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furibonde, le Bureau de la presse de Belgrade publie la note suivante : « Profondément émus des attentats qui ont eu lieu à Serajevo, nous ne trouvons pas de mots pour les condamner et prenons part à la douleur causée par la mort prématurée de l'héritier austro-hongrois et de son épouse, douleur qui atteint la cour et le souverain de la monarchie voisine, ainsi que tous les peuples. Nous sommes en mesure d'affirmer que ces attentats ont soulevé dans notre pays la plus vive indignation et ont été sévèrement condamnés. »
A la même date, l'Odjek. plusieurs fois dénoncé par le Livre Rouge, disait : « Il est difficile d'exprimer le sentiment provoqué par une telle nouvelle, mais on peut certifier que l'émotion a été puissante: Les premières paroles furent: — Ce nest, en tout cas, plus pénible pour personne que pour les Serbes. Car la première pensée fut la situation difficile de notre peuple dans la malheureuse Bosnie- Herzégovine, n L'article se terminait ainsi : c Pour nous, Serbes de Serbie, tout cela vient de façon d'autant plus inopportune que nous désirions et que nous désirons sincèrement la paix pour nos co-nationaux opprimés dans tous les pays ; et une période aussi longue que possible de repos et de confiance dans nos rapports avec la Monarchie voisine, nous est aujourd'hui, après de lourdes guerres, aussi utile qu'à elle. »
Ces articles écrits avant que les excitations de la polémique aient fait perdre toute patience et toute prudence à quelques journalistes de Belgrade ou de Nisch suffisent à établir qui a donné le signal, commencé l'agression. Lors donc que le comte Berchtold incrimine les feuilles serbes,
il ne vSaurait être pris au sérieux. L'attaque est partie de Vienne, et elle engage d'autant plus la responsabilité du Gouvernement autrichien que la presse, dans la Monarchie, n'est libre ni en droit, ni en fait, et que le plus léger avertissement eût suflî pour qu'elle ne prît pas ce ton d'injurieuse provocation. Le Ballplatz le savait bien. Il s'abstint cependant.
Il s'abstint parce qu'il voulait la guerre et que, la voulant, il jugeait indispensable d'y préparer les esprits par une campagne furibonde, où tous les vieux griefs réveillés se mélangeraient à des accusations nouvelles, afïirmées avec d'autant plus d'énergie que les preuves manquaient pour les soutenir (')•
(') Voir Appendice n° 6.
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