‹ L'autre mondeChapitre 6 sur 25 · i e que cela roe t'ait, à. moi, de courir le · texte numérisé non relu

i e que cela roe t'ait, à. moi, de courir le

ne d'être pendu, si je cours aussi la chance d'aimer

ne jolie lille mi\ yen\ noirs et d'en être aimé! 1

plus qu'ailleurs les fleura sont beDes et parfumées; les

liliques ; la sève chaude, elles cœurs ardents

jdoi ne nature connue celle-là qu'il me faut!

'aime les végétations Folles, les chaleurs tropicales, les

iriez-moi d'un pays oh lu chair des

brûle lundis que leur cœur s'ignore ! el non de

contrées ou leur esprit est corrompu quand leur corps

tnarbre! Et puis, vois-tu, j'aime les a venin

cette vie eYhcvelce que coudoient à la fols les pé-

lâents, les rem rtoiiesj les occasions

à quatre, tes duels, les i

ni jalous dans

5Î L'AUTRE MONDE les montagnes, les brigands dans les bois, les jeunes filles au bord des rivières... cette vie où toujours un grand soleil brille, où l'amour rayonne, où le cœur chante, où l'oiseau rit ; où rame, perpétuellement enthousiasmée, est sans cesse prête pour le plaisir, la lutte ou le kaiser ! Oui, pour moi, l'existence à vingt ans n'est qu'un brillant héritage qu'il faut dévorer, car on ne jouit de sa jeunesse qu'en la prodiguant. Dis ? u'est-il pas beau de vivre sans calcul, de s'abandonner à ce dieu des dieux, qui aime les natures jeunes et les femmes jolies : l'imprévu /... Mais toi, toi 1 que sont tous tes jours ? que sont les jours de tous ces hommes qui trafiquent et font des additionsjusque dans leur sommeil ? Des bras de bascule, des parties de machine dont tous lés mouvements sont prévus à l'avance. Fi donc de cette vie ignoble où les instincts sacrifient éternellement à la règle ; de cette vie froide et décolorée où la méthode l'emporte^sur l'inspiration ; où la raison commande à l'enthousiasme, où un peu d'or pèse davantage dans la balance que les plus belles pages de nos poètes ou que le sourire de la beauté î... Tu as beau dire, ami, j'aime encore mieux ma folie que ta sagesse. Les gens sages sont tous des gens médiocres ; il n'y a que les fous qui aient du génie et qui osent tenter les hasards d'où ils doivent sortir millionnaires ou

— Bon Dieu! murmura Richard, d'un ton presque douloureux; ne ferez- vous pas un miracle en faveur de Julien?

En disant ces mots, il ouvrit précipitamment la porte de sa chambre et la referma sur lui. Une minute après Julien entendit des pas connus retentir dans la rue : c'é-

tait son ami, qui allait en courant s'informer des prix de la cochenille et de l'indigo.

Presque aussitôt deux coups de pistolets, suivis immédiatement de cent autres moins fortes détonations, résonnèrent dans la maison.

Julien se jeta sur le cordon de la sonnette.

— Qu'est-ce? demanda-t-il à la fille accourue pour le servir.

— Comment! monsieur ne sait pas? Mais c'est le domestique qui commence avec les enfants à célébrer le ï juillet.

— ■ Je l'avais oublié, fit Julien de mauvaise humeur.

Et, revenant à sa toilette, il acheva de s'habiller, tandis que mille explosions s'entendaient déjà dans la rue et les quartiers environnants.

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