CHAPITRE VIII
L AME GLORIFIEE
La glorification de notre corps à Timage du Sauveur ressuscité, c'est une partie, c'est la plus faible partie de la récompense promise aux élus.
Au-dessus du corps dont nous venons de considérer les prérogatives nouvelles, il y a Fàme, et nous voulons savoir de quels dons merveilleux elle sera douée, et par quelles qualités nouvelles, dont la grâce lui a donné le germe, elle sera, elle aussi, glorifiée et unie à Dieu.
Lorsque l'homme est assez téméraire pour essayer de gravir, sans le secours de la révélation, les hauteurs vers lesquelles nous montons, soutenus par la foi, il s'égare et il tombe dans
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l'im de ces deux abîmes : le sensualisme ou la déification des passions les plus coupables, le panthéisme ou tout homme fait Dieu.
Aujourd'hui encore, après la longue et douloureuse expérience des siècles passés, la raison séparée de la foi vacille entre ces deux abimes, et nous promet ou l'esprit fait chair ou la chair faite Dieu.
Avec quelle sagesse la religion chrétienne évite ces deux écueils! Jamais la raison humaine livrée à elle-même n'aurait eu l'idée claire et exacte des prérogatives glorieuses et presque immatérielles des corps ressuscites. Jamais elle n'aurait eu l'idée de la glorification de l'âme telle que la parole révélée nous la fait connaître.
Il y a des hauteurs qui donnent le vertige, et l'abime est profond.
De même que notre corps glorieux ne cesse pas d'être le corps que nous avions sur la terre, malgré les qualités nouvelles dont il est revêtu, ainsi notre âme ne cesse pas d'être la même, au ciel, quelles que soient les grandeurs surnaturelles par lesquelles Dieu se prépare et se plait à la glorifier.
N'oubliez jamais ce principe fondamental de notre identité.
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Le bonheur du ciel ne doit anéantir ni notre raison, ni notre cœur, ni notre volonté. Nous conserverons dans la gloire ces nobles facultés. Nous savons aussi que le bonheur essentiel des Bienheureux doit consister dans Féternelle union de leurs facultés avec leur objet, dans la vision de Dieu. Notre âme un jour sera rassasiée. Satiabor ciini appariierit (jloria tua.
Je ne connais pas, il est vrai, dans toute leur étendue, les détails profonds et les mystères insondables de la bonté divine à l'égard des élus. Qui pourrait deviner les secrets de Dieu! Mais c'est déjà beaucoup pour notre âme, agitée par tant de craintes et par tant d'espérances, quand elle pense à la vie future, c'est beaucoup de savoir que nous conserverons toutes nos facultés, et que ces facultés seront rassasiées! Sîatiabor!
Quel est donc l'objet mystérieux que nous appelons et que nous cherchons, par toutes nos facultés?
L'esprit de l'homme cherche la vérité complète, infinie qui se confond avec Dieu lui-même; il cherche Dieu.
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Ici-bas nous pouvons à peine entrevoir et saluer le reflet ou la lointaine apparition des attributs de Dieu dans notre conscience qui distingue le bien du mal, sur les hautes cimes de l'âme où nous apprenons à distinguer le vrai du faux, dans cet univers dont la masse indique la puissance souveraine de celui qui l'a créé, et dont la savante harmonie exprime et affirme une intelligence suprême. En avançant encore, et en suivant les indications précises de la religion, notre âme éclairée par la foi apprend à mieux connaître la réalité du monde invisible qui nous entoure et nous attend; et elle sent, à des heures bénies de paix et de prière, l'action voilée et pleine de tendresse de Dieu qui l'éveille par une joie dont le principe n'appartient pas à la terre. Et cependant, cette connaissance de Dieu par la raison et par la foi est souvent froide, sèche, et toujours incomparablement éloignée de la réalité.
Mais l'intelligence des Bienheureux, éclairée par la lumière surnaturelle de la gloire, verra Dieu face à face et contemplera dans son essence, et sans efibrts et sans ténèbres, toute la vérité.
Elle verra alors clairement la solution des mystères dont elle affirmait ici-bas la vérité, avec la soumission docile de la foi : la Trinité, l'Incarnation, la Rédemption, les lois cachées de la Providence dans le gouvernement des âmes, dans le gouvernement du monde, et dans
son action sur les peuples dont l'histoire est trop souvent pour nous, ou une énigme ou un long scandale ; elle connaîtra l'économie surnaturelle des voies de Dieu dans la sanctification de ses élus et les merveilles infinies de l'essence même de Dieu.
Que de fois, ici-bas, l'orgueil de l'homme se révolte contre les difficultés et les ténèbres des mystères de la religion chrétienne! Que de fois aussi le cœur murmure contre la sévérité apparente de Dieu qui frappe cruellement au foyer, et qui sépare ceux qui s'aimaient d'un amour qui semblait plus fort que la mort ! Que de fois, enfin, la conscience trop faible dans sa soumission murmure contre le succès des ennemis de l'Eglise et contre l'abandon des enfants de Dieu!
Mais nous verrons au ciel, la sagesse et la bonté des lois contre lesquelles s'élèvent si injustement les protestations mal étouffées de notre raison, de notre conscience et de notre cœur.
L'esprit de l'homme glorifié ne s'arrête pas exclusivement à contempler Dieu dans les magnificences de sa vie intime, et à voir les âmes dans les manifestations des grâces qu'elles ont
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reçues, des vertus méritoires qu'elles ont pratiquées pendant la vie. Un troisième monde nous apparaît encore auprès du monde divin et du monde des âmes, c'est le monde vaste et profond de la nature matérielle, et de la science qui en prend possession.
Dieu agit toujours. La Trinité répond à sa vie intime; et les mondes, les étoiles, les soleils qu'il crée au firmament révèlent au dehors une partie de son activité.
Depuis l'origine du monde et avec une fortune diverse, le génie de l'homme a tenté de connaître la terre qu'il foule aux pieds, les soleils qui l'éclairent, les créatures inanimées et les créatures vivantes qui l'entourent, les lois qui président à leurs évolutions et à leurs mouvements. De loin en loin, à de très longs intervalles, nous voyons se lever des hommes de génie qui dominent leur siècle et qui ouvrent un chemin nouveau à l'esprit humain altéré de vérité. Galilée, Kepler, Newton nous font connaître une partie des mondes célestes; Guvier, Linné, Jussieu font passer sous nos yeux les richesses anatomiques des animaux et des végétaux; Ampère, Biot, Gauchy et derrière eux une armée de savants, nous révèlent les prodiges accomplis par ces forces autrefois mystérieuses : chaleur, lumière, vapeur, magnétisme, électricité. Avec quelle admiration mêlée d'étonnement et d'attente nous comptons ces victoires
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difficiles par lesquelles l'homme prend possession de sa demeure terrestre ! Avec quel respect nous saluons la mémoire des hommes de génie qui ont fait ces conquêtes et ouvert la voie à leurs successeurs dans le combatpour la vérité.
Or, les Bienheureux ont une science infiniment supérieure à la science de ces hommes de génie que vous admirez.
Mais où sont les esprits attentifs qui considèrent ces problèmes sous cet aspect plein de beauté, de grandeur et de consolation pour nous?
Suivez le développement et la preuve facile de cette affirmation.
Les sciences naturelles ont pour objet la connaissance du globe terrestre, des forces qui le remuent, des lois qui disciplinent ces forces dans la production de leurs effets. Je désigne sous le nom de globe terrestre, d'abord, l'écorce terrestre avec les couches inférieures superposées, et les créatures animales et végétales que la terre nourrit ; puis l'espace et l'éther qui le remplit, et enfin le firmament avec ses planètes, ses étoiles, ses soleils, accessibles à nos yeux. J'appelle forces, la chaleur, la vapeur, l'électricité, le magnétisme et toutes les énergies secrètes, redoutables, qui sillonnent et l'espace et la terre, et le firmament. J'appelle lois, la cause qui dirige les mouvements harmonieux des forces dans leur évolution.
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Or, qui a créé ce globe terrestre avec son écorce, ses habitants, son espace et sa voûte d'azur? c'est Dieu. Qui a créé les forces qui traversent comme des courants cachés et puissants et la terre, et l'espace, et le firmament? c'est Dieu. Qui a conçu et déterminé les lois qui servent de fondement à tontes les parties des sciences naturelles? c'est Dieu. La matière et les forces qu'elle contient sont l'imparfaite manifestation de la puissance infinie de Dieu; les lois de la nature sont l'expression de son intelligence et de sa pensée. Dieu, auteur de la nature, connaît donc tout l'univers, toutes les forces qu'il a créées, tous les efïets qu'elles peuvent produire, toutes les lois qu'il a conçues et qui règlent les mouvements de ces forces puissantes, et le Seigneur est bien, en vérité, le Dieu de toutes les sciences : Deiis scientianim . Dominus est.
Je ne connais que trois moyens de participer à la science de Dieu. Le premier, pénible, laborieux, est celui du savant qui travaille, cherche, étudie et entrevoit entin, avant de mourir, une partie des secrets de la nature. Nous l'appelons savant, mais qu'il sait peu de choses !
Le second est celui d'une manifestation ou d'une communication que Dieu fait directement à l'esprit humain. Cette communication est rare, incomplète, elle n'est pas impossible; elle a
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lien quelquefois pour des saints, dans des circonstances extraordinaires. Autrefois, Dieu daigna instruire ainsi les Anges, avant leur chute, et le souvenir impérissable de cette leçon, conservé par les Anges déchus, c'est-à-dire par les démons^ leur permet, selon l'enseignement divin, de produire encore aujourd'hui des phénomènes merveilleux, des prodiges qui étonnent le monde, séduisent les faibles et humilient les faux savants.
Le troisième moyen, plus rapide et plus complet, est celui que Dieu réserve à ses élus. Il se révèle à eux sans mvstère, et il leur fait voir, dans l'éclat d'une incomparable lumière, les mondes qu'il crée et ceux que sa puissance peut créer; les forces qu'il répand dans ces mondes et les phénomènes prodigieux, inconnus pour nous, que ces forces peuvent produire ; et enfin, les lois qu'il impose à ces forces, à ces mondes infinis dont l'espace est rempli.
Mais, tandis que le savant ne connaît que difficilement et d'une manière très incomplète la plus petite partie des œuvres de Dieu, car le globe terrestre n'est qu'un grain de poussière dans l'espace incommensurable du firmament, l'élu voit tout cet espace, tous les soleils et tous les mondes qui le peuplent ou qui vont le peupler, et il connaît toutes ces merveilles dans le coup d'oeil vaste et serein d'une contemplation qui ne finira pas, et qui fait sortir de son cœur,
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profondément ému, un chant d'éternel amour, de reconnaissance et d'admiration pour Dieu.
Tel est l'objet secondaire du bonheur de la vision béatifîque; l'objet primaire, essentiel consistera toujours dans la claire vision de Dieu.
« Les bienheureux », écrit Tournelv, une des plus pures lumières de l'ancienne école théologique des Gaules, « connaissent les créatures qui existent, les causes des choses naturelles, leurs espèces, leurs forces, leurs propriétés. 0 sagesse, s'écrie saint Bernard, en qui nous connaîtrons sans imperfection tout ce qui existe soit au ciel, soit sur la terre, en buvant à longs traits, à la source même de la sagesse, Tuniverseile connaissance de toute chose (1) ! »
Le grand théologien est ici l'écho de la tradition; il nous rappelle avec saint Augustin, que les Bienheureux, comme les Anges, contemplent dans les profondeurs du Verbe de Dieu les raisons, les modèles, les exemplaires éternels, œtenide rationes, de tout ce qui concourt à former l'univers, de tout ce qui existe ici-bas.
Et, maintenant, contemplez l'ensemble des merveilles que je viens d'énumérer. Considérez l'intelligence des Bienheureux, embrassant à
(1) Cognosciint Beati creaturns existentes, reriim natura* liiim causas, specics, vires, proprietales. 0 sapientia, exclamât S. Bernardiis, quà tune omnia, quœ in cœlo, et qii;e in terra siint, perfcctissimo cognoscemus, in ipsa fonte sapientia rerum oniniuni cognitionem bibentes.
(Toiirnely, De objecta secitndario visionis beaUftcœ.)
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la fois, dans une synthèse dont la grandeur épouvante, et le monde des corps, et le monde des âmes, et le monde divin; suivez par la pensée les traits de lumière qui partent de l'essence divine et qui pénètrent l'àme, en se prolongeant dans toutes les directions; considérez l'éblouissante clarté de la pensée des Bienheureux qui réfléchit tous ces rayons; et, en vous rappelant cette étonnante transformation de l'esprit de l'homme béatifié, vous ne saurez ce qu'il faut admirer davantage, ou la pensée humaine élevée à cette hauteur, ou la bonté de Dieu qui accorde cette grandeur et cet éclat, en se faisant voir à nous tel qu'il est, videbimus eum siciiti est, c'est-à-dire avec toute sa puissance qui crée les mondes et avec toute sa sagesse qui en règle les lois !
Ecoutez encore saint Thomas d'Aquin, car je suis jaloux de donner un enseignement sur, et de démontrer l'absolue certitude de ce que j'avance. « Tout élu, dit le grand Docteur, qui voit la substance divine, y voit aussi tout ce que la puissance créée peut connaître, » et c'est ainsi qu'en voyant Dieu, nous connaîtrons tous les genres, toutes les espèces, et l'ordre de tout ce qui existe. Saint Grégoire l'avait déjà dit en ces termes : « Que pourront-ils ignorer, ces élus qui connaissent Celui qui sait tout (1)? »
(1) Oportet qiiod quilibct videns dîvinnm siibstanlinm in ipsà divinà substantià cognoscat omnia ad quîe se ex tendit
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Vous saluez avec respect les statues élevées par l'admiration reconnaissante de la postérité aux hommes illustres, aux savants célèbres qui ont découvert et révélé une partie de la vérité, dont Dieu semblait jaloux de garder le secret. Je m'incline avec un respect plus profond et une admiration plus grande, en présence des statues élevées à la mémoire des Saints, dans les splendeurs de nos vieilles cathédrales. Nos savants les plus renommés n'ont connu que les premières lettres de l'alphabet des sciences humaines, et souvent ils n'ont rien connu des sciences divines, tandis que les Saints dont l'artiste a reproduit les traits dans la pierre ou le marbre, au seuil de nos basiliques séculaires, connaissent aujourd'hui, dans toute leur étendue, les sciences humaines et la science divine, par un mouvement grandiose de la pensée. Que la statue d'un grand homme est petite comparée à la statue d'un Saint! et quel monde infini de sentiments, de pensées s'ouvre devant l'âme, aux pieds de l'image d'un Saint I
sua capacitas naturalis. Capacitas autem natiiralis cujtislibet intellectûs se extendit ad cognoscenda omnia gênera et species et ordinem rerum. Hœc igitur quilibet Deiini videntium in divinà substantià cognoscet. Hinc est qiiod Dominus Moysi petenti divinse substantitT visionem respondit. Ego ostendam omne honum tibi. Et Gregorius : Quid est qiiod ihi nesciant, ubi scientem omnia sciunt. (S. Thom., Samma philos, v.onlrà gent., lib. 111, cap. lix. Tomus seciindus.)
Sans cesser de conserver notre nature distincte et notre personnalité, nous serons cependant semblables à Dieu par l'union de notre intelligence et de notre volonté avec l'intelligence et la volonté de Dieu, et cette union sera si profonde, si étroite, que l'apôtre saint Paul a pu dire, en vérité : « Je vis, ce n'est pas moi qui vis, c'est Jésus-Christ qui vit en moi. »
Les théologiens ont essayé d'expliquer dans notre langue si imparfaite, par des comparaisons qui traduisent la réalité d'une manière trop inégale, le mystère saisissant de l'union de l'âme avec Dieu. Ils ont comparé l'àme transfigurée du Saint, et plongée par la contemplation dansl'essence infmie de Dieu, au diamant plongé dans le soleil, et tout pénétré, resplendissant de sa lumière ; au fer plongé dans le feu ardent, et pénétré par le feu, sans cesser lui-même d'être encore le fer.
Images imparfaites, comparaisons infidèles! Comment exprimer ce grand mystère de Tàme, toujours distincte de Dieu et cependant perdue, abîmée, dans ce soleil éternellement éblouissant de l'essence de Dieu ! Comment décrire les caractères, la nature et les effets merveilleux de cette lumière de gloire, dont parlent les théologiens,
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qui élève notre àme à des hauteurs infinies, et qui lui permet de voirce que jamais elle n'aurait vu par ses forces naturelles, les merveilles de l'essence et de la vie même de Dieu. Lumière souveraine qui part de Dieu, qui enveloppe l'âme et qui retourne à Dieu (1).
L'homme possède enfin cette vérité suprême longtemps cherchée, pendant la vie, la vérité dont l'absence pénible nous laisse ici-bas, dans cette tristesse infinie que le grand poète de la théologie a chantée en ces vers :
I.'i veggio ben, che giammai non si sazia Nostro 'ntetetto, sel ver non lo illustra, Di faor dal quai nessun vero si spazia. Posasi in esso corne fera in lustra Tosto che giunto V ha : e giunger puollo, Se non ciascun disio sarebbe frustra.
Nasce per quello a guisa di rampollo Appié del vero in dubbio : ed è natura, Ch'al sommo pinge noi di collo in collo (2).
Mais Dieu n est pas seulement la vérité cherchée, appelée avec tant d'efforts et d'instances par la raison, pendant la vie , il est aussi la beauté
(1) « Civitas non eget sole neque lunà; nam claritas Dei illuminavitillam. •> [Apoc, xxi, 23.) « Erit tibi Dominiis in lucem sempiternam, et Deus tiius in gloriam tuam. » Isaïe, Lx, 19.)«Amictus umine sicut vestimento. ^{Psalm. Cl II, 2.)
(2) Del Puradiso, canto IV : « Je vois bien que notre esprit nest jamais rassasié, s'il n'est éclairé par la vérité qui est toute la vérité. Lorsqu'il la possède, il s'unit à elle et s'enferme dans elle comme la bète sauvage dans son antre. S'il ne la possédait pas, tous nos désirs seraient déçus. Le doute naît, ensuite, aux pieds de la vérité, comme un rejeton, et ils sélèvent en entrelaçant leurs rameaux. »
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éternelle qui doit ravir et rassasier notre cœur. Satiabor! Un ravon de cette beauté a éclairé la nature, et la nature parée de cette beauté d'emprunt, a captivé notre cœur. Un rayon de cette beauté divine a frappé le visage de la créature, et la beauté humaine, si fragile et si éphémère qu'elle puisse être, a fasciné et entraîné notre amour. Un rayon de cette beauté est descendu dans la pensée ravie des artistes, et les grands artistes, troublés, ravis, obsédés parce souvenir, ont essayé de l'animer et de le faire vivre dans une œuvre impérissable, dans un poème, un chant, une symphonie, une toile, une statue; mais l'éternelle Beauté ne s'est jamais laissé enfermer dans l'harmonie des sons ou l'harmonie des vers, ni sous les brillantes couleurs d'une toile, ni sous les lignes froides et correctes de la pierre taillée par le ciseau d'un homme de génie.
La contemplation de cette beauté, face à face, sans ombres et sans efforts, est réservée aux élus, et si la vision rapide d'un pâle reflet de cette beauté, dans une œuvre humaine, nous charme, nous ravit, quelle sera notre joie, quand nous contemplerons la Beauté elle-même dans sa source et dans son immensité !
« Celui qui possédera le ciel, que pourra-t-il désirer encore, que lui manquera-t-il ? 11 possède tout ce qu'on peut désirer, et il esta Fabri de tout ce qu^il pouvait craindre. Il possède les T. II. 10
biens de l'àme, et, après la résurrection générale, les biens du corps, et ces biens réunis sont si grands, que l'œil de l'homme n'a jamais vu, que son oreille n'a jamais rien entendu^ que son cœur n'a jamais rien rêvé qui pût en approcher et en donner l'idée. Pourquoi donc, malheureux mortel, te tourmenter toi-même, errer, chercher, demander partout le bonheur? Aime le bien qui contient tous les biens ; cela suffit. Ici sont réunis tous les objets que tu peux aimer et désirer. Aimes-tu la beauté? Les justes brilleront comme les étoiles. L'agilité et la force? Ils ressembleront aux Anges dans le ciel. Une longue vie et la santé ? Tu trouveras au ciel une jeunesse d'une fraîcheur perpétuelle, sans déclin, toujours florissante, car les justes vivront éternellement, et le Seigneur sera le principe de leur vie.
(( Aimes-tu la satisfaction complète et l'abondance? Les justes serontrassasiésquandils verront lagloire de Dieu, ils seront enivrés de l'abondance de sa demeure. Aimes-tu l'harmonie ? Les chœurs des Anges chantent éternellement les louanges de Dieu. Le plaisir? Dieu abreuvera les élus de torrents de délices : torrente potabis COS. La sagesse? La sagesse de Dieu se révèle à leur âme. L'amitié? Ils aiment Dieu plus que tout, et ils s'aiment entre eux. La paix, l'union? Les élus n'ont qu'une même volonté, parce que leur volonté est pleinement soumise à Dieu. La
puissance? Les élus sont tout-puissants par la vertu divine. Les honneurs et les richesses ? Les élus seront les représentants de Dieu, ses fils, ses héritiers, les cohéritiers de Jésus-Christ. Quelle sera donc la joie des élus qui posséderont tous les biens dans ce bien suprême et qui ne le perdront jamais (1) ! »
Et cependant, nous ne verrons jamais Dieu dans toute sonimmensité, si longue et si attentive que soit notre contemplation ; jamais la pensée humaine n'égalera Dieu ; jamais nous ne verrons toutes les merveilles du sein de Dieu ; jamais, en un mot, selon la parole des théologiens, nous n'aurons la vue adéquate de Dieu. Nous serons toujours finis et Dieu sera toujours l'infini (2). Mais qu'importe ! ce que nous verrons suffira pour nous rendre pleinement et éternellement heureux !
Si grande que puisse être la béatitude céleste, elle n'exclut pas l'inégalité des récompenses, proportionnées aux vertus et aux mérites des
fl) s. Anselme, Proslog., c. xxiv.
(2) « Intellectus creatus, etsi divinam substantiam \ideat, non tamen omnia cognoscit qiuTB per divinam substantiam cognosci possunt... Intellectus divinus excedit omnem intellectum creatum. Plura igitur cognoscit quàm intellectus aliquis creatus. » (S. Thom., contra génies, lib. III, c. lvi.)
justes, pendant la vie. Autre est la lumière de l'étoile, autre la lumière du soleil, comme le rappelle l'Apôtre, en expliquant le bonheur du ciel, et cependant, le soleil et les étoiles ont leur éclat, et brillent au firmament. Il en sera ainsi des Bienheureux. Il y a des degrés innombrables dans la récompense et dans la gloire accordées. Echelle immense, lumineuse, éclatante qui part du dernier des élus, qui s'élève jusqu'à la personne même de Jésus-Christ, jusqu'à Dieu, dans la majesté de son essence, et dont les échelons sont occupés par des Bienheureux dont le degré de gloire rappelle aussi le degré de pénitence, de vertu, de sainteté. La lumière de gloire qui descend du sein de Dieu et qui éclaire leur âme ravie ne jette pas les mêmes feux et ne communique pas le même éclat à toutes les âmes, et l'inégalité dans la lumière et la vision intuitive explique aussi l'inégalité de leurs perfections.
Luce intellectiial piena d'amore, Amor (Il vero hen pien di letizia.
Letizia, che trascende ogni dolore.
(Dante, Paradis, XXX, 4o)
Mais cette inégalité n'altère pas la félicité des élus, leur volonté reste éternellement et complètement unie à la volonté de Dieu. Les sentiments étroits, égoïstes de la jalousie et de l'envie qui tourmentent si souvent, ici-bas, le
cœur de l'homme, n'effleurent pas même le cœur des Bienheureux qui s'aiment en Dieu d'un amour si profond (1).
Frate, la noslra volonta qiiieta Virtà di carita, chefa volerne Sol quel ch'avemo, e d'altro non ci assela.
Se disiassimo esser piu super ne Foran discordi gli nostri disiri Dal voler di Colui che qui ne cerne.
Che vedrai non capere in questi giri S'essere in caritate è qui necesse, E se la sua natura ben remiri,
Anzi è formule ad esso beato esse Tenersi dentro alla divina voglia Percfi unafansi nostre voglie stesse.
Si che, corne noi siam di soglia in soglia Per questo regno, a tutto il regno place, Com' alto Re ch' in suo voler ne in voglia.
E la sua volontade é nostra pace ; Ella èquel mare al quai tutto si muove Cio ch' ella créa, o' che natura face.
Chiaro mifu allor com' ogni dove
In cielo è paradiso, è si la grazia
Dèl sommo Ben d'un modo non vi piove(ji).
« Frère, la vertu de charité dirige notre volonté, et ne lui laisse désirer que ce que nous
(1) « Iiitellectuales aiitem subslantiœ non omnes lequaliter pr.ppaiantiir ad finem; qucBdam cnim sunt majoris virtutis et quîedam minoris; virais aiitein est via ad felicitatem. Op'>itet igitiii quod in visione divinà sit diversilas, et quod quidam pertectius et quidam minus perfectè divinam substantiam videant. Hinc est quod, ad liane felicitatis differentiam desiguandam, Dominus dicit : In domo Patris met mansioies miitlœ siinl. » (Joann., xiv, 2.) (S. Thom., Sum?n. phisuph. contra génies: Uh. lll, cap. lviii.)
(2) Del Paradiso, cant. m, 77.
IJ^ l/ AUTRE VIE
possédons. Nous ne désirons pas autre chose. Si nous voulions être plus élevés, nos désirs ne seraient plus en harmonie avec Dieu qui nous voit. Or, de tels désirs n'existent pas dans les sphères célestes.
« Remarque bien leur nature. Parmi nous, il faut vivre dans l'esprit de charité. La forme de l'être bienheureux exige que nous soyons soumis à la puissance divine; ici, toutes nos volontés n'en font qu'une. Dans ce royaume, nous sommes rangés de degré en degré. Ce qui plait au roi qui nous gouverne, plait à tout le royaume. Sa volonté fait notre paix. Elle est semblable à la mer où va se perdre tout ce que sa grandeur a créé, et tout ce que fait la nature.
« Je vis bientôt clairement que tout bien dans le ciel était paradis, quoique la grâce du bien suprême y laissât pleuvoir ses faveurs d'une manière inégale. »
Ce repos bienheureux des élus dans la contemplation de Dieu nous semble en opposition avec l'activité qui est la loi de la vie. Rassurezvous. Nous, nous ne serons pas condamnés, comme le prétendent quelques rationalistes du temps présent, à une complète immobilité dans
une contemplation qui ne finira pas. Dieu, qui nous récompense en accordant à notre corps l'activité des corps glorieux, récompense aussi notre âme en lui accordant le progrès et le mouvement inséparables de la vie. L'activité sage, ordonnée, celle que nous devons désirer, consiste dans la succession constante des actes, par lesquels nous adhérons au vrai, au beau, au bien. L'activité désordonnée, c'est-à-dire le mouvement de l'àme vers Terreur et le mal, n'est pas conforme à notre nature, et ne doit pas être l'objet de nos désirs.
Il est une autre activité qui ne convient pas à l'àme des Bienheureux.
Le mouvement pénible et laborieux de l'esprit humain, pendant la vie, quand il passe de l'ignorance à la vérité, quand il fait la conquête de la science, quandil essaye, en unmot, de recouvrer, dans Tordre intellectuel, l'empire et les privilèges perdus par la chute originelle, un tel mouvement honore, sans doute, et il mérite notre admiration. Ici-bas, apprendre, c'est souffrir. Mais la souffrance n'entre pas dans le royaume des cieux, et cette recherche opiniâtre de la vérité, à travers les chemins mal éclairés de la science, ne convient pas davantage à une àme glorifiée.
Tant que nous sommes sur la terre, in via, nous cherchons le repos, Tapaisement de nos légitimes tendances, et nous avançons vers un
terme divin. Arrivé à ce terme, après la mort, dans la gloire, le Bienheureux s'arrête; il a touché le but: in termina . Alors l'activité toujours croissante de son esprit s'exerce encore, car l'immobilité, c'est la mort, mais elle s'exerce sans efforts et sans douleur.
Dieu, dont la nature est infinie^ manifeste successivement à ses Bienheureux des aspects nouveaux de son essence; révélations célestes auxquelles répondent l'amour et le bonheur de la vision. Il y a donc un progrès réel, un mouvement continu dans la vie intellectuelle et morale des élus. Ils vont de la vie à la vie^ de la joie à la joie, de l'amour à l'amour^ du bonheur au bonheur^ de la clarté à la clarté, a claritate in claritatem. Et s'inspirant de cette parole de l'Apôtre que vous venez d'entendre, saint Irénée a pu dire en parlant des élus : « Dieu ne cesse jamais de les instruire, et ils ne cessent jamais d'apprendre durant toute l'éternité, car ses richesses sont sans mesure et sa sagesse sans bornes; c'est un progrès d'éternité en éternité (l). »
Et, puisque la grâce perfectionne la nature, l'élève sans la détruire, les saintes amitiés, les nobles affections, les sollicitudes pieuses qui remplissent l'âme des Bienheureux pendant la vie terrestre, se conservent élevées et transfigurées, après la mort, dans leur âme qu'aucune crainte ne peut troubler.
(1) s. Irénée. AU vers. Hœres., II, 47,
N'élevez pas, sous l'impression d'une pensée égoïste et terrestre, une barrière infranchissable entre le ciel et la terre, entre les Bienheureux et ceux qu'ils ont aimés. En élevant cette barrière inutile, dangereuse, vous exposez notre raison à s'égarer et à croire que le cœur de rhomme^ après la mort, n'est pas seulement perfectionné dans ses élans, mais qu'il est anéanti, et que la prière adressée aux Saints par ceux qui espèrent et qui souffrent encore ici-bas^ se perd dans le vide et dans le silence des cieux.
Saint Augustin, pleurant un ami que sa pensée cherche déjà dans le ciel, s'écrie avec raison : « Eh quoi ! l'ivresse et le bonheur de mon ami, dans le ciel, seraient-ils tellement profonds qu'il ne penserait plus à moi, quand vous, ô Seigneur, vous qu'il contemple et qui daignez le rassasier, vous pensez encore à moi (1)? »
Au ciel, les Bienheureux se connaissent entre eux, et ils se voient dans une lumière plus éclatante que celle qui éclaire la terre et qui tombe du soleil; ils se verront dans la lumière de Dieu, et les rayons de ce foyer nouveau se prolongeront assez pour leur permettre de voir encore ici-bas, du haut du ciel, les âmes qui leur furent unies par les liens du sang ou par les liens de l'amitié.
(1) s. Aug., Conf., IX, 3.
(( Tous les Bienheureux se verront et se reconnaîtront dans la société des saints, » écrit saint Augustin (1).
« Non seulement nous nous connaîtrons nousmême, dit ïertullien, mais nous connaîtrons notre famille, nos parents (2). »
« Il n'y aura rien de secret là-haut, s'écrie saint Ambroise, il n'y aura plus d'étrangers ; les pensées et les sentiments seront connus de tous ; personne n'aura rien à cacher (3). »
« Us voient au grand jour dans le miroir de la divinité tout ce qui peut les intéresser (4). »
(( Ils connaissent dans la lumière du Verbe tout ce qui a rapport à eux, » nous apprend saint Thomas (5).
« L'épouse se souvient de l'époux, dit saint Augustin, elle veille sur lui, elle désire pour lui le bonheur qui est devenu son partage (6). »
« C'est ainsi, écrit Tournely, que les Papes continuent dans le ciel à s'occuper de l'Eglise ; les rois, de leur royaume, et chaque Bienheureux de ce qui concerne son état (7). »
(( Ils sont compatissants, ils sont miséricordieux, pleins d'attentions pour nous dans l'angoisse de nos épreuves, et cependant, ils n'é-
(1) S. Aiig. Sermo 42; alias 16, de divers, q^t^. v.
(2) Tertullien, De inonogama, cap. x.
J3) S. Ambros., De obi tu Valenliniani.
h) Concilseneiiseseu Parisiense, in decrelis fîdei, cap.xiii.
(5 S. Th. III p., q. 10.
'6) S. Aiig. EpistoUi 259, ad Corneliam, n» 5.
7) Tournely, De oOjecto seciindario visionis beali/îcœ.
prouvent dans leur àme ni changement, ni souffrance, ni aucune altération, et ils nous o])tiennent un secours d'autant plus grand qu'ils sont eux-mêmes plus étroitement unis à la Toute- Puissance et à la miséricorde infinie de Dieu qui ne change jamais. » C'est le grand Thomassin qui s'exprime ainsi (1).
Sans doute, il est difficile à notre raison toujours si imparfaite et si bornée de comprendre ce mystère, cette sérénité des Bienheureux qui reste toujours la même, à la vue des tristesses, des combats, des défaites, des cruelles épreuves de ceux qu'ils continuent d'aimer profondément au ciel, après les avoir aimés sur la terre et pendant la vie.
Et cependant si la douleur pou vait les atteindre dans le séjour de la gloire; s'ils pouvaient pleurer encore, souffrir, sentir enfin ces peines morales quisontlesplus cuisantes, ils ne seraient pas parfaitement heureux, le ciel ne serait pas le lieu de la béatitude infinie, l'àme humaine ne serait jamais rassasiée !
Pourrions-nous dire de Dieu lui-même qu'il est heureux?
Eu vertu de son acte créateur toujours renouvelé, et par son immensité. Dieu n'est-il pas témoin des chutes, des révoltes, des crimes, de Tendurcissement coupable de ses enfants? Ne
(1) Thomassin, De Deo, etc., lib, V, cap. x.
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voit-il pas les humiliations et les souffrances de ceux qui le servent d'un cœur droit dans la douleur des expiations volontaires?
Il voit ce triste spectacle, il s'intéresse aux victimes pour les soutenir, aux découragés pour les relever, à tous pour les aider par sa grâce à supporter les épreuves et à combattre sans désespoir.
Et, cependant, son bonheur infini n'est jamais troublé.
Oui, dirons-nous avec les maîtres célèbres que nous avons cités, ceux que nous avons aimés et qui sont au ciel nous voient sur la terre, et je n'ai pas à scruter le secret et l'économie de cette relation entre les vivants elles morts. Oui, ils veillent sur nous, ils prient pour nous; ils tentent de nous arracher au mal et de relever notre courage. Oui, ils connaissent nos souffrances, et la pitié vigilante dont leur âme est remplie n'altère jamais la paix bienheureuse dont ils jouissent, et elle n'altère pas davantage la béatitude de Dieu.
C'est ainsi que la terre se rattache au ciel et la vie présente à la vie future.
Quand les Saints Livres nous enseignent que les Saints se réjouissent au ciel de la conversion des pécheurs; quand TEvangile nous rappelle l'histoire de Lazare, qui n'a pas perdu dans le sein d'Abraham le souvenir de sa pauvreté, de sa misère et de ses souffrances ; quand les grands
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théologiens, s'inspira nt (le cet enseignement, déclarent qu'il n'y a pas de fleuve d'oubli pour notre àme, et que la grâce ajoute à notre âme et à ses qualités de nouvelles perfections, que disent-ils? Us nous rappellent que les Bienheureux, dans la paix inaltérable de leur vie nouvelle, s'intéressent encore aux combats et aux victoires de l'Eglise, à l'avenir de leur pays, au sort de leurs parents, de leurs amis, et pourrions-nous oublier que ces sentiments d'affection agitent encore leur àme et ont une place dans leur cœur?
Pourrions-nous oublier de les appeler, de converser avec eux, dans le recueillement et la prière, à genoux, dans le silence de notre demeure, aux soirs des longs jours de labeur?
Il est si doux de converser avec ces absents quand un souvenir amer fait pleurer, quand le profond dégoût des choses humaines nous fait sentir sa pointe acérée, quand notre âme aride et desséchée n'a pas trouvé sur la terre la goutte d'eau qui devait la rafraîchir!
La liturgie chrétienne nous encourage au sacrifice et au combat contre les réalités sévères de la vie, en nous rappelant la nuée des Saints qui nous regardent du haut des cieux : tantam habentes impositam nubem tesiimn; elle nous apprend ainsi que ces Saints ne sont pas étrangers à nos douleurs, et qu'ils suivent avec attention les péripéties de ce long drame de la vie, dont le dénouement, plein d'espérance