes toutes les voies : — professionnelles, législatives, commerciales et politiques; qae le divorce ne soit plus entouré de conditions qui le rendent quelquefois impossible; ou mieux, que le mariage, ce reste de la servitude, soit aboli; que l'amour, ce mot menteur qui cache une chaîne, soit remplacé par le libre choix des femmes... et alors, seulement alors, le monde, débarrassé de ses langes, sera devenu adulte; alors le progrès, qui n'a marché jusqu'ici qu'à pas de tortue, aura les ailes de la vapeur et de l'électricité; alors la civilisation sera en bon chemin, car l'influence de la femme sera générale et son règne universel! »
L'AUTRE MONOF as
se tournant vers Julien, lui dit avec euthou-
— lie* parlent aiuaî lie méritent-elles- pas les (boita ou"ell< ait?
— Uent tout, répondii Julien; seuîei. i ; de sa cause, que cette éluquemv
a p«ti plus jolie et 1 1 ' « ii t pas vî ti*j,i-<- ïii^ nis de
— \nih voilà bien, vous autres esprits superliciels qui n'appréciez une l'eninie que puni* sa jeunesa
«l beauté, 'l 'ru n';*vr/ pour (,»ui le mtaqp pro-
.<• hmIiUV-i r-iict- uu le plus urai: — Tenez, con-
nua la jfutî .idigualiuii, je n'aime
il en nu jour trans-
ulemeut cinq cou Us Américaines d&M Noire pays
ujcUir à W ■ d ne se passerai I
i nie-huit [lettres sans qu'il ) eut une révolution
profil de la femme!
— \<< chère fiâflkj comme si vous, l'élirz. pas beUej belle a rendre amoureux, tous les Iran-
«tu
— Le principe de 1,< liberté cleslcuuncs, répondit l'Américaine, je le place au-dessus de tous les avan-
osiquos, ci, pour aider à sou triomphe, je niiésime le sacrifice de ma beauté.
— Voilà une réponse, se dit à part Julien, à luqucll** niait jamais pensé.
Et, prévoyant que l'enfer et le ciel ne pourraient rien contre des opinions aussi carrément assises, il prit le seul parti raisonnable qui lui restât pour ne pas être mis à la porte . il s'inclina profondément devant la New-Yorkaise ; ce que celle-ci prit pour un geste d'assentiment et d'admiration.
— A la bonne heure ! s'écria-t-elle, j'aime à vous voir convaincu ! Après tout, vous et vos compatriotes, vous êtes de généreuses natures; il ne faut que vous placer sous une influence libre et féconde.
— Plaise à Dieu, murmura tendrement Julien, que je sois toujours placé sous la vôtre!
Sarah donna sa main à baiser à l'amoureux jeune homme.
Tout à coup, une grande agitation s'aperçoit dans le salon voisin. Sur l'ordre de miss Sarah, Julien s'empresse d'aller en connaître la cause. C'est un ami de la maison, qui vient de tomber frappé d'une attaque d'apoplexie. On l'emporte, et trois femmes-médecins qui se trouvent dans la réunion se disputent l'honneur de le saigner, tandis que Julien revient s'asseoir auprès de la belle Américaine.
Mais celle-ci, le présentant à un gentleman de sa connaissance, lui dit :
— Écoutez, je vais voir si je puis être utile à mes amies les doctoresses; en attendant, je charge M. Westerveltconing, rédacteur du New-York Tribune et l'un de mes meilleurs amis, de vous tenir compagnie. Adieu!
Julien aurait de bon cœur envoyé M. Westerveltconing au diable. Encore un libre penseur, se dit-il> qui va m'assommer d'une colonne de son pâteux journal! Oh! que
n'çn niis-je encore à cette délicieuse soirée d'hier? Hélas î eut...
— Vous paraisses bien rêveur? lui dit à ce moment sa tille connaissance.
— En eilet, je songeai* h telle femme gui était si befle hier, qui a tint d'éclat aujourd'hui... Étiez- vous au bal
qu'elle nous a donné?
— Non ; j'étais allé comme rapporteur à un mtetwg
EHûotnéiiste de Troy. Voua ne sauriez croira 1 elVet prodigieux qu'a produit cette réunion, où l'éloquence... — Nous y voilà, dit à part le poète.
— L'enthousiasme pour le droit et la justice... — Y avait-il au inoins de jolies femmes? demanda Juespérant échapper, par une i 'ouversation inridenlirade qui grondait sur lui.
— Je ne sais, monsieur, répondit froidement M. VYes ■Iteurimg;nous autres Américains, ce que nous recherchons d'abord chez les femmes, ce sont des principes politiques et des opinions indépendantes. Car enfin...
— Ali ! pardieu! s écria Julien, bouillant d'impalienee. mbei bien î Ces femmes-là y les abhorre ! je n'aime
ne relies qui sont jeunes et jolies, et qui cherchent le
— Quel homme, vous êtes I Calinez-vous; je n'ai pas Unie heurter vos idées, Je suis même persuadé qu'au
ud vous vous rapprochez de ma manière de voir. Tenez, il dans ce coin, sur ce canapé, el lorsque vous aurai exposé mon système, TOUS me direz le votre, iparerons,
— C'est inutile, monsieur Vous êtes républicain el vous
voulez l'émancipation de la femme; moi, je sota absolutiste et je fais chaque jour des vœux pour le retour des femmes en esclavage. Vous, votre ambition serait d* être président dans un pays où les femmes auraient le droH de voter ; moi, je ne connais pas de position à la fois plus légitime et plus enviable que celle du sultan à Constant!nople !...
Et après cette belle réponse, Julien tourna les talons à M. Westerveltconing, qui resta ébahi de tant d'extravagance, et scandalisé d'un sans-façon dont il ne croyait capables que les gentlemen du Kentucky.
Mais Julien avait ce soir-là du malheur. S'en étant allé causer avec un petit homme, à la physionomie mélancolique, h l'apparence inoffensive, au regard terne, quel ne fut pas son effroi de voir tout à coup les yeux de son interlocuteur devenir hagards, ses narines se dilater, ses traits prendre une expression violente, ses cheveux se hérisser, et de l'entendre s'écrier, en montrant du doigt un groupe d'oiseaux empaillés qui ornait la cheminée : « Et nous aussi nous aurons une queue ! »
Ce petit homme n'était rien moins que le célèbre Fitzcaltop, l'enthousiaste traducteur et l'ardent disciple de Charles Fourier.
11 était trop bon apôtre pour s'en tenir à cette exclamation. 11 ne manqua donc pas de suivre son idée et d'Initier Julien aux charmes et surtout aux avantages de sa doctrine, mais celui-ci, voyant l'orateur absorbé bientôt par son sujet, en profita pour aller rejoindre miss Sarah.
— Eh bien ? fit celle-ci en l'apercevant.
— Je viens vous enlever.
— Ah ! par exemple I
— Oui, les philosophes de la soirée me fatiguent, et jo meurs si vous ne venez avec moi.
— Cela vous plaît ? à moi aussi, allons !
Et, prenant congé de miss Laura, ils partirent et convinrent d'aller souper chez Tknmpson, dans Broadway.
Arrivés là, ils montèrent dans le salon supérieur. Il n'y avait personne. Ils furent s'asseoir dans le coin le plus confortable, et firent ensemble une carte extravagante. Tout le temps du souper, cela va sans dire, Julien fut très-amoureux; à son tour, miss Sarah parut très-tendre. Le jeune homme lui prenait les mains, elle se penchait sur son épaule ; il la pressait dans ses bras, chose à laquelle la jeune fille s'abandonnait avec une facilité qui exaltait l'amour-propre du poète non moins vivement que son imagination. Il se croyait aimé, et ce fut d'une voix basse et tendre qu'il murmura à l'oreille de la jeune Américaine ;
— Sarah! m'aimes-tu?...
— Oui, je t'aime!...
— Sois donc à moi, toute à moi !...
— Mon beau poète! fit Sarah en passant ses doigts effilés dans les bruns cheveux du jeune homme, m'aimeriez-vous encore si je vous disais non?
Julien ne l'écoutait plus; il était fou, il avait perdu la
tète; mais Sarah avait conservé toute sa présence d'esprit.
-—Tenez! dit-elle à Julien en se levant et s'approchant
d'un splendide rosier qui étalait dans une élégante jardinière ses belles fleurs épanouies; — voyez!
Et penchant son gracieux visage vers une magnifique rose, elle sembla en aspirer tout le parfum; elle la baisa et la rebaisa; elle inclina plusieurs fois la branche qui la portait de manière à ce que la fleur brillât un moment dans ses cheveux ou sur son sein; puis, revenant s'asseoir sans la détacher de sa tige, elle dit d'un air dégagé :
— Voilà une explication de la flirtation...
— - Que voulez-vous dire ?
— Si vous Comprenez les images, vous devez à présent savoir jusqu'où peuvent aller vos espérances.
— Et... est-ce irrévocable? risqua Julien d'un ton presque tendre.
— Irrévocable comme la liberté des femmes en Amérique ! prononça la jeune miss d'un ton sec et majestueux.
A cette réponse, Julien sentit tout d'un coup se glaeer son imagination. Cependant, il ne voulut pas avoir l'air d'abandonner si piteusement la partie; un reste d'espérance lui souriait encore au fond du cœur.
— Allons, je vous aime assez pour vous attendre, lui dit-il en effleurant sa joue d'une main caressante.
Et, se levant tous deux , ils sortirent. Julien arrêta la première voiture qui passait, et reconduisit miss Sarah chez elle... sans autre incident.