‹ L'Autriche a voulu la grande guerreChapitre 72 sur 84 · LA. RUSSIE MENACÉE · texte numérisé non relu

LA. RUSSIE MENACÉE

établit entre la Russie olficielle et rautre une distinction dont le sens fort clair est (|ue la Russie non orficielle s'est livrée à des manifestations hostiles à son égard. Lesquelles? Où? Quand? Il no le dit pas. Il se soucie peu de justifier ses propos. Ce qu'il veut, cesl d'abord, en communiquant son mémoire aux ambassadeurs austro-hongrois à Petersbourg, Londres, Rome et Paris, préciser la politique qu'ils doivent suivre ; cest ensuite se préparer pour l'avenir un alibi.

A cette heure, dans la malinéedu 29 juillet, la situation se résume ainsi : l'Autriche-Hongrie s'est refusée aux conversations directes, que toutes les Puissances, même et surtout l'Allemagne, avaient conseillées; le projet de Conférence est repoussé par l'Allemagne comme outrageant pour l'Autriche, et par l'Autriche comme tardif. Tous les pays font plus ou moins secrètement des préparatifs militaires. De Vienne et de Petersbourg sont partis des ordres de mobilisation partielle. Les Empires du Centre émettent pourtant la prétention que la Russie désarme. Si tout n'est pas perdu encore, tout peut l'être d'un moment à l'autre. Seul un puissant effort éviterait la catastro[)he.

Le Mémoire du comte Berchtold dit assez haut que ce n'est pas lui qui fera cet effort, et indique même qu'il ne s'y associera pas. Vienne veut établir son hégémonie dans les Balkans par l'écrasement de la Serbie et la défaite de la Russie, qui mettra cette Puissance hors de cause pour un long temps. Elle est résolue; elle ne cédera à aucune considération d'ordre moral ('). Mais on peut se passer de

(') Dans cette journée du 29 juillet, ou cours d'un entrclica avec

l'Autriche. Elle ne vaut que par son alliée. On peut lui imposer la paix. Tout dépend de l'Allemagne à cette heure décisive. Que va-t-elle faire?

Sir Edward Grey, le comte Mensdorir répondait aux instances du ministre anglais lui exposant que a la paix de l'Europe était en jeu », et que, d'ailleurs, toutes les Puissances se trouvaient d'accord pour aider l'Autriche à obtenir satisfaction : « qu'i7 fallait que la guerre avec la Serbie continuât », et « qu'avant la guerre des Balkans, on avait toujours regardé la Serbie comme faisant partie de la sphère d'influence autrichienne », ce qui était une audacieuse contre-vérité,

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