LE REPENTIR DE L AUTRICHE
iMaisilya bien d'autres inolifs dcMie pas croire au repeutir de l'Aulriche-Hougrie. Si le Ballpialz a réellement tenté celle conciliation, il a tout intérêt à le dire, A en prendre texte pour montrer sa bonne volonté. Or, il nen souffle mol. Le 31 juillet, le comte Forgach, qui fait le gracieux avec Sir M. de Bunsen, — car les Empires du Centre ne désespèrent pas de s'assurer le bénéfice de la neutralité anglaise, — le comte Forgach dit simplement : « On menait des pourparlers entre l'ambassadeur d'Autricbe à Saint-Pétersbourg et le ministre russe des Atraires Etrangères (') ».
Si la Wilhelmstrasse a obtenu de son alliée cette démarche,— hypocrite ou sincère, — elle doit s'en vanter. Or, le 31 juillet toujours, M. de Jagow se contente modestement d'informer Sir E. Goschen ' que Guillaume II et M. deBethmann-Holhveg ont jusqu'au 30 «pressé l'Autriche démontrer son désir de continuer la discussion (^) ». Plus modestement encore, le comte Mensdorfï s'en tient à appeler l'attention de Sir Edward Grey sur le fait que « les conversations à Saint-Pétersbourg n'ont pas été rompues par l'Autriche-Hongrie (') ». Sur le grand effort de son pays pour la paix, pas la moindre allusion I
Est-ce donc dans \e Livre Orange russe que nous trouverons quelque lumière ? Pas davantage. Le Livre Orange ne mentionne même pas la démarche du comte Szapary
(^) Correspondance britannique, n" ii8.
(2) Correspondance britannique, n" 121.
(^) Correspondance britannique, n" i3j.
informant M. Sazonof que l'Autriche veut bien discuter la substance de la Note. La nouvelle y est, mais sous la signature de M. Iswolsky, qui l'envoie de Paris ('). Les dépêches du ministre russe des Affaires Etrangères ne font aucune allusion à ce grand événement. Le 31 juillet, il se préoccupe encore de faciliter à l'Autriche « la nécessité d'un compromis », ce qui démontre que l'Autriche n'a pas fait de concession spontanée (^).
Est-ce dans le Livre Jaune ?
A la vérité, une dépêche de M. Dumaine, datée du 30 juillet, donne une certaine vraisemblance à l'opinion que l'Autriche-Hongrie a hésité dans la journée du 30. Mais ce document vaut d'être lu dans son texte iniégral :
« Malgré la communication faite hier par l'ambassadeur de Russie à plusieurs de mes collègues, dont celui d'Allemagne,au sujet de la mobilisation partielle dans son pays, la presse de Vienne s'était abstenue de publier la nouvelle. Cesilence imposé vient de s'expliquer dans un entretien de lapins haute importance entre M. Schébéko et le comte Berchtold, qui ont longuement envisagé les redoutables difficultés présentes, avec une égale bonne volonté d'y adapter des solutions réciproquement acceptables.
4 Les préparatifs militaires du côté russe, a expliqué M. Schébéko, n'ont d'autre but que de répondre à ceux de l'Autriche et d'indiquer l'intention et les droits du Tsar d'émettre son avis dans le règlement de la question
(') Livre Orange russe, n° 73.
(^) Livre Orange russe, n' 69.
LE REI'ENTIU UE l'aUTRIGHE 341
serbe. — Les mesures de inobilisatiou prises en Galicie, a répondu le comte Berchtold, n'impliquent non plus aucune intention agressive et visent seulement à maintenir la situation sur le même pied. De part et d'autre, on s'appliquera à ce que ces mesures ne soient pas interprétées comme des mar(pies d'hostilité.
« Pour le règlement du conflit austro-serbe, il a été convenu que les pourparlers seraient repris à Petcrsbourg, enire M. Sazonof et le comte Szapary ; s'ils ont été interrompus, c'est par suite d'un malentendu, le comte Berchtold croyant que le ministre des Affaires Etrangères de Russie réclamait pour son interlocuteur des pouvoirs qui lui permettraient de modifier les termes de l'ultimatum autrichien. Le comte Szapary sera seulement autorisé à discuter quel accommodement serait compatible avec la dignité et le prestige dont les deux Empires ont un souci égal.
« Ce serait donc, pour le moment, sous cette forme directe et réduite aux deux plus intéressés qu'aurait lieu l'examen que Sir E. Grey proposait de confier aux quatre Puissances non directement intéressées.
« Sir M. de Bunsen, qui se trouvait chez moi, a aussitôt déclaré à M. Schébéko que le Foreign Ojjice approuvera entièrement cette nouvelle procédure. Répétant l'exposé fait par lui au Ballplatz, l'ambassadeur de Russie a affirmé que son Gouvernement tiendra un compte beaucoup plus large qu'on ne le suppose des exigences de la Monarchie ; rien n'a été négligé par M. Schébéko pour convaincre le comte Berchtold de la sincérité du désir de la Russie
d'arriver à une enlenle acceptable pour les deux Empires.
« L'entretien s'était maintenu dans un ton amical et permettait de croire que toute chance de localiser le conflit n'était pas perdue, lorsque la nouvelle delà mobilisation allemande est parvenue à Vienne ('). »
Cette dépêche a certainement contribué pour une grande part à accréditer l'opinion que l'Aulriche-Hongrie hésitait au dernier moment et que Guillaume II lui avait forcé la main en mobilisant. Mais c'est peut-être parce qu'on l'a lue d'une laçon hâtive et sans en peser les termes. Un examen plus attentif aurait laissé voir que le comte Berchtold ne faisait aucune concession, car // nij avait pas « d'accommodement compatible avec la dignité et le prestige » de Vempire slave sans une modification des termes de l ultimatum. Tant que l'Autriche-Hongrie se refusait à laisser toucher, tùt-ce d'une main très légère, aux exigences de sa Note, — et il est bien spécifié que le comte Szapary ne serait autorisé à y rien changer, — toute conciliation restait impossible.
Si cependant, à l'heure où cette information est arrivée, on a pu se méprendre sur sa valeur et son importance, cela n'est plus permis depuis que les livres diplomatiques ont été publiés. M. Schébéko et M. Duniaine ont admis, le 30 juillet, que le silence fait par la presse viennoise sur la mobilisation partielle russe lui avait été imposé par le Ballplalz dans un désir d'apaisement (^). Mais, sans même
(') Livre Jaune, n" io4.
(-) Dans tous les cas, la presse viennoise ne fut pas longtemps
Le uEî*ENTiR DE l'altuicul 313
rappeler que cette preuve de l'autorité du Gouvernement sur la presse engageait tort la responsabilité officielle dans les campagnes furibondes qui, depus un mois, surexcitaient l'opinion publique, il suffit de se reporter aux dépèches envoyées par le comte Berclitold le 28 juillet, le 29 et le 30 pour constater que sa préoccupation était non de trouver une solution pacifique au conflit, mais de l'envenimer. C'est ainsi, par exemple, que dans sa conversation avec M. Scbébéko il paraît admettre la nécessité où s'est trouvée la Russie de mobiliser, alors que, la veille, il avait instamment prié l'Allemagne de s'associer à l'Autriche- Hongrie pour demander à Petersbourg, comme dernière tentative susceptible d'empêcher la guerre européenne, la démobilisation russe. Et lorsqu'il exigeait que cette Puissance se désarmât, il avait lui-même, — il le reconnaît dans son entretien avec M. Scbébéko, — mobilisé contre elle, en Galicie !
En réalité, cette conversation ne prouve donc rien, — non plus que les dépêches qu'elle a inspirées, — sinon la bonne foi, la volonté pacifique et l'honnête crédulité du
muselée. Le jour aiêmcde l'cnlrevue, la Deulsche TacjeszeiUuuj ,vqi\seignée sans aucun doute parle Ballplalz lui-même, publiait l'information suivante : « Cette après-midi, un entretien qui n'a pas duré moins de deux heures a eu lieu entre l'ambassadeur de Russie, ^I. de Scbébéko, et le comte Bercblold. M. de Scbébéko a demandé au nom de son gouvernement que les hostilités soient temporairement interrompues. Comme on le pense, le résultat de cette demande a été négatif ».
344 l'autkiche a vouLt la grande guerre
représentant du Tsar à Vienne ('). Déjà, le 22 juillet, il s'était laissé abuser par les assurances de modération du Ballplalz au point de partir en congé. A son retour, il est abusé de nouveau. Le comte Berchtold, qui ne veut pas encore abattre complètement son jeu, — il en fut de même à Berlin dans cette journée du 30 juillet (^) — lui prodigue les belles paroles. Mais il mantient ses positions, ne prend aucun engagement, n'accorde rien.
Serait-ce donc que le repentir de l'Autricbe, qui ne s'est pas manifesté le 30, s'est manifesté le 31 ? Une dépêche de M. Viviani, en date du l" août, permettrait de le croire. Les ambassadeurs d'Autriche-Hongrie, écrit-il, ont fait,
(') Son optimisme se communiqua à tous les représentants de la Triple Entente, qui s'abandonnèrent aux plus aimables illusions. C( En sortant du Ballplalz, écrit le comte Errembauît de Dudzeele, qui résume la conversation entre M. Schébéko et le comte Berchtold dans le même sens que M. Dumaine, ^L Schébéko s'est rendu chez M. Dumaine, où se trouvait également Sir Maurice de Bunsen. Cette entrevue a été très émotionnante, et Vambassadeur de Russie a été vivement félicité par ses collègues du succès qu'il avait si habilement remporté ». Second Livre Gris belge, n° i6.
Comme la conversation entre le ministre autrichien et l'ambassadeur russe, telle qu'elle se trouve dans le Livre Rouge, ne marque aucun succès de la Russie, ne laisse voir aucun fléchissement de l'Autriche, il faut nécessairement admettre que le comte Berchtold, lidèle aux habitudes de duplicité de la politique viennoise, a parlé dans un sens et écrit dans l'autre. Dans tous les cas, il n'v a rien de substantiel dans la dépêche de M. Dumaine.
(2; La nouvelle de la mobilisation allemande répandue à une heure de Taprès-midi par une édition spéciale du Lokal Anzeiger avait été orficiellemonl démentie à doux heures.
LE hepeNtir de l'autiuchi; 345
clans la soirée du 31, deux démarches, « l'une assez vague, à Paris, l'autre, précise, à Pelersbourg, dans un sens conciliant.
A Paris, le comte Szécsen, après avoir répété que son Gouvernement n'avait pas, en principe, d'ambitions territoriales, avait laissé entendre que « si son Gouvernement ne pouvait répondre aux questions des Puissances parlant en leur propre nom, il pourrait sans doute répondre à la Serbie, ou à une Puissance lui demandant ses conditions ou nom de la Serbie ». A son avis, c'était là « peut-être encore une possibilité (') ».
(') Celte proposition est, en efTet, remarquablement vague et obscure, et aucun des livres diplomatiques n'apporte de précision à son sujet. Il est vraisemblable cependant qu'elle est une réponse indirecte à l'ouverture faite au marquis di San Giuliano par le ministre serbe à Rome, ouverture qui était d'une telle importance que Sir R. Rodd. sur la demande du ministre italien des Affaires Étrangères, avait immédiatement télégrapliié à Sir Edward Grey la suggestion du diplomate serbe.
« A la requête du ministre des Affaires Étrangères, écrivait l'ambassadeur anglais, je vous soumets ce qui suit :
{( Ce malin, au cours d'un long entretien, le cbargé d'affaires serbe a dit penser que si quelques explications étaient données au sujet de la modalité selon laquelle les agents autrichiens exigeraient d'intervenir, en vertu de l'article 5 et de l'article 6,1a Serbie accepterait encore la totalité de la Noie de rAutriche .
(( Etant donné qu'on ne saurait présumer que l'Autriche consente à donner pareilles explications à la Serbie elle-même, ces explications pourraient être données aux Puissances occupées à examiner la question, et ces Puissances pourraient alors conseiller à la Serbie l'acceptation sans réserve. » Correspondance britannique, n° 64
Ô46 l'authiche a voulu la grande guerre
Mais, à Petersbourg, le comte Szapary avait été beaucoup plus catégorique. Il « a déclaré que son Gouvernement consentait à entamer une discussion quant au fond de l'ultimatum adressé à la Serbie ». M. Sazonof s'est montré satisfait. Ces dispositions permettaient d'espérer une solution pacifique. Mais l'Allemagne vient d'envoyer un ultimatum à la Russie. Son attitude « prouve qu'elle veut la guerre Q) ».
Nous revenons ici à l'objet même du débat. La dépêcbe de M. Viviani n'est, en somme, que la confirmation de la dépêche de M. Sazonof informant toutes les Grandes Puissances, le 31 juillet, que l'Autriche-Hongrie accepte de soumettre à leur examen la substance de la Note. Et c'est précisément sur ce point que nous n'avons trouvé de
Celle suprême concession du Gouvernement de Belgrade, offerte dès le 28 juillet, pouvait tout sauver si l' Autriche-Hongrie, qui recevait ainsi entière satisfaction, n'avait pris soin de substituer au prétexte initial du conflit le prétexte [de la mobilisation.
C'était, du reste, l'opinion que le Secrétaire d'Etat anglais pour les Alfaires Étrangères exprimait discrètement lorsqu'il écrivait à l'ambassadeur de Grande Bretagne à Berlin, en lui envoyant la dépêche de Sir R. Rodd relative à celle nouvelle et immense concession de la Serbie : « Je commençais à douter si même une acceptation complète des demandes autriclùcnnes par la Serbie pourrait maintenant satisfaire l'Autriche. » Correspondance britannique, no 90.
11 ne semble pas que l'Allemagne elle-même ait fait aucun cas de cette proposition.
(') Livre Jaune, n° 120.
Le repentir de l'autrighe 349
lumières ni dans le Livre Oraïu/e nii^se, ni dans la Correspondance briliinniqnc, ni dans le Livre Jaune fran<^ais. Le Livre Blanc allemand ne nous en apportera pas davantage. Dans aucune de ses j)arlies, pas même dans le Mémoire justificatif du chancelier, il n'est l'ait la moindre allusion à la démarche apaisante de l'Autriche.
Quant au Livre Ronge austro-hongrois, ce n'est pas assez de dire qu'il ne confirme pas cette tentative suprême de maintenir la paix : il la dément.
Dans cette journée du 30 juillet, où le comte Berchtold a avec l'ambassadeur russe cet entretien qui fait naître de si vives espérances, il envoie au comte Szapary deux dépêches : l'une avant la visite de M. Schébéko, l'autre après.
Dans la première, il écrit : a II va de soi que je suis disposé, comme auparavant, à faire expliquer par votre Excellence les divers points de la Note adressée par nous à la Serbie, et qui, d'ailleurs, est devancée actuellement par les événements (') ». La guerre est, en elïet, déclarée depuis le 28, et commencée depuis le 29. Elle ne le serait pas que la situation resterait à peu près aussi grave, car ce que la Russie demande, ce ne sont pas des explications, le sens des exigences autrichiennes et leur résultat étant très clairs, mais des modifications.
Dans la seconde dépêche, le comte Berchtold commence par se défendre d'avoir rompu les pourparlers. Il a expliqué, dit-il, que c'était là un malentendu. Preuve : « J'avais déjà
[^) Livre RoiKje austro-hongrois, n" l^g.
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télégraphié à Votre Excellence que je lui laissais pleine liberté de continuer à donner à M. Sazonof tous les éclaircissements qu'il pourrait désirer, au sujet de la Note, laquelle, d ailleurs, nous le constatons, a été devancée par la déclaration de guerre ».
Quelques heures plus tôt il s'agissait d'explications, comme auparavant. Il s'agit maintenant de continuer à donner des éclaircissements. Qu'y a-t-il de changé, de gagné? Veut-on étendre le sens de ces deux mots : « pleine liberté »? Le ministre ne le permet pas. C'est une pleine liberté très conditionnelle qu'il a dans l'esprit. Il se hâte, en elTet, d'ajouter : u Toutefois, ce commentaire devrait se borner à des explications supplémentaires, a//e;jc/H qu'il n'est jamais entré dans nos vues d'admettre un marchandage à propos des paragraphes de la Note ».
Il semble bien que, désormais, la cause soit entendue. Loin d'autoriser l'ambassadeur autrichien en Russie à discuter la substance de la Note, ou la Note quant au fond, le Ballplatz insiste avec force pour qu'il se borne à donner des explications, des éclaircissements, et repousse avec hauteur, comme un marchandage indigne, l'idée de soumettre son texte à un débat.
Mais, dans la suite de sa conversation avec M. Schébéko, — telle qu'il la rapporte, — exprime-t-il au moins la bonne volonté pacifique dont ce dernier s'est réjoui, dont il a joyeusement donné la nouvelle à Sir Maurice de Bunsen et à M. Dumaine? Point du tout. Au contraire. C'est luimême qui parle. Ecoutons-le. « Dans le cours ultérieur de notre entretien, je mentionnai la mobilisation russe, dont
LE REPENTIR IIK i/aLTRIGHE 349
j'avais désormais connaissance. Pnis(|u'elle était limitée aux circonscriptions militaires d'Odessa, Kief, Moscou, Kazan, elle présentait un caractère hostile à la Monarchie. Quel en était le mobile? Je l'ignorais, /;//zsf/uj7 n'existait aucun point litigieux entre la Russie et nous. L'Autriche- Hongrie avait mobilisé exclusivement contre la Serbie, et nuvait pas appelé un seul homme contre la Russie, ce qui ressortait du fait que les I''", X'= et XI'= corps n'avaient pas été mobilisés. Mais, en face d'une mobilisation ouvertement dirigée contre nous, nous aussi nous devions donner plus d'ampleur à la nôtre (') ».
La contradiction est formelle entre ce récit fait par le comte Berchtold et le récit fait par M. Schébéko. Elle n'est pas seulement dans le ton, l'accent ; elle est aussi dans les faits. Le ministre autrichien, écrivant à son ambassadeur, ne souffle mot des mesures qu'il aurait [)rises à l'égard de la presse pour éviter qu'elle enflamme l'opinion publique. Il se refuse à admettre que la mobilisation russe ne soit pas une menace. II déclare expressément qu'elle présente un caractère hostile à la Monarchie. Surtout, il n'avoue point I la mobilisation autrichienne en Galicie. II affirme même i n'avoir pas appelé un seul homme contre la Russie (^).
(') Livre Rouge austro-hongrois, n" 5o.
(2) Dans une dcpcclie qui paraît avoir été envoyée dans la matinée du 29 juillet, INI Paléologue écrivait déjà : (( L'Etat- major russe a constaté que rAutriche précipite ses préparatifs militaires contre la Russie et active sa mobilisation, (|ui a con^.mencé sur la frontière de Galicie ». Livre Jaune, n° 91.
D'autre part, le 29 aussi, M. Dumaine télégraphiait : « Les divisions de cavalerie de Galicie niohilisent également ». Livre Jaune,n° ç^o.
Que ce soit lui le menteur, c'est bien certain. Sans qu'il soit nécessaire d'entrer dans d'autres considérations, il est évident que M. Schébéko n'avait aucun intérêt, le 30 juillet, à prêter au Gouvernement austro-hongrois une attitude conciliante qu'il n'aurait pas eue, en effet, du moins en paroles ; et il est évident aussi que le Gouvernement russe, avec l'agrément duquel les livres diplomatiques de la Triple Entente ont été publiés, n'avait pas d'intérêt non plus à livrer à l'opinion européenne des dépêches dont le seul effet pouvait être d'atténuer la responsabilité de l'Autriche-Hongrie dans la guerre.
Si aujourd'hui la question se discute de savoir si, oui ou non, l'Autriche a eu un sursaut de conscience, c'est parce que la Triple Entente l'a dit. Il n'y en avait pas la moindre trace dans les publications officielles des Empires du Centre. Rien ne prouve mieux notre loyauté.
Mais il est clair que la réponse doit être négative. La Monarchie dualiste n'a rien fait, le 30 juillet, pour écarter la guerre. Par contre, elle avait déjà pris une mesure qui ne pouvait avoir d'autre but que de la rendre inévitable : elle avait ordonné le bombardement de Belgrade (').
(*) La nouvelle du bombardement de Belgrade dans la nuit et la matinée d'hier, écrit M. Paléologue le 3i juillet, a provoqué en Russie la plus vive émotion. On ne parvient pas à s'expliquer l'altitude de l'Autriche, dont les provocations ont constamment suivi, depuis le début de la crise, les tentatives de conciliation de la Russie et les conversations satisfaisantes échangées entre Pelersbourg et Vienne ». Livre Jaune, n° ii3.
En réalité, l'Autriche-IIongrie jouait à la fin de la crise le même