CHAPITRE XVIII
fvA RUPTIIUE DES IIAPPOHTS DIPLOMATIQUES
ÎE 25 juillet, quelques minutes avant six heures, le Gou- J Ternement serbe remettait sa réponse au baron de Giesl, qui la déclarait insuffisante et quittait aussitôt Belgrade avec le personnel de la Légation. Les relations diplomatiques étaient rompues. Les événements se développaient exactement comme l'avait prévu l'Autriche-Hongrie. Dans cette première partie de son plan, toutes choses se passaient selon ses vœux.
On a dit, à bon droit, que la diplomatie viennoise s'était montrée, dans cette crise, d'une brutalité, d'une perfidie, d'une immoralité telles que l'histoire en fournit peu d'exemples. Mais on a tort de nier qu'elle ait été habile et de contester que son défaut de scrupules l'ait bien servie. Elle a tout d'abord su évaluer justement la confiance que lui faisait l'Europe ; et, partant de ce principe qu'on ne lui croirait pas de réelles intentions belliqueuses, elle a su, pendant trois longues semaines, mener un double jeu assez
difficile à soutenir. D'une part, elle excitait le sentiment national (') ; d'autre part, elle rassurait les chancelleries et les amenait à fermer presque les yeux sur l'imminence du péril.
Encore sa lâche était-elle plus complexe. Parmi ces chancelleries, il s'en trouvait qu'elle n'avait point intérêt à rassurer trop, qu'elle avait plus d'avantage à inquiéter et calmer tour à tour, et de l'opinion définitive desquelles
(') Il convient d'observer que, dans celte période, les socialistes autrichiens refusèrent de se laisser duper. On lit, en effet, dans le manifeste que les députés socialistes allemands en Autriche publièrent, le 25 juillet, à propos de la rupture des rapports diplomatiques : « Fallait-il en arriver là ? Nous, également, les socialdémocrates, les représentants du peuple laborieux, nous ne fermons pas les yeux sur les graves torts des gouvernants serbes à l'égard de l'Autriche. Par nos conceptions philosophiques, qui s'opposent à d'iniques violences, nous condamnons l'assassinat de Serajevo et aussi tous ceux qui en ont été les complices ; nous reconnaissons que l'Autriche-Hongrie est dans son droit quand elle exige du Gouvernement serbe qu'il poursuive les complices de l'attentat devant les tribunaux ; nous comprenons que rAutriclie-IIongrie demande à la Serbie des garanties que l'on mettra fin à l'agitation souterraine contre la sécurité et la tranquillité des Etats qui composent l'empire d'Autriche, que le mouvement de séparation cesse d'être toléré et favorisé par le Gouvernement serbe. Mais nous sommes convaincus que le Gouvernement serbe n'aurait pu s'opposer et ne se serait pas oppo.sé à ces demandes austro-hongroises, sanctionnées par le droit des gens. Nous sommes convaincus que tout ce que l'Autriche- Hongrie demande, dans l'intérêt de la protection de VEiat, pouvait être obtenu pacifiquement ». Cité par P. G. La Chcsnais. Mercure de France, i" juin 191 5.
elle se souciait assez peu, au iond. Mais il en était au moins une devant qui. au contraire, elle voulait paraître le plus longtemps possible comme parfaitement sage. La besogne était malaisée. Elle y a suffi, réussi, sinon d'une façon complète, tout au moins assez bien pour n'être pas sérieusement gênée avant l'heure de l'action.
De même elle a mesuré avec une extrême précision jusqu'où elle devait aller dans ses exigences pour que la Serbie, pacifique et excédée par les conseils de Gouvernements ultra-pacifiques, ne se soumit cependant pas sans réserves et lui laissât ainsi un prétexte de rupture.
Au surplus, si même l'impossible s'était produit, si Pierre I" et ses ministres avaient accepté l'humiliation totale qu'on leur voulait infliger, l'Autriche était encore à peu près assurée d'atteindre son but, car le pays, lui, ne se résignerait pas. Exalté par ses récentes victoires, confiant dans la justice de sa cause, prêt aux suprêmes sacrifices, habitué aux révolutions, d'ailleurs, et aux changements de dynastie, il chasserait les Karageorgevitch et, dans les troubles qui suivraient, on trouverait facilement, à Vienne, quelque motif d'intervention violente.
Enfin la brièveté du délai couronna cette série d'adroites précautions. Les Puissances ne prirent connaissance de la Note que dans la matinée du 24 juillet. Elles eurent donc moins de trente-six heures pour aviser. Comment, en un laps de temps si court, auraient-elles pu se mettre d'accord pour une action commune et négocier avec l'Autriche l'acceptation de leurs propositions ?
Sans doute, il est bien vrai que, résolue à la guerre.
238 L AUTRICHE A VOULU LA GRA>iDE GUERRE
s'appuyant sur l'Allemagne résolue à la guerre aussi, l'Autriche-Hongrie n'avait pas besoin, en apparence, de toutes ces manœuvres pour aboutir à la guerre. Mais, outre l'intérêt évident et le souci de ménager l'opinion publique anglaise (•), il lui importait fort que l'opinion publique de ses nationaux, surprise par la brusquerie des événements, n'eût pas le loisir de les étudier, d'en examiner les origines, de se rendre compte des positions prises par les divers Cabinets, de mesurer les concessions faites, et enfin ne vit pas qu'une criminelle entreprise de mégalomanie allait attirer sur le monde entier la plus épouvantable des catastrophes. Les hommes qui voulaient la guerre à Vienne — et à Berlin — savaient à merveille qu'ils étaient une minorité et que l'inanité de leurs griefs, l'immoralité de leurs mobiles éclateraient avec une irrésistible force si les hommes qui font la guerre, et la subissent, avaient seule-
(') Ce souci s'est manifesté : par les renseignements que le comte Mensdorff a été autorisé à donner sur les exigences de la Note, le a3 juillet, à Sir Edward Grey. Aucune démarche analogue n'a été faite auprès des autres chancelleries, pas même de la Consulta. Il s'est manifesté : par le fait que, le môme jour, le comte Forgach a indiqué le vrai caractère de la Note à Sir M. de Bunsen, alors que le baron Macchio dissimulait encore à l'ambassadeur de France que l'ultimatum était déjà envoyé. Il s'est manifesté encore : en ce que, le 26, la Note allemande a été remise en copieau Foreiyn Office, sans insinuations menaçantes. Il s'est manifesté enfin: par la démarche de l'ambassadeur autrichien à Londres expliquant que la mesure prise à l'égard de Belgrade ne comportait qu'une limite de temps et que l'acllon militaire ne suivrait pas, du moins immédiatement, la rupture des rapports.
mcnl le temps de s'informer, de voir, de réfléchir. Il importait donc au plus haut point que le temps leur fût refusé, que le fait accompli succédât au fait accompli ('). On ne peut contester au Ballplatz qu'il ait eu le sentiment de cette nécessité et qu'il y ait largement répondu.
L'ultimatum fut un coup de foudre. A quarante-huit heures de distance, la rupture des rapports diplomatiques surprit à peine moins. La Serhie avait tant concédé qu'on se refusait à croire que sa réponse était considérée comme inexistante et avait les mêmes conséquences qu'un refus total, qu'une réplique insolente à une insolente sommation.
« Le Gouvernement serbe espère que le Gouvernement austro-hongrois, sauf dans le cas où il désirerait à tout prix la guerre, ne pourra qu'accepter la satisfaction complète que lui donne la réponse serbe ('), « écrivait M. Pachitcli. «Nous sommes allésjusqu'aux limites extrêmes où
(*) « La guerre actuelle a été imposée aux Slaves et aux Latins de la monarchie austro-hongroise par les minorités magyares et allemandes. Les Slaves, en particulier, ont appris avec épouvante cl horreur une rupture qui les forçait à combattre leurs frères et leurs alliés naturels. Dès la première heure, ils ont fait des vœux ardents pour la défaite de la dynastie, parce que sa victoire scellerait leurs chaînes pour des siècles et les livrerait en proie à l'insolence germanique. Les meneurs de Vienne et de Budapest avaient pris leurs précautions pour déjouer les résistances qu'ils prévoyaient, le Reichsrath n'a pas été convoqué, les diètes provinciales n'ont pas été consultées. » Ernest Denis, La Grande Serbie, -p. Sog.
{^) Dépêche aux légations Royales. Livre Bleu serbe, n° 4i.
240 l'autriciie a voulu la grande GUERUÈ
nous pouvions aller ('), » observait-il dans une autre dépêche. M. Sazonof disait de son côté : « La réponse serbe dépasse toutes nos prévisions par sa modération et son désir de donner les plus complètes satisfactions à l'Autriche. Nous ne voyons pas quelles pourraient être encore les demandes de l'Autriche, à moins que le Cabinet de Vienne ne cherche un prétexte pour une guerre avec la Serbie O ».
Ce sont là, objectera-t-on peut-être, des opinions intéressées. Serbie et Russie sont directement ou indirectement parties au procès. L'opinion est-elle donc différente dans les autres pays ?
En France, où l'on a mis tant de complaisance à accepter la thèse de la localisation ; où il n'y a pas un homme, dans une population de quarante millions d'habitants, qui ne repousserait, comme la pire folie, l'idée que la France entrerait dans une guerre pour une question balkanique, M. Bienvenu-Martin, si prudent, si modéré dans ses entretiens avec le comte Szécsen et le baron de Schœn, M. Bienvenu Martin, qui a multiplié les conseils de sagesse,presque d'abdication, au Gouvernement serbe, et qui, par suite, se montrerait, à coup sûr, d'autant plus irrité s'il n'en avait pas été tenu compte, écrit, le 26 juillet, à M. Viviani, aux ambassadeurs de France : « Bien que le Gouvernement serbe eût cédé sur tous les points, sauf deux petites réserves, le ministre d'Autriche Hongrie a rompu les rela-
(') Dépèche aux légations Royales, Livre Bleu serbe, n" Zji.
(-) Dépôclie aux ambassadeurs russes. Livre Orange russe, n' 33.
lions, prouvant ainsi la volonté arrêtée de son Gouvernement de procéder à l'exécution de la Serbie ('). »
Le 27 juillet, il insiste : « La situation, à l'heure actuelle reste inquiétante, en raison du refus incompréhensible de l'Autriche d'accepter la soumission serbe, de ses opérations de mobilisation et de ses menaces d'envahir la Serbie C) ».
A la même date, M. J. Cambon avait, à Berlin, avec iM. de Jagow, un entretien d'un intérêt tragique. Je n'en veux retenir ici qu'une phrase : « — Quand vous lirez la réponse serbe, dit notre ambassadeur, pesez-en les termes avec votre conscience, je vous en prie, au nom de l'humanité, et n'assumez pas personnellement une part de responsabilité dans les catastrophes que vous laissez préparer (') ». On ne peut pas se tromper à de semblables accents. Ils constituent par eux-mêmes un jugement définitif. Cet émouvant appel à un adversaire, cette noble confiance qu'il se rendra à la raison, s'il veut seulement lire les textes, c'est déjà la vérité pour l'histoire.
A Londres, où l'on désire avec ardeur le maintien de la paix, et où l'on a les meilleures raisons de le désirer, on ne pense pas autrement qu'à Paris. Sir Edward Grey, dont on a vu l'attitude de réserve et le parti pris excessif de désintéressement, écrit à l'ambassadeur d'Angleterre en
(') Livre faune, n'ôô.
(*) Livre Jaune, n° 6i.
(') Dépêche de M. J. Cambon à M. j Bienvenu-Martin. Livre Jaune, n" 74.
Allemagne que la réponse serbe va « plus loin, pour satisfaire aux demandes autrichiennes, que l'on ne pouvait s'y attendre ». Elle comporte, dit-il, « la plus profonde humiliation que j'ai jamais vu un pays subir (') ».
A l'ambassadeur d'Autriche à Londres, il déclare qu'il ne peut pas « comprendre l'interprétation donnée par le Gouvernement autrichien à la réponse serbe (*) ».
A Rome, mêmes sentiments. Le marquis di San Giuliano conseille sans espoir la modération au Ballplatz, et M. Barrère télégraphie que « l'opinion publique italienne est hostile à l'Autriche dans cette grave affaire (^) ».
Enfin M. de Schœn lui-même, dans le trouble du premier moment, car personne ne prévoyait une soumission aussi complète de la Serbie, « se montre surpris qu'elle n'eût pas satisfait l'Autriche (*) ».
Il n'est pas jusqu'à M. de Bethmann-Holhveg qui n'ait été embarrassé de justifier, dans son Mémoire, le départ de M. de Giesl. « Le Gouvernement serbe, écrit-il, donna une réponse qui, certes, sur quelques points, satisfaisait aux désirs de l'Autriche-Hongrie, mais, en substance, laissait voir clairement qu'il cherchait, en attermoyant et en essayant d'entamer de nouvelles négociations, à se dérober aux exigences de la Monarchie C). »
(>) Correspondance britannique, n* 46.
(*) Dépêche à Sir M. de Bunsen. Correspondance britannique, n' 1x8.
(') Dépêche à M. Bienvenu-Martin. Livre Jaune, n" 5a. (*) Livre Jaune, n" 57 et Livre Orange, n'a-]. (5) Mémoire. Livre Blanc allemand.
Voilà donc ce que pensait l'Europe. Voilà quels étaient ses sentiments. Elle approuvait cl plaignait la Serbie. Elle estimait que cette petite nation, que deux guerres venaient de montrer si grande par le courage, consentait à la paix générale un sacrifice plus grand qu'on n'eût osé l'attendre, l'espérer. En même temps, stupéfaite de l'inutilité de ce sacrifice, l'Europe se demandait, avec un indicible efïroi,si elle ne serait pas, malgré tant de nobles efforts, entraînée dans l'abîme [('). En regard, que pensait l'Autriche-Hongrie ? Quels étaient ses sentiments?
Pour le comte Berchtold.le Gouvernement royal de Serbie « a prouvé qu'il n'est pas disposé à renoncer à son action subversive ». Il fait savoir à Berlin, Rome, Londres, Paris et Petersbourg que Ton va « contraindre la Serbie par les moyens les plus rigoureux (^) ».
Conformément à ses instructions, le comte Mensdorff déclare au Foreign Office qu'(( il faut enfin que le Gouver-
(') Cette appréhension était aussi celle du grand journal socialiste viennois. Après avoir constaté que « le pont qui aurait pu mener à une entente par des négociations avait été d'avance coupé par le comte Berchtold, » et que maintenant il n'y avait plus de pont menant à Belgrade « sur lequel il n'y eut pas de soldats prêts à la guerre », la Gazette des travailleurs ajoutait : « Ce qui donne à la décision prise aujourd'hui son caractère terriblement sérieux, c'est que personne ne sait si l'on est seulement en face d'une guerre avec la Serbie, et que personne ne peut dire si, de l'opération localisée, ne jaillira pas l'étincelle qui mettra le feu à l'Europe tout entière. » Die ArbeiterZeilung, a6 juillet.
(^) Livre Ronge austro- hongrois, n" 3o.
244 l. AUTBICHE A VOULU LA GRANDE GUERHE
nement autrichien en appelle à la force (') ». Contre son gré, certes. Le ministre et l'ambassadeur l'alfirment.
Ils l'affirment, mais tout les dément. A Vienne, « on est fou de joie ». La foule, que d'habiles excitations énervent depuis quatre semaines, s'exaspère dans un tumulte voulu « Le 99^ de ligne quitte Vienne au milieu de manifestations exubérantes, auxquelles la police n'est pas étrangère ; le généralissime serbe, contrairement aux principes les plus élémentaires du droit des gens, est arrêté à la gare de Gratz et retenu quelque temps prisonnier (2) 0. Le baron de Giels devient du jour au lendemain plus populaire que ne le fut jamais Marie-Thérèse. On s'exalte parce qu'il a quitté Belgrade comme s'il l'avait tout seul prise.
(') Dépêche de Sir Edward Grey à Sir M. de Bunsen. Correspondance britannique, n° ^8.
(*) E. Denis, La Guerre, p. 47.
D'autre part, M. Auguste Gauvaiu écrit que, dès le matin du 26 juillet, l'organe officiel du Gouvernement hongrois, le Badapesti Knzlnny promulguait, dans une édition extraordinaire, le texte de trente-trois décrets ordonnant une mobilisation partielle et une longue série de mesures exceptionnelles : mobilisation des corps d'armée de Prague, Leilmeritz, Budapest, Gratz, Temesvar, Hermannsladt. Agram, Serajevo ; mobilisation éventuelle du corps d'armée de Baguse; convocation du landstumi ; militarisation du service des chemins de fer, des postes, télégraphes et téléphones ; nomination de commissaires royaux ; suspension des libertés constitutionnelles; ajournement du Parlement, etc. Tous ces décrets, exécutoires dès le lendemain 27, avaient dû être préparés bien avant la réponse serbe, connue seulement dans le courant de la nuit. Le décret ordonnant la mobilisation était même daté du 24 juillet ». Les origines de In guerre européenne, p. ia5.
Ils l'affirment, mais tout les dément. Tout atteste leur criminelle résolution. La presse est en plein délire ('). Le Neue Wiener Tagblatt publie cet appel joyeux : « En avant! Les dés de fer ont roulé. L'Empereur nous appelle. L'armée qui, deux fois, dans son obéissance muette, a remis au fourneau l'épée h moitié dégainée, répond avec allégresse au cri de son maître. En avant (') » !
La catholique Rcîchspost rend au ciel de fougueuses actions de grâce : u Lorsque l'Histoire frappe à la porte de l'Humanité, lorsque les grandes questions collectives se déroulent, lorsque l'écorce de la médiocrité quotidienne tombe et que les grands biens humains surgissent comme un Saint-Graal sur la haute montagne, dans la splendeur matinale des grands événements, alors le cœur de tous les hommes s'élève vers Celui qui dirige le destin des peuples, qui connaît notre bon droit, et qui a déjà conduit notre em-
(') Seuls, les socialistes autrichiens, qui ne sont pas encore rallies à cette politique mégalomane, protestent. « Le peuple, disent-ils clans un Manifeste, n'est pas admis à di^cider de la guerre ou de la paix. Le Parlement, par Jeciucl il agit et par lequel il parle, est muet. On a mis des chaînes^à la liberté politique dans les réunions cl dans la presse. Ayant conscience de l'heure grave, nous faisons retentir une fois encore notre avertissement : La paix est le bien le plus précieux de l'homme, le plus fort besoin des peuples. Nous déclinons toute responsabilité dans cette guerre ; solennellement et résolument, nous en rejetons le poids sur couxqni, de ce côlé-cl et de l'autre, l'ont provoquée et ont voulu la déchaîner ». Die Arbeiter Zeitung Cité par P. G. La Chesnais. Mercure de France, i" juin
(^) Neue Wiener Tagblatt du 26 juillet.
246 l'autriciie a voulu la grande guerre
pire et l'a sauvé à travers tant cle périls. Et des millions de voix font entendre l'hymne solennel qui monte à l'assaut du firmament : « Dieu sauve l'Empereur et protège notre pays (*) » !
Le grand journal de l'empire, la Nouvelle Presse Libre célèbre avec un lyrisme débordant le grand acte qui vient de s'accomj)lir : «Vienne et Berlin, dit-il, mêlent aujourd'hui leurs sentiments et leurs convictions, et des millions d'hommes sont dominés par la même émotion et sont frères comme autrefois. Ils savent qu'entourés des mêmes dangers, ils ont un même avenir. Le peuple a raison. La guerre doit être menée jusqu'à la dernière extrémité, afm que la paix illusoire qui règne actuellement devienne une paix véritable 0))).
(') Reichspost du 26 juillet.
(*) Die Neue Freie Presse du 27 juillet.
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