UNE DECLARATION DE M. PAGHITGH
DANS la matinée du 24 juillet, M. Pachitch dans une interview à un rédacteur du Joiirnal qui l'interrogeait au sujet de la Note autrichienne, disait :
c< Il m'est très difficile de parler et je dois peser mes paroles. L'heure pour la Serbie est critique. La Note qui nous a été remise contient, en effet, plusieurs exigences inacceptables, car elles ne tiennent pas compte de la dignité d'un Etat indépendant. De plus, le délai dans lequel le Gouvernement de Vienne demande une réponse est trop court, — il ne nous reste plus que vingtquatre heures, — et il nous faut prendre des décisions infiniment graves pour le pays.
« Si le Gouvernement serbe voulait s'incliner, il lui faudrait faire un changement de constitution, ce qui équivaudrait à un véritable couit à'Ètat. Nous sommes p) êts, ceci est normal, d livrer aux juges les complices, s'il y en a, c?u crime qui fut commis à Serajevo. Nous sommes prêts à les punir suivant la loi. Mais nous ne pouvons pas accepter l'ingérence sur notre territoire de la police ou de la justice étrangère.
a La Note exige encore une autre chose impossible. Si nous
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sommes disposés à empêcher tout ce qui, en Serbie, pourrait troubler la tranquillité de l'Autriche, nous ne pouvons accepter Je combattre nous-mêmes l'idée serbe dans la nation.
a Sur tous ces points, qui touchent à notre indépendance, nous éludions une réponse compatible avec la dignité de la Serbie. C'est dans le manque de temps que réside la plus grande difficulté de notre réponse, car nous n'avons quun désir : celui que nos relations avec l'Autriche ne soient pas troublées.
« Quoi qu'il arrive, devant l'attitude conciliante que nous sommes résolus à garder, malgré les exigences inacceptables, je le répète, qui nous sont posées, nous espérons que nous aurons pour nous l'unanimité de l'opinion européenne. »
Journal, 26 juillet 1914.
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