XIV PREFACE
simple parabole, ce que je crois que cette guerre est en train de faire pour nous. Je connais une vallée dans le Pays de Galles, entre la montagne et la mer. C'est une ravissante vallée, abritée, commode, défendue contre les vents adverses. L'air y est très doux, et je me souviens que les jeunes garçons avaient l'habitude de monter de temps en temps sur la colline qui domine le village pour contempler les cimes dans le lointain. Pendant des générations, nous avons, nous aussi, vécu, dans une vallée abritée Nous avons été trop heureux, trop indulgents, beaucoup d'entre nous peutêtre trop égoïstes, et la destinée impitoyable s'est dressée devant nous, et nous a forcés à lever les yeux vers les hauteurs d'où nous pouvons contempler les vérités éternelles : l'honneur, le devoir, le patriotisme, le sacrifice. Nous descendrons de nouveau dans la vallée. Mais tant que vivront les hommes et les femmes de cette génération, ils porteront dans leurs cœurs l'image de ces sommets élevés, dont les fondements ne sont pas ébranlés, bien que l'Europe oscille et tremble dans les convulsions de la grande guerre ('). »
Donc l'entente est parfaite sur le principe. Mais il convient de se mettre en garde contre la paresse dont on pourrait être saisi au moment de l'application. Après tant de luttes, d'angoisses, de deuils, ce sera une tentation bien forte d'ajourner les difficultés que soulèverait l'établissement d'un nouveau statut européen. Et les initiatives des chancelleries auront grand besoin
(') Discours prononcé au Queen's Hall de Londres, le 19 septembre 1914-