‹ L'autre vie (volume 2)Chapitre 5 sur 37 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

devenu l'être surhumain, se prépare aux dernières et éblouissantes visions du soleil.

Les spirites se prétendent en communication habituelle avec les habitants de la patrie invisible; ils entendent les âmes des défunts, errantes à travers l'espace immense, et ils décrivent avec eux, sous leur dictée, les détails du monde nouveau.

M. Gh. Lambert veut bien affirmer l'immortalité du juste, mais il condamne l'idée d'un châtiment sans fin du méchant, et renouvelant une thèse qui avait déjà séduit de grands écrivains du paganisme, il prétend que les bons seront immortels et que les mauvais seront anéantis.

Mais les rêves dont ces systèmes sont l'expression brillante, laissent debout le problème à résoudre et ne résistent pas à la critique sévère de la raison; ils charment à peine, pendant quelques heures, l'imagination naïve et le cœur ému de quelques adeptes, faciles à séduire, qui se jettent dans les chimères quand ils abandonnent la vérité. Tous ces rêves, mélange singulier de foi religieuse et d'indocile curiosité, de superstition et de science, de révolte et de piété attendrie, se heurtent à cette impérieuse question du penseur qui cherche une certitude éclairée : où sont les preuves de votre affirmation?

XVIII l'autre vie

C'est que la raison humaine vacille, en effet, et cherche en vain, en elle-même et autour d'elle, un point d'appui pour s'élancer dans l'autre monde et en explorer l'immensité.

Nous ne pouvons connaître ici-bas, et par nos facultés naturelles, ni lagravité de nos offenses, ni la grandeur et le mérite de la vertu, ni les secrets de la volonté juste et libre de Dieu, dans la récompense promise à l'homme de bien et dans le châtiment réservé aux méchants.

La raison démontre avec fermeté l'immortalité de l'àme, elle s'arrête là ; et comme un voyageur arrivé péniblement au sommet d'une haute montagne, l'homme attend qu'un coup de vent déchire le voile qui dérobe à sa vue le panorama grandiose dont il soupçonne la beauté, sans pouvoir la contempler.

Ace moment de la recherche de la vérité, les esprits se divisent, les uns demandent au mensonge consolant d'un révèle repos attendu, les autres, découragés, avouent l'impuissance de la raison humaine, et expriment ainsi leur tristesse résignée :

« Il y a deux manières, pour l'homme qui pense, d'avoir l'âme tranquille et l'esprit calme : la première est de posséder la vérité ou de croire la posséder sur des questions qui intéressent l'humanité; la seconde est de connaître

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